vendredi 24 avril 2009

Interrogations actuelles de l'auteur de l'Homme Neuronal sur le fonctionnement complexe du cerveau .

" Qu'en est-il de fonctions encore plus élaborées du cerveau comme la conscience ?

Nous sommes capables d'intervenir à ce niveau pour proposer des modèles, des schémas rudimentaires (qui n'a atteint qu'un développement très limité, qui est à l'état d'ébauche) , mais nous sommes encore très loin d'avoir une parfaite compréhension des processus conscients . On peut dire qu'ils sont abordables (accessibles,atteignables, dans lesquels on peut accéder, juste pénétrer, à peine compréhensibles ) sur le plan scientifique et c'est déjà beaucoup .

Ne nous laissons pas éblouir ni terroriser par ces recherches sur le cerveau . Pensons d'abord que le cerveau est extrêmement vulnérable ( qui peut être facilement atteint, qui se défend mal, sensible, sans défense) et que cette connaissance de la chimie du cerveau nous permet d'évaluer cette vulnérabilité . De nombreuses maladies (dysfonctionnements, troubles dans ...) neurologiques et psychiatriques affectent notre cerveau . Maurice Tubiana, ce grand médecin, a écrit récemment que " les problèmes psychologiques et les maladies psychiatriques occuperont au XXIe siècle le devant de la scène médicale et heureusement les progrès des neurosciences donneront aux médecins des armes pour faire face à ces problèmes " .

La chimie du cerveau se dérègle par exemple au cours du vieillissement, entraînant morts cellulaires et dégénérescences ( perdre des qualités héréditaires, altérations , dégradations anatomiques des cellules vivantes) des voies nerveuses . Il faut espérer que nous arriverons à trouver des médicaments qui la ralentissent ou, au moins, en minimisent les effets .

Pourquoi être effrayé de ces connaissances sur le cerveau ?

Une meilleure connaissance de notre propre nature devrait, au contraire, nous aider à mieux nous comprendre ."

Jean-Pierre CHANGEUX , professeur au Collège de France [chaire des communications cellulaires] , dirige le laboratoire de neurobiologie moléculaire à l'Institut Pasteur à Paris.

Bien à vous, Gerboise .

mercredi 22 avril 2009

Simples réflexions .

" Il faut des esprits très forts pour pouvoir résister à la tentation des explications superficielles " ( qui ne sont ni profondes, ni essentielles, qui restent à la surface des choses) .

" La rigueur ( l'exactitude, la logique implacable, la cohérence) doit être une volonté et non pas une condition préalable à l'exercice de la pensée " .

Albert Einstein .

lundi 20 avril 2009

Le langage : Fonction d'expression de la pensée, des sentiments, des passions et de communication entre les hommes [*]


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[*] Cette compétence est mise en œuvre au moyen d'un système de signes vocaux [parole] et éventuellement de signes graphiques [écriture] . Façon de s'exprimer . Faculté d'exprimer sa pensée, tout ce qui se passe dans l'esprit . Langue propre à une Nation .

Observez l'image ci-dessus !

Regardez ce tableau montrant la frégate la " Confiance " commandée par Robert Surcouf, et le vaisseau anglais, le " Kent " de la Compagnie anglaise des Indes , lors de l'abordage du 7 Octobre 1800 , peint par Louis Garneray, aide de camp du Capitaine, grand peintre et écrivain de la Marine .

Cette représentation par l'Image ( peinture) est saisissante, mais elle laisse l'imagination de l'observateur interpréter la situation à sa guise (selon son goût,à son gré, à sa fantaisie, selon sa volonté propre et toutes ses expériences vécues antérieurement) .
La description narrative en langage écrit qui suit va nous permettre de nous faire une certaine représentation imagée plus précise des événements .

Le 30 Mars 1800, sur la jolie frégate la Confiance, réputée rapide et ardente, Surcouf appareille pour une nouvelle campagne . Le 7 Octobre, il croise la route du Kent, vaisseau de la Compagnie anglaise des Indes , déplaçant 1200 tonneaux, armé de quarante pièces de fort calibre, mené par un équipage nombreux et expérimenté, soutenu par un groupe du corps d'élite des Royal Fusiliers de l'infanterie de marine .
Une manœuvre magistrale permet à la Confiance d'agripper le Kent .

Surcouf a vite compris qu'un duel d'artillerie lui serait fatal et c'est avec un art consommé (accompli, parfait) qu'il place sa frégate pour prendre le Kent à l'abordage . Alors les Anglais, passant des sarcasmes à l'incrédulité voient surgir à leur bord une meute en furie .
Tel un correspondant de guerre, Louis Garneray, aide de camp de Surcouf, grand peintre et écrivain de marine, nous a laissé le récit de ce combat de légende . Dans le fatras de la fusillade et des hurlements, c'est un affrontement d'une férocité atroce .

Une " boucherie " , écrit Garneray, Surcouf lance ses hommes à l'assaut du gaillard arrière (sur un voilier, partie extrême du pont supérieur) et de la dunette (superstructure élevée sur le pont arrière d'un navire et s'étendant sur toute sa largeur à la différence du rouf ) , en se frayant, à la hache, un passage dans les rangs anglais :
" Là est la victoire ! " . Le carnage ( massacre, tuerie) s'achève dans la batterie ( réunion de pièces d'artillerie et du matériel nécessaire à leur service ; emplacement destiné à les recevoir) .
Puis tout s'arrête, le Kent est pris .

C'est un triomphe qui accueille Surcouf à l' île de France [aujourd'hui l' île Maurice] , tandis d'humiliation et rage s'expriment en Angleterre !

Vous ne pensez -vous pas que , si nous avions vécu à l'époque, et pu assister à l'arrivée de la frégate à l' île Maurice[ l' île de France à l'époque],

Nous n'aurions pas entendu des récits oraux , des narrations de toute autre nature, susceptibles de nous présenter des événements, des anecdotes très diverses ?,

provenant de tous les protagonistes, de tous les acteurs survivants ?

Et puis se pose des interrogations primordiales, fondamentales, incontournables, liées au fait que chaque intervenant dans les combats , lors de l'abordage, n'a pas été en mesure de se rendre compte de l'ensemble des combats : d'où l'impossibilité de narrer avec toute l'objectivité nécessaire, plus tard, les événement du 7 Octobre, après la durée de navigation pour rejoindre l' île de France, après toutes les soirées où l' On racontait ses exploits personnels lors des affrontements .Les protagonistes, les participants survivants Anglais n'étaient-ils pas , eux aussi, enclins, prédisposés à présenter les faits relatifs à leurs propres comportements, de manière plus ou moins différente ? De plus, la psychologie des équipages de l'époque , dans la marine à voiles, était d'une autre nature que les contemporaines, ce qui devait influer fortement sur les témoignages .



" Le langage de la passion, de la peur, etc. Quel étrange langage tenez-vous là ?
Que votre langage soit doux, franc, sincère, rond, naïf et fidèle . Gardez-vous des duplicités ( qui a deux attitudes, exerce un double-jeu, fait preuve d'hypocrisie, de dissimulation) , artifices (des ruses, des pièges) et feintises (actions de donner pour réel un sentiment, une qualité que l'on n'a pas , faire semblant) ; bien qu'il ne soit pas bon de dire toujours toutes sortes de vérités, si n'est-il jamais permis de contrevenir (transgresser,désobéir ) à la vérité ." [Saint-François de Sales]

" Le langage fait avec des mots et de la logique ce que la musique fait avec des notes et du sentiment " [H. Delacroix, langage et pensée] .

" Un langage n'est pas une chose arbitraire, une convention ; loin de là , cela pousse comme une plante " [S. Weil, Écrits de Londres] .



" On ne sait que trop, de nos jours, à quel point les hommes possèdent une perspicacité (une habileté, un discernement) dans leur langage correspondant à celle apprise dans leur enfance, puis au cours de leur vie .
Leurs réactions, leurs relations, leur mode de comprendre et d'être, situés dans le culturel, sont de l'ordre du langage . Les " tenants du féminisme " ont raison d'affirmer que la structure même de la langue place la femme au second plan . Dire Homme pour désigner en même temps le masculin et le féminin est dans l'ordre des choses dans nos sociétés . Construire grammaticalement le féminin à partir du masculin et cent autres exemples de vocabulaire et de syntaxe font comprendre l'attitude masculine [ bien plus que les jeux soi-disant orientant la fille vers la cuisine et l'homme vers la guerre !] .


Le langage est déterminant de la psychologie en même temps que du mode de raisonner.

Nous ne cherchons pas à revaloriser le culturel par rapport au naturel , ce n'est pas ici notre propos, mais à marquer la singularité de ce mécanisme de parole dite et entendue qui détermine à la fois l'être psychique et l'être connaissant, comme si tout ce qui est de cet ordre dépendait de l'expression verbale .

La vue et la parole déterminent plus encore deux modes de penser différents .

Le langage qui s'écrit, implique un cheminement processif ( procédurier) . Mes yeux suivent les mots les uns après les autres, et c'est une succession de compréhensions qui s'enchaînent les unes aux autres . La pensée se développe selon l'axe même de cette succession de mots . La connaissance que je reçois est progressive, les éléments de ce que j'ai à comprendre s'enchaînent successivement et le dévoilement (la révélation, l'explication, la connaissance ) s'effectue au fur et à mesure que je suis la phrase . Elle se déroule dans un certain temps, et cette connaissance est forcément alors discursive ( qui procède par une série de raisonnements ordonnés, qui suit le cours spontané du discours ) , elle progresse au travers des détours de ce discours, elle implique une continuité dans la phrase, une rationalité dans le rapport des mots les uns aux autres .Et finalement elle implique toujours la conscience . Le langage est doté d'une rationalité (qui provient de la raison et non de l'expérience, logique, sensé ) : il faut bien que je comprenne ce que me dit l'autre, et je ne puis le faire que s'il y a une rationalité dans la structure même de ce qu'il dit [rationalité qui n'est pas suffisante mais qui est nécessaire] ; c'est donc une opération consciente à laquelle je suis appelé par la parole qui m'amène non seulement à une connaissance nouvelle mais à une conscience accrue et développée .

Le visuel et la signalisation par images est d'un tout autre ordre :

L'image nous transmet instantanément une globalité . Elle nous donne d'un coup d'œil toutes les informations dont nous pourrions avoir besoin . Elle dispense un stock de connaissances que je n'ai pas à détailler, ni à coordonner autrement que l'image le fait, c'est-à-dire de façon spatiale . Et l'instantanéité de la transmission s'effectue dans la mesure où je me situe dans le même espace que l'image .

Ce que me transmet l'image visuelle est de l'ordre de l'évidence, et nous accédons à une conviction sans critique .

Il est étrange que si souvent on puisse considérer que la photographie puisse être considérée comme une preuve alors que l'on restera hésitant [le manque de " fiabilité " ( digne de confiance) des témoignages ! ] ou devant une démonstration discursive . Là où il y a marque visible, il y a sûreté d'information . Et cette conviction est immédiate, elle ne passe pas par un cheminement de l'inconnu à l'incertain et de l'incertain au connu . Mais cette certitude est fondée sur une absence de conscience .

La connaissance produite par l'image est de l'ordre inconscient .

Nous nous rappelons rarement tous les éléments de l'image, ou du spectacle, mais elle a fortement frappé toute notre personnalité, elle a produit un changement en nous qui a son fondement dans l'inconscient .

Cette saisie globale et inconsciente de tout un lot [ " un paquet " ] d'informations sans suivre le cheminement lent et pénible du discours explique aussi que l'homme soit par paresse naturelle porté à regarder les images plutôt qu'à lire un long texte ou à écouter une démonstration . La paresse intellectuelle fait nécessairement gagner l'image sur la parole, ce que nous constatons en effet très largement .

Et finalement le mode de pensée change : car les images s'enchaînent les unes aux autres selon un mode discursif . On procède par associations d'images et par mutations de clichés . Les éléments qui changent dans l'image présentée ne sont jamais que l'état présent du spectacle, et non pas une série cohérente . Ce n'est pas la caractéristique des signaux électriques qui est à l'origine, mais le mode de succession des images, la pensée par images [ typique dans les bandes dessinées] dont chacune est un tout, et dont la succession s'effectue par bond et par saccade .


Voici des éléments de réflexion donnés ici en vue de pouvoir poursuivre notre interrogation sur la valeur des informations de toute nature , images orales (narrées, chantées ou [ interprétées à l'aide d'un instrument de musique ] ) et/ou écrites ( imprimées ou peintes) qui nous parviennent de toute part !

Bien à vous, cordialement, Gerboise

lundi 13 avril 2009

Les erreurs concernant les observations, les constatations,les contrôles,les témoignages,les défauts de vigilance et les diverses sortes d'ignorance*.

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* - Troisième partie, suite du Jeudi 2 Avril 2009 .


VOIR ...! percevoir, distinguer, embrasser, saisir,[ les images des objets et des êtres que nous entendons, oyions (ouïr) , écoutons; sentons,humons ; goûtons, savourons ! ; touchons, palpons] , par le sens de la VUE . C'est une des conditions primordiales pour éviter toutes sortes d'erreurs ... Ne voir que d'un œil ! Regarder sans voir ou " Voir sans regarder "! conduit à des ignorances néfastes ... La sagesse populaire dit : Ne pas voir plus loin que le bout de son nez ! Nous commençons à y voir clair, à voir loin, prévoir ... : C'est le commencement du discernement, du bon sens !

I - APPARENCES, allures* des choses, des perceptions, des paroles erronées .

* manières de se comporter, de se tenir, d'être .

A - Erreurs systématiques : ( systématique, qui procède dans un ordre défini, constant, invariable, répétitif).

Les erreurs systématiques sont celles qui dérivent ( découlent, proviennent ) d'une cause constamment présente au cours de la série d'observations. le type de l'erreur systématique est l'erreur due à un instrument défectueux (qui présente des imperfections, des défauts, donc imparfait) : chaque fois qu'on se servira de cet instrument, l'observation sera affectée d'une erreur toujours la même . Ainsi une montre chronomètre fonctionnant trop rapidement par rapport à une allure normale, sans cesser de marcher d'une façon régulière : son aiguille parcourra constamment une portion du cadran correspondant à 12 secondes pendant une durée réelle de 10 secondes . Son erreur, soit +20% n'empêchera pas de réaliser des observations correctes, puisqu'elle est constante et qu'on pourra toujours corriger le résultat en le diminuant de 20% .

Les physiciens et les ingénieurs donnent à l'erreur systématique le nom d'erreur constante . Cette appellation est justifiée si cet adjectif s'applique à la CAUSE de l'erreur, mais non s'il qualifie sa grandeur . En effet, et surtout en psychologie, les erreurs de cause constante n'ont pas une grandeur restant absolument constante . Et nous avons trois cas à considérer :

1° L'erreur systématique est de grandeur constante ;

2° elle est de grandeur uniformément variable, régulièrement croissante ou décroissante au cours de la série d'expérience ;

3° elle est de grandeur irrégulièrement variable ; ainsi les erreurs qui pourraient tenir à la température, ou à la pression barométrique, à supposer que ces agents influencent le sujet et soient capables de modifier son attitude à l'égard de l'expérience .

Ces trois cas sont moins aisément délimitables en pratique qu'en théorie : il est difficile d'affirmer qu'une erreur systématique est de grandeur tout à fait constante [ sauf s'il s'agit de l'erreur d'un instrument], et difficile d'affirmer que des facteurs " croissant " ou " décroissant " pendant les expériences le font d'une façon absolument uniforme .

Comme types d'erreurs systématiques constantes ou régulièrement variables, d'origine psychophysiologique, il faut mentionner les deux erreurs classiques, constatées déjà par Gustave Fechner, 1801-1887, Physiologiste et philosophe allemand :

- l'erreur spatiale, qui dépend de la disposition des phénomènes et/ou des objets dans l'espace,
- l'erreur temporelle, qui dépend de leur disposition dans le temps et la durée .

Lorsqu'on compare des excitants ou des objets, il est impossible de présenter les choses à comparer à la fois au même endroit et au même instant .
Nécessairement si la présentation a lieu au même endroit, il faudra ordonner les choses dans le temps, et si leur présentation est simultanée, il faudra les ordonner dans l'espace .

- Conséquences de la disposition spatiale .

Soit deux tiges dont il s'agit de comparer les longueurs : si vous les présentez ensemble, forcément l'une devra être à droite ou au-dessus de l'autre ; et si vous les présentez au même endroit de votre champ visuel, l'une devra être aperçue après l'autre
. Or, lorsqu'on compare deux objets, leur situation respective dans l'espace, n'est pas sans influence sur le résultat de la comparaison . Comparez par exemple les deux boucles de B , ou les deux crochets de cette S ; les deux boucles paraissent égales entre elles . Mais placez ces lettres la tête en bas,ou dans une position horizontale, c'est-à-dire dans une autre disposition dans l'espace, et vous constaterez immédiatement que les deux moitiés de ces lettres sont inégales . Votre jugement variera donc suivant la disposition spatiale des objets à comparer, et par conséquent cette disposition spatiale est une cause d'erreur, puisqu'elle influe sur le jugement, toutes choses restant égales d'ailleurs .

- Conséquences de l'évolution dans le temps et de la durée .

Bien plus importante encore est l'erreur temporelle, car il n'est guère d'expérience dont elle ne risque d'affecter les résultats . En effet, tout sujet qui exécute une épreuve durant un certain temps ou qui répète une même épreuve, est soumis à l'influence de l' exercice d'une part, de la fatigue d'autre part .
Le premier de ces facteurs tend à améliorer les résultats, le second à les amoindrir .
Suivant donc qu'une épreuve occupera la première, la troisième ou la dixième place dans la série, ses résultats seront entachés d'une erreur positive ou négative .

L'exercice et la fatigue ne sont du reste pas les seuls agents dépendant de l'ordination temporelle :

- la nouveauté de l'expérience,
- l'intérêt porté aux conséquences des résultats,
- la curiosité concernant les connaissances acquises,
- l'appréhension des difficultés qui peuvent survenir,
- l'émotion - surtout chez les enfants et certaines grandes personnes qui ne sont jamais entrés dans un laboratoire par exemple, ni restés en présence d'une situation perturbante, ou qui ne connaissent pas les lieux et les participants de l'opération en cours,
- l'adaptation à l'expérience, à la situation de recherche,
-l'ennui devant une situation pour laquelle ils n'ont pas été sensibilisés, préparés ,
- ....

Peuvent jouer un rôle important .

- Erreur d'observation et Erreur de jugement .

Afin d'éviter toute confusion, nous devons noter que les erreurs d'observation considérées ici n'ont rien à faire avec les erreurs consistant dans un désaccord entre l'objet extérieur et sa perception subjective, erreurs sur lesquelles la psychométrie fonde certaines de ses mesures [ si nous trouvons constamment de lourdeur égale deux poids dont l'un pèse 100 grammes et l'autre 103 grammes, nous commettons une erreur en les déclarant objectivement égaux ; mais il y a de ma part aucune " erreur d'observation " psychologique, si vraiment ils ont donné à notre conscience l'impression d'égalité, quelle que soit leur disposition spatiale ou temporelle ].
C'est ainsi que l'erreur moyenne à laquelle aboutit la " méthode de l'erreur moyenne " des psychophysiciens, ou " l'erreur d'appréciation " ( action de déterminer la valeur de quelque chose, estimation, évaluation, discernement) d'une grandeur physique, ne sont pas des erreurs d'observation [psychologiques] au sens où nous l'avons entendu ici ; - ce ne seraient des erreurs d'observation que si le but de l'investigation était une mesure physique . - De même si nous déclarons qu'une personne rencontrée portait une robe foncée, tandis qu'elle portait un pantalon clair, nous commettons une erreur de témoignage, en ce sens que notre souvenir ne correspond pas à la réalité objective .Mais si nous sommes certain de voir dans notre mémoire une robe foncée, et non un pantalon clair, nous ne commettons aucune erreur d'observation psychologique, car notre témoignage correspond à la réalité subjective .

Nous pouvons et nous devons nous rendre compte ici, mais également dans beaucoup de circonstances (constituées par un ensemble de faits qui forment, à un moment et en un lieu donnés une situation bien définissable) et de conjonctures diverses (résultant d'un ensemble de coïncidences qui peuvent être le point de départ d'une situation nouvelle) se produisant durant nos diverses activités , que les réalités objectives et les états de choses subjectifs ont une importance considérable et des conséquences non négligeables .

Nous progresserons dans notre investigation des contextes et des phénomènes qui ne correspondent pas à la réalité , lors d'une quatrième partie où nous aborderons les erreurs accidentelles ou fortuites, avant d'aborder le sujet le plus important : celui de l'élimination de ces erreurs , ou de leur maîtrise, dans les circonstances propices .

Bien à vous, cordialement, Gerboise .

vendredi 10 avril 2009

La LECTURE, cette ouverture de l'esprit dont nous ne devons pas nous priver si nous ne voulons pas stagner, " faire du sur place" ! [troisième partie]

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Présentation d'un extrait des Cahiers de Science et Vie [les Racines du monde] , Les origines de l'écriture, n° 107, Octobre-Novembre 2008 . Gerboise vous recommande et vous demande avec insistance de vous procurer et de lire l'ensemble des articles de ce numéro, et d'ailleurs, de tous les autres de cette série , pour enrichir vos connaissances et donc vos capacités de Réflexion . Ces revues sont passionnantes !


LIRE , c'est déchiffrer, c'est décoder, c'est interpréter, pénétrer, c'est découvrir l'auteur de l'ECRITURE, et de ses Réflexions sur le monde qui nous entoure.

Un écrit, l'écriture, essaye (essaie) , s'évertue, tente de retenir, de capter, de sélectionner, de mémoriser, l'inspiration ( souffle créateur qui anime tout homme) quand elle est présente .

Un décodage de signes, la lecture , éveille le désir, l'envie de connaître , sollicite l'esprit, tente de suppléer à son absence, à combler un vide, remédier à un manque .

Cette activité ludique, l'écriture, est un mouvement qui permet de s'acheminer du dedans au dehors de soi-même , comme la lecture, ce décryptage des idées d'autrui, permet de faire route du dehors au dedans de sa propre conscience .

L'écrivain (personne qui compose des ouvrages) , le scribe (celui qui écrit, celui qui écrivait les textes officiels, copiait les écrits, dans les civilisations sans imprimerie et où les lettrés étaient rares), cherche, construit des signes à la pensée, alors que (là où) le lecteur ( désigne toute personne qui lit pour apprendre où s'informer ou pour se distraire) extrait la pensée des signes .

Le premier crée, édifie, élabore , un monde et le second le déchiffre, doit en pénétrer le [ les] sens, en décodant, en perçant les subtilités de la pensée exprimée par le texte .

Le rôle de l'écriture, c'est de fixer toutes les touches ( images, équivalentes aux touches d'un piano, d'un clavier d'ordinateur ) de l'esprit pur, mais le rôle de la lecture, c'est de les imprimer ( image signifiant : la fixer , la graver, la faire pénétrer ) en nous par l'intermédiaire d'un autre . L'écriture donc suppose un contact immédiat et premier de l'esprit avec le réel ; il suffit qu'elle nous permette de le retrouver ; mais elle lui demeure toujours inégale . Le lecteur n'a avec le réel que ce contact indirect que l'auteur lui a suggéré ( inspiré, faire penser quelque chose à quelqu'un sans l'aide du langage qui l'exprime , faire naître une idée dans l'esprit) : mais il mesure ses forces avec lui et il lui arrive de le surpasser , de l'emporter.

Pas une personne n'écrit, que pour se trouver ( pour enfin savoir ce que nous avons en nous, au fond de nous-même ! ) elle-même ; nul n'écrit jamais tout à fait pour celui qui le lit, bien que son amour propre puisse tirer vanité de cette existence même qu'il acquiert tout à coup pour un autre . Or il sait pourtant que le lecteur ne doit point avoir de regard pour lui, mais seulement pour son œuvre, qui s'est maintenant détachée de lui, qu'il a oubliée et où il ne se reconnaît plus . Avez-vous déjà relu un de vos textes écrit, il y a quelques années ? C'est parfois surprenant n'est-ce- pas ? Ce n'est pas Dieu possible ! C'est-y moi qui a écrit ça ! comme on pourrait l'entendre au fond de nos campagnes,dans nos fermes d'antan !

Dans tout ouvrage que je lis, c'est moi-même encore que je cherche ( j' essaye ou j'essaie de découvrir) , c'est-à-dire l'éveil de mes puissances (capacités) , comme je cherche (ce qui correspond à mes croyances) leur exercice dans un livre que l'écris . Mais il y a une paresse de la lecture et qui n'est souvent qu'une complaisance dans le jeu de nos puissances inemployées : au lieu que l'écriture les met toujours en œuvre d'une manière plus directe et plus forte .

La LECTURE est une révélation ( le fait de faire connaître ce qui était secret ou inconnu) dont la matière est déjà donnée ; c'est pour cela que, si ELLE ne nous atteint ( ne parvient pas jusqu'à notre entendement ,notre conscience ) pas, nous nous en prenons à l'auteur (s'en prendre à quelqu'un : le rendre responsable) quand il faudrait souvent nous en prendre à nous-même ( nous considérer comme responsable, conscient de ne pas avoir maîtrisé,comme nous aurions dû le faire, la situation) .

Nous prolongerons la présentation de ce thème (en vue de le dominer) riche en connaissances utiles pour la maîtrise de notre esprit d'analyse critique en ce qui concerne surtout la lecture, dans une quatrième partie .

Bien à vous, Gerboise .

mercredi 8 avril 2009

Les plantes carnivores: des pièges fascinants,ici les passifs des Nepenthes:Belle leçon d'adaptation*,de mise en harmonie avec les circonstances ** .

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Zone apicale d'une ascidie peu vascularisée . Photographie Canon réalisée par Gerboise .


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adaptation : ici, transformations qui conditionnent ce résultat, appropriation d'un organisme aux conditions internes et externes de l'existence, en particulier avec le milieu, soit physique soit vivant, permettant à cet organisme de durer, de se reproduire et de se mettre en symbiose, de s'accommoder, avec de nouvelles conditions de ressources, avec les circonstances, avec le milieu, et les différents contextes interactifs.
** - circonstances : particularités favorables ou défavorables, qui accompagnent, entourent, un fait, un évènement, une situation ; ce qui constitue, caractérise le moment présent .

Les feuilles , ou ascidies des Népenthès se transforment en larges cornets ou urnes . Les insectes attirés par le nectar viennent se noyer dans le liquide remplissant le fond du piège . Ces plantes tropicales ne prospèrent que dans les endroits très humides de la jungle, condition essentielle pour la genèse des urnes foliaires .
Leurs feuilles peuvent mesurer jusqu'à un mètre . Chacune est constituée d'un pétiole (partie rétrécie de certaines feuilles vers la tige) très différencié et d'un limbe fort discret . Le pétiole comprend le plus souvent, tour à tour : une partie plus ou moins ailée, une portion cylindrique, un segment étalé-orbiculaire prolongé en vrille se terminant par une ascidie, appelée parfois outre ou urne . Le limbe foliaire réduit mime un pseudo-couvercle pour cette urne, non mobile et apical .
Le folklore extrême-oriental s'est emparé de ces curieuses formations : en Extrême-Orient on a longtemps récolté des ascidies de Népenthès pour les soumettre à la dessiccation puis les bourrer de coton, afin de les utiliser comme objets de décoration .

Le symbolisme actuel des Népenthès, c'est leur aptitude à " garder " , à " économiser " l'eau...
Zone apicale d'une ascidie très vascularisée . Photographie Canon réalisée par Gerboise .

Ces feuilles transformées, ou ascidies sont toujours verticales, plus ou moins cylindriques , parfois pseudo-hexagonales, légèrement comprimées à leur partie supérieure . Chez certaines espèces, elles peuvent atteindre 30 centimètres de hauteur et s'avérer assez volumineuses pour accueillir de petits oiseaux ou mammifères . Mais, de toute manière, elles hébergent une curieuse faune constituée d'espèces animales pourvues d'antipepsines les mettant à l'abri de la lyse (destruction d'une cellule vivante avec libération de son contenu, dissolution ) : des animaux qui vivent normalement ailleurs (des népenthoxènes) , protozoaires, crustacés, larves d'insectes ; des animaux qui trouvent là de bonnes conditions pour passer la phase aquatique de leur vie mais ne sont pas confinées aux Népenthès (ce sont seulement des népenthophiles) . D'autres animaux qui ne se rencontrent que dans les urnes de ces plantes ( ce sont des népenthobiontes) .

Grâce à la présence d'un renforcement vascularisé ( qui contient des vaisseaux) l'outre est maintenue ouverte . Sa face interne possède deux sortes de glandes ( organe dont la fonction est de produire une sécrétion) : celles qui sécrètent un nectar ( substance sucrée que sécrètent les fleurs, les feuilles) et attirent les proies, et celles à vocation digestives, productrices d'enzymes . Ces dernières peuvent être fort nombreuses ( 1000 à 6000 par centimètre) . Le liquide contenu dans les ascidies est, avant la chute d'une proie, neutre et dépourvu d'enzymes . L'arrivée d'un insecte déclenche les sécrétions ( phénomène physiologique par lequel un tissu biologique produit une substance spécifique) acides et diastasiques .

La digestion des proies est-elle une activité propre aux Népenthès lui-même ? ou sont-ce, dans le liquide que renferment les ascidies, des bactéries qui " font " le travail pour le bénéfice de la plante supérieure ? Il semble que la lyse des victimes puisse se faire en l'absence de bactéries . Il n'est pas rare de rencontrer, hormis des bactéries, des cyanobactéries et des algues, ainsi qu'une riche faune à l'intérieur des urnes . Leur comportement est digne d'intérêt .

Népenthès avec ses nombreuses ascidies . Photographie Canon réalisée par Gerboise .

Guerre dans le monde végétal
: pour les Phanérogames ¨carnivores¨ , " tous les coups sont possibles, permis " ! Ces espèces dans ce monde sont capables d'immobiliser ou d'emprisonner des proies animales, et d'en assimiler certains constituants à la faveur de la mise en œuvre d'enzymes ( substances organiques produites par des cellules vivantes, qui agissent comme catalyseurs : catalyse, action par laquelle une substance rend possible une réaction chimique, par sa seule présence, en augmentant la vitesse de réaction et sans l'altérer) dans les changements chimiques protéolytiques ( qui décompose les protéines).
Beaucoup de ces espèces se rencontrent dans les stations [endroits où l'on se place pour effectuer des observations scientifiques, des recherches] acides, pauvres en nitrates ; on peut penser que, chez elles, la capture et la digestion partielle de petites proies leur permettent, peu ou prou, ( quasiment, à peu près) de faire face à la disette (manque, carence, insuffisance) en azote minéral du lieu en s'adressant directement à des sources de protéines .

L'existence de ces plantes carnivores permet de constater l'existence de caractères belliqueux dans le règne végétal de certaines espèces qui les conduisent à " chasser " la proie qu'elles affectionnent (avoir une prédilection, une préférence, une véritable attirance pour ... ; comportement similaire, qui semble être à peu près du même ordre, équivalent à des comportements d' êtres du règne animal !) . On en vient très rapidement à la différenciation de véritables pièges dont l'ingéniosité n'a d'égale que leur efficacité . L'élaboration de raffinements encore plus surprenants : ruses pour inciter les futures victimes à s'approcher des pièges eux-mêmes : odeurs, aspects , formes couleurs, ports ( manières naturelles de se tenir) ...

Une organisation, aussi savante parfois, n'a d'autre objet, apparemment, que de faciliter l'approvisionnement du " végétal-chasseur " en protéines, assurément, mais aussi, sans aucun doute, en composés phosphorés ou potassiques, et même en vitamines .

L'antagonisme [la guerre] (état d'opposition de deux entités, de deux forces ; rivalité, agressivité, concurrence) , le synergisme[l'association pacifique] (état dans lequel se produit une activité simultanée, un concours d'action entre divers organismes dans l'accomplissement d'une fonction) sont partout dans le règne végétal . Il ne demeure aucune place pour l'autosuffisance ou pour l'indifférence .

L'observation attentive des formations végétales qui nous entourent avec les yeux du " sociologue des plantes " ( on dit du phytosociologue ) est très riche d'enseignement . Peut-on tirer un parti positif de certains cas d'antagonisme ( état d'opposition de deux forces, de deux principes, conflits, rivalités) ? C'est évident, en vertu de la formule classique selon laquelle :

" les ennemis de mes ennemis sont mes amis " .

" ... il existe dans la matière vivante des potentialités qui ne se manifestent que dans des conditions très spéciales . Les phénomènes du vivant [symbiose (association biologique durable et réciproquement profitable entre deux ou plusieurs êtres vivants) ... etc....] révèlent comment ces potentialités peuvent engendrer des réactions qui ont des effets créateurs importants " .
R. Dubos .

Peut-on envisager un véritable projet de survie dans l'évolution de cette espèce végétale, une trace du début de mécanisme pouvant conduire vers un comportement tendant progressivement vers un début de réflexion, inné ou, acquit au cours des millénaires ?

Nous pourrons ainsi, mieux comprendre, ces " mécanismes " surprenants, très complexes, très riches de connaissances, tenant un peu du merveilleux(!) , conduisant à un jalon ( ce qui sert à situer, repère) permettant , peut-être une meilleure compréhension de l'évolution de la vie .

Bien à vous, cordialement, Gerboise .

lundi 6 avril 2009

La LECTURE, cette ouverture de l'esprit dont nous ne devons pas nous priver si nous ne voulons pas stagner, " faire du sur place" ! [deuxième partie]

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A l' ECOLE

" Répandre l'instruction est le premier devoir d'un peuple qui veut rester libre " .

Jean AICARD, 1848-1921 . Il est à la fois un romancier estimé et l'un de nos plus charmants poètes contemporains . A une forme poétique très délicate, il sait ajouter un sentiment exact de la réalité . Les poésies qui composent le Livre des Petits et La Chanson de l'Enfant sont remarquables par la grâce des détails et le charme de l'expression .

" Notre mère, la douce France,
La chère France, dit un jour :
~ Notre ennemi, c'est l'ignorance :
Il faut le vaincre par l'amour ~.

" Au bord des mers, le long des fleuves,
Dans la vallée et sur les monts,
Bâtissons des écoles neuves
Pour les petits - que nous aimons . "

Et pour bâtir maisons nouvelles,
Jamais les maçons plus gaîment,
Ne sont montés sur leurs échelles
Et n'ont pétri plus dur ciment .

Les anciens, se sentant revivre,
S'écriaient, - car beaucoup d'entre eux
N'avaient jamais lu dans un livre :
" Nos enfants seront plus heureux ! "

Alors, la Muse* de l'histoire *1
Vit surgir, d'un coup, par milliers,
Tout blancs sur le vieux territoire,
Des palais - pour les écoliers .

Les livres prirent la parole,
Quand les maçons furent partis,
Et l'on vit courir vers l'école
Tout le peuple des tout petits...

Le cartable battant l'échine* *2
Ou bien leurs cahiers sous le bras,
Les uns, là-haut dans la colline,
D'autres, dans la plaine là-bas,

Tous allaient vers la maison blanche,
Ceux-là se tenant par la main,
Ceux-ci retardés par la branche
Qui met des fleurs sur le chemin .

On quittait la campagne aimée,
On regrettait les papillons,
Mais on chantait comme une armée :
" Enfants ! ... Formez vos bataillons ! "

Et le livre sacré, le Livre,
Avec tous ses feuillets chantants,
Leur criait : " C'est moi qui délivre* ! ... *3
Je brille sur la nuit des temps ! *4

" Venez ! Je donne à qui sait lire
Des bonheurs qui sont infinis ... *5
Les moindres accords de la lyre *6
Sont plus doux que le chant des nids ...

" Je montre aux peuples, dans un rêve,
Ce* que les yeux ne sauraient voir ; *7
L'âme qui rampait, je l'enlève
Sur l'aile d'aigle du savoir !

" Par moi, l'Idée, éblouissante
Et prompte comme les éclairs,
Dispersée et partout présente,
Donne un seul cœur* à l'univers ... " *8

- Par moi, l'âme individuelle
Vit dans tous et* vivra toujours, *9
Et dans la pitié mutuelle
J'ai rassemblé tous les amours ! "

Et les chers petits, sans comprendre,
Couraient vers l'école, - sentant
Quelle amour maternelle et tendre
Les appelait tous en chantant .

Au miel doré de la Parole *10
Ils couraient, filles et garçons,
Et l'essaim*entra dans l'école, *11
Ruche où bourdonnent les leçons .

Or, depuis que la France libre
A des écoles par milliers,
C'est son âme même qui vibre
Dans son rucher plein d'écoliers .

Depuis l'heure toute première
Où l'école neuve s'ouvrit,
Le livre a fait la lumière,
La lettre a créé de l'esprit .

Le petit peuple de la ville
C'est le grand peuple d'aujourd'hui ;
Sa propre histoire le conseille,
Toute l'âme humaine est en lui .

Il sera digne de lui-même,
Si, sachant ce qu'il doit savoir,
Il aime ce qu'il faut qu'on aime,
A l'égal du droit : - le devoir .

Fais ton destin, peuple de France !
La France remet dans tes mains,
Avec un frisson d'espérance,
La clef d'or* de tes lendemains ; * 12

Jean AICARD

* 1 -Muse de l'Histoire : personnage imaginaire représenté comme le témoin des actions des peuples .
* 2 - L'échine : colonne vertébrale .
* 3 - délivre : qui dégage l'esprit de l'ignorance .
* 4 - brille ... : L'idée que contient le livre brille comme une étoile dans la nuit et éclaire les ténèbres de l'ignorance .
* 5 - Rapprochez de la lecture ci-après intitulée : Douloureuse ignorance .
* 6 - accords de la lyre : Les chants de la poésie.
* 7 - ce : L'idéal qui n'existe que dans la pensée .
* 8 - La fraternité .
* 9 - La solidarité .
* 10 - le miel de la parole : image familière aux anciens : la parole est douce comme le miel .
* 11 - essaim : groupe d'abeilles, d'insectes en vol ou posés ; groupe nombreux qui se déplace .
* 12 - La clé d'or : (sens figuré) l'instruction qui décidera de ton avenir .

Après cet admirable texte qui implique le rôle magnifique de la lecture, donc des livres et des bibliothèques , nous poursuivrons dans une troisième partie, l'analyse des implications de la Lecture dans la construction de notre esprit .

Bien à vous, cordialement, Gerboise .