mardi 29 avril 2008

Réalisme* ou perfidie **de Molière , lorsqu'il nous présente certaines vérités*** de son siècle ? Réflexions et Leçons qui pourraient s'en dégager !

* réalisme : attitude de celui qui tient compte de la réalité, l'apprécie avec justesse, objectivité ; qui dépeint le réel sans complaisance ; qui a le sens des évidences humaines et en témoigne .

** perfidie : astuce, moyen détourné, une finesse [aptitude à discerner les subtilités des choses et des êtres, par les sens ou par la pensée] , parfois déloyal pour arriver à son but : de celui qui a ou dénote une habileté de connaisseur d'une grande acuité, d'une vive pénétration intellectuelle et psychologique .

*** vérités , connaissances conforment au réel , immuables , qui ne changent guère avec le temps, qui sont toujours inexorablement valables de nos jours .

Avec cette farce (comédie, mystification) , Molière retrouve ici sa bête noire (son souffre-douleur) , le médecin, déjà égratigné (critiqué) sérieusement dans l'Amour médecin et sa comédie de jeunesse le Médecin volant . La pièce remporta un joli succès et fut très souvent jouée .

"ACTE TROISIÈME -SCÈNE I .

Léandre

Il me semble (il paraît à mon esprit ... question : jusqu'où peut aller la confusion ?) que je ne suis pas mal ainsi pour un apothicaire (terme ancien , synonyme de pharmacien : celui qui prépare et vend des médicaments) ; et comme le père ne m'a guère vu, ce changement d'habit et de perruque est assez capable, je crois, de me déguiser à ses yeux .

Sganarelle

Sans doute .

Léandre

Tout ce que je souhaiterais serait de savoir cinq ou six grands mots de médecine pour parer mon discours et me donner l'air d'habile homme
(acquérir un discours médical cohérent, en vue de tromper, mystifier les autres) .

Sganarelle

Allez, allez, tout cela n'est pas nécessaire : il suffit de l'habit
(de l'apparence externe) ; et je n'en sais pas plus que vous .

Léandre

Comment !

Sganarelle

Diable emporte si j'entends
(je ne sais et comprends strictement pas grand chose à...) rien en médecine ! Vous êtes honnête homme, et je veux bien me confier à vous comme vous vous confiez à moi .

Léandre

Quoi ! vous n'êtes pas effectivement ...
( véritablement)

Sganarelle

Non, vous dis-je ; ils m'ont fait médecin malgré mes dents
(avoir une dent contre, n'être pas d'accord) . Je ne m'étais jamais mêlé d'être si savant que cela ; et toutes mes études n'ont été que jusqu'en sixième ( ? ) .
Je ne sais point sur quoi cette imagination
(cette idée, cette décision) leur est venue ; mais quand j'ai vu qu'à toute force ils voulaient que je fusse médecin, je me suis résolu de l'être aux dépens de qui il appartiendra . Cependant vous ne sauriez croire comment l'erreur s'est répandue, et de quelle façon chacun est endiablé à me croire habile homme . On me vient chercher (consulter) de tous côtés ; et si les choses vont toujours de même (ne changent pas) , je suis d'avis de m'en tenir toute ma vie à la médecine . Je trouve que c'est le métier le meilleur de tous ; car, soit qu'on fasse bien, ou soit qu'on fasse mal, on est toujours payé de même sorte (de façon équivalente) . La méchante besogne (le travail ingrat) ne retombe jamais sur notre dos ; et nous taillons comme il nous plaît sur l'étoffe où nous travaillons (pratiquons sur nos consultants selon notre plaisir) . Un cordonnier, en faisant des souliers, ne saurait gâter ( gaspiller) un morceau de cuir qu'il n'en paye les pots cassés ; mais ici l'on peut gâter ( compromettre sa santé, sa vie) un homme sans qu'il n'en coûte rien ( sans conséquences judiciaires) . Les bévues ( les maladresses , les erreurs, les conséquences négatives) ne sont point pour nous, et c'est toujours la faute de celui qui meurt . Enfin le bon de cette profession est qu'il y a parmi les morts une honnêteté, une discrétion la plus grande du monde ; et jamais on n'en voit se plaindre du médecin qui l'a tué . " ...

Le réalisme ( l'observation irréprochable des évidences de comportement chez les êtres humains ) et le cynisme ( l'immoralité) de Molière , devraient nous" ouvrir les yeux " sur l'ensemble du monde qui nous entoure et nous faire réfléchir , dans le contexte actuel, aux " intoxications " ( actions menées pour influencer les esprits insidieusement , les piéger) qui pullulent , et concernent des sujets importants dans leurs conséquences sur notre vie actuelle ou à venir ! De nombreux individus, et même des spécialistes en tout genre , nous mystifient sciemment ou par inconséquence, ou par malhonnêteté , ou par bêtise .
Nous préciserons par la suite des exemples de comportement significatifs en vous présentant différents contextes techniques , scientifiques et économiques actuels .

Bien à vous, Gerboise .




lundi 28 avril 2008

Premières clartés du matin: Leçons d'humilité, de modestie, de retenue, de circonspection, de considération pour le travail, et aussi de sagesse .

Nous présentons ce propos d'Alain, publié dans " Les saisons de l'esprit " aux Éditions Gallimard, XVIII, intitulé :" La Pâque du travail ", car une telle richesse, dans l'analyse de l'activité et de la nature humaine, ne peut-être méconnue . Il est rare de découvrir autant de profusion , de foisonnement d'idées . Nous vous conseillons d'acquérir ce livre qui ne date pas d'hier :1937 , car le propos présenté ici , n'est pas le seul dans l'ouvrage, à vous apporter un exemple de réflexion aussi intense sur le genre humain .

"L'arbre à pain ( nom vulgaire de l'Artocarpus , de artos :pain, et de Karpos : fruit ; plante dicotylédone, arbre de l'Asie tropicale et de l'Océanie dont le fruit sphérique à chair blanche, féculente, peut atteindre 2kg, et se consomme cru ou cuit ) , cette merveille de mes livres d'enfant, l'arbre à pain n'est pas de chez nous . Il y a sans doute des climats où la nature porte (portait, car le propos d'Alain date de 1934; est-ce encore une réalité actuellement ? je ne sais !) presque à notre bouche des fruits sucrés, et qui viennent sans culture (naturellement dans la forêt ) . Toutefois l'alliance (association d'éléments divers unis pour agir, ici, l'ensemble des manifestations lié aux coutumes chrétiennes) que nous nommons Pâques, et que les cloches célèbrent, est assez froide en somme ; l'éclatant soleil ne va jamais sans un vent assez maigre ; et la fête de lumière, sans aucun écran de verdure (la nature n'ayant pas encore revêtu ses apprêts[préparatifs] printaniers) , fait seulement paraître ( apercevoir) des travaux faits ou à faire ; ici les débris de l'hiver (les matériaux provenant du dépérissement des végétaux ) , et plus loin les carrés de terre criblés par l'outil, alignés selon le cordeau, prêts à nourrir l'homme, pourvu que l'homme bêche, plante, sarcle ( débarrasse un terrain de culture des herbes nuisibles, en arrachant, en extirpant les racines ) et arrose . Il y a de la sévérité dans cette belle saison . Les flèches de lumière qui piquent (idée d'action brusque et rapide) le sol nous invitent à le frapper aussi, à le diviser, à recevoir et à concentrer pour nous l'énergie solaire dans les choux, la betterave, ou le blé . Rien n'est plus triste à voir qu'un terrain abandonné sous cette lumière indiscrète . L'énergie solaire nous est donnée ; elle ne coûte rien ; cette pluie dorée (métaphore :lumière qui arrive du ciel comme l'eau de pluie) verse en une journée une puissance de vivre (l'eau est la principale source de vie des plantes et des animaux) énorme ; énorme, mais perdue si le travail assidu ( régulier, obstiné) ne la recueille (ne se disperse pas, recevoir pour conserver) . Pâques n'est donc que promesse, et sous condition . Plus tard la Fête-Dieu , si étrangement nommée, célébrera en même temps les fleurs et les moissons, c'est-à-dire les fruits du travail .
Beaucoup de choses très précieuses nous sont données ; chaleur et lumière, pluie du ciel, torrents, forêts, charpentes, tourbes et charbons, pétrole enfin . Toutefois dans toutes ces admirables richesses nous ne trouvons rien à manger . La zone de planète sur laquelle nous vivons n'est pas comestible . Au reste dans les pays où la nature est comestible, il y a des inconvénients qui rendent la vie difficile . Mais je considère seulement nos climats et je vois que notre vie doit d'abord être gagnée
( par l'activité) . L'industrie humaine fait qu'une heure d'homme (de travail) conquiert ( conquérir, obtenir en luttant, en agissant avec effort) bien plus de nourriture qu'une heure d'oiseau . Mais enfin le travail humain ne pourrait être interrompu seulement un jour sans un péril (ce qui menace l'existence, risque que fait courir une action) mortel pour tous ? Sans cesse il faut cultiver et récolter, couper l'arbre, équarrir ( tailler au carré des poutres en bois) , construire, réparer, transporter, échanger ; et en même temps il faut nettoyer, évacuer, balayer l'ordure .
Je lis partout que l'on a beaucoup gagné sur la nécessité du travail ; et quelques-uns s'amusent à dire que ce gain est justement ce qui nous rend pauvres
(c'est absurde, illogique, déraisonnable, stupide !) . Ma foi je cherche en quoi la peine des hommes a été allégée (rendre moins pénible une tâche) . Je la vois surtout transportée loin de nos yeux . Il y a des mineurs qui vivent comme des taupes ( image comparée à la vie de petits mammifères insectivores qui vivent sous terre, dans l'obscurité , en creusant des galeries) ; il y a, dans le fond du grand paquebot, des chauffeurs (du temps de la Marine au charbon) nus et suants, bientôt usés ; cet été vous verrez nos paysans et nos paysannes tout maigres et tout cuits (au teint hâlés par le soleil) . Nous n'en sommes pas encore aux temps qu'on nous promet, où la machinerie (terme allégorique désignant l'ensemble des progrès techniques) nourrira et promènera l'homme ( l'humanité) . Toute machine est l'œuvre de l'homme , et s'use fort vite, et suppose continuellement des esclaves attentifs . Bref le vieil article ( adage, précepte , formant un tout distinct) : " Tu gagneras ta vie à la sueur de ton front " , n'est nullement abrogé (déclarer nul ce qui avait été établi, institué) .
Je sais ce qui est arrivé . Il est arrivé que les courtiers
( commerçants qui faisaient [et qui font] profession de s'entremettre, [qui interviennent ] pour ses clients dans des transactions ) de publicité, qui en effet sont milliers, et qui ne travaillent guère (ne sont que des intermédiaires qui ne fabriquent rien) , ont annoncé que le vieil article en question était abrogé pour toujours ; et je ne sais par quel emportement de plaisir ils ont été crus à peu près par la moitié des hommes . D'où une dépense à grande vitesse ; d'où l'idée, plus ruineuse encore, que la dépense est à proprement parler ce qui nous enrichit tous . C'est jeter le pain, chose qu'on disait criminelle à nous, enfants (et que nous devrions encore de nos jours leur asséner et leur appliquer cette leçon) . Jeter le pain, disait la publicité, c'est faire vendre le blé ; et ainsi pour tout . Il ne s'agissait que de faire tourner la grande machine (les échanges mondiaux) aux produits et aux échanges, et de faire tourner aussi les têtes frivoles ( qui a peu de sérieux, qui ne s'occupe que de choses futiles ou traite à la légère les choses importantes) . Et c'est ce qui fut fait, supérieurement ; si supérieurement que je vois Léviathan ( animal marin fabuleux, fantastique , mentionné dans la Bible; chose énorme, colossale que l'on compare à une sorte de monstre symbolisant la force, le pouvoir) , l'homme du marteau et de la charrue, ruiné partout, et travaillant avec moins de profit que jamais . Cela vient, à ce que je crois, d'une erreur de principe, c'est que la nature est toute prête à nous servir, et qu'il ne s'agit que de lui passer la bride ( l'arrêter, ne pas lui laisser la liberté, ne rien lui céder) .
Or, allez-y voir, vous verrez que la bride coûte cher, et qu'elle est bientôt usée, et qu'il faut refaire la machine, remplacer la turbine, changer le rail, fondre l'acier, et d'abord bêcher, fumer, semer, sarcler, à quatre pattes comme au temps d'Homère . Voilà ce que le printemps nous annonce " . Alain

Nous vous laissons réfléchir sur ce texte et attendons vos commentaires. Bien à vous, Gerboise.

1er Mai 1934

vendredi 25 avril 2008

Premières clartés du matin . Regards sur la nature : Un spectatacle reposant .

Tout est lumière, tout est joie .
L'araignée au pied diligent*
Attache aux tulipes de soie
Ses rondes dentelles d'argent .

La frissonnante libellule
Mire* les globes de ses yeux
Dans l'étang splendide où pullule*
Tout un monde mystérieux .

Sous les bois, où tout bruit s'émousse*,
Le faon* craintif joue en rêvant .
Dans les verts écrins* de la mousse
Luit le scarabée*, or vivant* .

Tout vit, et se pose* avec grâce,
Le rayon sur le seuil ouvert,
L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe,
Le ciel bleu sur le coteau vert .

La plaine brille, heureuse* et pure ;
Le bois jase*, l'herbe fleurit .
- Homme ne crains rien ! La nature
Sait le grand secret*, et sourit .

*
diligent : qui agit sans tarder , avec rapidité , prompt [se meut avec vivacité, avec empressement], vif ;
* mire : regarde , dans une surface polie, réfléchissante, fait refléter sur l'eau ;
* pullule : abonde, se manifeste en très grand nombre, grouille ;
* s'émousse : s'atténue, perd de sa vigueur, de son intensité, rendre moins vif, s'amortir ;
* faon : petit [de la biche] du cerf, du daim ou du chevreuil ;
* écrins : expression métaphorique où la mousse en enserrant toutes les choses du sol, semble être un coffret renfermant des objets précieux ;
* scarabée : insecte coléoptère noir à reflets mordorés ;
* or vivant : dont l'éclat est comparable à des métaux précieux ;
* se pose : s'installe ;
* heureuse :pleine d'un air de gaieté , d'allégresse, d'entrain, de bonne humeur ;
* jase : expression imagée qui souligne que tous les êtres vivants du lieu se font entendre, jacassent, gazouillent, émettent des bruits, des cris, des sons qui évoquent la vie ;
* le grand secret : le printemps, les beaux jours qui arrivent .

Victor Hugo, 1802-1885, Les rayons et les ombres, 1840 .



jeudi 24 avril 2008

Premières clartés du matin : Ces fleurs des champs ne sentent-elles pas venir les beaux jours ? N'est-ce pas le moment "de prendre du champ" ?

N'est-ce pas idyllique, champêtre ? Ce terme emporte avec lui l'idée de la culture et des agréments qui l'accompagnent . Un lieu, un contexte champêtre offre un spectacle gai et riant, une idée agréable . De nos jours, n'est-ce pas nécessaire ?

Oui, en ces temps-ci , surtout, n'est-ce pas le moment de "prendre du champ ! , de prendre du recul, de se mettre à distance pour mieux juger, mieux réfléchir " ?

Cette expression imagée , ici , peut avoir deux sens distincts selon le contexte :
-soit elle signifie prendre de la distance, s'écarter, ne pas s'impliquer totalement dans une action, une entreprise , une décision ; prendre le temps de la réflexion avant de s'engager définitivement, dans un sens ( dans une voie, dans une interprétation, une appréciation, dans un jugement) ou dans un autre ; regarder les choses de loin, en dehors de toute influence avant de s'engager dans une voie, avant d'agir, d'entamer une action .
- soit elle nous dit, conseille de faire un pas en arrière, pour mieux affronter l'interlocuteur, l'adversaire , la situation .

"Reculer pour mieux sauter" dans un champ clos, puis "prendre du recul" .

Lorsqu'on vient de s'apercevoir qu'une erreur a été commise, que l'on s'est engagé dans une " mauvaise voie" que l'on s'est entouré de conseillers inconséquents ...que l'on a suivi des conseils qui se sont avérés aberrants, il est nécessaire de " se donner du champ " en attendant de rectifier , ce qui doit l'être , après une véritable réflexion , et poursuivre son action !

Avoir encore du champ devant soi, avoir des ressources, le temps, les moyens de se tirer d'affaire, n'être pas encore arrivé au moment critique ;
Se donner du champ libre par rapport aux autres ;
Prendre du champ, prendre de l'espace, de l'élan , en vue d'aller de l'avant ;
Donner libre champ à son imagination en vue de progresser ;

Sont des expressions imagées très utiles pour exprimer certaines situations .

Nous pensons que dans les temps présents, il est vraiment utile, sage, bénéfique pour notre équilibre, devant tous les événements actuels, de " prendre du champ " ! C'est une nécessité, si nous ne voulons pas nous enfoncer dans la morosité ambiante !
Bien à vous, Gerboise .

mercredi 23 avril 2008

Premières clartés du matin : Le " Qu'en dira -t-on ? " Curiosité et Silence !

Qu'en dira-t-on ? : Phrase interrogative qui exprime une inquiétude quant aux commentaires de la société . Le qu'en -dira-t-on : c'est l'opinion des autres ! , redoutable situation .

C'est une sorte de crainte (des on-dit) qu'une vérité , qui deviendra rapidement une rumeur, ne se propage en clamant cette réalité, ou un bruit sans fondement .

Voici une sentence pleine d'humour qui illustrera ce genre de situation .

"Celui qui est au courant sait , et celui qui ne sait pas dit : [ C'est une poignée de lentilles ! ] "

Mgr Feghali, ancien évêque de Tripoli (Liban), rapporte dans Proverbes syro-libanais, Institut d'ethnologie, Paris, 1938, l'explication suivante :

"On raconte qu'un homme entretenait des relations coupables avec la femme d'un autre .Ce dernier, officieusement averti, se cacha devant sa maison, et lorsque le coupable en sortit, il se précipita sur lui pour l'étrangler . Après une lutte de quelques instants, l'homme lui échappa et prit la fuite à travers champs . Comme il traversait une plantation de lentilles, poursuivi à distance par le mari, il arracha une poignée de ces grains, et, la montrant à ceux qui s'étonnaient de le voir ainsi poursuivi avec rage : " Voyez, dit-il , s'il y a là de quoi en vouloir à la vie d'un homme ! " . Ces gens arrêtèrent le mari trompé et le blâmèrent pour son avarice . Lui, ne voulant pas les mettre au courant de son infortune, adopta le subterfuge ( ) de son rival et leur répondit : " Celui qui est au courant sait, et celui qui ne sait pas dit : [ C'est une poignée de lentilles ! ] ", mots qui sont passés en proverbe . Depuis lors, on se sert de cette phrase pour définir des situations qui sont toujours autres qu'elles ne le paraissent, pour éviter de donner des renseignements sur des affaires délicates, enfin dans toutes les circonstances où l'on veut couper court à des questions indiscrètes ."

Qu'en dire ? Qu'en penser ? : du " Qu'en dira-t-on " ! La longue expérience de Gerboise nous permet de vous dire que , souvent c'est une curiosité mal placée et une perte de temps, que d'essayer de percer la réalité(?), l'apparence(?), l'illusion (?), qui se tapissent (se cachent, se dissimulent, se réfugient) derrière cette sorte de "silence" (dans le sens de réelle signification ) crypté qui se propage dans "l'éther" (l'espace) de notre environnement . Parfois les circonstances nous révèlent, nous dévoilent " le pot-aux-roses " (une évidence, parmi d'autres possibles ?, la vérité cachée) ; alors, sommes-nous , vraiment, plus avancés , plus riches dans notre connaissance des choses et des êtres? De ces derniers, certainement ! Cependant, le prix affectif "à payer" (souvent la déception, le désenchantement) n' "en vaut pas la chandelle"!

Ce sera cependant , pour le jeune qui pense se préparer à des activités scientifiques et/ou techniques , une leçon de méfiance et d'esprit critique devant toutes les informations qui circuleront à sa portée !

Gerboise aimerait connaître votre opinion ! Vous êtes tous en mesure de laisser un commentaire sur ce site, à la fin de ce billet . Bien à vous .


lundi 21 avril 2008

Les Provinces de notre douce France peuvent parfois nous permettre de rêver à travers la campagne bucolique, champêtre .

" Nous avons tous, quelque part en province, une sorte de petite patrie, un coin de prédilection qui n'est pas toujours le village natal, mais où nous retenaient des souvenirs et des habitudes ... Pour moi, c'était le Berry . C'était la route qui va d'Argenton-sur-Creuse à Montmorillon . Villages assis en tailleur au bord des petits chemins vicinaux (qui mettent en communication des villages ) , chênaies, châtaigneraies, blanc de l'œil d'un étang. Puis, brusquement, coup d'éventail rayonnant de ces hectares fertiles, assurés de durer, qui ne peuvent être que français ! Il faut bien le dire, la province, c'est le fond de l'affaire . C'est une patrie exacte, sensée, facile et profonde . Qu'il s'agisse de la chaumière, de la ferme, ou de la sous-préfecture, la province, association d'attitudes, de traditions et de paroles, apparaît comme le refuge de ce devoir de vivre et de durer dans la persévérance qui constitue notre passé, notre raison d'être Français, et de savoir ce que cela veut dire " .

Léon-Paul FARGUE, Poète et piéton de Paris, 1876-1947 .

vendredi 18 avril 2008

Un site naturel giboyeux fréquenté par des chasseurs ; la naissance d'une ville : Lutèce ; l'éclosion et l'essor de Paris au Moyen Age: une aventure !


Nous avons choisi, aujourd'hui, de vous recommander la lecture d'un ouvrage qui vous permettra de vous rendre compte de l'évolution , en deux millénaires, d'un des sites parmi les plus connu dans le monde : Paris , situé dans un ancien méandre de la Seine qui, de nos jours a été abandonné par le fleuve en laissant un bras mort, dont il ne reste qu'un nom de quartier : le Marais .
Si vous désirez accéder à son histoire et aux diverses péripéties qu'à connu ce territoire dans cette contrée, le livre et les magnifiques illustrations de l'auteur : Claude Cetekk publiés aux éditions Inter-livre en 1987, sont remarquables.
Nous vous recommandons d'en prendre connaissance en vue de faire progresser votre savoir historique, votre capacité de vous représenter les modifications de peuplement et d'urbanisme d'un même espace, avec le cheminement (la marche, la progression) des siècles. Mais également d'élargir votre champ de réflexion, votre faculté de perception de l' évocation (faire revivre des faits anciens, des souvenirs, se représenter à nouveau) de ces progressions , sur des maquettes symbolisant des étendues spatiales .

La première vue schématique brossée par l'auteur, Claude Cetekk, située ci-dessus, et intitulée par lui : la cité jusqu'à la conquête romaine ( 300-32 av. J.-C.)

Nous avons repris son texte intégralement en y apportant, parfois, en mauve clair des précisions et/ou des explications personnelles .Vous pouvez, comme toujours, à l'aide d'un clic gauche, réaliser un agrandissement cette figure et des suivantes !

"On a du mal à imaginer aujourd'hui, du sommet de la tour Mont parnasse par exemple, que le paysage alentour était, il y a deux mille ans, livré aux forêts et aux marais, habités par des loups, des ours, des loutres et des castors .
Les Parisii qui investirent cette cuvette étaient semi-nomades . Ils vivaient de la chasse et de la pêche et ne cultivaient la terre qu'en fonction de besoins ponctuels . Ils s'établirent principalement dans ce qui est l'île de la Cité .
L'île Saint-Martin, au Nord, était une plateforme de graviers, à l'abri des crues moyennes du fleuve, parsemée de buttes . Celles-ci seront peu à peu nivelées par le développement de l'urbanisme .
Le Bras Mort, qui fut le lit de la Seine pendant le quaternaire, était un marais décrivant une boucle de trois cents à quatre cents mètres de largeur . La moindre crue l'inondait . Les eaux des hauteurs environnantes s'écoulaient où sont maintenant les grands boulevards .
L'île de la Cité se trouvait être au carrefour de la Seine et de l'axe routier Nord-Sud, c'est-à-dire des voies de transport de l'étain amené de Grande-Bretagne vers le sud de la Gaule et Rome ."

Voici terminée cette première description de l'auteur .
Que de changements de nos jours ! Où se trouve maintenant la Bièvre, cette petite rivière qui prenait sa source près de Versailles et devait être charmante ? Elle livrait encore ses eaux aux regards non loin de la manufacture des Gobelins, rue Emile Delandres, en 1862, peu de temps avant d'être recouverte dans ce quartier . En 1903, rue de la butte-aux-cailles , on pouvait encore cheminer le long de son cours champêtre ?
C'est grâce aux travaux minutieux des Géologues et autres spécialistes , lors des terrassements des constructions d'immeubles, des percements des lignes du"Métro", des égouts et autres travaux publics et/ou privés, que de nombreux recoupements et corrélations des couches des terrains des formations de l'ère Quaternaire, permirent progressivement de reconstituer , avec les descriptions d'archives, les panoramas successifs des paysages anciens .



Avec cette deuxième vue schématique dessinée par l'auteur et nommée par lui "Lutèce : naissance de la ville"
Nous commençons à entrevoir un début d'urbanisme ; la "Machine de Rome", cette Organisation rationnelle inébranlable ( inflexible), inexorable (ce à quoi l'on ne peut se soustraire, implacable) s'incruste et modifie totalement la configuration de cette région . Voici son texte :

"Le nom de " Lutèce ", d'origine pré-celtique, signifie marais .

En 51 av. J.-C., Vercingétorix fut vaincu à Alésia . Un an auparavant, les Gaulois de la cité avaient répondu à son appel à la révolte contre les Romains . En Gaule depuis 58 av. J.-C. Jules César avait envoyé des troupes sous la conduite du général Labienus, combattre les rebelles . La bataille, au cours de laquelle le chef gaulois Camulogène fut tué, tourna à l'avantage des Romains. La cité, ou plutôt ce qui en restait, tomba entre leurs mains : ses habitants l'avaient incendiée avant de s'enfuir sur les hauteurs environnantes . Ils avaient aussi mis le feu aux deux ponts de bois qui traversaient la Seine .
Jusqu'en 253 après J.-C., date des premières invasions barbares, Lutèce, rebâtie, connaîtra la prospérité . Mais les Romains, certains de leur puissance, en firent une ville ouverte, sans véritable protection .
La Cité est alors la ville gauloise, avec ses habitations de bois et de pisé (maçonnerie faite de terre argileuse, délayée avec des cailloux, de la paille, et comprimée) , à quoi s'ajouteront quelques édifices romains en pierre . Le climat y est humide, et les crues de la Seine sont aussi fréquentes que redoutables .
La Ville Haute est la ville romaine . Elle est à l'abri des crues, sur la rive gauche . Construite selon un plan d'urbanisme alors très moderne, elle comprend les édifices habituels d'une ville romaine : thermes, forum, cirque, théâtre , etc."

Enfin cette troisième vue-esquisse de Claude Cetekk représente les grandes lignes de l'organisation du futur " Paris du Moyen Age vu du futur Boulevard Saint-Germain " .

Elle schématise surtout l'organisation citadine de la rive droite de la Seine . En bas, à gauche, l'homme menant ses bœufs monte le chemin de St Jacques: actuelle rue St Jacques sur l'ancienne voie romaine vers Orléans . Nous transcrivons ci-dessous les commentaires et la légende des édifices religieux correspondant à la numérotation de l'auteur :

"Après les invasions normandes, au Xe siècle, l'agglomération est, surtout rive gauche, de type rural . Les vignobles descendent la montagne Sainte-Geneviève [clos de Laas, de Mauvoisin, de Garlande et de Bruneau] . Sur la rive droite se trouvent les corporations d'artisans .
L'habitat se groupe autour des oratoires de Saint-Séverin et de Saint-Julien .
Les hameaux ainsi formés sont au départ des voies de pèlerinage .
Paroisses et abbayes, qui abritent les reliques, seront au centre du développement culturel et économique de la cité .
Les édifices religieux :
1- Saint-Eloi, .......................................................10- Saint-Christophe (et l'hospice),
2- Saint-Barthélémy, .........................................11- Saint-Etienne -- future Notre-Dame,
3- Saint -Germain le vieux, ..............................12- Saint-Denis du Pas,
4 -Sainte-Croix, ..................................................13- Saint-Germain l'Auxerrois,
5- Saint-Pierre des Arcis, ..................................14- Notre-Dame des Bois,
6- Sainte-Geneviève des Ardents, ..................15- Saint-Martin,
7- Saint-Denis de la Chartre, ............................16- Saint-Merri,
8- Synagogue, .....................................................17- Saint-Gervais et Saint-Protais . "
9- Saint-Pierre aux bœufs,"

Voici ce que nous voulions, nous Gerboise, vous faire apprécier " grâce en partie aux reconstitutions précieuses recueillies au cours d'une recherche parfois fatalement ingrate, et une illustration éblouissante de la plus 'belle eau' , par Claude Cetekk ", symbolisé par ces quelques lignes à propos des diverses apparences de notre capitale , Paris, au cours des millénaires : une grande Aventure humaine .
La reconstitution de tous ces évènements matériels et humains ont nécessité un travail de recherche considérable, l'activité jamais interrompue d'archéologues, de chercheurs passionnés, de toute une population qui a eu le mérite de signaler honnêtement, toutes leurs trouvailles ( découvertes quotidiennes lors de fouilles intentionnelles et/ou liées aux hasards d'une activité sans liens directs avec cette science ) .

La maîtrise du Savoir, c'est également la connaissance de ce qu'a été l'histoire de tous ceux qui modestement , dans le passé, ont par leurs activités quotidiennes , leurs us et coutumes et leurs réflexions devant la Nature, apporté un progrès, même infime à la grande collectivité qu'est l'Humanité .
Merci encore à Claude Cetekk pour son livre hors du commun que nous conseillons d'acheter aux éditions INTER-LIVRES . C'est une provision d'enrichissement intellectuel , qui sera bénéfique à votre entendement, que nous vous promettons en vous recommandant la lecture de cet ouvrage.

Bien à vous, Gerboise .