jeudi 7 juin 2007

Premières clartés du matin : Commentaire sur l' Art d'éduquer

"Le plus sûr moyen de détruire le principe d'autorité est de parler à chacun de ses droits et jamais de ses devoirs .
Tous les hommes sont prêts à exercer les premiers, très peu se préoccupent des seconds .
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Gustave Le Bon, Psychologie de l'éducation, 1902, Ed. Flammarion.
Nous réaliserons plus tard l'analyse de cet ouvrage merveilleux, plein de sagesse ! Gerboise .

mercredi 6 juin 2007

Sensation, Perception, Pensée, Supposition et Certitude

La pensée, qui recherche, qui collecte, qui recueille une hypothèse, intervient suivant une voie allant de la sensation(une sorte de lecture, de perception simple) au tâtonnement imprévu, inattendu, voire même accidentel, en passant par tous les degrés du raisonnement .
Cela va de soi, la pensée ne chemine, ne se propage pas d'une façon continue de l'un de ces stades à l'autre . Elle emprunte, elle suit, l'un de ces modes, de découverte , d'illumination, puis revient à celui-ci pour passer à celui-là, avance, recule, se testant, se contrôlant au fur et à mesure . En sorte que , dans la réalité, les moments consacrés à l'élaboration, l'édification de l'hypothèse : les suppositions, et ceux consacrés à son contrôle, aux vérifications, sont étroitement entremêlés, enchevêtrés . Cette élaboration et ce contrôle forment comme les deux temps d'une continuel va et vient si les interactions construites sont efficientes (conduisent et créent des contestes et des savoirs nouveaux) .
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Ce mouvement général de la pensée est caractérisé encore par des périodes d'activité et des périodes de passivité .
Parfois, en effet, l'être pensant déclare chercher, chercher à comprendre, observer, établir des rapports, se mettre à la place d'un des personnages jouant un rôle dans le problème (pour savoir ce qu'il aurait fait à sa place ), comparer, chercher la cause ou la conséquence d'un événement donné, raisonner, déduire (tirer des conséquences), inventer .
Parfois, au contraire, il a le sentiment que les idées surgissent toutes seules dans sa tête, sans qu'il n'y soit pour rien, sans qu'il sache d'où elles sont brusquement venues .
Parfois, l'idée, bien qu'ayant apparu spontanément, est justifiée rationnellement après coup .
Parfois enfin, la pensée est comme arrêtée, suspendue, bloquée ; l'être pensant déclare qu'il ne pense à rien, ne trouve rien, n'est plus même capable de chercher, que son cerveau est comme paralysé, "vidé" !
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L'élément le plus fréquent qui se dégage de nos investigations, de nos constats, c'est la relation étroite , singulière, qui existe entre la perception et la pensée : la pensée est un substitut de la perception . Cela signifie qu'elles varient en raison inverse (rapport de deux choses dont l'une diminue dans la même proportion que l'autre augmente) l'une de l'autre .

Dans une situation, poussé par un besoin organique ou intellectuel, le sujet cherche à s'ajuster au contexte dans lequel il se situe, il agit, il commence à solliciter , mettre à profit ses sens .Ceux-ci, grâce à une multitude d'expériences variées, acquises, lui donnent une image, une représentation de ce monde environnant ; c'est la perception . Si cette image suffit à son action, il l'utilise toute seule . Mais si elle ne lui suffit pas, alors il se met à penser, à réfléchir, à supposer.
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La pensée naît donc, émerge de la situation d'insuffisance de la perception ; elle apparaît, elle se fait jour du doute, de l'interrogation, de la perplexité, des incertitudes dans laquelle nous place, nous abandonne à l'indigence , la pauvreté du contexte présent qui est mis à notre disposition, disponible .
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Ce flottement, cette indécision se traduit par une interrogation, question candide, nette :"qu'est-ce donc ?" ou une question présomptive, incertaine, hypothétique : "ne serait-ce ceci ou cela ? "

Devant un objet d'observation, le chercheur qui doit déterminer la nature ou le rôle de cette anomalie visible ou pressentie .Que fait-il ? Il la regarde, naturellement ; il en observe les détails (d'abord au hasard, en tâtonnant ), et cette opération lui permet d'arriver à une idée générale ; c'est l'interprétation .

Il n'y a pas de démarcation, de frontière précise entre la perception et l'interprétation ; il y a entre ces deux "aperceptions" ( terme déjà défini dans un texte de Henri Poincaré, dans notre blog le 24 Février 2007 sous la rubrique :Premières clartés du matin, l' Aperception ) immédiates du donné , qu'une différence de degré, de profondeur dans leur valeur significative .
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Dans la perception, ce sont surtout les représentations sensibles et spatiales qui viennent enrichir les impressions données ; dans l'interprétation, ce sont des représentations affectives et abstraites qui les pénètrent et leur donne un sens .

Mais, d'ordinaire, l'interprétation, si poussée soit-elle, ne permet pas de résoudre ipso facto (par le fait même) le problème posé . A ce moment là , des questions surgissent dans l'esprit : doivent surgir, émerger immédiatement . Là, c'est la Volonté qui doit intervenir, ce n'est plus l'intelligence ... (voir le 1er Juin 2007, Pouvoir et Vouloir) .
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Cette réflexion se révèle constructive car elle nous montre bien l'interprétation, insuffisante, qui se prolonge dans la question, et la question à son tour qui pousse l'esprit à prendre conscience de certains détails, qui n'avaient pas été suffisamment enregistrés par la perception immédiate.
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En effet, lorsqu'on observe un personnage dans un groupe, nous savons, nous notons que c'est "d'après l'expression du visage " qu'il juge que telle personne est entrain de parler de lui . Mais, pourquoi n'a -t-il pas saisi tout d'abord, dans une perception immédiate, le sens de cette expression ? Pourquoi avait-il cet air interrogateur et s'est-il demandé à lui-même ce que la personne "semblait dire" ?
Nous pouvons répondre à cette question de trois manières différentes car il existe plusieurs possibilités :
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-1- On peut supposer que le hasard des tâtonnements de l'observation primitive n'avait pas porté sur elle l'attention du sujet ;
-2- On peut supposer également que cette expression de la physionomie de cette personne n'était pas assez significative pour avoir participé à l'acte de perception ou d'interprétation immédiate ;
-3- On peut enfin supposer qu'une absence de question précise, au début de l'observation, n'avait pas dirigé l'attention de ce côté (la perception, c'est connu, est en étroite corrélation, interdépendance, avec l'intérêt du moment ) . Des faits de ce genre, (nous en verrons beaucoup d'exemples par la suite), montrent que tout arrêt dans le développement de la perception immédiate incite le sujet ou à observer à nouveau, avec plus d'attention, ou à mettre en branle (en mouvement, à rendre opérationnelle ) sa pensée . Le plus souvent d'ailleurs, cette reprise de l'observation est précisément accompagnée de question, de réflexion, de pensée .
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Ces considérations nous montrent bien le rapport existant entre la perception et la pensée, celle-ci naissant de celle-là pour se développer peu à peu en jugements et en raisonnements .
Comme le raisonnement , la perception est une connaissance indirecte et immédiate, dans laquelle nous allons au-delà, par un acte de notre esprit,de la limite de notre expérience actuelle.
Comme la perception, le raisonnement est "une synthèse d'images", l'application d'un souvenir à une donnée nouvelle ; dans l'une et dans l'autre, il y a "transition d'un fait connu à un fait inconnu" par le moyen d'une ressemblance .
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Voici de la matière (des connaissances) pour "meubler", enrichir notre esprit et notre réflexion .
A bientôt, Gerboise

mardi 5 juin 2007

Le Roi François 1er , la Langue Française , les Arts et le Collège Royal de France .

François 1er est reçu par Estienne, à la porte de son imprimerie, à l'enseigne de l'Olivier, rue Saint Jean-de-Beauvais, à Paris .
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A partir de 1535 l'imprimerie rend nécessaire une homogénéisation de l'écriture . Lorsque le Français devient langue d' Etat, après l'ordonnance de Villers-Cotterêts, il est doté d'un code graphique et phonique qui prend appui sur l'étymologie (origine, sens véritable d'un mot) latine.
Les progrès de la dynastie capétienne (Hugues Capet , 987-996) avait avantagé le dialecte roman parlé en Île de France . L'éclat de la langue littéraire du Midi, le Provençal, avait été effacé par la domination politique du Nord, particulièrement lors de la croisade des Albigeois en 1208 . Le français , langue de la Cour, est peu à peu imposé aux provinces .
Par l' Ordonnance de Villers- Cotterêts (15 Août 1539 ), François 1er officialise cette volonté : le français devient la langue administrative et judiciaire, il supplante le latin des clercs (des lettrés, personnes instruites ) et les autres dialectes, désormais réduits à l'état de patois (parler local souvent rural) .
Le Roi François 1er, achetant la Joconde, à Léonard de Vinci
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François 1er a joué un rôle essentiel dans l'évolution culturelle de la France, au moment où la monarchie renforçait de manière décisive son autorité et son prestige .
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Pour briser le monopole de la Sorbonne jugée trop conservatrice, le Roi institua, en 1530, un collège de lecteurs royaux, payés par le Trésor et chargés de donner des cours publics de grec, d'hébreu, de mathématiques, de rhétoriques (éloquence, art de bien parler ), de philosophie, de médecine ... Ainsi naquit ce qui allait devenir plus tard le Collège de France . Voué à l'enseignement comme la Sorbonne, le Collège de France est cependant fondé sur des principes différents : Dès l'origine, il veut rompre avec le corporatisme et la tradition, il va s'ouvrir à la nouveauté et à la diversité des savoirs .Sa vocation, définie par Renan, tient à l'enseignement
"non de ce que l'on sait, mais de ce que l'on cherche " .
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Le Collège Royal de France est fondé par François 1er, sur les avis de l'humaniste Guillaume Budé . La première pierre de l'édifice est posée par Louis XIII, mais l'achèvement n'est acquis que sous Louis XV .
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Ce Roi, François 1er, ouvert sur le monde de son époque, c'est également la France rayonnante, la Culture et tous les Arts, qui dominaient l' Europe entière .
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Et tandis qu'architectes, sculpteurs, peintres, ciseleurs, décorateurs, en une rivalité souvent bruyante, avec des talents divers et raffinés, parfois avec du génie, élevaient face à face leurs oeuvres de sens italiens ou de tempérament français, le bonheur voulait qu'à ce roi fût donné l'arme souveraine de la pensée moderne, l'imprimerie que les Estienne élevaient à la perfection d'un art Chez ces maîtres de la typographie, dans ces ateliers fameux, portant enseigne " A l'olivier ", l'arbre sacré de Minerve, déesse antique de la Pensée, et que François 1er se fit un honneur et un devoir royal de visiter, s'imprimèrent ces magnifiques ouvrages qui allèrent au loin répandre, la pensée française . Autour de cette imprimerie, autour de ce Collège de France (1529) que, pour la libre recherche et l'avancement des sciences, Guillaume Budé obtint de François, c'est le groupe incomparable des érudits Guillaume Cop, Jean Lascari, les Du Belley, Pierre Ramus, Etienne Dolet, Muret, Dumoulin, Cujas, Théodore de bèze, Robert et Henri Estienne, de Thou, les deux Scarliger, Saumaise :ce sont les écrivains glorieux de la littérature française en son magnifique renouveau, Clément Marot, Rabelais, Ronsard, Régnier, Malherbe, Montaigne, Agrippa d'Aubigné, La Boëtie, Amyot .
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Comme si cette pléiade d'artistes et de penseurs n'était pas à elle seule suffisante pour entourer le Roi, qui la sut si bien encourager, d'un murmure reconnaissant, la légende à l'histoire se mêle comme pour gâter, une fois de plus, ce favori de la fortune, et fait expirer en ses bras Léonard de Vinci . le douloureux grand artiste qui eut en partage le génie dans toutes les branches de l'activité humaine auxquelles il lui plut de s'adonner , avait, en Janvier 1516, accepté de venir à Amboise : admirateur passionné de son oeuvre, François lui avait donné avec le petit château du Cloux (Clos-Lucé ) une pension de 700 écus d'or ; et le vieillard après sa vie errante et tourmentée, travaillait à son gré, faisait de la peinture, de l'architecture, se délassant à des travaux d'ingénieur, heureux de savoir à l'abri des convulsions italiennes certaines de ses oeuvres, en particulier le portrait de Monna Lisa, cette troublante Joconde aux yeux de mystère, au sourire d'ironie,que François avait achetée .
Usé, épuisé, dès la fin de 1518, le vieux peintre déclinait, et le 2 Mai 1519 doucement il s'éteignait, avec une sublime modestie regrettant " de ne point avoir fait pour son art tout ce qu'il aurait pu " . Et, bien que l'histoire par des faits précis lui donne tort absolu, elle est bien belle la légende qui berce au bras du Roi de le Renaissance le dernier soupir du maître de la Joconde ; par une hardi transposition des faits, elle est la vérité morale rendant un hommage émouvant de sentimentalité artistique au roi de Chambord et de Fontainebleau .
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Nous avons l'intime conviction qu'un renouveau authentique, inéluctable, à cette heure, en mai-juin 2007, revient fertiliser et enrichir notre "douce France" éternelle, c'est-à-dire qu'elle donne l'impression , et même la certitude, effectivement,elle a toujours existé, semblable à elle-même, s'est poursuivie ,
et se poursuivra, sans fin comme si le temps n'avait pas de prise sur elle et qu'elle ira inéluctablement en avant garde, ensemencer des terres nouvelles .
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A bientôt, Gerboise.

samedi 2 juin 2007

Opérations de symétrie : Axes, Plans , Centre ; Cristal et Structure 3

Cristal de Sel gemme : Halite (Na Cl) ,chlorure de sodium) , appartenant au système de symétrie cubique ; appelé vulgairement "sel de cuisine" . La structure à l'arrière plan représente l'organisation des atomes (les ions) de chlore (Cl-) et sodium (Na+) aux "noeuds d'un réseau cubique .
Suite du 27 Mai ; les commentaires explicatifs sont en préparation, Bien à vous, Gerboise

vendredi 1 juin 2007

Premières clartés du matin :Pouvoir ou Vouloir

"Il y a longtemps que je suis las d'entendre dire que l'un est intelligent et l'autre non .
Je suis effrayé, comme de la pire sottise, de cette légèreté à juger les esprits . Quel est l'homme, aussi médiocre (quelconque) qu'on le juge, qui ne se rendra maître de la géométrie, s'il va sans ordre et s'il ne se rebute point ? De la géométrie aux plus hautes recherches et aux plus ardues (difficiles), le passage est le même que de l'imagination errante (vague, hésitante) à la géométrie ; les difficultés sont les mêmes ; insurmontables pour l'impatient, nulles pour qui a patience(persévérance, ténacité) et n'en considère qu'une à la fois ( réalisme). De l'invention en ces sciences, et de ce qu'on nomme le génie, il me suffit de dire qu'on n'en voit les effets qu'après de longs travaux ; et si un homme n'a rien inventé, je ne puis donc savoir si c'est seulement qu'il ne l'a pas voulu .
Ce même homme qui a reculé devant ce froid visage de la géométrie, je le retrouve vingt après, en un métier qu'il a choisi et suivi, et je le vois assez intelligent en ce qu'il a pratiqué ; et d'autres, qui veulent improviser avant un travail suffisant, disent des sottises en cela, quoiqu'ils soient raisonnables et maîtres en d'autres choses . Tous, je les vois sots surabondamment en des questions de bon sens, parce qu'ils ne veulent point regarder avant de prononcer . D'où m'est venue cette idée que chacun est juste aussi intelligent qu'il veut .Le langage aurait pu m'en instruire assez ; car imbécile veut exactement dire faible ; ainsi l'instinct populaire me montre en quelque sorte du doigt ce qui fait la différence de l'homme de jugement au sot . Volonté, et j'aimerais encore mieux dire travail, voilà ce qui manque .
Aussi ai-je pris l'habitude de considérer les hommes, lorsqu'il me plaît de les mesurer, non point au front, mais au menton (ancienne caractéristique du visage qui soi-disant était l'indice de l'action ). Non point la partie qui combine et calcule, car elle suffit toujours ; mais la partie qui happe(agrippe, saisi) et ne lâche plus . Ce qui revient à dire avec d'autres mots qu'un bon esprit est un esprit ferme(solide ). La langue commune dit bien aussi un faible esprit pour désigner l'homme qui juge selon la coutume et l'exemple (imitation). Descartes, dont la grande ombre nous précède encore de loin, a mis au commencement de son célèbre Discours une parole plus souvent citée que comprise : "Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée". Mais il a éclairé (explicité) plus directement cette idée en disant en ses Méditations (pensées) que le jugement est affaire de volonté (être résolu à faire une chose) et non point d'entendement , venant ainsi à nommer générosité ce que l'on veut communément appeler intelligence (faculté de comprendre).
On n'arrive jamais à trouver des degré dans l'intelligence . Les problèmes, réduits au plus simple, comme de faire quatre avec deux et deux, sont si aisés à résoudre que l'esprit le plus obtus (bouché) s'en tirerait sans peine, s'il n'était pas empêtré (encombré, gêné) de difficultés imaginaires (sans fondement).
Je dirais que rien n'est difficile, mais que c'est l'homme qui est difficile (compliqué avec)à lui-même . Je veux dire que le sot ressemble à un âne qui secoue les oreilles et refuse d'aller . Par humeur, par colère, par peur, par désespoir ; oui, ce sont de telles causes ensemble et tourbillonnant qui font que l'on est sot .Cet animal (l'homme) sensible, orgueilleux, ambitieux, chatouilleux (susceptible), aimera mieux faire la bête dix ans que travailler pendant cinq minutes en toute simplicité et modestie . Comme celui qui se rebuterait (découragerait) au piano, et, parce qu'il se tromperait trois fois de suite, laisserait tout là . Toutefois on travaille volontiers à des gammes (successions d'exercices au piano); mais à raisonner, on ne veut pas travailler . Peut-être par le sentiment qu'un homme peut se tromper de ses mains , mais qu'il ne lui est pas permis, sans grande humiliation (déshonneur), de se tromper de son esprit, qui est son propre et intime (son entendement).Il y a , certes, de la fureur (emportement) dans les têtes bornées, une sorte de révolte, et comme une damnation (châtiment)volontaire .
On dit quelquefois que c'est la mémoire qui fait la différence, et que la mémoire est un don . Dans le fait, on peut remarquer que tout homme montre assez de mémoire dans les choses auxquelles il s'applique (s'intéresse) . Et ceux qui s'étonnent qu'un artiste de piano ou de violon puisse jouer de mémoire, font voir simplement qu'ils ignorent l' obstiné (persévérant) travail par quoi on est artiste . Je crois que la mémoire n'est pas la condition du travail, mais en est plutôt l'effet . J'admire la mémoire du mathématicien, et même je l'envie ; mais c'est que je n'ai point fait mes gammes comme il a fait . Et pourquoi ? C'est que j'ai voulu comprendre tout de suite, et que mon esprit brouillon et rétif (indiscipliné) s'est jeté dans quelque erreur ridicule dont je n'ai pas su me consoler .Chacun a vite fait de se condamner . L'infatuation (l'autosatisfaction)est le premier mouvement puni . D'où cette timidité indomptable, qui tombe d'avance à l'obstacle, qui bute exprès, qui refuse secours .Il faudrait savoir se tromper d'abord, et rire . A quoi l'on dira que ceux qui refusent science sont déjà assez frivoles . Oui, mais la frivolité (insouciance) est terriblement sérieuse ; c'est comme un serment de ne se donner à rien .
J'en revient à ceci, que les travaux d'écoliers sont des épreuves (événement pénible, difficile qui est subi et qui met en jeu la capacité de résistance morale) pour le caractère (prédisposition particulière à un individu qui commandent leur façon de sentir et de réagir), et non point pour l'intelligence . Que ce soit orthographe, version (traduction)ou calcul, il s'agit de surmonter l'humeur, il s'agit d'apprendre à vouloir .
Alain,Propos, 1932, PUF
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Alain nous donne ici une leçon de comportement importante, sur les jugements que l'on doit prendre en considération, lorsque l'on doit se prononcer sur la valeur de la façon d'apprendre . Il n'a pas hésité un seul instant entre vouloir et pouvoir . C'est la sagesse et la volonté de ce grand penseur qui nous interpelle . A bientôt, Gerboise .

mercredi 30 mai 2007

Textures d'une image zoomé (*) et les limites ultimes du pouvoir de séparation : Le pixel


Images n° 1 et n° 2
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Il s'agit de l'image de notre billet du Jeudi 10 Mai 2007 :L'activité minière, les travaux de la mine, par Lucas Gassel (vers 1550 ) .
Cette image a été transférée vers un pocket PC : HP ipaq serie hx 4700 ; Ecran TFT VGA transflectif 4" avec 64 K couleurs .Elle a été agrandie avant d'être installée dans notre billet d'aujourd'hui . Il s'agit de quatre vues dont 2 (n°3 et n° 4) , les deux dernières , sont très fortement agrandies .
n° 1 (en haut à gauche ):
La zone qui va être agrandie se situe sur ce personnage, qui à l'aide d'une "battée de débourbage"(récipient en fer utilisé par les mineurs pour le lavage et la concentration du minerai), concentre les minéraux denses utiles, dans un grand baquet en bois , devant une cabane juste à gauche du tronc de l'arbre central .

n° 2 (en haut à droite ): sur cette deuxième image l'agrandissement permet de mieux cerner le personnage en vue de bien le repérer .




Images n° 3 et n° 4

n° 3 (en bas à gauche , et au-dessus) : sur cette troisième image, les points constituant de la photo (petits carrés de couleurs et d'intensité différentes) : les Pixels, apparaissent . On distingue très bien la cabane, son toit, le personnage devant l'entrée .Sa tête représentée par une quinzaine de pixels et ses bras sont visibles .

n° 4 (en bas à droite, et au-dessus) :sur cette quatrième image les quatorze pixels très clairs représentant la tête sont parfaitement observables .

A l'aide de cet HP ipaq 4700 nous aurions pu présenter une dernière image avec seulement le rectangle constitué par les 15 pixels , évoquant la tête du personnage, dans le champ de l'agrandissement .

(*) Zoom : en photographie, effet d'éloignements ou de rapprochements successifs , obtenu par la variété des plans, avec un appareil de prise de vue (cinéma ou photographie) dont le distance focale de l'objectif varie continûment, ce qui modifie en même temps l'angle de la prise de vue et donc la taille apparente des éléments de l'image, mais pas la perspective du champ photographié Zoomer (1960) : modifier le cadrage en modifiant la focale, pour agrandir la zone centrale de l' image .

Ce terme Zoom à l'origine (1892) provient d'une onomatopée(désigne la formation de mots imitant un son ou un bruit naturel ou artificiel ; l'une des thèses classiques la présente comme étant à l'origine du langage . En voici quelques-unes : cocorico, miam-miam, taratata, ding-ding-dong, clic-clac , teuf-teuf . Zoom était la représentation d'un bourdonnement grave et continu .

Le verbe zoomer lui a été utilisé pendant la première Guerre Mondiale (1914-1918) en parlant d'un avion qui mitraille en piqué ou qui monte en chandelle . Il représente un mouvement rapide dans un sens puis dans un autre, un retour en arrière et retour en avant .

En 1950 le cinéma, puis la photo, l'a adopté pour désigner un effet d'éloignements et de rapprochements obtenu au moyen d'un objectif à focale variable .

Pixel (Px) ou point, est l'unité de base d'une image numérique .Son nom provient de la locution anglaise (l'origine de ce terme) , pict ure el ement , qui signifie "élément d'image" ou point élémentaire ;c'est le point minimal "adressicible" par un contrôleur vidéo .C'est par exemple l'unité utilisée pour spécifier les définitions d'affichage (largeur x hauteur) .

Dimensions d'un point :La taille d'un point -hauteur et largeur sont normalement identiques- est le rapport entre la hauteur de l'affichage et le nombre de points en hauteur, ou entre la largeur de l'affichage et le nombre de points en largeur .

Pourquoi présenter ce thème sur les variations des Textures d'une image lors de son grandissement jusqu'à une limite où l'on atteint juste quelques pixels, si la technique de grossissement de l'appareil utilisé le permet ?

La raison est importante : la nature des explications qui seront présentées, les types d'applications proposées et surtout l'ensemble des nombreuses conclusions soumises à votre perspicacité, nous serviront d'exemple dans notre analyse des notions de limites et de frontières que nous aborderons par la suite . Notions sans lesquelles il nous serait très difficile de se construire; dans notre entendement , une représentation de notre monde tout-à- fait cohérente .

Dans l'Antiquité Grecque, Démocrite et Leucippe, avaient conçu la notion de limite des unités insécables de la matière :les Atomes .Cette notion rejetée durant tout le Moyen Age a été discuté âprement durant tout le XVIIIe siècle, et ce n'est qu'à la fin du XIXe qu'elle a été reprise par les savants physiciens de la matière de toute l' Europe réunis lors des congrés de Solvay, en Belgique . La découverte de Louis de Broglie (existence d'une onde associée aux microparticules en mouvement, de très courtes longueurs d'onde ) permit d'obtenir des grossissement des objets considérables grâce à la construction de microscopes électroniques utilisant cette onde associée au déplacement des électrons très fortement accélérés dans un champ électrique .Ceci bien entendu par rapport à ceux obtenus jusqu'alors en utilisant la lumière du rayonnement visible avec un microscope dit optique .

Un autre champ d'observation nous permettra de définir ces notions de limites vers les parties "intimes" des objets grâce à l'obtention d'images réalisées en macrophotographies et en microphotographies .

La raison est importante : la nature des explications qui seront présentées, les types d'applications proposées et surtout l'ensemble des nombreuses conclusions soumises à votre perspicacité, nous serviront d'exemple dans notre analyse des notions de limites et de frontières que nous aborderons par la suite . Notions sans lesquelles il nous serait très difficile de se construire dans notre entendement , une représentation de notre monde tout-à- fait cohérente .


C'est un autre domaine de connaissance qui "s'ouvrira à nous" lorsque nous aborderons ces sujets passionnants concernant l'étude des microdomaines de très nombreux contextes de l'univers qui nous entoure .A bientôt, Gerboise


mardi 29 mai 2007

Premières clartés du matin : Irréalisme et Réalité

La jeunesse se montre, apparaît souvent intolérante parce que n'ayant ni le sens des moyens, des possibilités, ni celui des obligations, des nécessités, elle croit facile et simple de réformer ce qui choque une logique qu'elle pense raisonnable et rationnelle (envie de changer le monde !). Il est cependant essentiel de réfléchir longuement pour découvrir et réaliser que ce n'est pas cette cohérence, cette logique qui anime et mène l' Humanité .
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A bientôt,Gerboise.