.
Tout bien considéré, finalement, ce sont ces images ( représentations mentales), parfois très labiles , qui semblent ( ont l'air) naître, qui apparaissent dans notre esprit, qui constituent, avec les sensations perçues par nos sens, les matériaux de toutes nos opérations intellectuelles ; la mémoire, le raisonnement, l'imagination sont des actes qui consistent, en dernière analyse, à grouper et coordonner des images, à en saisir les rapports déjà formés et à les réunir dans des rapports nouveaux .
Chaque image de notre esprit est une sensation spontanément renaissante, en général plus simple et plus faible que l'impression primitive, mais capable d'acquérir, dans des conditions données, une intensité si grande qu'on croirait continuer à voir l'objet extérieur .
Les images ne sont point des choses inertes et mortes, elles ont des propriétés actives ; elles s'attirent, elles s'enchaînent et se fusionnent . Nous avons tord de faire de l'image un cliché photographique, fixe et immuable : c'est un élément vivant, quelque chose qui naît, qui se transforme, et qui pousse comme nos ongles et nos poils .
L'activité de l'esprit résulte de l'activité des images ( si les conditions ne sont plus favorables à ce dynamisme, la pensée s'évanouit, , cesse, défaille, décline et disparaît ) comme la vie de la ruche résulte de la vie des abeilles, ou plutôt comme la vie d'un organisme résulte de l'activité de la vie de ses cellules ( lorsque cette activité cesse, la vie " s'en va " !) .
Il ne vous reste plus, après ces constatations, qu'à vous représenter les images intérieures qui pourraient susciter en vous des réflexions à propos de votre capacité à "voir et à comprendre le monde " ! et peut être, également vous même !
Cordialement votre, bien à vous, Gerboise .
dimanche 15 novembre 2009
Les images de l'esprit sont les matières premières de nos raisonnements, de nos réflexions et donc de nos rapports avec le monde qui nous environne .
mercredi 11 novembre 2009
Commémoration* de l'armistice** du 11 Novembre 2009 : Souvenirs des détresses, des souffrances, puis des joies, de l'allégresse, de l'euphorie*** .
Toutes ces images proviennent de divers numéros ,publiés en l'année 1918, de la Revue de l'ILLUSTRATION .( vous pouvez agrandir cette image ainsi que les suivantes en réalisant un clic gauche sur chacune d'elles, puis revenir chaque fois à la précédente) .
Ci-dessus : La FRATERNITÉ (lien fraternel particulier établissant des rapports fraternels) - Aquarelle par Jean DROIT .
Deux sortes de sentiments puissants ont pu survenir [ et sont survenus fatalement ] dans l'esprit de ces soldats qui ont combattu vaillamment durant toutes ces années épouvantables , liés à de la peur, normale dans certaines situations, et à un courage invincible, admirable,qui leur permirent de remporter la victoire .
- La PEUR : terme général qui indique un trouble violent et instinctif qu'on éprouve quand on se croit menacé d'un grand danger .
L'alarme : émotion causée par un danger ou par l'approche d'un danger dont on se sent menacé .
L'appréhension : crainte basée sur l'incertitude d'un événement futur.
La crainte : sentiment de peur de celui qui redoute le résultat d'une chose favorable ou défavorable .
L'effroi : grande frayeur inspirée par une révulsion très vive .
L'épouvante : terreur soudaine et très grande qui nous oblige le plus souvent à fuir sur le champ .
La frayeur : sentiment d'une grande crainte passagère et momentanée, accompagnée quelquefois de frissons .
La terreur : peur violente qui nous ôte l'usage de nos facultés ; elle naît d'un danger qui peut être réel ou imaginaire .
- Le COURAGE : vertu de l'âme qui fait affronter tous les chagrins de la vie, tous les périls auxquels on peut être exposé ; il est de tous les états et de toutes les situations ; on en a besoin dans la vie privée comme dans la vie publique .
La bravoure : ne sait pas ce que c'est que la peur, va au devant du danger et préfère l'honneur à tout, même la vie ; mais elle peut aussi s'acquérir par l'exemple et la Réflexion .
Le cœur : force de l'âme qui répudie toute crainte et qui fait que l'on reste inébranlable au milieu des dangers ; un cœur faible fléchit en présence du moindre péril ; un cœur fort , au contraire, demeure serein au milieu des plus grands chagrins comme des plus grandes catastrophes .
La hardiesse : dénote l'assurance, la résolution et refuse d'être conçue ou exécutée avec timidité .
L'intrépidité : porte à braver le danger avec courage et fermeté ; rien ne peut l'ébranler ni la rebuter .
La vaillance : manière d'être et qualité permanente et en quelque sorte latente d'un individu qui a du courage et de la valeur ; c'est elle qui commande d'être valeureux et qui anime les héros .
La valeur : se manifeste partout où il y a un péril à affronter et des lauriers à conquérir .
L'audace : disposition ou mouvement qui porte à des actions extraordinaires, au mépris des obstacles et des dangers .
Le froid dans la Somme : dessin de Lucien JONAS .
Dans le bois de Roucy dans l'Aisne : La toilette des poilus la veille de la bataille en Avril 1917 . Croquis de guerre par François FLAMENG .
Ambulances pendant la guerre . Enlèvement des blessés dans un poste de secours . Aquarelle de Georges SCOTT .
Noël des enfants qui n'ont plus de maisons . Dessin de Lucien JONAS .
" Nous n'avons plus de maisons !
Les ennemis ont tout pris, tout pris,
Jusqu'à notre petit lit .
Ils ont brûlés l'école et notre maître aussi,
Ils ont brûlé l'église et monsieur Jésus Christ ... "
Claude DEBUSSY
Le " TE DEUM " solennel à NOTRE-DAME de Paris, le Dimanche 17 Novembre 1918 .Dessin de J. SIMONT .
Les fêtes de Strasbourg : le défilé alsacien le 9 Décembre 1918 . Dessin de notre envoyé spécial J. SIMONT .
Entrée à Strasbourg le 22 Novembre 1918, de la 4e Armée Française, commandée par le Général GOURAUD . Aquarelle de Georges SCOTT ..
* Cérémonie destinée à rappeler le souvenir des " poilus " , soldats de la Grande Guerre de 1914-1918, qui vécurent des conditions de vie exécrables, odieuses, pitoyables .
** Convention conclue entre les belligérants afin de suspendre les hostilités .
*** et de la liesse générale en Alsace-Lorraine .
Voici quelques images que nous vous présentons pour vous rappeler cette effroyable boucherie ( combats meurtriers, carnages) et être ainsi " de tout cœur " avec tous ces êtres aujourd'hui tous morts , quels qu'ils soient, qui périrent sur cette terre de France dans des conditions inhumaines ,et que nous ne devrons jamais oublier .
Ce texte et ces images ont été présentés dans ce blog par Gerboise, en espérant que personne, ni même les générations futures, ne puisse oublier ces événements tragiques, et en souhaitant ,en espérant de tout notre cœur, que pareille tragédie et un tel immense malheur ne survienne à nouveau en Europe et dans le Monde .
Cordialement et tristement votre, bien à vous, Gerboise .
mardi 27 octobre 2009
Quelques réflexions et sentiments sur la Technique, sans parler des sciences : de quoi s'agit-il ?

( vous pouvez agrandir cette image ainsi que les suivantes en réalisant un clic gauche sur chacune d'entre elles, puis revenir chaque fois à la précédente) .
La technique pénètre peu à peu dans la vie paysanne , dans le monde agricole ; ci-dessus une des premières batteuse à vapeur, vers 1859 .
Les fonderies vont participer à la grande extension des techniques de l'industrie naissante ,vers 1740 . La force motrice est loin d'avoir remplacé d'une manière générale la force humaine . Ci-dessus, ces enfants travaillent dans les ateliers de coulage de la fonte ; ils sont astreints à des travaux longs et pénibles .
Atelier de Lutherie à Mirecourt dans les Vosges, industrie importée d'Italie en 1662 dans lequel nous pouvons observer les ouvriers luthiers exerçant un ensemble de techniques diverses .
Métiers et techniques vers 1830 . La tradition artisanale française [et ses différentes techniques] se perpétue dans le goût traditionnel et l'amour des belles choses . Vous pouvez observer sur la figure ci-dessus : reproduction d'une gravure sur bois d'après une estampe populaire de Metz, les attitudes séculaires {de gauche à droite, et de haut en bas} d'un bourrelier, puis d'un tonnelier, puis d'un charron, puis d'un relieur, puis d'un cordier, puis d'un boulanger, puis d'un bimbelotier ( fabrication des bibelots) et enfin d'un vannier ..
" Notre serrurier est devenu un artiste . Il a si bien travaillé le métal que celui-ci se fond dans l'architecture ; il en a fait des grilles superbes qui mettent le panorama en valeur sans le cacher . Le fer se fait aussi souple que le bois . Il se tord en feuilles légères et mobiles ; une fois sa rudesse disparue, il devient une matière vivante . "
Louis-Sébastien Mercier, écrivain, dramaturge (auteur d'ouvrages destinés au théâtre) et publiciste français, 1740-1814 , La mécanisation au pouvoir .
Nous allons " toucher du doigt " ce que l'on nomme la technique, cette catégorie de pensée qui s'exerce sur l'action elle-même, et s'expérimente, s'instruit par de continuels essais, tentatives et tâtonnements (avancer sur la pointe des pieds !) .
Comme on observe qu'un individu même inexpérimenté à force d'user (d'utiliser, de se servir) d'un mécanisme,de le manipuler et de le pratiquer de toutes les manières et dans toutes les circonstances et conditions, finit par le connaître d'une certaine manière, et tout à fait différemment qu'un autre qui aurait servi au préalable la science, la grande différence entre ces deux hommes, c'est que le technicien ne distingue point l'essentiel (qui est absolument nécessaire) de l'accidentel ( qui est dû au hasard) .
Tout est équivalent, pareil, semblable pour lui, et il n'y a que le succès qui rentre en ligne de compte, qui lui importe . Ainsi un agriculteur peut se moquer d'un agronome, un bouseux (un paysan) d'un vétérinaire ; non qu'un paysan sache ou seulement soupçonne pour qu'elle raison l'engrais chimique, ou le nouvel assolement ( procédé de culture consistant à diviser les terres labourables en parties égales[soles] et à y établir, successivement et en alternant, des cultures différentes pour conserver la fertilité du sol) , ou un labourage profond n'ont point donné ce qu'on attendait, seulement, par une longue pratique, il a réglé toutes les actions de culture sur des petites différences qu'il ne connaît point mais dont pourtant il tient compte, et que l'agronome dans un cas, ou le vétérinaire dans un autre, ne peut pas même soupçonner .
Quelle est donc la particularité, le propre de (la qualité distinctive qui caractérise, qui appartient à une chose, à une personne) de cette pensée technicienne ?
C'est qu'elle essaie ( essayer de : faire des efforts dans le dessein de[s'efforcer, tenter de] ) avec les mains au lieu de chercher par la réflexion .
Le premier mouvement de l'horloger, qui est de secouer un réveil muet, est un mouvement de technicien . Et comme il y a une manière de secouer qui est plus utile qu'une autre, il y viendra naturellement ; le principal effort de la pensée est ici de remarquer le succès en même temps que les circonstances et les actions, sans rien omettre (négliger,laisser de côté) . J'ai constaté, remarqué, chez les gens de métier une mémoire exceptionnellement tenace (qui respecte et fait respecter ses opinions, ses décisions avec fermeté et constance) , et à peu de chose près anecdotique, de leurs moindres essais . Cependant il nous semble qu'on peut distinguer à ce sujet deux espèces , deux variétés de techniques ; car il y a celle qui essaie sans dommage et constate aussitôt l'effet, comme il arrive dans les mécaniques ; au contraire dans la pratique agricole de monde rural, les essais coûtent cher (surtout s'ils ne conduisent pas à des résultats probants, décisifs ) et le résultat se fait attendre longtemps . Entre les deux nous mettrions le médecin, l'ensemble du corps médical , mais également, par exemple,la fonderie (les métiers du feu) , dont les essais sont toujours sont toujours tâtonnants et prudents, mais qui peuvent presque toujours essayer sans grands risque .
Il est évident, manifeste, clair, sans équivoque, que le technicien qui, de ces trois, réfléchit le moins, c'est le mécanicien, qui à chaque embarras , difficulté, inconvénient fait, en quelque sorte, la revue des moyens, et les essaie promptement, en un instant, en deux temps trois mouvements, souvent même avant d'avoir observé . L'homme du " serment d'Hippocrate " observe d'abord . En ce qui concerne l'homme de la terre, le paysan, il est plutôt ramené par la pratique de son métier à suivre une règle d'action bien des fois mise à l'épreuve ( éprouvée, vérifiée) .
On pourrait appeler technique immédiate cette technique qui est aussitôt redressée par l'effet, comme on voit dans la mécanique, la physique , la chimie et la biologie .
C'est à ce moment là, dans ces conditions, que nous pensons avec nos mains(!) et que des milliers d'essais entraînent bien plus loin que l'observation la plus pénétrante, perspicace, pertinente , subtile .
Ne faut-il pas se prononcer, considérer la technique pure, et préciser quel est le genre d'esprit qu'elle engendre et laisse présager, entrevoir, qu'elle laisse envisager . Cependant il est évident que rien ne peut garder de la précipitation, dès que l'habileté technique est acquise ; l'action va devant, et l'esprit ne travaille que sur les résultats, les mains sont prudentes mais l'esprit ne l'est point, assuré d'être redressé toujours par la chose (la réalité).
" On va bien voir " , voilà une expression de mécanicien ou d'expert de la matière ou des hommes !
Ce que nous voulons vous faire considérer, comprendre , c'est que les Mathématiques, méditatives en leur premiers essais, deviennent d'une manière décisive et définitive, technique par l'usage du Calcul, et d'autant davantage que les problèmes sont plus compliqués, complexes ; nous énonçons un contenu technique, même dans la découverte, comme nous voyons en Leibniz ou Euler, qui sont habiles à essayer, et réellement transforment une manière d'écrire comme d'autres arrivent à faire marcher un mécanisme rebelle .
L'esprit mathématicien s'explique assez bien par des remarques de ce genre . On pourrait considérer qu'un Mathématicien est en réalité un travailleur et non un penseur . En tout technicien, de mathématique ou bien d'expert de la matière ou des affaires humaines, nous retrouverons toujours cette impatience qui exige l'action et ne sait point penser avant que l'objet réponde ; et comme conséquence naturelle ce vide de l'esprit résultant de ce que l'idée est toujours ramenée au procédé, ce qui efface la notion même du vrai et du faux .
Un technicien est systématiquement sceptique (scepticisme : attitude critique faite de défiance, d'incrédulité, de refus de toute illusion) , dubitatif, même avant d'avoir essayé, expérimenté, mis à l'épreuve .
Cependant ce qui est extraordinaire et remarquable, c'est qu'après avoir essayé, son scepticisme est encore plus intense . De même, après une longue suite de succès, il peut l'être davantage .
Une idée nouvelle n'est jamais créée de toute pièce, elle doit être forgée, construite,'édifiée progressivement .
Le terme de technique recouvre, s'applique à un grand nombre de phénomènes et comporte des sens très différents . Non seulement, ce qui en fait la difficulté ,c'est que ces sens visent des réalités diverses :
D'un côté des réalités concrètes [ la technique des moulins à vent ou des moulins construits au fil de l'eau des rivières] , de l'autre des objets d'études scientifiques [celles concernant de nouveaux types d' éoliennes ou de capteurs solaires] . Il apparaît qu'aux prémices ( commencement, début ; ne pas confondre avec prémisses : affirmations dont on tire une conclusion, commencement d'une démonstration) de ces recherches on désignait par technique, et en conformité avec son étymologie une certaine manière de faire [ how to do ] , procédé ou ensemble de procédés .
Des questions pertinentes surviennent à l'esprit lorsque nous sommes amenés à réfléchir à propos de cette notion de technique :
- Tout d'abord, qu'est-ce qu'un problème technique ?
- Par la suite, un objet technique ?
- Ensuite, une impossibilité technique ?
- Enfin, une valeur technique ?
- Quelle position respective existe-t-il entre la Technique, la Science et l'Art ?
Nous répondrons à ces questions dans d'autres circonstances ; nous les laisserons momentanément en attente .
Cordialement votre, bien à vous, Gerboise .
L'ATLAS des Civilisations, Coédition La Vie- Le Monde Hors Série , 2009-2010 : Comprendre le présent à la lumière du passé .
Nous venons de découvrir cet ouvrage d'une qualité exceptionnelle publié pour le prix modique de 12 euros . Nous vous conseillons de l'acquérir car il constitue une suite de repères dans l'espace et dans le temps, nécessaires, à l'heure présente, par les temps qui courent ( étant donné la conjoncture actuelle), à tout honnête homme et surtout aux collégiens, lycéens et étudiants des Universités et de toutes les grandes Écoles .
Construit d'une façon remarquable et passionnante il permet de se représenter le monde actuel et ancien, de se repérer lors de la connaissance des informations qui nous arrivent de toute part et de mieux comprendre tous les événements qui surviennent de par le monde .
En vue de vous donner une idée exhaustive de son contenu difficile à décrire vu son ampleur, et ainsi vous inciter à en prendre possession, nous nous sommes permis de vous présenter ci-dessous le sommaire et quelques pages significatives de sa substance .

Voici ci-dessous les deux pages du sommaire de l'ouvrage .
( vous pouvez agrandir ces deux images ainsi que les suivantes en réalisant un clic gauche sur chacune d'entre elles, puis revenir chaque fois à la précédente)




Construit d'une façon remarquable et passionnante il permet de se représenter le monde actuel et ancien, de se repérer lors de la connaissance des informations qui nous arrivent de toute part et de mieux comprendre tous les événements qui surviennent de par le monde .
En vue de vous donner une idée exhaustive de son contenu difficile à décrire vu son ampleur, et ainsi vous inciter à en prendre possession, nous nous sommes permis de vous présenter ci-dessous le sommaire et quelques pages significatives de sa substance .

Voici ci-dessous les deux pages du sommaire de l'ouvrage .
( vous pouvez agrandir ces deux images ainsi que les suivantes en réalisant un clic gauche sur chacune d'entre elles, puis revenir chaque fois à la précédente)




samedi 24 octobre 2009
La Vérité : d' Alphonse de Lamartine, 1790-1869, * Morceau extrait des Harmonies poétiques et religieuses, 1830 , Editions Hachette .
.
*Le premier en date et l'un des plus grands parmi les poètes romantiques, homme politique et orateur, Lamartine est surtout un sentimental et un rêveur un peu nonchalant (qui manque d'activité, d'ardeur, par insouciance, indifférence) . Son œuvre est toute pleine de lui-même, de ses tristesses, de ses amours, de ses désespoirs, et aussi de sa foi religieuse, sincère et profonde, bien qu'un peu vague . En vers, son style est coulant, harmonieux, trop souvent négligé et même incorrect . En prose, sa langue est plus ferme et plus sobre .
" Avez-vous vu, le soir d'un jour mêlé d'orage,
Le soleil qui descend de nuage en nuage,
A mesure qu'il baisse et retire le jour,
De ses reflets de feu les dorer tour à tour ?
L'œil les voit s'enflammer sous son disque qui passe,
Et dans ce voile ardent croit adorer sa trace :
" Le voilà, dites-vous, dans sa blanche toison
Que le souffle du soir balance à l'horizon ;
Le voici dans les feux dont cette pourpre éclate :
Non, non, c'est lui qui teint ces flocons d'écarlate !
Non, c'est lui qui, trahi par ce flux de clarté,
A fendu d'un rayon ce nuage argenté ;
Voile impuissant ! le jour sous l'obstacle étincelle ;
C'est lui ! la nue est pleine et la pourpre en ruisselle ! "
Et, tandis que votre œil à cette ombre [question d'intelligence : Quel est ici le sens du mot ombre ? Ne fait-il pas antithèse ? ( contraste) ] attaché
Croit posséder enfin l'astre déjà couché ,
La nue à vos regard fond et se décolore ;
Ce n'est qu'une vapeur qui flotte et s'évapore,
Vous le cherchez plus loin, déjà, déjà trop tard!
Le soleil est toujours au delà du regard ;
Et,le suivant en vain de nuage en nuage,
Non, ce n'est jamais lui, c'est toujours son image !
Voilà la vérité ! Chaque siècle à son tour
Croit soulever son voile et marcher à son jour ;
Mais celle qu'aujourd'hui notre ignorance adore
Demain n'est qu'un nuage, une autre est près d'éclore .
A mesure qu'il marche et la proclame en vain,
La vérité qui fuit trompe l'espoir humain,
Et l'homme qui la voit dans ses reflets sans nombre
En croyant l'embrasser, n'embrasse que son ombre .
Mais les siècles déçus, sans jamais se lasser,
Effacent leur chemin pour le recommencer ."
Les mots, les expressions ou les membres de phrases écrits en italiques de ce texte devraient être expliqués au point de vue du sens ou de la grammaire : voilà un excellent exercice !
De plus, il serait enrichissant et instructif de réfléchir , et peut-être même d'essayer de répondre aux questions suivantes que nous devrions nous poser après la lecture de ce texte .
- Comment le poète symbolise-t-il la vérité ?
- Que représente le soleil couchant ?
- Et les nuages qu'il dore ?
- Que pensez-vous de la conception que Lamartine se fait de la vérité ?
- Est-il exact de dire que les hommes n'embrassent jamais que son ombre ?
- Si vous n'êtes pas de cet avis, dites pourquoi .
- Pourquoi les siècles déçus recommencent-ils leur chemin sans jamais se lasser ?
- Quels sont les caractères du tableau que peint Lamartine dans la première partie ?
- Signalez et appréciez les images les plus remarquables .
- Comment l'auteur a-t-il su rendre poétique la seconde partie, qui exprime des idées abstraites ?
- Que pensez-vous du style ?
- N'y trouve-t-on pas quelques expressions vagues ou impropres ?
- Lesquelles ?
- Commentez la pensée suivante : " La vérité est un dépôt comme la richesse . Nous n'en sommes, pour ainsi dire, que des trésoriers ; nous ne l'amassons que pour la répandre " .
Bonne lecture et bonne méditation .
Cordialement, bien à vous, Gerboise .
*Le premier en date et l'un des plus grands parmi les poètes romantiques, homme politique et orateur, Lamartine est surtout un sentimental et un rêveur un peu nonchalant (qui manque d'activité, d'ardeur, par insouciance, indifférence) . Son œuvre est toute pleine de lui-même, de ses tristesses, de ses amours, de ses désespoirs, et aussi de sa foi religieuse, sincère et profonde, bien qu'un peu vague . En vers, son style est coulant, harmonieux, trop souvent négligé et même incorrect . En prose, sa langue est plus ferme et plus sobre .
" Avez-vous vu, le soir d'un jour mêlé d'orage,
Le soleil qui descend de nuage en nuage,
A mesure qu'il baisse et retire le jour,
De ses reflets de feu les dorer tour à tour ?
L'œil les voit s'enflammer sous son disque qui passe,
Et dans ce voile ardent croit adorer sa trace :
" Le voilà, dites-vous, dans sa blanche toison
Que le souffle du soir balance à l'horizon ;
Le voici dans les feux dont cette pourpre éclate :
Non, non, c'est lui qui teint ces flocons d'écarlate !
Non, c'est lui qui, trahi par ce flux de clarté,
A fendu d'un rayon ce nuage argenté ;
Voile impuissant ! le jour sous l'obstacle étincelle ;
C'est lui ! la nue est pleine et la pourpre en ruisselle ! "
Et, tandis que votre œil à cette ombre [question d'intelligence : Quel est ici le sens du mot ombre ? Ne fait-il pas antithèse ? ( contraste) ] attaché
Croit posséder enfin l'astre déjà couché ,
La nue à vos regard fond et se décolore ;
Ce n'est qu'une vapeur qui flotte et s'évapore,
Vous le cherchez plus loin, déjà, déjà trop tard!
Le soleil est toujours au delà du regard ;
Et,le suivant en vain de nuage en nuage,
Non, ce n'est jamais lui, c'est toujours son image !
Voilà la vérité ! Chaque siècle à son tour
Croit soulever son voile et marcher à son jour ;
Mais celle qu'aujourd'hui notre ignorance adore
Demain n'est qu'un nuage, une autre est près d'éclore .
A mesure qu'il marche et la proclame en vain,
La vérité qui fuit trompe l'espoir humain,
Et l'homme qui la voit dans ses reflets sans nombre
En croyant l'embrasser, n'embrasse que son ombre .
Mais les siècles déçus, sans jamais se lasser,
Effacent leur chemin pour le recommencer ."
Les mots, les expressions ou les membres de phrases écrits en italiques de ce texte devraient être expliqués au point de vue du sens ou de la grammaire : voilà un excellent exercice !
De plus, il serait enrichissant et instructif de réfléchir , et peut-être même d'essayer de répondre aux questions suivantes que nous devrions nous poser après la lecture de ce texte .
- Comment le poète symbolise-t-il la vérité ?
- Que représente le soleil couchant ?
- Et les nuages qu'il dore ?
- Que pensez-vous de la conception que Lamartine se fait de la vérité ?
- Est-il exact de dire que les hommes n'embrassent jamais que son ombre ?
- Si vous n'êtes pas de cet avis, dites pourquoi .
- Pourquoi les siècles déçus recommencent-ils leur chemin sans jamais se lasser ?
- Quels sont les caractères du tableau que peint Lamartine dans la première partie ?
- Signalez et appréciez les images les plus remarquables .
- Comment l'auteur a-t-il su rendre poétique la seconde partie, qui exprime des idées abstraites ?
- Que pensez-vous du style ?
- N'y trouve-t-on pas quelques expressions vagues ou impropres ?
- Lesquelles ?
- Commentez la pensée suivante : " La vérité est un dépôt comme la richesse . Nous n'en sommes, pour ainsi dire, que des trésoriers ; nous ne l'amassons que pour la répandre " .
Bonne lecture et bonne méditation .
Cordialement, bien à vous, Gerboise .
mercredi 21 octobre 2009
Savoir , science, érudition, littérature .
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Savoir : pour avoir, posséder du savoir, il faut acquérir la connaissance des choses, des êtres, des phénomènes, par l'étude ou l'expérience, apprendre beaucoup et toucher à presque toutes les connaissances humaines, de façon à n'être pas étranger à une seule branche de ces connaissances . Savoir est absolu et général dans sa signification .
Science : pour avoir de la science, il faut connaître les choses et les étudier beaucoup plus profondément ; mais la science étant l'ensemble des connaissances que les hommes possèdent, il faut borner le champ de ses études à une seule matière .
Érudition : pour avoir de l'érudition, il faut non seulement avoir lu les auteurs anciens et modernes, mais avoir également connaissance des matériaux historiques, des commentaires, comparer les éditions, connaître les temps et les sources où ont puisé ces auteurs .
Littérature : pour avoir de la littérature, il faut avoir lu l'ensemble des connaissances relatives aux belles-lettres, les productions littéraires d'un ou de plusieurs pays, d'une ou de plusieurs époques ; il suffit de conserver dans sa mémoire tout ce que cette lecture a pu nous apprendre et produire sur notre esprit .
Cordialement, bien à vous, Gerboise .
Savoir : pour avoir, posséder du savoir, il faut acquérir la connaissance des choses, des êtres, des phénomènes, par l'étude ou l'expérience, apprendre beaucoup et toucher à presque toutes les connaissances humaines, de façon à n'être pas étranger à une seule branche de ces connaissances . Savoir est absolu et général dans sa signification .
Science : pour avoir de la science, il faut connaître les choses et les étudier beaucoup plus profondément ; mais la science étant l'ensemble des connaissances que les hommes possèdent, il faut borner le champ de ses études à une seule matière .
Érudition : pour avoir de l'érudition, il faut non seulement avoir lu les auteurs anciens et modernes, mais avoir également connaissance des matériaux historiques, des commentaires, comparer les éditions, connaître les temps et les sources où ont puisé ces auteurs .
Littérature : pour avoir de la littérature, il faut avoir lu l'ensemble des connaissances relatives aux belles-lettres, les productions littéraires d'un ou de plusieurs pays, d'une ou de plusieurs époques ; il suffit de conserver dans sa mémoire tout ce que cette lecture a pu nous apprendre et produire sur notre esprit .
Cordialement, bien à vous, Gerboise .
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réflexions.,
Subtilités de la langue française
lundi 19 octobre 2009
Quelques réflexions : Blaise Pascal 1623-1662 . Pensées ...
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-[...] Qu'est-ce que l'homme dans la nature . Un néant ( une absence, soit relative soit absolue , d'être ou de réalité ) à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout . Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin ( ce pourquoi une chose est faite : le plan d'action, l'idée réalisés ou à réaliser ; ce en vue de quoi une chose est faite [ but, dessein, visée, objectif, intention] ; fin non intentionnelle : ce qui explique pourquoi une chose est faite) des choses et leur principes sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d'où il est tiré, et l'infini où il est englouti .
-[...] Connaissons donc notre portée (aptitude à avoir des effets en atteignant, en parlant d'une idée, d'une pensée, d'une connaissance) : nous sommes quelque chose, et ne sommes pas du tout ; ce que nous avons d'être nous dérobe la connaissance des premiers principes, qui naissent du néant ; et le peu que nous avons d'être nous cache la vue de l'infini (ce qui est plus grand que tout ce qui a une limite) .
- [...] Trop de jeunesse et trop de vieillesse empêchent l'esprit, trop et trop peu d'instruction ; enfin les choses extrêmes ( qui est au plus haut point ou à un plus haut degré ; à la dernière limite, au delà de toute mesure) sont pour nous comme si elles n'étaient point, et nous ne sommes point à leur égard ; elles nous échappent, ou nous à elles .
- Imagination . - C'est cette partie décevante dans l'homme, cette maîtresse d'erreur et de fausseté, et d'autant plus fourbe (qui trompe ou agit mal en se cachant, en feignant l'honnêteté) qu'elle ne l'est pas toujours ; car elle serait règle infaillible de vérité, si elle l'était infaillible du mensonge . Mais, étant le plus souvent fausse, elle ne donne aucune marque de sa qualité, marquant du même caractère le vrai et le faux .
- [...] Personne ne parle de nous en notre présence comme il en parle en notre absence . L'union qui est entre les hommes n'est fondée que sur cette mutuelle tromperie ; et peu d'amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu'il n'y est pas, quoiqu'il en parle alors sincèrement et sans passion .
- [...] L'homme est visiblement fait pour penser ; c'est toute sa dignité et tout son métier ; et tout son devoir est de penser comme il faut (penser comme il faut, voici la gageure, le pari impossible ; et puis (!) qu'est-ce que cela signifie penser comme il faut : vaste problème ! ) .
- [...] Ainsi s'écoule la vie . On cherche le repos en combattant quelques obstacles ; et si on les a surmontés, le repos devient insupportable .
- [...] deux excès : exclure la raison, n'admettre que la raison .
Ces pensées seront certainement enrichissantes et bénéfiques .
Cordialement, bien à vous, Gerboise .
-[...] Qu'est-ce que l'homme dans la nature . Un néant ( une absence, soit relative soit absolue , d'être ou de réalité ) à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout . Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin ( ce pourquoi une chose est faite : le plan d'action, l'idée réalisés ou à réaliser ; ce en vue de quoi une chose est faite [ but, dessein, visée, objectif, intention] ; fin non intentionnelle : ce qui explique pourquoi une chose est faite) des choses et leur principes sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d'où il est tiré, et l'infini où il est englouti .
-[...] Connaissons donc notre portée (aptitude à avoir des effets en atteignant, en parlant d'une idée, d'une pensée, d'une connaissance) : nous sommes quelque chose, et ne sommes pas du tout ; ce que nous avons d'être nous dérobe la connaissance des premiers principes, qui naissent du néant ; et le peu que nous avons d'être nous cache la vue de l'infini (ce qui est plus grand que tout ce qui a une limite) .
- [...] Trop de jeunesse et trop de vieillesse empêchent l'esprit, trop et trop peu d'instruction ; enfin les choses extrêmes ( qui est au plus haut point ou à un plus haut degré ; à la dernière limite, au delà de toute mesure) sont pour nous comme si elles n'étaient point, et nous ne sommes point à leur égard ; elles nous échappent, ou nous à elles .
- Imagination . - C'est cette partie décevante dans l'homme, cette maîtresse d'erreur et de fausseté, et d'autant plus fourbe (qui trompe ou agit mal en se cachant, en feignant l'honnêteté) qu'elle ne l'est pas toujours ; car elle serait règle infaillible de vérité, si elle l'était infaillible du mensonge . Mais, étant le plus souvent fausse, elle ne donne aucune marque de sa qualité, marquant du même caractère le vrai et le faux .
- [...] Personne ne parle de nous en notre présence comme il en parle en notre absence . L'union qui est entre les hommes n'est fondée que sur cette mutuelle tromperie ; et peu d'amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu'il n'y est pas, quoiqu'il en parle alors sincèrement et sans passion .
- [...] L'homme est visiblement fait pour penser ; c'est toute sa dignité et tout son métier ; et tout son devoir est de penser comme il faut (penser comme il faut, voici la gageure, le pari impossible ; et puis (!) qu'est-ce que cela signifie penser comme il faut : vaste problème ! ) .
- [...] Ainsi s'écoule la vie . On cherche le repos en combattant quelques obstacles ; et si on les a surmontés, le repos devient insupportable .
- [...] deux excès : exclure la raison, n'admettre que la raison .
Ces pensées seront certainement enrichissantes et bénéfiques .
Cordialement, bien à vous, Gerboise .
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