Affichage des articles dont le libellé est Subtilités de la langue française. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Subtilités de la langue française. Afficher tous les articles

dimanche 12 décembre 2010

Langue française : écueils*, pièges et difficultés . Pléonasmes** .

.

*Ecueils : obstacles dangereux sur lesquels échouent et sombrent la logique, la vertu, l'honneur, la fortune, la réputation ; causes d'échec ; dangers, pièges .


** Pléonasme : Figure de grammaire qui consiste à répéter , redoubler un rapport grammatical ou une idée pour donner plus de véhémence (discours véhément, discours plein de chaleur, force) à l'expression : " et que m'a fait à moi cette Troie où je cours ? " Racine ; emploi de mots en apparence superflus, mais qui donnent plus de force, « entendu de mes oreilles », plus de grâce à la phrase, mettre dans un plus grand relief tel ou tel élément de la pensée ; désigne aussi cette répétition inutile de termes différents, qui ont le même sens, faite par maladresse .


Le pléonasme, dont l'étymologie grecque signifie « ce qui est en plus qu' il ne faut» , surabonder, est la répétition de la même idée par des mots différents . Dans certains cas, le pléonasme était intentionnellement employé et constitue une figure de langage, comme dans l'exemple : je l'ai VU, dis-je, VU, de mes propres yeux VU, ce qui s'appelle VU, [Molière], et insiste sur la pensée . Mais souvent il n'est que la répétition inconsciente de la même idée exprimée par deux termes différents : dans ce cas, le pléonasme est vicieux il doit être soigneusement évité .

Il y a des pléonasmes qui sont de simples redondances ( caractère de ce qui apporte une information déjà obligatoirement donnée sous une autre forme) maladroites, mais inoffensives, telles que :
« mieux vaut n'en rien dire plutôt que d'en parler trop peu » Gide, Journal ; « Tout valait mieux plutôt que cette curiosité malsaine » Carco, l'Homme traqué .
Dans ces deux phrases plutôt fait double emploi avec mieux .


« Je suivais derrière avec le porteur »
« Tout redécouvrir à nouveau »

Le pléonasme devient une véritable incorrection quand un mot grammatical, un pronom en particulier, en reprend un autre avec lequel il fait double emploi dans les exemples suivants :

Abolir entièrement .
Achever complètement .
Ajouter en plus .
Allumer une lumière .
Assez satisfaisant .
Au jour d'aujourd'hui .
Car en effet .
Collaborer ensemble .
Comparer entre eux .
Descendre en bas .
Eau liquide .
Enfin, pour terminer .
Entrer dedans .
Erreur involontaire .
Être contraint malgré soi .
Être le premier en tête .
Faire une chute verticale .
Hasard imprévu .
Inhumer en terre .
Marcher à pied .
Monopole exclusif .
Percer un trou .
Préférer plutôt .
Premier en tête du classement .
Prévoir d'avance .
Progresser en avant .
Puis ensuite .
Redemander de nouveau .
Refaire encore .
Regards sur le monde actuel .
Répéter de nouveau .
Rien qu'un seul .
S'enchevêtrer les uns dans les autres .
S'entraider mutuellement .
Se réunir ensemble .
Seul et unique en son genre .
Sortir dehors .
Tomber d'en haut .
Voyons voir .

Il est important de remarquer que lorsque l'un des deux termes est déterminé, il n'y a plus pléonasme, une idée nouvelle étant introduite dans l'expression : monter en haut de l'escalier ; inhumer en Terre Sainte, etc.

Mais le pléonasme d'insistance dont use abondamment la langue parlée, parfois, peut produire dans la langue littéraire un heureux effet de style . Il permet, en effet, de projeter en tête de la phrase ou de rejeter à la fin un mot important [sujet ou complément] qu'on veut mettre en valeur, en le reprenant ou en l'annonçant par un pronom : « Ils ont la figure huileuse, les domestiques » Aragon .

Voici d'autres exemples :

Mauvais cauchemar : on admet généralement « d'affreux cauchemar » mais le cauchemar est toujours mauvais . On parlerait mieux d'un mauvais rêve .

Se succéder les uns les autres. Se succéder suffit .
Mais succéder n'a pas toujours la même forme pronominale . Il peut avoir le sens, non seulement de « venir après » mais aussi de remplacer .


Enfin, " pour en terminer " [!] (enfin : sert à présenter le dernier élément d'une énumération; en dernier lieu ,pour en finir . Par humour nous terminons, nous-mêmes [!] au début ce paragraphe par un pléonasme qui ne se justifie pas ; "pour en terminer"n'est pas nécessaire .) nous pouvons dire qu'il s'agit d'une surabondance de termes, donnant plus de force à une expression . C'est une figure de syntaxe par laquelle on ajoute à une phrase des mots qui paraissent superflus par rapport à l'intégrité grammaticale, mais qui servent pourtant à y ajouter des idées accessoires, surabondantes, soit pour y jeter de la clarté , soit pour en augmenter l'énergie .

Bien à vous, Gerboise .

samedi 30 janvier 2010

Langage* passionnant : le Français et notre douce France ; une belle Langue** et une Nation souveraine*** .

.

* langage : tout ce qui, sans être précisément langue ou signe oral, manifeste ce qui se passe dans l'esprit ; ou bien la langue considérée dans la manière dont s'en sert celui qui la manie pour exprimer certains sentiments avec un certain art
[le langage fait avec des mots et de la logique ce que la musique fait avec des notes et du sentiment. H. Delacroix, Langage et pensée ].

** langue : système de signes articulés dont on fait usage chez une nation pour faire connaître sa pensée ; par analogie : système d'expression verbale propre à un peuple ou à un pays [les langues indo-européennes] ; par extension : mode d'expression et principalement vocabulaire propres à un individu ou à une catégorie particulière d'hommes [la langue de Molière, la langue diplomatique, la langue mathématique] .
*** souveraine : qui dans son domaine, n'est subordonnée à personne, indépendante [liberté souveraine] .

Une langue, une nation : Oui !

Toute notre histoire en témoigne . Philippe le Bel, François Ier, Louis XIV, les révolutionnaires, Napoléon Ier, la IIIe République ; royaume, empire ou république, époques grandioses ou désastreuses ; France si différentes en des temps si divers ; mais toujours la même volonté politique : rassembler, unir -au besoin par la force . Fonder en même temps la communauté politique et la communauté linguistique ; avec une capitale : Paris . " Une et indivisible " : telle est la république proclamée par la Révolution ; telle aussi, la langue française, surveillée par l'Académie, imposée par l'Administration partout où flotte le drapeau français, enseignée dans les écoles selon des programmes décidés à Paris, même pour les enfants des antipodes . Tant de forces vives dépensées pour l'unité nationale et tant pareillement, pour l'unité linguistique .
Les deux centralismes sont frères jumeaux . Ce n'est pas pour rien qu'on a appelé les instituteurs de naguère " les hussards noirs de la République " : maîtres de l'orthographe et de l'instruction civique, de la grammaire et de la morale, de la récitation et de la leçon d'histoire, ils ont contribué à installer ensemble la loi de la nation et celle de sa langue - dans ce même élan sévère et généreux tellement admiré par des parents avides de voir leurs propres enfants parler et écrire " comme tout le monde " .

Écrire surtout . Car " le " français, c'est indiscutablement celui qu'on écrit .

La parole s'arrêtait à la porte de la classe : souvenez-vous,ou avez-vous lu, il y a seulement une cinquantaine d'années, parler, c'était se faire punir . Qu'en est-il de nos jours ? Les temps changent ...!

La parole demeure la grande inconnue - voire la suspecte . La bonne tenue du français, on la recherche dans un dictionnaire [ Larousse, Le Robert, Hachette ] ; on la vérifie dans sa grammaire [ Grévisse, Bescherelle, les " Dicos d'or " de Bernard Pivot ] ; mais sûrement pas dans sa propre parole - du moins si l'on appartient au commun des mortels .

Et même, si l'on peut, on s' "autorise " d'une célébrité pour choisir un usage [une citation ] ; on cherche à " bien écrire " : car on vit en pays d'écrivains universellement admirés .

Autant que les politiques et les savants, de très grands auteurs ont donné à notre langue sa vigueur . Beaucoup plus qu'eux, ils lui ont acquis sa notoriété . Avant du Bellay, Jacques Peletier du Mans entonne dès 1547 l'hymne de la grandeur nationale par la gloire littéraire :

J'écris en langue maternelle
Et tâche de la mettre en valeur
Afin de la rendre éternelle,
Comme les vieux ont fait la leur,
Et soutiens que c'est un grand malheur
Que son propre bien mépriser
Pour l'autrui tant favoriser .
Si les Grecs sont si fort fameux
Et les Latins sont aussi tels,
Pourquoi ne faisons-nous comme eux
Pour être comme eux immortels ?

Discours de nos jours désuets ? Peut-être ? Cela n'est pas certain ! Mais il est encore temps de réagir et de reconquérir, pour notre douce France, sa langue harmonieuse, limpide, concise, savoureuse et vivante .

Francophonement vôtre, vous qui aimez lire les articles de ce Blog, que votre langue maternelle soit le français ou une autre langue aussi attrayante de notre planète Terre . Bien à vous, Gerboise .

mercredi 21 octobre 2009

Savoir , science, érudition, littérature .

.

Savoir :
pour avoir, posséder du savoir, il faut acquérir la connaissance des choses, des êtres, des phénomènes, par l'étude ou l'expérience, apprendre beaucoup et toucher à presque toutes les connaissances humaines, de façon à n'être pas étranger à une seule branche de ces connaissances . Savoir est absolu et général dans sa signification .

Science : pour avoir de la science, il faut connaître les choses et les étudier beaucoup plus profondément ; mais la science étant l'ensemble des connaissances que les hommes possèdent, il faut borner le champ de ses études à une seule matière .

Érudition : pour avoir de l'érudition, il faut non seulement avoir lu les auteurs anciens et modernes, mais avoir également connaissance des matériaux historiques, des commentaires, comparer les éditions, connaître les temps et les sources où ont puisé ces auteurs .

Littérature : pour avoir de la littérature, il faut avoir lu l'ensemble des connaissances relatives aux belles-lettres, les productions littéraires d'un ou de plusieurs pays, d'une ou de plusieurs époques ; il suffit de conserver dans sa mémoire tout ce que cette lecture a pu nous apprendre et produire sur notre esprit .

Cordialement, bien à vous, Gerboise .


mercredi 10 juin 2009

Apparence*, vraisemblance**, probabilité***, plausibilité****

.

* L'apparence indique ce qui porte à croire, mais de la manière la plus faible . Ce qu'on voit d'une chose, l'effet que la vue d'une chose produit sur nous, ainsi que l'écoute, les senteurs, les saveurs et la perception tactile de la matière . Aspect qui nous apparaît de quelque chose, ce qu'on voit d'une personne ou d'une chose, la manière dont elle se présente à nos yeux et à nos autres sens, à l'ensemble de nos sensations . L'aspect trompeur des choses: se défier des apparences, en ce sens se distingue de phénomène ; sauver, garder les apparences (les apparences sont sauves) .


** La vraisemblance [sembler] : caractère vraisemblable, qui peut être considéré comme vrai ; qui semble vrai, sans doute ; qui a l'apparence de vérité conforme à la marche ordinaire des choses ; de réalité. Ce qui est vraisemblable est ce qui a l'apparence de la vérité ; mais il n'a que cette apparence et il aurait besoin d'un examen plus attentif .


*** La probabilité : C'est une apparence de vérité qui approche de la certitude . Ce qui est probable est ce qu'il est raisonnable de supposer parce que fondé sur des raisons de quelque importance, raisons qui font pencher vers la croyance à la réalité . Ce qui permet de conjecturer ( imaginer, présumer, supposer) raisonnablement si un événement se produira ou non . La notion de Probabilité est également un terme savant, une grandeur numérique, qui suppose un calcul, une mesure fondée sur le rapport des cas favorables et des cas possibles . Elle peut être forte, non négligeable, significative, infime, nulle ...


**** La plausibilité : ce qui peut être [ semble] admissible[ c'est une explication très plausible, recevable, concevable], qui semble devoir être approuvé et admis, mais qui nécessite toutefois un examen ultérieur pour le déclarer absolument juste .

Ce qui est apparent a une certaine apparence en sa faveur .Ce qui est vraisemblable est conforme au train ordinaire des choses ; il n'y a ni contradiction, ni impossibilité .

Ce qui est probable a en sa faveur un commencement de preuve positive . Nous constatons que ces trois expressions désignent trois degrés croissants de crédibilité .

Plausible signifie "digne d'être applaudi " , digne d'assentiment . Une opinion plausible, une excuse plausible, c'est une opinion, une excuse à laquelle nous devons ou pouvons acquiescer .

On voit que dans plausible nous considérons moins l'apparence, la vraisemblance ou la probabilité que l'effet que la chose envisagée produit sur nous .

A l'évidence, plausible a totalement perdu sa référence aux applaudissements . Nous ne saurions plus y voir qu'une sorte de doublet de probable . Plausible qualifie ce qu'on s'apprête à croire : le crédible .

Cette suite montre bien à quel point la vérité se fait incertaine : nous avons besoin de mots variés pour indiquer la relation mal assurée que nous entretenons avec le réel , à tout ce qui nous arrive, par le sens ou par les faits .

Situation d'autant plus aggravée que la réalité a désormais, de manière massive, l'image insignifiante qu'en produisent les médias télévisuels . Nous sommes par ce biais, cet éclairage, sans cesse enclins, disposés à tenir pour effectif, concret, véritable, réel, ce qui n'est qu'apparent, vrai ce qui n'est que vraisemblable, certain ce qui n'est que probable - et inversement à fabuler ( exagérer) sur l'indubitable ( l'incontestable ) , à faire une chimère ( une illusion, un fantasme) de la réalité ...

Notons que la langue française offre bien d'autres moyens d'exprimer cela . En particulier avec " sans doute " , locution dont le sens flotte curieusement au grès des emplois .
" Sans doute, on trouvera que ... " exprime une assurance polie ou rhétorique (avec style creux pour plaire) ; mais dans " C'est sans doute un technicien qui viendra réaliser la maintenance ce soir ", l'expression ne signifie que probablement, c'est-à-dire à peine plus que peut-être .

Tout ajout, en fait, diminue ici la force de l'assertion . Comme dans le langage de l'amour, où le fameux " Je t'aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie " dira toujours moins qu'un simple " Je t'aime " .

Pensez que : " Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable " , comme l'affirmait Boileau .

Réfléchissez à cette affirmation de Descartes : " Considérant combien il peut y avoir de diverses opinions touchant une même matière, qui soient soutenues par des gens doctes ( savants) , sans qu'il y en puisse avoir jamais plus d'une seule qui soit vraie, je réputais ( j'estimais, ,je présumais, je tenais pour ) presque pour faux tout ce qui n'était que vraisemblable " .

" Puisque la fonction du vraisemblable dans la tragédie est d'empêcher l'esprit de s'apercevoir de la feinte (de la ruse) , le vraisemblable qui le trompe le mieux est le plus parfait, et c'est celui qui devient nécessaire " [ Fontenelle, Réflexions poétiques ] .

.

mercredi 3 juin 2009

Variation*, changement**, mutation***, modification****, alternance***** ...

* Une variation : - passage d'un état à l'autre graduellement ; différence entre deux états successifs .
** Le changement : - état de ce qui évolue, se modifie d'une façon irréversible ou non [ choses, circonstances, états psychologiques] .
*** Une mutation : - évolution brutale des objets, des us et coutumes, des êtres, de la matière vivante [la mutation du monde agricole] .
**** La modification : - changement qui n'affecte pas l'essence, la nature, de ce qui fluctue.
***** L' alternance : - succession répétée, dans l'espace ou dans le temps, qui fait réapparaître tour à tour, dans un ordre régulier, les éléments d'une série .

Façon, manière, attitude : d'apparaître, de varier, de changer,de se transformer, de muter, de se modifier, d'alterner, de se succéder, de se remplacer, de disparaître ... !


La variation consiste à être tantôt d'une façon, manière, attitude, tantôt d'une autre .
Le changement se résume seulement à cesser d'être le même .
Le changement peut-être du tout au tout, intégral ; mais également tout à coup, soudain ; tout à fait, complet, absolu ; tout de suite, immédiat, sur-le-champ ; tout de même, malgré tout .
Les vicissitudes laissent subsister beaucoup de semblable .

L'ensemble de ces termes s'appliquent à tout ce qui altère, transforme,corrige,déforme et modifie .

Changement et mutation marquent le passage d'un état à un autre, et il ne faut qu'un de ces passages pour avoir changé ; variation marque le passage rapide par plusieurs états, et c'est cette succession d'états différents qui fait la variation .
Pour ce qui est de changement et mutation, ils ne se différencient, ils ne se distinguent, ils divergent, que parce qu'ils ne sont pas du même style ; changement est du langage général ; mutation est d'un langage plus didactique .

Les faits historiques nous révèlent, nous font assister aux changements des états, des royaumes, des empires ; ils nous enseignent les lois des mutations que subissent, supportent progressivement les sociétés, les collectivités .

Enfin la variation musicale représente une bonne image de ce terme, et nous fait sentir sa dimension créative . L'écrivain, le musicien, le peintre, le sculpteur ne créent pas à partir de rien . Toute œuvre nouvelle n'est qu'une modification d'un texte déjà existant .

dimanche 11 janvier 2009

Transformations du langage : Comment les mots " ces images " ,ces symboles, changent de sens, de significations, évoluent ?


Que sont-ils entrain de se dire" à demi- mot "? Ce langage muet plein d'interrogations et de significations [comme celui d'un mime] , ici sur cette image, a été merveilleusement mis en valeur par le peintre .

Changeur et sa femme
, Quentin Metsys, 1466-1530 .

Au sommet de sa gloire, Quentin Metsys [(ou Masys, ou Massys] fut le premier peintre d'Anvers en Belgique . Sa maison, avec sa statue polychrome et les fresques impressionnantes de sa façade, était l'une des principales curiosités de la ville . Metsys peignit beaucoup de retables, mais il produisit aussi plusieurs peintures satiriques représentant des collecteurs d'impôts, des banquiers et des marchands avares, dont il se plaisait à peindre le cadre quotidien avec une minutie typiquement flamande . Au XVIIe siècle, l'encadrement de cette toile, de 1514, portait l'inscription " Vous aurez des balances justes, des poids justes " [Lévitique 19, "-] .

Le changeur regarde attentivement la hauteur des plateaux alors qu'il vérifie le poids de pièces d'or, un petit tas de perles attendant à côté . Sa femme se penche vers lui, tirée de sa lecture tandis qu'elle tourne délicatement la page de son livre de prières doré ; elle peut partager momentanément les soucis de son mari, mais elle doit équilibrer préoccupations quotidiennes et spirituelles . Pour nous rappeler les Écritures, un miroir convexe placé au premier plan, reflète une fenêtre formant la croix chrétienne traditionnelle .

Deux clés de lecture !

(Clé de ... : Ce qui explique, ce qui permet de comprendre le texte dont on prend connaissance, que l'on est entrain de lire) .

Les pièces de monnaie : elles suggèrent souvent l'avarice ou la corruption ; car selon la Bible, " l'amour de l'argent est une racine de tous les maux ,(Timothée 6, IO] . L'apôtre Matthieu était à l'origine un collecteur d'impôt et on le voit parfois avec d'autres personnages en train de compter des pièces . Le Christ est souvent représenté chassant les marchands du Temple ou payant le tribut au pharisien, et Judas Iscariote recevant les 30 deniers de sa trahison .

La balance : la justice pèse le bien et le mal avec une balance, et Saint Michel en fait usage pour peser les âmes au Jugement dernier . La balance est donc l'attribut de l'une ou de l'autre ; La balance peut aussi représenter le signe zodiacal du même nom, ou accompagner les métiers correspondants .

Le langage énigmatique, impénétrable de l'image, autre forme de " signe " apparu très tôt dans l'art pariétal des grottes préhistoriques !



C'est notre besoin de savoir, de voir de plus en plus haut et plus loin, qui nous a fait atteindre à l'attitude verticale parfaite , qui nous caractérise nous autres humains, dont nous sommes fiers . La main, cet incomparable instrument, qui a rendu possible tout l'outillage matériel, exprime et accélère à la fois le développement psychique ; et c'est l'individu qui est l'initiateur véritable de progrès que le milieu ne peut que provoquer et fixer . Le langage, dans un même ordre, est une des créations les plus extraordinaires que l'évolution humaine ait fait apparaître .

De nombreuses questions se posent le concernant :

Quel est exactement son rôle dans la progression de l'être humain ? Quelle part a-t-il dans le développement mental de l'humanité ? Quels sont les rapports de l'individu et de la société dans la production et les perfectionnements de ce précieux outil ? Comment est-il né de la vie, comment la vie, après l'avoir créé, l' " alimente " ?

Les caractères d'une langue se maintiennent tant que ceux qui la parlent conservent les mêmes habitudes de pensée; ils sont exposés à s'altérer, à s'user, à disparaître . Le langage n'existe pas en dehors de ceux qui pensent et qui parlent . Il plonge par ses racines dans les profondeurs de la conscience individuelle ; c'est de là qu'il tire sa force pour s'épanouir sur les lèvres des hommes . Mais la conscience individuelle n'est qu'un des éléments de la conscience collective qui impose ses lois à chacun . L'évolution des langues n'est donc qu'un aspect de l'évolution des sociétés .

" La main, le langage : Voilà l'humanité" .

L'invention de la main -pourrait on dire- et celle du langage, c'est le progrès décisif de la logique pratique et de la logique mentale .

Dans l'évolution du langage, il a toujours existé une différence entre la phonétique, la morphologie et le vocabulaire .

1- Le système phonétique : [ les vibrations sonores émises par l'appareil vocal ] (qui a rapport aux sons du langage, partie de la linguistique qui étudie les sons de la parole) il est fixé dès le plus bas âge et se maintient toute la vie ; sauf accident volontaire résultant de l'éducation, dans le cas d'une prononciation étrangère qui se substituerait à la maternelle, l'homme conserve jusqu'à la fin de sa vie l'ensemble articulatoire arrêté dans son enfance .

2- Le système morphologique : [ les formes grammaticales , la construction des éléments de la phrase] ( son anatomie , ses formes, ses configurations, son apparence extérieure ; étude de la formation, de la forme des mots qui ont plusieurs morphèmes : en linguistique, élément minimum douée de sens ) , est également stable . Il est un peu plus long sans doute à s'établir ; mais une fois établi, il demeure sans changement appréciable . Ce n'est pas au cours d'une même génération que la morphologie s'altère : comme la phonétique, c'est dans le passage d'une génération à l'autre . Le système articulatoire et le système grammatical sont acquis une fois pour toutes et doivent leur stabilité à ce qu'ils reposent sur l'identité de l'esprit du sujet parlant .

3 - Le vocabulaire : [le lexique, la terminologie, le dictionnaire ] ( partie du lexique d'une langue, ensemble de mots dont dispose une personne, un groupe ; termes spécialisés d'une science, d'un art, ou qui caractérisent une forme d'esprit) n'est jamais fixé parce qu'il dépend des circonstances . Chaque sujet parlant se constitue son vocabulaire d'un bout à l'autre de sa vie par une série d'emprunts à son entourage . On augmente son vocabulaire, mais on le diminue aussi et on le transforme . C'est un va-et-vient perpétuel de mots qui entrent et qui sortent . Mais les nouveaux venus ne chassent pas toujours les anciens ; l'esprit s'accommode de l'existence de synonymes et de doublets, qu'il répartit généralement dans des emplois différents . La vie favorise les transformations du vocabulaire, parce qu'elle multiplie les causes qui agissent sur les mots . Les relations sociales, les métiers, les divers outillages contribuent à transformer le vocabulaire, condamnent les vieux mots ou en modifient le sens, réclament la création de mots nouveaux . L'activité de l'esprit est sollicitée sans cesse à travailler sur le vocabulaire .

Ces trois éléments, si différents qu'ils paraissent, sont intimement liés les uns aux autres, ils n'existent pas séparément . Ils se fondent en cette unité qu'est le langage lui-même .

Voici, livrées à vous tous, quelques considérations qu'il sera nécessaire de reprendre en vue de pénétrer dans les arcanes ( ce qui ne peut pas être connu ou compris facilement, les mystères qu'elles présentent pour les profanes, les non initiés ) du langage .

Bien à vous, Gerboise .

mardi 19 février 2008

Symbiose [1] ou harmonie [2] (esthétique) [3]? Signification réelle des mots en fonction du contexte.


" Ce qui étonne, étonne une fois, mais ce qui est admirable est de plus en plus admiré "

J. Joubert, (1754-1824), Pensées, Maximes et Essais .

[1] Symbiose . Dans un écosystème, les êtres vivent en association durable et réciproquement profitable . Ici, pour ce rosier et cet arbre , elle est simplement mécanique et sûrement artificielle , il s'agit d'un simple support , peut-être établi par l'homme ; dans le cas du tronc et des branches de l'arbre dont l'écorce est mouchetée de lichens mordorés , il s'agit d'un ensemble formant une véritable symbiose , les lichens vivant aux dépens de l'arbre .
[2] Harmonie, union et accord parfait et entière correspondance de plusieurs entités qui demeurent distinctes, mais forment un tout ou concourent à une même fin . L'harmonie des parties d'un ensemble (surtout dans les domaines de la musique) , ici , il s'agit de celle de la nature , envisagée du point de vue esthétique : agréable aux sens, à la vue .
[3] Esthétique , science du sentiment, donc humaine , science du beau dans la nature et dans l'art ; ici celle de l'association de ces deux végétaux : l'arbuste, ce rosier aux tiges lisses recouvertes d'épines , dont les fleurs contribuent au charme (à l'enchantement) ; et cet arbre à la surface rugueuse .

Bien à vous, Gerboise .

dimanche 13 janvier 2008

La ponctuation, art de distinguer, au moyen de signes convenus, les phrases et les parties de phrases , entre-elles (1).


(1) voir la suite dans un prochain billet .
Sans les arrêts imposés par le code de la route , la circulation urbaine serait dangereuse , anarchique, impossible ! Dans nos phrases aussi , nous devons lutter contre les embarras de l'expression en introduisant de l'ordre, en morcelant les divers éléments , et par le choix de "voies de dégagement ". De cette surveillance dépend la clarté de nos paroles et de nos écrits.



Les relations des mots entre eux, des propositions (groupe de mots comprenant essentiellement un sujet, un verbe, un attribut ~ mot exprimant une qualité, une manière d'être attribuée à un nom par l'intermédiaire d'un verbe comme être, devenir, paraître, sembler, trouver, nommer, élire, proclamer, croire, faire, etc. ~ et parfois des compléments ) entre elles, des phrases entre elles, par suite, des idées ainsi exprimées sont marquées en français par la place de ces éléments et aussi, comme on vient de le voir, par certains termes dont l'unique raison d'être est de les unir, à savoir par les prépositions et les conjonctions . Mais ce n'est pas que cela .
Dans la forme orale, ces rapports sont sinon marqués, du moins soulignés par la lenteur, par la rapidité, par des pauses du débit, par la variété des inflexions de la voix .
Dans la forme écrite, ils sont soulignés aussi par des signes conventionnels, appelés signes de ponctuation.

Cette ponctuation , c'est donc l'Art de distinguer , par des signes conventionnels, en l'exprimant d'une autre manière , les phrases entre elles, les sens partiels qui constituent ces phrases, et les divers degrés de subordination qui conviennent à chacun de ces sens .
Mettre la ponctuation, manière de ponctuer .Une même phrase, ponctuée de diverses manières, peut avoir un sens tout à fait différend .
"Mettant dans sa lecture cette espèce de ponctuation délicate qui fait sentir les différents genres de mérite par des inflexions aussi fines que variées" (d'ALEMBERT, Éloges, Lamotte .)
Un texte mal ponctué est difficile, sinon impossible, à lire et même à comprendre, car il peut prêter à des erreurs d'interprétation

Cet ensemble de signes sert à marquer surtout les poses et les arrêts indispensables au lecteur . Elle correspond à des modulations (inflexion variée de la voix; se servir de sa voix, utiliser cet art de rythmer ses paroles avec habileté) , à des arrêts, à des suspensions de la voix, par suite aux différentes nuances de la pensée .



La ponctuation est comme la respiration de la phrase .C'est un élément de clarté . Elle y fait saisir l'ordre, la liaison, les rapports des idées .


Ces signes appartiennent à deux groupes :


-1- les uns ont une valeur de sentiment ;
-2- les autres sont des éléments de clarté .

Les signes de ponctuation qui marquent le sentiment .

--Un point d'interrogation indique que la phrase qu'il termine exprime un sentiment réel ou feint (verbe feindre, simuler, faire semblant) de doute, d'incertitude, d'incrédulité .
Quelle température fait-il ? Quelle heure est-il ? N'est-il pas regrettable de mentir ?
--
Un point d'exclamation avertit que la phrase est animée d'un sentiment d'étonnement, d'indignation .
Comme il a grossi ! Quoi, il a osé ! Comment ! il est parti !

Les signes de ponctuation qui servent à la clarté .

Les autres signes de ponctuation sont le point, les deux points, le point et virgule, la virgule .
--Le point marque la fin d'une phrase .
Il fait froid ce matin . La neige va tomber .
--
On met deux points pour annoncer soit des paroles de quelqu'un, soit le développement, soit l'explication, la justification de ce qui précède .
Dans le dernier cas, ce signe équivaut à car,
en effet .
La durée comprend trois divisions : le passé, le présent et le futur. Il l'a fait : c'était nécessaire.
La mort ne surprend point le sage :
[Car] Il est toujours prêt à partir . (La Fontaine)
--
Le point et virgule sépare soit des groupes de mots, soit des propositions, soit des groupes de propositions, lorsque chacune de ces propositions, chacun de ces groupes se compose d'éléments déjà séparés les uns des autres par des virgules .


L'un paraît agir par des réflexions profondes , et l'autre par de soudaines illuminations ; celui-ci par conséquent plus vif , mais sans que son feu eût rien de précipité ; celui-là d'un air froid , sans jamais rien de lent ... (Bossuet)


La virgule -1- sert à détacher les éléments de la proposition ou de la phrase qui ne sont unis par aucune conjonction .

Femme, moine, vieillard, tout était descendu . ( La Fontaine)

L'impertinent rebute, aigrit, irrite, offense . (La Bruyère)
Si la conjonction ( et, ou, ni) apparaît, la virgule devient inutile :
.
Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux . (La Fontaine)
Le contraire pourtant se produit : 1) Quand les termes coordonnés sont de dimensions assez étendues :

Ni les troubles, Zénobie, qui agitent votre empire, ni la guerre que vous soutenez virilement contre une nation puissante ..., ne diminuent rien de votre magnificence .(La Bruyère)
2) Quand plus de deux conjonctions de coordination sont accumulées :

Elle n'a ni parents, ni supports, ni richesse .(Molière)
3) Quand la virgule a pour objet d'indiquer que le terme coordonné n'est pas coordonné au terme qui précède immédiatement :

Ils(les sapins) montent par centaines jusqu'au dôme noircissant qui ferme le ciel, et leur raideur est héroïque .(Taine)

-- La virgule -2- sert à délimiter à leurs deux extrémités, comme le ferait une parenthèse, certains éléments de la proposition ou de la phrase qu'on pourrait isoler ou même détacher du reste .

Ces éléments sont : 1) un mot mis en apostrophe :

Donnez, riches, l'aumône est soeur de la prière .(Victor Hugo)

2) Un mot mis en apposition (emploi d'un nom, d'un adjectif, d'un participe placé auprès du nom ou du pronom dont il est séparé par une virgule, pour ajouter une qualification) .

Maître corbeau, sur un arbre perché,

Tenait en son bec un fromage .(La Fontaine) .

Les Gaulois, ces fiers guerriers .

L'homme, juste par nature, fut corrompu par le luxe .

Lié par ses serments, il ne pouvait rien faire .

Toutefois on ne sépare pas l'apposition dans des formules comme :

Capitaine renard allait de compagnie

Avec son ami bouc des plus haut encornés (La Fontaine)

3) Un sujet ou un complément redoublé :

Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire .(Victor Hugo)

Votre lettre, je l'ai reçue . je l'ai reçue, .

4) Certains compléments de circonstance :

J'aime le son du cor, le soir, au fond des bois ...,(Alfred de Vigny)

C'est le cas surtout lorsque ces compléments précèdent le verbe : ils sont ainsi plus indépendants de lui et prennent par suite plus de relief .
Au bout de quelques jours, le voyageur arrive
En certains cantons ... (La Fontaine)
Mais quand ils sont étroitement unis au terme qu'ils complètent et qu'ils sont indispensables au sens, ils s'écrivent sans ponctuation :
Ce livre coûte vingt euros . Il a dormi toute la nuit .
La soif les obligea de descendre en un puit . (La Fontaine)
Sous un sourcil épais il avait l'oeil caché .( La Fontaine)

5) Les propositions intercalées :
Enfant, lui dit le maître , je ne t'ai point entendu .

6) Les propositions à valeur d'adjectif qu'on pourrait retrancher sans rendre la phrase inintelligible :
Un cristal, qui n'était encore que germe, commença à se développer et à apparaître .
Le contraire arrive dans l'exemple suivant :
Nul animal n'avait affaire
Dans les lieux que l'ours habitait .(La Fontaine)

7) Certaines propositions circonstancielles, auxquelles on peut appliquer les mêmes remarques à peu près qu'aux compléments de circonstance cités plus haut . Quand la proposition circonstancielle précède la principale, elle est en général délimitée par deux virgules ou par une virgule et un autre signe de ponctuation :
Quand vous pourrez, ne manquez pas de vérifier .
Le contraire souvent se produit quand elle suit :
T'attendre aux yeux d'autrui quand tu dors, c'est erreur .(La Fontaine)
Et nous achèverons nos expériences quand nous le pourrons .

8) Le participe, qu'il constitue ou non une proposition indépendante, surtout quand il marque une circonstance, soit de temps , soit de cause .
Le technicien étant occupé, ce ne lui fut pas une chose facile .
Installés, les voilà commençant les expériences .

L'usage de la ponctuation n'obéit pas toujours à des règles fixes . Il a varié au cours des siècles, et il varie, à une époque donnée, d'un écrivain à l'autre .

(Voir la suite 1, dans un prochain billet) . Bien à vous, Gerboise .






lundi 3 décembre 2007

L' Antithèse* ou l'opposition d'idées .

*Expression qui souligne clairement l'opposition, l'antagonisme, de deux mots ou de deux idées, à la faveur, grâce à un rapprochement suggéré le plus souvent par une symétrie de construction . C'est une véritable contradiction que l'on proclame sans se contenir .
C'est l'opposition de deux pensées ou de termes qui se mettent mutuellement en valeur , de deux expressions que l'on associe dans le discours pour en faire mieux ressortir le contraste .
C'est autrement dit , une figure de rhétorique consistant à rapprocher deux opinions ou deux énoncés de sens contraires, afin de donner du relief à la pensée .

Voici quelques exemples pour illustrer un " outil " qui peut être très utile lors des explications dans les domaines de la science et des techniques .

- "Ton bras est invaincu mais pas invincible" (Pierre Corneille ) .
- "L'homme n'est ni ange ni bête" (Blaise Pascal) .
- Pour certains, la curiosité n'est que le désir de savoir ce que les autres ignorent " (Diderot) .
- " Je préfère un grand échec à une petite réussite " (Georges Duhamel) .
- "Borné dans sa nature, infini dans ses voeux" (Lamartine) .
- "L'antithèse est une opposition de vérités qui se donnent jour l'une à l'autre" (La Bruyère) .
- " La licence a vaincu la pudeur, l'audace la crainte, la démence la raison .
- Il y a opposition toutes les fois qu'on rapproche deux idées qui contrastent ; il y a antithèse lorsqu'on choisit les tours (de rédaction) qui rendent l'opposition plus sensible . Ainsi l'opposition est plus dans les idées, et l'antithèse est plus dans les mots . (Condillac, L'art d'écrire) .
- "A vaincre sans péril on triomphe sans gloire".
- Démarche de l'esprit, niant ce qu'il avait affirmé dans la thèse (la proposition), avant de passer à la synthèse (la conclusion) ,Hegel .
- Idée ou personnalité entièrement opposée à une autre . "Le premier ministre actuel est l'antithèse du précédent.
-L'antithèse d'expression n'est pas cachée, celle d'idées l'est : l'une est variée, l'autre non (Montesquieu) .
-Ce qui s'oppose à autre chose, à quelqu'un . Elle est l'antithèse de sa soeur .

Voici de la matière à réflexions , en vue de nourrir votre pensée . Nous utiliserons ces outils (images )lors de nombreuses descriptions scientifiques . Bien à vous, Gerboise .

samedi 29 septembre 2007

Variabilité du sens des mots : fluctuations , vicissitudes . Le mot et l' idée : élocution et style .

On appelle élocution et style , la manière personnelle dont chacun exprime sa pensée par le langage .

Les mots sont porteurs d'un sens déterminé , souvent invariable .
Le langage est le signe et non le véhicule de la pensée ; autrement dit, le mot renferme l'idée, non par sa vertu propre, comme l'enveloppe , la pelure recouvre le fruit, mais par la suite d'une convention et à cause du sens que le commun des hommes y a attaché . Quand nous prononçons ces deux syllabes : cristal, ou ces deux autres : hêtre , c'est l'usage qui me fait voir dans le premier groupe de la matière minérale, et dans le second, de la matière vivante végétale .

En dehors de leur signification commune et nettement déterminée, les mots ont une signification particulière , non indiquée dans le dictionnaire , et dépendante des divers esprits . Chacun de nous emplit d'idées ou de sensations spéciales les expressions dont il se sert .
Prenons un mot au hasard, planète, la lune par exemple . Il a un sens bien défini par l'usage . Il désigne l'astre que tout le monde peut voir par une nuit étoilée . Mais quelles images différentes il éveille chez l'astronome qui ne l'a observé qu'à travers sa lunette astronomique , et chez l'astronaute qui a réalisé le premier pas sur le sol lunaire !
Le mot, tel que le donne le dictionnaire, avec son sens principal et ses sens dérivés, n'est donc ni une photographie des objets, ni une notation exacte et mathématique de nos impressions : c'est plutôt une approximation, une sorte d'ébauche, qui attend de nous sa physionomie distincte, son attitude dernière .
Le style est précisément l'art avec lequel une personne qui s'exprime, un auteur groupe les mots et les combine, les éclaire et les renforce les uns par les autres, ou, au contraire, les éteint et les atténue, afin de rendre sensibles pour le lecteur (ou l'auditeur) telle nuance, tel caractère, que la pensée emprunte au tempérament, à l'éducation et à l'expérience d l'écrivain . Ainsi , avec les milliers de vocables que renferme un dictionnaire et avec seulement quelques centaines , on peut traduire une infinité d'idées et de sentiments .
« C'est parce que le langage n'exprime et ne fait paraître qu'une faible partie de ce monde subjectif, que l'art d'écrire est possible . Si le langage était l'expression adéquate de la pensée, et non un effort plus ou moins heureux vers cette expression, il n'y aurait pas d'art de bien dire . Le langage serait un fait naturel comme la respiration, la circulation, ou comme l'association des idées ; mais grâce à cette imperfection, on fait effort à mieux saisir sa pensée dans tous ses contours, dans ses replis les plus intimes et à la mieux rendre, et l'on fait œuvre d'écrivain .»
Par quelques exemples il paraîtra mieux comment un mot prend un sens spécial, suivant le rayonnement qu'il reçoit du contexte ou d'une simple épithète , et suivant que ses entours le pressent et le resserrent, ou le laissent s'enfler et s'étendre .

Quand l'Hippolyte de Racine dit :

Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur (Phèdre) .

-et quand un poète moderne nous décrit un soir de carnaval à Paris :

Sur le pavé noirci les blafardes lanternes
Versaient un jour douteux, plus triste que la nuit ,
Et, suivant au hasard ces feux vagues et ternes ,
L'Homme passait dans l'ombre, allant où va le bruit .

Alfred de Musset, Lettre à Lamartine .

-Est-ce le même jour que le même mot nous fait voir à chaque fois ?

Dans une de ses fables, La Fontaine nous montre un agneau sur le bord d'un ruisseau :

Un agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure
( Le loup et l'agneau)

- Ailleurs, une hirondelle s'adresse à de petits oiseaux :


Mais vous n'êtes pas en état
De passer comme nous les désert et les ondes .

- Auguste , dans Cinna, parle de

Cet empire absolu sur la terre et sur l'onde ,
Corneille, Cinna , acte II , scène 1

Qui lui a coûté tant de peine et de sang .

Dans ces trois cas , le mot onde n'évoque -t-il pas en notre esprit trois images différentes ? C'est d'abord une eau cristalline et limpide , un léger ruisseau qui court sur un lit de cailloux . Ensuite, lorsque l'hirondelle parle, nous avons la vision de la mer avec ses orages et ses tempêtes . Enfin , dans Cinna, c'est l'immensité liquide, couverte des flottes romaines, qui s'étend devant le regard de l'imagination .

Qu'on juge par là de quelle infinité de sens et de quelle élasticité les mots sont susceptibles . Par là aussi se justifie l'observation de J. De Maistre : « Si tous les mots devaient être pris dans un sens rigoureux comme les noms de nombre, il deviendrait impossible d'écrire »

Nous poursuivrons l'analyse des subtilités et des richesses de la langue française dans un prochain billet . A bientôt , Gerboise .

mardi 18 septembre 2007

Constat d'une évidence : Continuité et Changements .

" Tous les siècles font entrer dans la désuétude (désuet : qui a cessé d'être en usage par suite du temps et /ou des circonstances) et dans l'oubli un certain nombre de mots ; tous les siècles font entrer un certain nombre de mots dans l'habitude et l'usage . Entre ces acquisitions et ces déperditions , la langue varie tout en durant . Un fonds reste qui n'a pas changé depuis le XI ème et le XII ème siècle ; des parties vont et viennent , les unes périssant , les autres naissant . C'est cette combinaison entre la permanence et la variation qui constitue l'histoire de la langue" .

Émile LITTRÉ , (1803 - 1881) , Dictionnaire de la langue française , préface .

Nous constaterons qu'il n'y a pas que le langage qui est assujetti à cette évolution ; tout ce qui nous environne , matériel ou virtuel , découle de cet état de chose . GERBOISE

mercredi 12 septembre 2007

Commentaires illustratifs, en vue de " tirer au clair " le jugement, la morale exprimée dans une fable de La Fontaine

LE RAT ET L'ÉLÉPHANT

"Un rat des plus petits voyait un éléphant
Des plus gros , et raillait le marcher un peu lent
De la bête de haut parage ,
Qui marchait à gros équipage .
Sur l'animal à triple étage ..............................................................5
Une sultane de renom ,
Son chien, son chat et sa guenon,
Son perroquet , sa vieille , et toute sa maison ,
S'en allait en pèlerinage .
Le rat s'étonnait que les gens .......................................................10
Fussent touchés de voir cette pesante masse ;
" Comme si d'occuper ou plus ou moins de place
Nous rendait, disait-il , plus ou moins important !
Qu ' admirez-vous donc tant en lui, vous autres hommes ?
Serait-ce ce grand corps qui fait peur aux enfants ? ................15
Nous ne nous prisons pas, tout petits que nous sommes ,
D'un grain moins que les éléphants ."
Il en aurait dit davantage ;
Mais le chat , sortant de sa cage ,
Lui fit voir en moins d'un instant ................................................20
Qu'un rat n'est pas un éléphant .


Jean de La Fontaine

Le Thème général

La Fontaine a pour but dans cette fable de donner un exemple de notre vanité française .
Pour ce dessein, il nous montre un rat qui, voyant passer un éléphant, prétend valoir autant que lui , et qu'un chat ramène un peu brutalement à une plus saine raison .
Et le choix des personnages est tel, que la seule indication du sujet laisse deviner ce qu'il doit contenir de mordante raillerie .

Le Plan

Le plan est extrêmement simple et net . Trois parties :



1¤ Présentation des personnages : cinq mots sur le rat ; huit vers et demi sur l'éléphant ; cette seule disproportion dans le développement du portrait rend, avec une netteté piquante, la disproportion des individus .
2¤ Sentiments et réflexions du rat : huit vers , ainsi l'étendue même du développement montre que le rat se fait, par ses prétentions, l'égal de l'éléphant .
3¤ Dénouement : intervention du chat ; quatre vers rapides dont la rapidité même montre le peu de chose qu'est en réalité le rat .


Explication littérale

1* Le vocabulaire offre peu de difficultés et ne donne lieu qu'à un petit nombre de remarques, portant pour la plupart sur des mots ou sur des sens anciens .
Parage : d'origine incertaine (qui ne se rattache pas sûrement à l'adjectif pair d 'où il tirerait le sens d'ailleurs plausible de : égalité de condition , de naissance ), signifie d'une façon générale extraction et ne s'emploie guère au singulier qu'avec l'adjectif haut .
A gros équipage : à signifie ici, avec , comme souvent au XVIIème siècle, par exemple dans cette expression de Corneille :" Me payer à bons coups" . Dans l'ancienne langue à et de pouvaient remplacer toutes les autres prépositions . On retrouve le même emploi de à dans le vers suivant : à triple étage ,et il est resté dans des expressions du genre de pot à anse , chapeau à plume , tirer á mitraille , etc. -- Équipage a un sens plus étendu qu'aujourd'hui ; il
Désigne, d'une façon générale, la manière dont quelqu'un est équipé, son vêtement, et tout ce qui l'accompagne, gens, bêtes et choses ; il ne désigne plus d'ordinaire aujourd'hui que la voiture .
Triple étage : ces trois étages sont : 1- la hauteur de ses jambes ; 2- le corps proprement dit ; 3- l'espèce de palanquin qu'il porte .
Sa vieille est une expression familière et comique pour désigner sa gouvernante, la duègne des Espagnols .
Sa maison ne désigne pas seulement, comme dans l'emploi ordinaire d'aujourd'hui, l'ensemble de sa domesticité (gens de maison, train de maison, gouverner sa maison) , mais tous les personnages attachés à la suite d'un grand, y compris les troupes de sa garde (la maison du Roi ; on dit encore la maison militaire du président de la République) . C'est donc ici : sa suite .
Touchés a un sens plus fort qu'aujourd'hui : c'est fortement émus, ici d'admiration . C'est un phénomène fréquent de la vie des mots que cet affaiblissement de leur sens .
Priser , dérivé de prix , c'est donner du prix à quelque chose , apprécier, estimer ; on dit encore dans ce sens : une prisée, c'est-à-dire une estimation ;un commissaire priseur, --Le contraire mépriser est, au propre, ne pas donner de prix à quelque chose, ne lui reconnaître aucune valeur .
Tout petits , c'est, à la fois, quoique nous soyons petits et si petits que nus soyons .
Le grain est la 72ème partie du gros , une ancienne mesure pesant environ 4 grammes .

2* La Syntaxe ne présente que trois faits intéressants :

L'emploi de l'infinitif comme nom avec l'article ( 2ème vers ), le marcher, pour l'allure, la démarche, emploi analogue à celui de le manger et le boire .
L'emploi encore usité aujourd'hui, mais plus rare, de l'infinitif sujet, d'occuper (12ème vers) , précédé d'un de explétif, qui sert seulement à annoncer l'infinitif comme dans "il est honteux de mentir" .
Enfin l'accord du verbe s'en aller (9ème vers), au singulier malgré la pluralité des sujets, parce que, pour le sens, il s'accorde uniquement avec sultane , les autres noms n'étant que de sortes d'appositions à ce sujet unique .

Explication littéraire

1* Le style : On retrouve dans cette fable, avec beaucoup d'esprit, le pittoresque et la vivacité habituelle de La Fontaine . Voyez, par exemple, l'impression d'énormité que donne la description de l'éléphant, avec cette accumulation de qualificatifs gros , haut parage, gros équipage, triple étage ; et l'accumulation de tout ce qu'il porte : la sultane, son chien, son chat, etc. -- Voyez le ton important du rat, qui, si petit rat qu'il soit, s'étonne de l'étonnement des gens et de la peur des enfants, et émet de prétentieuses maximes .Mais voyez aussi avec quelle vivacité et quel esprit l'auteur le rappelle brusquement au juste sentiment de la mesure .

2* La versification aide à ces effets : pour peindre l'éléphant et son allure, deux longs vers d'abord, avec un rejet ( des plus gros ), comme si l'alexandrin lui-même n'était pas assez ample pour l'objet ; puis une succession pressée de petits vers qui semblent s'entasser, avec une double série de rimes trois fois redoublées, finissant sur un nouvel alexandrin qui semble comme le couronnement, le chapiteau de l'édifice .
Les sentiments du rat se développent majestueusement dans une véritable strophe de huit vers (4 rimes embrassées, 4 rimes croisées), formée de six alexandrins enfermés dans deux petits vers, qui servent à peindre vivement l'un son étonnement, le second ses prétentions .
Enfin le dénouement se précipite en quatre petits vers à rimes plates, rapides comme le dénouement lui-même .

Jugement

Cette fable peint très vivement la sottise des vaniteux, des prétentieux .On peut, par suite, la rapprocher d'autres fables ( par exemple : La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf ) .
Mais peut-être La Fontaine est-il un peu injuste à l'égard des Français, en prétendant voir dans le rat note image ; non qu'il n'y ait chez nous des sottises de ce genre, mais ce défaut ne saurait être purement national ; c'est un défaut humain qui peut se trouver partout . Ainsi la fable montre en même temps la souplesse de l'art de La Fontaine et la portée universelle de sa morale .

Voici un exemple de discussion approfondie à propos d'un texte appartenant à notre patrimoine . L'analyse présentée ici , pourra servir de modèle pour une étude exhaustive, en vue de bien comprendre les idées conçues par un auteur .

Bien à vous, Gerboise .

samedi 8 septembre 2007

Premières clartés du matin : Jeux de l'indécision; Jeux de mots; Jeux d'esprit ; Jeux avec notre belle langue .

"On ne sait jamais qui a raison ou qui a tort . C'est difficile de juger . Moi, j'ai longtemps donné raison à tout le monde . Jusqu'au jour où je me suis aperçu que la plupart des gens à qui je donnais raison avaient tort ! Donc , j'avais raison ! Par conséquent , j'avais tort ! Tort de donner raison à des gens qui avaient tort de croire qu'ils avaient raison ".

Raymond DEVOS , Matière à rire , " A tort ou à raison " Ed. Plon , 1993 .

vendredi 13 juillet 2007

Premières clartés du matin : Subtilités de la langue française .

.
Découvrir : Déceler, Dévoiler, Révéler ; Inventer , Trouver ; Apercevoir, Percevoir, Remarquer , Voir ; Annoncer , Déclarer , Manifester .

Découverte : Action de découvrir une chose cachée ou ignorée, mais préexistante .
L'invention, au contraire a pour objet une chose qui n'existe pas .
"En un certain sens, l'invention dans la science théorique a le caractère d'une découverte, mais c'est une découverte dans le monde de l'esprit" Louis de Broglie, Continu et discontinu, 81 .
.
En découvrant ces diverses significations, nous serons capables de mieux apercevoir, de détecter davantage cet ensemble de notions nécessaires pour dominer réellement le sens de tout ce qui nous entoure, parfois parfaitement visible; souvent caché, secret , indéterminé . Tous ces concepts nous permettrons de "capter réellement" toute la matière de ces choses passionnantes que nous n'avions pas remarqué de nous même, en l'absence de ces outils qui doivent "résider " et être profondément ancrés dans notre esprit .
.

Découvrir :
Dégarnir de ce qui couvre, priver de ce qui protège, ôter ce qui dissimule, ce qui masque, ce qui occulte, pour apercevoir et mettre en évidence, quelle que soit la nature de l'obstacle écarté .
.
Déceler : découvrir ce qui était celé, caché, mais de manière plutôt indirecte et par une sorte d'intuition, pressentiment personnel . Il s'agit également de mettre à jour, de détecter, d'indiquer ; on décèle un secret, une intrigue . Dans le sens d'éventer, de détecter, déceler une fuite de gaz, une fuite d'eau, une fuite d'huile dans un système de freinage, indiquer un constat : sans cause décelable .
.
Dévoiler : dévoiler, révéler, divulguer ont en commun l'idée de faire connaître ce qui était caché, secret ; dévoiler : indique que quelque chose était tenu caché à dessein, dévoiler ses intentions, un mystère, un complot, ses pensées ; rendre apparent ce qui n'était perçu que confusément et souvent de manière erronée ; ne comporte pas l'idée de publicité ; divulguer : implique que ce qui est porté à la connaissance de l'ensemble des citoyens (rendu public) était considéré comme confidentiel, les journaux ont divulgué toute l'affaire; divulguer le contenu des sujets d'examen .
.

Révéler : faire savoir à quelqu'un une chose inconnue et secrète .L'épreuve nous révèle à nous mêmes, nous apprend ce que nous sommes réellement . Ne comporte pas l'idée de publicité ; faire connaître l'existence ; faire savoir en quoi cela consiste , il n'a pas encore révélé ses véritables intentions ; indiquer, témoigner .

.

Inventer : découvrir , suppose une réelle, une authentique recherche et se dit de tout ce qui existait déjà mais qui était codé, invisible, inconnu ; découvrir dans le sens d'inventer, c'est mettre en évidence en donnant à connaître . Inventer , suppose un acte de l'imagination et de dit de ce qui n'existait pas et qui a été créé de toutes pièces ; inventer, c'est réaliser quelque chose de nouveau . c'est aussi concevoir, imaginer, monter de toutes pièces ; " il n'a pas inventé la poudre !". Trouver , rencontrer, tomber sur , dénicher soit en cherchant, soit en ne cherchant pas, sans savoir si la chose est nouvelle ou si elle était simplement égarée ; trouver est presque toujours le fait du hasard . C'est mettre la main sur , localiser , élucider . C'est également trouver sa voie ! Ils ne savent qu'inventer (trouver)pour nous faire plaisir .

.

Voir : connaître par la vue un objet banal, courant , un nouveau-né voit, mais ne perçoit pas la distance , la couleur ; découvrir , mettre en évidence en marquant une connaissance de l'objet d'une manière incontestable ; apercevoir , commencer à voir, ne connaître qu'imparfaitem à cause des obstacles, de l'éloignement ou de la petitesse , distinguer , entrevoir, deviner; on apercevait au loin les "Tours de la Défense" dans la brume ! percevoir ,
concevoir l'idée d'une chose qui a affecté nos sens en relevant l'impression et la sensation de l'objet , avoir conscience de , se rendre compte , saisir (percevoir rapidement, avec netteté) , parvenir à connaître ; percevoir une intention, une nuance, les chiens perçoivent les ultra-sons, percevoir l'étendue ; remarquer , distinguer parmi plusieurs personnes ou plusieurs choses, avec attention ou préférence ; avoir cette attention attirée par "ce qui frappe "dans un ensemble, qu'on le cherche ou non ; remarquer quelque chose du premier coup d'oeil ; vous n'avez rien remarqué ?
.
Déclarer : marque le désir catégorique de faire connaître de vive voix ou par écrit d'une manière nette, signaler ; découvrir , faire connaître une chose inconnue en la mettant en évidence ; annoncer ,faire connaître quelque chose de nouveau en le prononçant le plus souvent à haute voix, avertir de, porter à la connaissance ; cette petite fleur annonce le printemps ; manifester , faire connaître en mettant au grand jour, faire ressortir, mettre en lumière , montrer d'une manière palpable, incontestable ; des divergences peuvent se manifester ; manifester sa joie .
.
A bientôt pour découvrir (! ) ensembles de nouveaux savoirs, et beaucoup d'outils pour les maîtriser .
Gerboise .


mardi 8 mai 2007

Premières clartés du matin :La langue Française, ou l'ouverture d'esprit à la maîtrise des significations


Contraire , Inverse , Opposé , Contradictoire
.
Ces deux images, l'une , appartenant à un univers strictement minéral, l'autre , à un environnement où règne le monde végétal , comment peut-on les qualifier, l'une par rapport à l'autre, au point de vue de leur contexte ? Lequel de ces quatre concepts choisir pour les différencier ? La décision n'est pas évidente, n' est-ce-pas ?
Pourquoi les avoir privilégié ?La raison principale réside dans le fait que souvent ce type d'ambiguïté va se poser dans de nombreux domaines concernant les rapports à la connaissance et la façon de l'expliquer . Avant de définir les quatre termes qui font l'objet de notre intérêt d'aujourd'hui, nous allons préciser les notions de contraire et de contradictoire. Elles sont très souvent confondues, d'où ce besoin de bien les distinguer pour éviter des confusions toujours possibles et regrettables .
.
Nous allons prendre comme exemple la "Grille d'aide à la réflexion " présentée le 16 Février 2007 .Parmi les 16 domaines définis par quatre facteurs qui n'ont pas besoin d'être spécialement précisés dans notre contexte, nous allons caractériser plusieurs associations dans cette grille en vue de différencier ces deux notions et ainsi faire saisir au lecteur les subtilités qui les sépare .
.
-D'abord la case B2 : Tous les facteurs sont présents ,
-Puis la case D4 : Tous les facteurs sont absents ,
-Ensuite séparément une des cases du groupe nommé ici P : A4, C4, D1et D3 , dans chacune desquelles trois des facteurs manquent ; mais ils ne sont pas tous absents, un est présent.
-Enfin séparément, comme ci-devant, une des cases du groupe nommé ici Q : A2, B1, B3 et C2, dans chacune desquelles trois des facteurs ici sont présents, cependant ils ne sont pas tous présents, un seul manque.
.
Analyse des différents cas :
-(1) Les deux domaines, ceux des cases B2 et D4 permettent de définir deux notions contraires : il est impossible d'être à la fois présent et absent .
-(2) Il en est de même pour chaque domaine du groupe P associé à un des domaines du groupe Q ,( groupes définis ci-dessus) : prenons comme exemple la case D1 du groupe P (pas tous absents, un seul est présent ), et la case A2 du groupe Q (pas tous présents, un seul est absent) ; ces deux notions également sont contraires car il est irréalisable d'avoir en même temps un seul présent et un seul absent.
- (3) Si nous considérons le domaine B2 (tous présents) et chaque élément de P , par exemple A4 (un seul présent) l'ensemble est contradictoire.
- (4) De même, si nous considérons le domaine D4 (tous absents) et chaque élément de Q , par exemple A2 (un seul absent) , l' ensemble est également contradictoire .
.
On peut énoncer une convention des contraires : deux propositions contraires ne peuvent pas être vraies à la fois, mais elles peuvent être fausses à la fois.
On peut énoncer une convention des contradictoires : deux propositions contradictoires ne peuvent être ni vraies ni fausses à la fois ; l'une est nécessairement vraie, l'autre nécessairement fausse .
.
Contraire, opposé, inverse et contradictoire évoquent l'idée de positions contrastées .
Voir les deux images ci-dessus :Les épanchements de laves (absence totale de vie végétale) et une forêt luxuriante (végétation très abondante).
.
Avec contraire, l'écart entre les choses concernées est maximal : l'eau et le feu sont des éléments contraires .
Contraire implique une lutte entre les choses qui, agissant sur tous les points en sens opposé l'une de l'autre, tendent à se détruire ou à s'exclure : le froid et le chaud sont contraires . Se dit des éléments antagonistes, hostiles, adverses. Un point de vue contraire : divergent, inconciliable, incompatible, distinct . Commettre un acte contraire à la liberté d'autrui : préjudiciable, nuisible ; deux passions contraires qui se heurtent . Comportement contraire à une norme établie : transgression, dérogation. Le café et la cigarette vous sont contraires ! :défavorables.
.
Dans des contexte analogues, opposé comporte une idée de conflit : des idées opposées les séparent, mais il est moins précis que contraire . Des intérêts opposés : incompatibles . En parlant des choses morales pouvant s'affronter, mais sans tendre à se détruire : pour être si opposé dans nos interprétations, nous n'en sommes pas moins associés dans nos expériences . Se dit à propos de deux éléments situés l'un en face de l'autre ; d'une inversion de sens : Passage de la marche avant à la marche arrière. Contre, adverbe, marque l'opposition que l'on fait aux idées, affirmation d'autrui . Être contre quelque chose . Le pour et le contre .C'est le pot de terre contre le pot de fer ! Aller contre vents et marées. Toute l'assemblée a voté contre . Ne pas oublier les côtés opposés d'une pièce de monnaie : pile ou face, d'une feuille de papier : recto-verso ; des éléments semblables mais opposés : symétriques ; des endroits diamétralement opposés : antipodes ; les contradictions formelles à une déclaration : réfutation, objection, démenti ; Contradiction entre deux propositions : paradoxe ; tête-bêche ; dos à dos ; face à face ; devant derrière ; sens dessus-dessous ; à contre-courant ; à contre-pied.
.
Le terme inverse implique que les choses sont symétriquement contraires, en particulier quand il s'agit d'un ordre, d'un sens, d'une direction : revenir en sens inverse, revenir sur ses pas ; l' image de votre visage est réfléchie dans une glace ou dans l'eau en sens inverse . Se dit de la réciproque d'une proposition, d'un théorème , d'une figure en géométrie. Faire l'inverse de ce qui était prévu . L'inverse d'un nombre (quotient de l'unité par ce nombre). Soutenir l'inverse d'un propos : contrepartie . A l'inverse : vice versa . Inverser les pôles + et - du courant électrique d'une pile à la suite d'une erreur de polarité : inversion ; inversion du sujet :suis-je?, ai-je?
.
Le terme contradictoire se dit lorsque les faits , les circonstances, comportent des relations entre deux éléments, deux propositions , qui affirment et nient le même élément de connaissance : Oui, je veux bien ; non, je ne veux pas ! exprimés simultanément . Se dit également de choses incompatibles, illogiques, incohérentes, paradoxales . Le Bien et le Mal ; le blanc et le noir ; le haut et le bas ; le jour et la nuit ; l'ombre et la lumière ;loin et près .
.
Quelle est la raison sous-jascente, profonde, que Gerboise a estimée nécessaire de développer, pour vous faire entrevoir, percevoir les conséquences insidieuses , en vous proposant cette confrontation entre les divers sens explicités ci-dessus ?
.
Il s'agit de s'interroger en vue de comprendre pourquoi certains résultats d'expériences diverses sont contraires à ceux espérés (?!), quelquefois opposés entre eux, parfois même inverses, et , ce qui est le plus grave dans certains cas, totalement contradictoires . Il est important de préciser que ces constatations sont valables et généralisables à de très nombreux contextes dans les environnements naturels et artificiels qui nous entourent et qui nous sont souvent très familiers.
.
Résoudre ces problèmes est nécessaire et fondamental pour atteindre la vérité, le réel , et les comprendre ; mais également pour réduire et surtout faire disparaître les complications dues aux erreurs d'interprétations crées, par la complexité des différents cas soumis à l'investigation, par des comportements humains, explications qui peuvent être dans ces cas contraires, opposés, inverses ou/et contradictoires.Nous reviendrons sur ce thème, avec des exemples expérimentaux, car il recèle la clé de nombreuses incompréhensions des connaissances, et de la maîtrise du savoir . Bon courage , Gerboise.

lundi 16 avril 2007

Premières clartés du matin : Subtilités de la langue française.

Affirmation, Assertion, Allégation, Proposition, Suggestion,Thèse

Affirmation : exclut le doute sur le contenu de ce qui est communiqué ; c'est le fait de soutenir qu'une chose est vraie parce qu'on la croît telle.
Une affirmation péremptoire, c'est-à-dire, qui fait cesser la contestation, sans aucune contradiction possible.

Assertion : ce que l'on communique est soutenu comme étant vrai, mais peut en fait être faux, suppose des preuves qui réfutent son contraire.
Il est toujours nécessaire de vérifier les assertions des expérimentateurs.

Allégation : action de citer un fait pour s'en prévaloir, mais sans le prouver ni même en être certain ; c'est donc présenter pour réel, pour vrai , ce que l'on avance, mais de manière peu ancrée, mal fondée, parfois même erronée.
Lors de ce colloque, nous avions été amené à nier, réfuter fermement les allégations d'un intervenant.

Proposition : c'est une offre, le fait, la chose qu'on met en avant, qu'on propose en vue de l'examiner et d'en discuter, d'en délibérer.
L'ensemble des spécialistes a décidé d'examiner cette proposition.

Suggestion : c'est l'acte d'introduire avec prudence une idée dans l'esprit d'une personne, sans la lui imposer, comme si elle venait par hasard, pour qu'elle en face son profit.
Le comité de lecture lui a suggéré de rédiger à nouveau son mémoire, et de reprendre certaines parties de son texte.

Thèse : il s'agit d'une proposition qu'on avance avec l'intention de la défendre si elle est contestée ou même attaquée.
Voici les arguments et les faits qui nous ont permis de présenter cette thèse ; personne ne pourra la remettre en question sans réaliser de nouvelles expériences ou présenter une nouvelle hypothèse.

Bien à vous, Gerboise.

mercredi 4 avril 2007

Premières clartés du matin :Subtilités de la langue.

Intelligence , Esprit , Raison , Bon sens , Jugement , Entendement , Capacité , Génie

Intelligence :Façon de comprendre, de saisir par la pensée, faculté de connaître , pouvoir de choisir parmi plusieurs idées celle qui est juste, conforme à la vérité ou adaptée aux circonstances. (Pénétration, sagacité, perspicacité, lucidité, clairvoyance, compréhension )

Esprit : a un sens tantôt plus étendu qu' intelligence puisqu'il désigne parfois l'âme toute entière - et tantôt un sens plus restreint, lorsqu'il désigne cette faculté de finesse que Pascal et Voltaire ont si bien définie.( Inspiration, talent, disposition , goût, imagination)

Raison : désigne un des aspects de l'intelligence. La raison est surtout la faculté de rechercher la cause, le pourquoi des idées et des choses et leur enchaînement, de démêler le vrai, et même de concevoir la vérité absolue. (discernement)

Bon sens :c'est l'intelligence s'appliquant aux choses communes, universelles , aux données immédiates de la réalité, et qui consiste surtout à se garder de jugements et de solutions extrêmes. On l'appelle aussi le sens commun.

Jugement : c'est , comme la raison, un des aspect de l'intelligence. Il compare les objets et il juge. Il discerne le vrai du faux, il affirme ou il nie. Avoir du jugement c'est avoir du bon sens.
Faculté qui nous permet de décider et d'apprécier, avec finesse et justesse, dans la conduite et dans la connaissance, à propos de choses dont nous découvrons les rapports, les conséquences, avec habileté .(clairvoyance)

Entendement : a un sens plus restreint qu' intelligence. L'entendement désigne des facultés intellectuelles qui élaborent les connaissances une fois acquises ; il est passif et ouvert ou fermé à certaines idées. ( concevoir, juger, raisonner )

Capacité : le fait d'avoir toutes les qualités requises, aptitudes et connaissances pour réaliser une chose importante ou remplir une fonction , compétences. ( disposition, faculté)

Génie :est un don supérieur qui nous rend capables de créer quelque chose de grand ; il est l'intelligence à son plus haut point. Faculté de concevoir, d'imaginer, de créer, regarde l'invention, implique l'inspiration et enchérit sur Talent qui est une disposition à réussir dans un art avec une habileté naturelle ou acquise. (instinct)

Peut-être avez-vous d'autres suggestions à nous présenter ? Bien à vous ,Gerboise .





jeudi 29 mars 2007

Premières clartés du matin :Subtilités de la langue.

Une route pavée, Peinture de DEMAINE , (Musée du Louvre) , déplacement en lourde berline au XVIIIe siècle .
Déplacement dans un train sur rails en bois avec galets de guidage, inventé et expérimenté par PROSSER à Londres en 1844.
Continuation et /ou continuité ?
Les progrès des Sciences et des techniques seront-ils à l'origine de la Continuation , de la poursuite de l'évolution des moyens de transport et /ou de la continuité dans l'idée d'une évolution ininterrompue du Progrès ?
Ce fait, cette action (continuation) d'une part, cet état (continuité) de l'autre, renvoient à l'idée de prolongation ; mais le premier terme marque quelque chose qui se poursuit dans la durée, dans le futur, le deuxième insiste sur le fait que quelque chose ne cesse pas, existe, a toujours existé en permanence , dans le temps et dans l'espace.
Pourquoi avoir privilégié aujourd'hui, dans cette rubrique "Subtilités de la langue" ces deux notions qui peuvent conduire à une ambiguïté, à une confusion, à des déformations de la signification que l'on désire exprimer, faire connaître et faire comprendre ? C'est parce que ces deux concepts interviennent dans de nombreux contextes du monde des idées, des techniques, de la science, de la vie quotidienne dans lesquels ils peuvent mener à des équivoques, des doubles sens. Par exemple :
-Notions de "continuité-discontinuité" en mathématique (fonctions) et en physique (ondes et corpuscules ).
-Notion de volonté, rester ferme et constant dans ses actions et ses comportements, dans ses idées.
-Notion de persévérance opiniâtre dans la voie dans laquelle on s'est engagé (les innovations des résolutions s'opposent à la monotonie [continuité] de l'habitude.
-Notion de prolongation dans toutes les actions, activités, occupations, phénomènes , opinions, idéologies..., dans la durée et dans l'espace.
"L'habitude est une étrangère
Qui supplante en nous la raison :
C'est une ancienne ménagère
Qui s'installe dans la maison.
...............................................
Travaillant pour nous en silence,
D'un geste sûr, toujours pareil,
Elle a l'oeil de la vigilance,
Les lèvres douces du sommeil.
Mais imprudent qui s'abandonne
A son joug une fois porté.
Cette vieille au pas monotone
Endort la jeune liberté.
Sully Prudhomme, Oeuvres.

Habitudes, continuations qui ne cessent pas ; continuités, pas de ruptures, accoutumances, dépendances, pas d'évolution.
-Continuation : C'est l'action de poursuivre une chose dans le temps et ainsi d'assurer une suite. Se dit :
-de ce qu'on fait;
-de ce qui reste à réaliser par rapport à ce qui existe;
-du fait de persévérer dans une habitude, d'agir de la même façon;
-du fait de donner une suite, une nouvelle existence, de poursuivre ce qui est commencé, a généralement rapport à la durée;
-du fait de faire encore, de répéter;
-du fait que quelque chose continue à exister, à se produire, donc de l'existence d'une suite;
-de la liaison d'une chose avec ce qui précède;
-de l'absence d'interruption,;
-du prolongement qui s'applique au temps d'une veille;
-de continuer quelque chose, et du résultat de cette action.
Continuer : c'est faire en sorte que ce qui est commencé n'en reste pas là, qu'il y ait eu ou non interruption, additions de nouvelles actions ; c'est poursuivre une observation, une expérimentation; c'est le fait de conserver en grandeur et en direction un mouvement qui a été primitivement communiqué à un mobile .
Lorsque continuation se rapporte à la durée, cela signifie que l'on continue et n'implique pas que ,ce à quoi l'on donne une suite , soit ou non achevé.
Exemples :- Prolongement d'un objet, d'une voie de communication, d'une pause café ;
-Si vous continuez à fumer, à boire de l'alcool, vous ruinerez votre santé ;
-Après l'interruption provisoire du chantier la semaine dernière, les travaux ont repris ce matin ;
-La disposition de cette couche géologique, sa "continuité "dans l'espace, implique que ses affleurements se continueront et seront donc visibles de l'autre coté de la vallée.
Continuité :Caractère, état de ce qui est d'une seule tenue, continu, qui se poursuit dans le temps et dans l'espace ; continuité signifie que ce qui se fait ou ce qui existe, ne souffre point de répit,d'abandon...!
L'idée de continuité apparut pour la première fois dans les analyses des philosophes et des mathématiciens Grecs (Aristote, vers -385 avant notre ère : matière, être en puissance) ; celle de discontinuité de la matière (Démocrite et Leuccipe vers -460 avant notre ère : les atomes expliquent le monde).
-dans l'espace : fait de ne pas être interrompu (cas d'un niveau poreux et perméable dans un gisement de pétrole qui se poursuit dans toute la région en profondeur) ;
-dans le temps : Pour un phénomène, le fait de durer sans interruption ou presque, ou de se répéter à de brefs intervalles.
Dans la durée(ou l'espace) se dit de la chose elle-même qui est continue, parce que toutes les parties se tiennent en permanence et dans toute leur étendue.
Se dit également :- de ce que l'on éprouve, des convictions, des sentiments, des relations;
-d'une propriété qui se poursuit, sans que rien ne change par rapport au passé;
-d'une évolution progressive;
-de ce qui n'implique pas que la chose réalisée soit ou non achevée;
-de la persévérance, de la constance dans l'effort, de la permanence, de la stabilité, de l'assiduité, de la persistance, des enchaînements, du perpétuel;
-de la liaison ininterrompue des parties et d'un tout.
C'est l'état de ce qui est permanent, incessant, indéfectible;
-il s'agit également du maintien d'une tradition, de l'histoire, des situations où n'existent pas de coupures, de séparations, de frontières, de hiatus;
-en ce qui concerne les habitudes, celles qui ne cessent pas, l'accoutumance, la dépendance...!
Exemples :La température de l'eau qui chauffe sur un feu, augmente en "continu", progressivement avec le temps qui s'écoule, jusqu'à l'instant (moment) où elle commence à bouillir (discontinuité), c'est-à-dire à se transformer en vapeur à température constante (100 degrés centigrades) à une pression d'une atmosphère.
Dans le cas d'une diminution "continue "de la température jusqu'à zéro degré centigrade où l' on arrive à une discontinuité liquide-solide (la glace) après, lorsque la dernière "goutte d'eau" s'est transformée en solide, la continuité du phénomène de refroidissement se poursuivra avec la poursuite de l'extraction de la chaleur dans l'enceinte réfrigérente.
Nous pourrions citer également les discontinuités à l'intérieur du globe terrestre, les interruptions de la propagation continue des ondes sismiques par ces changements de nature des formations géologiques lors des phénomènes de réflexion et de réfraction de ces ébranlements mécaniques que sont ces ondes sur ces surfaces.
Il est certain que nous retrouverons d'autres exemples de "continuation et de continuité" dans les nombreux thèmes que nous présenterons par la suite. Bien à vous , Gerboise.