jeudi 8 mai 2008

Analyse critique et constructive d'une image concernant le thème de l'eau : entre un certain réalisme *et la réalité**

* réalisme : conception selon laquelle un auteur voit, juge et reproduit le réel dans son esprit et ensuite présente la réalité telle qu'elle est ; attitude de celui qui tient compte de cette réalité et la décrit avec justesse et objectivité . Mais dans notre cas, il s'agit de l'attitude de celui qui devrait représenter, exprimer le réel sans l'idéaliser, le déformer, le recomposer artificiellement et qui "se laisse aller " à caricaturer, dénaturer la réalité et , plus grave, prend ainsi le risque de fausser la représentation des faits authentiques dans l'esprit d'autrui .

** réalité : présence réelle des faits, caractère de ce qui existe effectivement, qui n'est pas seulement une invention , une apparence ou une reconstruction, à partir des faits, d'une reconstitution délibérée , en partie déformée , en fonction des désirs , des représentations de l'esprit, des desseins et des objectifs personnels d'un auteur .

Nous avons choisi cette représentation du " Thème de l'eau " dans le dictionnaire encyclopédique illustré, volume I des Éditions Hachette,1961, en vue de montrer un exemple de déformation de faits scientifiques .
C'est parce que nous avions cité , dans notre billet du 8 Avril 2008 , sur les Jeux Olympiques , libellé :
Réflexions pédagogiques et événements historiques mémorables, cette belle épopée pleine de leçons de courage, d'efforts et de lutte contre l'adversité , que nous avons éprouvé la nécessité de commenter cet essai de reconstitution des relations entre l' Homme et l'eau : illustration signée"Aitedint" , présente dans ce même volume et qui pose un problème concernant la vulgarisation des faits de notre environnement .

Plusieurs points demandent à être discutés :
-tout d'abord , concernant les relations des êtres vivants, ici l' Homme, avec l'eau ; un fait fondamental a été ignoré et qui aurait pu , très simplement, [ présence d'un reflet du visage sur l'eau], être représenté et expliqué !

Nos lointains ancêtres en buvant dans le creux de leur main, comme l'auteur de l'image l'a représenté avec justesse, eurent très tôt une relation avec le plan de cette eau , un contact avec elle non seulement physiologique (le besoin de boire, de se désaltérer), mais également une relation psychologique (un sentiment) qui a dû, à un moment donné ( ? ) frapper sa conscience en gestation ( qui devait s'élaborer progressivement) : la perception de son image, de son visage, d'un être qui lui était au début étranger , puis qui est devenu un reflet de sa personne , de son moi !

- un deuxième fait, beaucoup plus critique, a été à l'origine de la présentation et de la critique constructive de cette page hors texte . Elle comporte une incongruité, une incorrection . C'est la représentation, en bas à droite de l'image , d'un cristal de glace de symétrie hexagonale (sénaire, dendrites à 60° les unes des autres) montrant vers le centre un emboîtement hexagonal . Cette dendrite cristalline est observable dans les cristaux de neige et dans certaines conditions de température et de taux d'humidité, mais pas ici, dans la condition d'une observation à l'aide d'un microscope représenté sur l'image, dont l'objet, le cristal de glace, ne peut être stable . Le mode d'éclairage par réflexion du faisceau lumineux sur le miroir, ferait fondre instantanément cette fragile lame cristalline de quelques micromètres d'épaisseur
!

- une troisième représentation est incohérente sur cette image !

Il s'agit de l'illustration, du modèle d'une molécule d'eau, à l'aide de trois boules, une bleue et deux rouges, les trois formant sensiblement un triangle équilatéral . Cette figure est erronée !
1 - les rayons ioniques des atomes d'hydrogène sont très petits par rapport à celui de l'atome d'oxygène et ici les trois diamètres sont presque égaux ;
2 - l'angle des liaisons entre l'atome d'oxygène et les deux atomes d'hydrogène est supérieur, ~124°, ici il est d'environ ~60° ;
3 - il n'existe pas de liaison entre les deux atomes d'hydrogène comme on le voit sur ce schéma.

Il aurait été préférable de ne rien représenter que d'induire en erreur ceux qui ont confiance en consultant les dictionnaires et qui ne possèdent pas les connaissances nécessaires pour relever ces types d'inexactitudes .
Ce qui est plus grave, c'est que cette sorte de vulgarisation, qui se prétend éducative, va être à l'origine d'une fixation dans une méprise, dans une inexactitude que l'on retrouvera
enracinée dans la compréhension des jeunes apprenants qui, plus tard auront des perceptions fausses et ainsi commettront des fautes difficiles à corriger et dont il sera laborieux de déceler la cause . Cet aspect trompeur qui induit des images incomplètes, et donc qui faussent notre esprit est regrettable !
Des questions se posent :
Qu'est-ce qui a attiré notre attention ?
Pourquoi avoir choisi cette composition de l'illustration ?
Il est vrai que l'évocation d'un de nos ancêtres est toujours émouvante !
-Enfin une quatrième réflexion se pose : A côté du cristal, et surtout du microscope, l'auteur aurait pu faire figurer une bactérie, des " microbes " qui souvent souillent l'eau et sont responsables de nombreuses maladies .
C'est dommage que cette éventualité n'ait pas été envisagée, car elle a constituée une étape majeure et fondamentale dans l'évolution de la médecine ; le microscope fut l'outil primordial de Pasteur et de beaucoup d'autres chercheurs . Actuellement le problème de l'eau potable dans le monde est crucial .

Voici pourquoi Gerboise a tenu à réagir devant cette page du dictionnaire . Son but, aujourd'hui était d'attirer votre attention sur ce que l'on pourrait considérer comme pas très important, en somme une réaction de quelqu'un " qui cherche la petite bête ", qui " coupe les cheveux en quatre " !

Réfléchissez, c'est à partir d'un tel discernement, de telles considérations que l'on est capable de dominer les connaissances, d'éviter les bévues et de se construire un esprit critique . Si " nous laissons passer " , sans se ressaisir, par manque de présence d'esprit, ces types d'illustrations, nous sommes indignes de former les jeunes générations .

Bien à vous, Gerboise .

mardi 6 mai 2008

Concrétisation*de l'expression**de notre pensée:redoutable*** exercice! Faut-il s'y préparer ou laisser son inspiration**** suivre"le fil de l'eau" .

* concrétisation : exprimer sa pensée en termes clairs, tangibles, incontestables, faire connaître par le langage, rendre concret, c'est-à-dire qui peut être perçu par les sens : lu ou entendu ; qui correspond à un élément de la réalité , ou un concept (contraire de ce qui est abstrait , qui n'existe que sous forme de pensée immatérielle ) ; expliquer, décrire, rendre sensible , compréhensible : visible ou audible une idée par une représentation matérielle effective , par l'écriture, et/ ou un enregistrement oral, , qui permettront une lecture et/ou une audition représentatives de nos opinions et de nos conceptions des choses et des êtres . On concrétise sa pensée par des images, des symboles, des exemples .

** expression : énoncé, ce par quoi quelqu'un ou quelque chose, s'exprime, se manifeste ; ce qui traduit, rend sensible un état de choses, de pensées ; action de manifester extérieurement par la parole ou par des signes , des écrits , des savoirs et des sentiments .

*** redoutable : ce qui doit-être appréhendé, envisagé (être ou chose) avec crainte et à l'avance . Dangereux, rude, qui donne du mal à réaliser, impose un effort important, scabreux c'est-à-dire difficile, qui crée une situation embarrassante et des risques d'erreur, délicats, périlleux, risqué .

**** inspiration : souffle créateur qui anime les artistes, les chercheurs ; idée, résolution spontanée, soudaine; intuition, qui fait naître un sentiment, un dessein, une pensée, un enthousiasme créateur chez quelqu'un .


Rien n'est plus agréable que de parler, en effet, quand on a , comme on dit, la parole facile . Le métier d'écrire est ingrat ( qui ne dédommage guère de la peine qu'il donne , du travail qu'on y a consacré, des efforts qu'il coûte) . L"effort s'accomplit dans l'ombre ( pas au grand jour, dans un contexte particulier, restreint ; ombre s'oppose à lumière et sert à désigner, dans un sens figuré, la situation de celui qui vit inconnu ou isolé du monde : rester dans l'ombre, ne pas paraître) . La plume, l'encre et le papier en sont les seuls témoins . Mais, parler comporte immédiatement une récompense . A mesure que les phrases s'articulent (s'assemblent, s'agencent, ), un auditoire en admire l'ordonnance ( la disposition selon un ordre dans lequel les mots, les idées, acquièrent du sens) et l'harmonie (accord entre les diverses parties d'un tout : effet qui en résulte) , et comme les phrases succèdent vite aux phrases, les écouteurs ( l'auditoire, les personnes qui pourraient émettre un jugement) n'ont pas le temps d'être sévères (d'analyser minutieusement le sens et d'en tirer les conséquences ). Un discours, c'est en même temps de la littérature et de la musique, et ces deux arts conjugués (mis ensemble) associent leurs artifices (moyens habiles, ingénieux) pour charmer (séduire, captiver par un attrait puissant ) et même pour étourdir (causer une sorte de vertige à quelqu'un en vue de lui faire perdre une conscience claire) ceux qui y sont sensibles .
Il ne faudrait point croire cependant que l'orateur est responsable de tout ce qu'il dit, ni qu'il garde la notion du temps qui s'écoule durant qu'il parle . Il émane (qui semble se dégager) de lui une sorte de force hypnotique (qui provoque une sorte de sommeil, une perte de toute réflexion) à laquelle il soumet (mettre en état de dépendance) l'auditoire ; mais lui-même est sous l'influence du fluide (force, influence subtile qui rayonne et se dégage des êtres et des choses) . Un orateur est toujours inspiré (animé par un souffle créateur) , quelque médiocre que soit son propos . L'orateur s'agite, et son "subconscient "(se dit d'un phénomène qui n'échappe pas totalement à la conscience sans lui être toutefois nettement perceptible) le mène . " Se griser (s'exalter, s'étourdir) de ses propres paroles " , voilà une métaphore au sens exact . Rencontrez-vous un tribun descendant de la tribune, vous l'entendez s'enquérir : " Ai-je parlé longtemps ? Ai-je été dur ? Ai-je été clair ? ... " Il ne sait plus ; il sort d'un autre monde, il était " en état second " ; il reprend soudainement conscience ( "il retombe sur ses pieds ! il revient sur terre" !) . Tel est l'effet de l'inspiration (souffle créateur qui anime les conférenciers, [les écrivains] , les artistes, les chercheurs) oratoire .
Mais nous savons tous que certains hommes publics écrivent avant de parler . Malheureusement quelques-uns d'entre eux oublient en parlant ce qu'il ont résolu (décidé avec vigueur) de dire et, le papier tutélaire (qui assure une protection, une sécurité, un état de dépendance) sous les yeux, on les voit emportés par le fiévreux (qui est dans l'agitation de l'inquiétude, fébrile) démon de l'éloquence (facilité pour bien s'exprimer, ici , nuance péjorative). D'autres restent fidèles aux engagements qu'ils ont pris envers eux-mêmes et ne cèdent point aux tentations fallacieuses (illusoires, hypocrites, trompeuses) de l'improvisation (art de composer sur -le-champ et sans préparation, à la hâte) . Ce sont les meilleurs orateurs . Ils ne parlent pas souvent, ni très longtemps .
Le nouveau règlement qu'essayent d'élaborer les députés discrets ne leur sera jamais imposé . Ce sont ceux qui pensent avant de parler et qui, parlant, ne disent que ce qu'ils ont pensé .
Et pourtant leur art oratoire (art de parler en public ) est parfois tenu pour inférieur . On a coutume de les dénoncer comme " préparant " beaucoup . C'est que les belles images où les poètes sont représentés une lyre à la main et regardant le ciel ont convaincu les liseurs de vers que les poètes chantent spontanément, comme nous conversons . Le manuscrit d'un poème couvert de ratures (retouches, surcharges, modifications pêle-mêle) nous paraît sacrilège ; il nous semble qu'il y a tromperie . Et quand nous entendons un orateur discourant avec véhémence(ardeur, fougue, passion, vivacité) , nous sommes tentés de l'accuser d'imposture (d'hypocrisie, de mystification de celui qui abuse) , si nous découvrons que le verbe qui nous séduit, nous persuade ou nous enthousiasme, était figuré d'avance sur les feuillets qu'il frappe de son poing nerveux .
L'art est toujours difficile ; celui du langage est même l'un des plus malaisés . Il faut louer les orateurs qui se défient (qui sont sur leurs gardes, se méfient, qui craignent de se laisser emporter négativement, qui ont peu de confiance en eux, en leurs capacités) d'eux-mêmes et s'imposent une discipline rigoureuse . Il faut redouter ceux qui " se jettent à l'eau ", comme on dit ; car ils risquent de nous y entraîner avec eux . Si , par exemple, les parlementaires réussissaient à ne parler chacun que cinq minutes, on n'entendrait guère que de forts beaux ou de fort utiles discours dans les temples de la législation (Assemblée Nationale, Sénat, conseils municipaux ..., réunions électorales) . Ils ne monteraient à la tribune, ou n' interviendraient de leur banc, qu'armés de quelques phrases bien construites et qui exprimeraient sobrement (simplement, avec mesure, sans rechercher des effets de robe) et clairement leur pensée . Et du reste il y aurait alors beaucoup moins d'orateurs . Contraints, en effet, de préciser pour eux-mêmes l'idée qui les poussent à parler , ils s'apercevraient, en se recueillant (en réfléchissant) , que ce qu'ils voudraient dire a été cent et mille fois dit - ou même ils s'apercevraient qu'ils n'ont rien à dire .

Que de stratégies (plans d'actions coordonnés qui impliquent la connaissance parfaite de l'art de diriger les affaires, de gouverner les hommes, et de prévoir leurs comportements) , que de tactiques (qui supposent l'exécution de plans concertés, une marche que l'on suit méthodiquement qui est celle de la stratégie) ci-dessus : véritables " sous-entendus" (actions de faire comprendre les choses sans les dire ouvertement, sans les expliciter dans toutes leurs conséquences, dans de très nombreux contextes) pleins de richesses, d'expériences de la vie, dont il faut tirer avantage, se servir, et ceci très rapidement , " battez le fer pendant qu'il est encore chaud " !

Juger, peser le pour et le contre, saisir le sens précis du discours [ oral et / écrit ] , goûter, savourer les " messages " des interventions : que de " choses " à analyser, à disséquer, à passer au crible de son esprit critique, à construire, à reconstruire, redresser, renouveler !

Aujourd'hui, Gerboise a cherché à vous faire " sentir ", apprécier, les subtilités, les finesses, les difficultés des raffinements du langage dans ses deux composantes [orale et écrite] , de la sophistification des discours, des allocutions piégées, des déclarations douteuses, des harangues mensongères ,des plaidoyers inutiles, des réquisitoires (discours, écrits contenant de violentes attaques) accusateurs et parfois même
parfois des textes d'éloges tronqués (altérés) .


Ce langage écrit , qui vous permettra de communiquer en laissant des traces presque immuables sur des supports de toute nature, devra être strict, rigoureux, exigeant ; le langage oral, lui, impliquera un discours plus pénétrant, plus vif, plus attentif aux données du contexte humain du moment.
Bien à vous, Gerboise .


dimanche 4 mai 2008

Premières clartés du matin : Constat réaliste et instructif d'une hypothèse surprenante; rôle d'un instant singulier , dans l'évolution du monde .

Si un bouleversement [hypothétique] ( désordre qui mettrait tout "sens dessus dessous" et s'accompagnerait d'une confusion extrême en produisant des changements brutaux : exemple d'un tremblement de terre) géologique avait détruit , interdisant , il y a deux siècles (~vers 1800), pour une très longue période, [dans l'anonymat, discrètement, et non connu des hommes] , l'accès à toutes les mines de charbon et aux gisements d'hydrocarbures de notre planète ; cet événement riche de conséquences inimaginables, inconcevables pour un esprit rationnel , n'aurait entraîné aucune répercussion importante . La société humaine mondiale de l'époque aurait progressé autrement, en attendant que la découverte aléatoire [ou impossible à jamais] de son existence [et/ou de leurs applications] ne survienne (ne se produise) .
Si ce type de perturbation fondamentale [vitale !], se produisait de nos jours, les chemins de fer, les usines [ les industries automobile, aéronautique, navale ne pouvant, bien sûr , pour certaines d'entre-elles pas utiliser l'énergie d'origine nucléaire par conception ou par manque de minerai d'uranium, ses gisements ayant subi la même crise] , de très nombreuses activités humaines actuelles, cesseraient immédiatement de fonctionner, même d'exister !

La régression immédiate de nos civilisations [de la mondialisation actuelle] en résulterait .


Un abîme, " une frontière immense " sépare potentiellement notre monde actuel de ses états antérieurs .

Les conséquences, à un moment donné, d'un événement majeur ou même insignifiant, diffèrent du tout au tout selon l'évolution en cours , conformément à l'état de notre monde .

C'est une belle leçon pour l'enrichissement de notre réflexion que d'analyser les conséquences de cette hypothétique aventure "fictive" que nous venons de vous faire entrevoir .

L'évolution de l' Humanité a été , à tous les moments de son histoire , tributaire de toutes sortes de péripéties, de circonstances favorables ou néfastes, matérielles et/ou sociales , selon la structure existante de la société et des conditions de l'avancée des Connaissances et des Arts .

Gerboise vous" laisse aux prises " (!) avec cette idée excitante, peut être un peu déraisonnable , cependant provocatrice, mais surtout pleine de richesses pour nos entendements et la construction permanente de notre capacité de posséder un esprit critique efficace et efficient . Bien à vous .

jeudi 1 mai 2008

Ah ! ces participes passés. Funestes,douloureux,préjudiciables* à la plupart d'entre nous,dès que notre attention et notre réflexion sont distraites**

* préjudiciable : qui fait du tort, porter préjudice à , discréditer, nuire à la réputation de quelqu'un , déconsidérer .
** distraites : dont la vigilance, [effort continuel pour ne pas se laisser surprendre par des erreurs d'inattention ] échappe à la volonté, s'atténue [s'affaiblit] ou se disperse [se dissémine, s'éparpille] .

Voici un premier aide mémoire pour nous [à Gerboise également ! ] apporter un réconfort, un soulagement, un modique soutient lors de nos écritures, en vue de dominer, de subjuguer [gagner en exerçant une sorte de domination, d'ascendant] nos angoisses et nos appréhensions .

Il est nécessaire de caractériser ( indiquer avec précision, déterminer dans quel cas, dans quel contexte la proposition se situe, à quelle situation l'on a affaire) trois éventualités, conformément à l'emploi du participe passé :

1 - isolé, sans auxiliaire : des minéraux inestimables ; des qualités humaines reconnues .

2 - avec l'auxiliaire être ou un verbe apparenté : ils seront examinés au laboratoire ; ils paraissent "paumés", désorientés .

3 -
avec l'auxiliaire avoir : nous avions déjà vu_ la collection .


Participe Passé EMPLOYÉ SANS AUXILIAIRE .

Comme les adjectifs, il s'accorde en genre (masculin/féminin) et en nombre (singulier/pluriel) avec le nom auquel il se rapporte :

- soit comme épithète (adjectif qualificatif qui n'est pas relié au nom par un verbe; opposé à attribut ) : une expérience interrompue ; des exercices non réalisés .

-
soit comme attribut (terme relié au sujet ou au complément d'objet
par les verbes d'état être, paraître, sembler, devenir, etc.) : Je les trouvai endormis ; je les ai interrompus dans leur activité !

Exception :
-
certains participes comme : attendu, vu, supposé, ci-inclus, ci-joint, restent invariables quand ils précèdent le nom : ci-inclus les pièces jointes demandées ; Je vous envoi ci-joint vos documents ; mais : Vous pourrez récupérer vos feuilles de brouillons ci-jointes .

Participe passé EMPLOYÉ AVEC LE VERBE ÊTRE .

Véritable adjectif attribut, il s'accorde alors en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte :
- soit dans les formes passives (formes verbales qui présente l'action comme subie par le sujet) des verbes transitifs ( se dit de tout verbe qui peut avoir un complément d'objet ; verbes transitifs directs [il "travaille" le jardin ; verbes transitifs indirects, dont le complément est construit avec une préposition ~à, de~ [ il "travaille" à ses examens] ) :

au présent : Elle est admirée de tous ;
au futur : Nous serons interrogés la semaine prochaine ;
au passé : Ils ont été refusés à leur examen ; elle a été écartée de la compétition ;

-soit dans les formes actives (aspects de l'action verbale dans ses rapports avec le sujet, suivant que l'action est considérée comme accomplie par lui ~voix active ~, ou subie par lui ~voix passive ~ [ temps passés] des verbes intransitifs (se dit d'un verbe qui n'admet aucun complément d'objet et peut constituer avec le sujet une phrase minimale achevée [la machine fonctionne ] )
: Elles sont venues hier ; vous êtes arrivés trop tard .

Participe passé EMPLOYÉ AVEC LE VERBE AVOIR .

Le participe passé mis en œuvre avec le verbe avoir reste invariable si , lorsqu'on écrit le mot auquel il {le participe passé} se rapporte n'est pas connu
, ou s'il n'a pas de complément d'objet direct [encore exprimé , donc non placé avant] (en d'autres termes, si au moment de noter, de rédiger le mot auquel {le participe passé} se rattache, l'on n'a pas été informé de quoi que ce soit le concernant dans ce qui précède, alors {le participe passé} reste invariable) .

Dans le cas contraire, c'est-à-dire lorsque, au moment où l'on écrit le participe, le mot auquel il se rapporte est connu , parce qu'il le précède, le participe passé s'accorde avec ce complément d'objet en genre et en nombre .

En effet, si nous écrivons j'ai observé, nous ne pouvons faire accorder observé ne connaissant pas encore (ou n'ayant pas encore écrit) la chose observée . Observé restera donc invariable dans les phrases comme :
J'ai observé une expérience
, des expériences , .......... un arbre, des arbres .

Mais si nous écrivons : Les fleurs que j'ai cueillies , l'accord est obligatoire puisque, quand nous écrivons cueillies, nous connaissons la chose cueillie, ici fleurs, mot représenté par le pronom que .
Nous écrirons donc : Les fleurs que j'ai cueillies . Les fruits que j'ai cueillis .

Comparez de même : Nous avons parcouru de belles régions, et : les régions que nous avons parcourues étaient de toute beauté .

Nous vous présenterons les cas particuliers la semaine prochaine , pour vous permettre de " digérer "ce premier hors-d'œuvre . Bon courage et bien à vous , Gerboise .

mardi 29 avril 2008

Réalisme* ou perfidie **de Molière , lorsqu'il nous présente certaines vérités*** de son siècle ? Réflexions et Leçons qui pourraient s'en dégager !

* réalisme : attitude de celui qui tient compte de la réalité, l'apprécie avec justesse, objectivité ; qui dépeint le réel sans complaisance ; qui a le sens des évidences humaines et en témoigne .

** perfidie : astuce, moyen détourné, une finesse [aptitude à discerner les subtilités des choses et des êtres, par les sens ou par la pensée] , parfois déloyal pour arriver à son but : de celui qui a ou dénote une habileté de connaisseur d'une grande acuité, d'une vive pénétration intellectuelle et psychologique .

*** vérités , connaissances conforment au réel , immuables , qui ne changent guère avec le temps, qui sont toujours inexorablement valables de nos jours .

Avec cette farce (comédie, mystification) , Molière retrouve ici sa bête noire (son souffre-douleur) , le médecin, déjà égratigné (critiqué) sérieusement dans l'Amour médecin et sa comédie de jeunesse le Médecin volant . La pièce remporta un joli succès et fut très souvent jouée .

"ACTE TROISIÈME -SCÈNE I .

Léandre

Il me semble (il paraît à mon esprit ... question : jusqu'où peut aller la confusion ?) que je ne suis pas mal ainsi pour un apothicaire (terme ancien , synonyme de pharmacien : celui qui prépare et vend des médicaments) ; et comme le père ne m'a guère vu, ce changement d'habit et de perruque est assez capable, je crois, de me déguiser à ses yeux .

Sganarelle

Sans doute .

Léandre

Tout ce que je souhaiterais serait de savoir cinq ou six grands mots de médecine pour parer mon discours et me donner l'air d'habile homme
(acquérir un discours médical cohérent, en vue de tromper, mystifier les autres) .

Sganarelle

Allez, allez, tout cela n'est pas nécessaire : il suffit de l'habit
(de l'apparence externe) ; et je n'en sais pas plus que vous .

Léandre

Comment !

Sganarelle

Diable emporte si j'entends
(je ne sais et comprends strictement pas grand chose à...) rien en médecine ! Vous êtes honnête homme, et je veux bien me confier à vous comme vous vous confiez à moi .

Léandre

Quoi ! vous n'êtes pas effectivement ...
( véritablement)

Sganarelle

Non, vous dis-je ; ils m'ont fait médecin malgré mes dents
(avoir une dent contre, n'être pas d'accord) . Je ne m'étais jamais mêlé d'être si savant que cela ; et toutes mes études n'ont été que jusqu'en sixième ( ? ) .
Je ne sais point sur quoi cette imagination
(cette idée, cette décision) leur est venue ; mais quand j'ai vu qu'à toute force ils voulaient que je fusse médecin, je me suis résolu de l'être aux dépens de qui il appartiendra . Cependant vous ne sauriez croire comment l'erreur s'est répandue, et de quelle façon chacun est endiablé à me croire habile homme . On me vient chercher (consulter) de tous côtés ; et si les choses vont toujours de même (ne changent pas) , je suis d'avis de m'en tenir toute ma vie à la médecine . Je trouve que c'est le métier le meilleur de tous ; car, soit qu'on fasse bien, ou soit qu'on fasse mal, on est toujours payé de même sorte (de façon équivalente) . La méchante besogne (le travail ingrat) ne retombe jamais sur notre dos ; et nous taillons comme il nous plaît sur l'étoffe où nous travaillons (pratiquons sur nos consultants selon notre plaisir) . Un cordonnier, en faisant des souliers, ne saurait gâter ( gaspiller) un morceau de cuir qu'il n'en paye les pots cassés ; mais ici l'on peut gâter ( compromettre sa santé, sa vie) un homme sans qu'il n'en coûte rien ( sans conséquences judiciaires) . Les bévues ( les maladresses , les erreurs, les conséquences négatives) ne sont point pour nous, et c'est toujours la faute de celui qui meurt . Enfin le bon de cette profession est qu'il y a parmi les morts une honnêteté, une discrétion la plus grande du monde ; et jamais on n'en voit se plaindre du médecin qui l'a tué . " ...

Le réalisme ( l'observation irréprochable des évidences de comportement chez les êtres humains ) et le cynisme ( l'immoralité) de Molière , devraient nous" ouvrir les yeux " sur l'ensemble du monde qui nous entoure et nous faire réfléchir , dans le contexte actuel, aux " intoxications " ( actions menées pour influencer les esprits insidieusement , les piéger) qui pullulent , et concernent des sujets importants dans leurs conséquences sur notre vie actuelle ou à venir ! De nombreux individus, et même des spécialistes en tout genre , nous mystifient sciemment ou par inconséquence, ou par malhonnêteté , ou par bêtise .
Nous préciserons par la suite des exemples de comportement significatifs en vous présentant différents contextes techniques , scientifiques et économiques actuels .

Bien à vous, Gerboise .




lundi 28 avril 2008

Premières clartés du matin: Leçons d'humilité, de modestie, de retenue, de circonspection, de considération pour le travail, et aussi de sagesse .

Nous présentons ce propos d'Alain, publié dans " Les saisons de l'esprit " aux Éditions Gallimard, XVIII, intitulé :" La Pâque du travail ", car une telle richesse, dans l'analyse de l'activité et de la nature humaine, ne peut-être méconnue . Il est rare de découvrir autant de profusion , de foisonnement d'idées . Nous vous conseillons d'acquérir ce livre qui ne date pas d'hier :1937 , car le propos présenté ici , n'est pas le seul dans l'ouvrage, à vous apporter un exemple de réflexion aussi intense sur le genre humain .

"L'arbre à pain ( nom vulgaire de l'Artocarpus , de artos :pain, et de Karpos : fruit ; plante dicotylédone, arbre de l'Asie tropicale et de l'Océanie dont le fruit sphérique à chair blanche, féculente, peut atteindre 2kg, et se consomme cru ou cuit ) , cette merveille de mes livres d'enfant, l'arbre à pain n'est pas de chez nous . Il y a sans doute des climats où la nature porte (portait, car le propos d'Alain date de 1934; est-ce encore une réalité actuellement ? je ne sais !) presque à notre bouche des fruits sucrés, et qui viennent sans culture (naturellement dans la forêt ) . Toutefois l'alliance (association d'éléments divers unis pour agir, ici, l'ensemble des manifestations lié aux coutumes chrétiennes) que nous nommons Pâques, et que les cloches célèbrent, est assez froide en somme ; l'éclatant soleil ne va jamais sans un vent assez maigre ; et la fête de lumière, sans aucun écran de verdure (la nature n'ayant pas encore revêtu ses apprêts[préparatifs] printaniers) , fait seulement paraître ( apercevoir) des travaux faits ou à faire ; ici les débris de l'hiver (les matériaux provenant du dépérissement des végétaux ) , et plus loin les carrés de terre criblés par l'outil, alignés selon le cordeau, prêts à nourrir l'homme, pourvu que l'homme bêche, plante, sarcle ( débarrasse un terrain de culture des herbes nuisibles, en arrachant, en extirpant les racines ) et arrose . Il y a de la sévérité dans cette belle saison . Les flèches de lumière qui piquent (idée d'action brusque et rapide) le sol nous invitent à le frapper aussi, à le diviser, à recevoir et à concentrer pour nous l'énergie solaire dans les choux, la betterave, ou le blé . Rien n'est plus triste à voir qu'un terrain abandonné sous cette lumière indiscrète . L'énergie solaire nous est donnée ; elle ne coûte rien ; cette pluie dorée (métaphore :lumière qui arrive du ciel comme l'eau de pluie) verse en une journée une puissance de vivre (l'eau est la principale source de vie des plantes et des animaux) énorme ; énorme, mais perdue si le travail assidu ( régulier, obstiné) ne la recueille (ne se disperse pas, recevoir pour conserver) . Pâques n'est donc que promesse, et sous condition . Plus tard la Fête-Dieu , si étrangement nommée, célébrera en même temps les fleurs et les moissons, c'est-à-dire les fruits du travail .
Beaucoup de choses très précieuses nous sont données ; chaleur et lumière, pluie du ciel, torrents, forêts, charpentes, tourbes et charbons, pétrole enfin . Toutefois dans toutes ces admirables richesses nous ne trouvons rien à manger . La zone de planète sur laquelle nous vivons n'est pas comestible . Au reste dans les pays où la nature est comestible, il y a des inconvénients qui rendent la vie difficile . Mais je considère seulement nos climats et je vois que notre vie doit d'abord être gagnée
( par l'activité) . L'industrie humaine fait qu'une heure d'homme (de travail) conquiert ( conquérir, obtenir en luttant, en agissant avec effort) bien plus de nourriture qu'une heure d'oiseau . Mais enfin le travail humain ne pourrait être interrompu seulement un jour sans un péril (ce qui menace l'existence, risque que fait courir une action) mortel pour tous ? Sans cesse il faut cultiver et récolter, couper l'arbre, équarrir ( tailler au carré des poutres en bois) , construire, réparer, transporter, échanger ; et en même temps il faut nettoyer, évacuer, balayer l'ordure .
Je lis partout que l'on a beaucoup gagné sur la nécessité du travail ; et quelques-uns s'amusent à dire que ce gain est justement ce qui nous rend pauvres
(c'est absurde, illogique, déraisonnable, stupide !) . Ma foi je cherche en quoi la peine des hommes a été allégée (rendre moins pénible une tâche) . Je la vois surtout transportée loin de nos yeux . Il y a des mineurs qui vivent comme des taupes ( image comparée à la vie de petits mammifères insectivores qui vivent sous terre, dans l'obscurité , en creusant des galeries) ; il y a, dans le fond du grand paquebot, des chauffeurs (du temps de la Marine au charbon) nus et suants, bientôt usés ; cet été vous verrez nos paysans et nos paysannes tout maigres et tout cuits (au teint hâlés par le soleil) . Nous n'en sommes pas encore aux temps qu'on nous promet, où la machinerie (terme allégorique désignant l'ensemble des progrès techniques) nourrira et promènera l'homme ( l'humanité) . Toute machine est l'œuvre de l'homme , et s'use fort vite, et suppose continuellement des esclaves attentifs . Bref le vieil article ( adage, précepte , formant un tout distinct) : " Tu gagneras ta vie à la sueur de ton front " , n'est nullement abrogé (déclarer nul ce qui avait été établi, institué) .
Je sais ce qui est arrivé . Il est arrivé que les courtiers
( commerçants qui faisaient [et qui font] profession de s'entremettre, [qui interviennent ] pour ses clients dans des transactions ) de publicité, qui en effet sont milliers, et qui ne travaillent guère (ne sont que des intermédiaires qui ne fabriquent rien) , ont annoncé que le vieil article en question était abrogé pour toujours ; et je ne sais par quel emportement de plaisir ils ont été crus à peu près par la moitié des hommes . D'où une dépense à grande vitesse ; d'où l'idée, plus ruineuse encore, que la dépense est à proprement parler ce qui nous enrichit tous . C'est jeter le pain, chose qu'on disait criminelle à nous, enfants (et que nous devrions encore de nos jours leur asséner et leur appliquer cette leçon) . Jeter le pain, disait la publicité, c'est faire vendre le blé ; et ainsi pour tout . Il ne s'agissait que de faire tourner la grande machine (les échanges mondiaux) aux produits et aux échanges, et de faire tourner aussi les têtes frivoles ( qui a peu de sérieux, qui ne s'occupe que de choses futiles ou traite à la légère les choses importantes) . Et c'est ce qui fut fait, supérieurement ; si supérieurement que je vois Léviathan ( animal marin fabuleux, fantastique , mentionné dans la Bible; chose énorme, colossale que l'on compare à une sorte de monstre symbolisant la force, le pouvoir) , l'homme du marteau et de la charrue, ruiné partout, et travaillant avec moins de profit que jamais . Cela vient, à ce que je crois, d'une erreur de principe, c'est que la nature est toute prête à nous servir, et qu'il ne s'agit que de lui passer la bride ( l'arrêter, ne pas lui laisser la liberté, ne rien lui céder) .
Or, allez-y voir, vous verrez que la bride coûte cher, et qu'elle est bientôt usée, et qu'il faut refaire la machine, remplacer la turbine, changer le rail, fondre l'acier, et d'abord bêcher, fumer, semer, sarcler, à quatre pattes comme au temps d'Homère . Voilà ce que le printemps nous annonce " . Alain

Nous vous laissons réfléchir sur ce texte et attendons vos commentaires. Bien à vous, Gerboise.

1er Mai 1934

vendredi 25 avril 2008

Premières clartés du matin . Regards sur la nature : Un spectatacle reposant .

Tout est lumière, tout est joie .
L'araignée au pied diligent*
Attache aux tulipes de soie
Ses rondes dentelles d'argent .

La frissonnante libellule
Mire* les globes de ses yeux
Dans l'étang splendide où pullule*
Tout un monde mystérieux .

Sous les bois, où tout bruit s'émousse*,
Le faon* craintif joue en rêvant .
Dans les verts écrins* de la mousse
Luit le scarabée*, or vivant* .

Tout vit, et se pose* avec grâce,
Le rayon sur le seuil ouvert,
L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe,
Le ciel bleu sur le coteau vert .

La plaine brille, heureuse* et pure ;
Le bois jase*, l'herbe fleurit .
- Homme ne crains rien ! La nature
Sait le grand secret*, et sourit .

*
diligent : qui agit sans tarder , avec rapidité , prompt [se meut avec vivacité, avec empressement], vif ;
* mire : regarde , dans une surface polie, réfléchissante, fait refléter sur l'eau ;
* pullule : abonde, se manifeste en très grand nombre, grouille ;
* s'émousse : s'atténue, perd de sa vigueur, de son intensité, rendre moins vif, s'amortir ;
* faon : petit [de la biche] du cerf, du daim ou du chevreuil ;
* écrins : expression métaphorique où la mousse en enserrant toutes les choses du sol, semble être un coffret renfermant des objets précieux ;
* scarabée : insecte coléoptère noir à reflets mordorés ;
* or vivant : dont l'éclat est comparable à des métaux précieux ;
* se pose : s'installe ;
* heureuse :pleine d'un air de gaieté , d'allégresse, d'entrain, de bonne humeur ;
* jase : expression imagée qui souligne que tous les êtres vivants du lieu se font entendre, jacassent, gazouillent, émettent des bruits, des cris, des sons qui évoquent la vie ;
* le grand secret : le printemps, les beaux jours qui arrivent .

Victor Hugo, 1802-1885, Les rayons et les ombres, 1840 .