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lundi 20 juillet 2009

Question paradoxale* :Pouvons nous définir , existe - t- il un critère** [une preuve, un paramètre***] de la vérité **** .

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*..... paradoxal, ...qui a trait à une proposition logique, à la fois vraie et fausse, en contradiction, qui fait apparaître une incohérence, une absurdité .

** ... critère, ... ce qui sert de base à un jugement ; caractère, signe qui permet de distinguer une chose, une notion , de porter sur un objet un jugement d'appréciation .

*** . paramètre, ... élément dont la connaissance explicite, précise les caractéristiques essentielles d'un ensemble ; ce dont les variations provoquent des variations correspondantes dans la suite des faits considérés .

**** vérité, ... qui dans ses diverses acceptions, significations, s'oppose à erreur et à fausseté . Au sens abstrait [ la vérité] : caractère de ce qui est vrai [ conforme à la réalité ] ( Contraire : faux, erroné, pas vrai . Réflexion : comme une proposition qui n'est pas vraie n'est pas nécessairement fausse [ il est des propositions indécidables, p. ex. ~ il pleuvra le 31 Décembre 2009 ] ) c'est-à-dire identique au réel ; " la vérité de cette proposition est indiscutable " ) .

Il est nécessaire de préciser que les deux valeurs de la logique classique ne sont pas le vrai et le faux [ contraires] , mais le vrai et le pas vrai [ contradictoire] ; or dans le pas vrai sont comprises les valeurs intermédiaires entre le vrai et le faux [ indécidable, douteux, le vraisemblable , l'impossible, l'indéterminé, probable , le plausible] ; le vrai, d'autre part comprend l'effectif, le nécessaire, le réel, le concret, le véritable .

Parler d'un critère de vérité implique la référence de la vérité à un principe ( règle d'action s'appuyant sur un jugement de valeur et constituant un modèle ou un but) , à une mesure ( valeur, capacité appréciée ou estimée) , utilisons un mot neutre, à une instance ( procédure, un domaine particulier de facteurs ou de fonctions régulatrices de la pensée) extrinsèque qui permettrait de juger de la vérité .

Cette entreprise paraît évidemment, telle que nous la formulons ici et dans la mesure où elle est correctement formulée, s'enfermer dans un cercle ( un contexte dont on ne peut sortir , une situation dans laquelle on est enfermé, impliqué , limité ) et renvoyer à l'infini .
Avant de parler de critère de vérité, il faudrait en effet savoir ce qui est conçu comme vérité . Mais comme la vérité est, selon l'hypothèse envisagée ici, définie selon un critère qui lui est extérieur, elle ne saurait être assurée d'elle-même si son critère n'est pas lui-même établi en vérité, c'est-à-dire s'il n'est pas lui-même véritable à son tour .

Le critère de la vérité exige donc naturellement d'être référé ( rapporté à...) à une instance régulatrice, supérieure, ou du moins antérieure et première, qui l'assure .

Or il faut bien s'arrêter, c'est-à-dire il faut bien commencer .

Ce paradoxe mérite d'être bien compris . C'est ce que analyserons dans un prochain feuillet de notre blog .

Bien à vous, cordialement votre, Gerboise .

lundi 6 juillet 2009

Les erreurs concernant les observations,les constatations,les contrôles,les témoignages,les défauts de vigilance et les diverses sortes d'ignorance* .

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* - Cinquième partie, suite du Mardi 12 Mai 2009 .

VOIR ... ! ce verbe se construit fréquemment comme un auxiliaire, avec un autre verbe à l'infinitif . Quand voir est ainsi suivi d'un infinitif, le pronom complément se place avant les deux verbes .

Je l'ai vu expérimenter d'une manière fructueuse , au laboratoire, des jours entiers, du lever du jour à la tombée de la nuit.
Nous les avons vus discuter des erreurs possibles, tous les deux de leurs résultats, âprement, sans en démordre .

Puis, je l'ai vu tout vérifier, avec toute sa patience, point par point, inlassablement .
Enfin, décontracté, je l'ai vu sourire . C'était fini !

Dans ces propositions ci-dessus, il y a en réalité une proposition infinitive dont ce pronom est le sujet .

Le verbe transitif VOIR .

A - Au sens propre du verbe VOIR : Percevoir des objets, des êtres, des phénomènes, par l'organe de la vision .

B - Au sens élargi du verbe VOIR : Être témoin d'un fait, d'un phénomène ; regarder, considérer avec attention .
On dit également [ ce qui est une des sources d'erreur parmi les plus fréquentes, et dont les conséquences sont les plus négatives] , quand on doute, lorsque l'on sent que l'on devrait mettre en cause une observation, un résultat et que cependant on ne veut pas se donner la peine de les examiner à nouveau, de réaliser de nouveaux contrôles, d'effectuer des vérifications plus approfondies : d'où cette expression inadmissible ~j'aime mieux le croire [il me semble que ..., il m'apparaît que ..., cela à l'air d'être ... ! ] que d'y aller voir ~.

C - Au sens figuré du verbe VOIR :

-Examiner , si cela arrive nous verrons ce qu'il faudra faire pour éviter cette maladresse . Ceci est à voir ; je verrai, nous verrons; il faut voir .

-Essayer, éprouver, expérimenter, vérifier , voyez si le cristal s'est développé normalement . Faire une chose pour voir .

-Remarquer, trouver , j'ai vu dans le filon que ... ; où avez-vous vu cette particularité déconcertante ?

-Acquérir des connaissances par l'expérience, par la fréquentation des hommes, par les voyages , il a vu beaucoup de gisements miniers ; " quiconque a beaucoup vu peut avoir beaucoup retenu " [La Fontaine] ; nous en avons bien vu d'autres : se dit pour signifier qu'on méprise les menaces de quelqu'un, ou qu'on ne s'inquiète pas des dangers présents, des événements dont on est témoin .

-S' apercevoir, prévoir, comprendre , ne voyez-vous pas qu'il se trompe, qu'il commet une erreur ? voir clair dans un phénomène ; n'y voir que du feu : n'y rien comprendre ; je vis trop tard qu'une cristallisation anormale s'était produite .

-Juger, apprécier , je vois le contresens comme vous ; je ne voyais rien d'erroné dans ce raisonnement ; voir juste ; chacun a sa manière de voir les fausses apparences .

-Reconnaître, considérer comme , ceux qui ne verraient dans cette réaction qu'un épiphénomène aléatoire, lié au hasard, car réalisé dans des conditions incertaines , n'auraient rien compris .

-Connaître par intelligence , cet ingénieur avait vu immédiatement la méprise .

-Connaître, apprécier, ressentir , voir favorablement l'orientation des recherches ; voir juste ; voir les choses de travers ; on commence a y voir clair .

-Concevoir, imaginer , voir la réalité telle qu'elle est , peut-être entachée d'inexactitudes ; il faudrait voir à ne pas décrire n'importe quoi ; cela ne s'est jamais vu,c'est une contre-vérité .

Après avoir survolé de nombreux domaines définis, qualifiés, par le verbe VOIR, concernant certains domaines ou champs dans lesquels des égarements peuvent se produire, nous pouvons maintenant aborder une troisième partie , peut-être la plus cruciale, riche de conséquences, en vue d'être capable d'acquérir une maîtrise de qualité, exemplaire, indiscutable, absolue des connaissances et de toutes les informations parfois incorrectes, mal fondées, par moments aberrantes, qui nous arrivent de toute part et également, malheureusement de temps en temps de notre propre personne.


III - EXCLUSION , suppression, élimination des ERREURS .

Si les erreurs qui nous guettent sont nombreuses, il y a heureusement un certain nombre de moyens de les annuler ou de les éviter .

Dans le domaine physique , on peut corriger un résultat affecté d'une erreur constante lorsqu'on connaît la grandeur de l'erreur : il suffit alors d'en retrancher l'erreur .

En psychologie ce moyen n'est guère praticable . Tout l'effort devra donc tendre à éviter ou à éliminer l'erreur par une stratégie générale complétée par une tactique particulière appropriée .

A - La guerre [donner la chasse ] à l'erreur SYSTÉMATIQUE

comporte trois opérations :

- le procédé d'évitement,
- le procédé différentiel,
- le procédé de renversement .

- Le premier s'applique à toutes les catégories d'erreurs systématiques ;
- Le second n'est pas toujours réalisable lorsque l'erreur est variable ;
- Le troisième suppose que l'erreur est une grandeur constante ou régulièrement croissante ou décroissante .

1 ~Le procédé d' évitement

consiste à se placer dans des conditions telles que le facteur perturbateur n'agisse plus . Si, lors d'une expérience avec une personne sensible en formation et particulièrement avec un enfant, on constate que l'émotion, la timidité du sujet, ou son incompréhension de ce qu'il doit faire influe sur les résultats de l'expérience, on ne tiendra compte de ces résultats qu'à partir du jour où la personne, l'enfant, enfin apprivoisé, exécutera avec l'attention ce qu'on lui demande .
C'est du reste une bonne mesure à adopter que de faire toujours exécuter aux sujets des expériences préalables d'essai, dont on ne compte pas les résultats, et qui ont seulement pour but d'accoutumer le sujet à l'appareil, au contexte, et de supprimer ainsi l'erreur temporelle provenant du facteur habitude ou exercice .
Mais une ou deux épreuves d'essai ne suffisent pas pour éliminer complément l'influence de l'exercice, et lorsqu'il y a intérêt à ce que ce facteur soit entièrement supprimé de façon qu'il masque pas les effets particuliers qu'on veut constater, on recourra à la méthode des répétitions, qui consiste à répéter les expériences préliminaires jusqu'à ce que l'exercice ait atteint son maximum . A ce moment, si l'on introduit un nouveau facteur dans l'expérience, on pourra saisir son action .

2 - Un autre moyen, le procédé différentiel ,

consiste à 'éliminer l'influence d'une erreur est de s'arranger de façon que cette erreur reste toujours la même à travers toute la série des expériences . Les résultats des diverses expériences seront tous affectés de cette erreur, mais, comme cette erreur sera identique, cela n'empêchera pas leur comparaison ; ils n'auront pas de valeur absolue, mais ils conserveront leur valeur relative .
La présence constante de cette valeur n'empêchera donc pas les différences entre telle et telle épreuve de se manifester . C'est pourquoi on nomme ce procédé " différentiel " .

Ce procédé n'est applicable que si l'on peut maintenir constante la grandeur de la cause qui produit l'erreur .

Ainsi, si la chaleur ou le froid influe sur le sujet, on expérimentera dans une chambre dont la température sera toujours la même . Mais le plus souvent nous ne pourrons pas graduer à notre gré ni évaluer exactement la cause d'erreur, et nous en serons alors réduits à des présomptions ( à des suppositions, à ce qui est mal établi) .

Si par exemple, nous voulons comparer respectivement chez un enfant et chez un adulte la capacité de la mémoire auditive à celle de la mémoire visuelle, il sera nécessaire de réaliser les expériences dans les mêmes conditions de fatigue des individus qui participeront aux tests .
Si nous désirons comparer, lors d'un colloque scientifique, ces deux types de mémoire chez un participant assis dans la salle, avant ou après sa propre intervention à la tribune, les résultats pourront être différents car le stress, les préoccupations ne seront pas les mêmes à ces deux moments . Cette capacité d'écoute de l'intervenant et l'aptitude à l'observation visuelle des schémas présentés sera variable pour cet individu . Les résultats ne seront pas fiables (sûrs, crédibles, ce en quoi nous pouvons avoir une plus ou moins grande confiance) .
Il en sera de même pour un enfant en fonction du moment de la journée où seront réalisées les expériences, les états de fatigue et donc d'attention pourront varier et donc provoquer des réponses très différentes . Seul un grand nombre d'interventions à des moments différents de la journée et dans des circonstances diverses pourront nous fournir des résultats constants ou variables , eux également, plus ou moins fiables .

Si nous réfléchissons à toutes les possibilités de variables diverses pouvant intervenir, nous devons constater que ce type de problème est très complexe et ce n'est qu'en réalisant un grand nombre d'expériences et des études statistiques que nous pourrons envisager d'obtenir des résultats approchant une certaine réalité ! Nous poursuivrons notre investigation dans une sixième partie dans laquelle les erreurs fortuites seront prises en considération .

Bien à vous, cordialement, Gerboise .

mardi 16 juin 2009

Se représenter les choses, les phénomènes, les êtres : nous ne sommes pas tous, nous, les êtres humains, identiques, égaux, devant cette spécifité .

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Les images engendrées dans notre esprit et la structure de notre pensée : un équilibre des diverses espèces de représentations ou la prédominance de l'une d'entre elles, est la cause de la diversité des esprits .D'où l'existence de multiples variantes d'individus, de plusieurs modèles sensoriels tels que - visuels, auditifs, tactiles, moteurs ...

Il s'agit de la variété des imaginations ou des mémoires . Il est question de l'aptitude de chacun à percevoir plus spécialement un ordre de sensations .

Il n'est assurément personne qui n'ait remarqué la façon multiple dont se comporte la mémoire chez une personne et surtout l' enfant : alors que celui-ci retient surtout les faits ou les lieux, celui-là les chiffres ou les dates, l'un se rappellera plutôt les mots ou les idées, l'autre ,les couleurs, les sons ou les mouvements .

Témoignages, où sont vos réalités, " votre authenticité " , vos vraisemblances ? ... selon qui nous sommes !

Cette variété dans la conservation des souvenirs n'est au fond qu'un cas particulier de l 'inégalité des genres d'images, et celle-ci provient elle-même de l'aptitude de chacun à percevoir plus particulièrement un ordre de sensations [ nous devons tenir compte aussi de l'influence de l'attention sur la conservation de ces images]

En sorte que :

Celui qui est bien doué pour la perception des qualités sensibles, qui a le sens des couleurs, des sons, des saveurs, garde le souvenir de ces qualités .

Celui qui conçoit nettement les notions scientifiques [conception des idées abstraites] qui représentent la nature au moyen d'abstractions et de symboles, conserve mieux qu'un autre le souvenir des notions de ce genre et les a, au besoin, à sa disposition .

- Il est rare que le même esprit soit à la fois bien doué pour la perception et la mémoire des qualités sensibles, et pour la perception et la mémoire des notions abstraites et scientifiques .
- Il est même rare qu'on soit également bien doué pour les perceptions des divers sens . Que de musiciens n'entendent rien à la peinture, et réciproquement ! La spécialisation va plus loin encore . On a rarement au même degré le sens des formes et le sens des couleurs . Dans la perception visuelle des objets, les uns sont plus frappés par le contour, les autres par la couleur .
Les premiers voient les objets comme des dessins, les autres comme des taches ; ceux-là font les peintres dessinateurs, ceux-ci les peintres coloristes .

- Ajoutons que la concentration de l'esprit sur un objet est aussi une condition essentielle de la mémoire, que rien n'est plus propre à produire cette concentration que le sentiment, le goût pour certains objets, le plaisir qu'on y trouve, et que ce goût et ce plaisir dépendent eux-mêmes en grande partie de l'aptitude de l'esprit ou des sens à percevoir ces objets avec facilité et netteté [ la créativité, l'esprit d'invention, sa propre capacité de se représenter, de concevoir, de se projeter dans l'inconnu , de se mettre dans la tête du nouveau original et inédit] , varient d'après l'acuité et la finesse des sens .

Les personnes qui ont la vue très fine, très délicate, se représentent plutôt les aspects visibles des choses . Ceux qui ont l'ouïe plus développée se représentent plutôt les images sonores, de même pour les autres sens, l'olfaction pour un chimiste, la gustation pour un cuisinier, le tact pour un horloger, etc. Ces diversités naturelles dans les imaginations sont de très grandes importances pour la connaissance du caractère et des aptitudes de cette personne [ Au passage il ne faut pas omettre de dire que la langue maternelle de cette personne joue un rôle fondamental dans la manière de se représenter les concepts : les mots sont des " poteaux indicateurs " indispensables] .

Or, une telle diversité d'aptitudes dans la perception a sa cause dans le développement inégal des connections [synapses] entre les neurones dans les régions du cerveau, affectées à la réception des différentes catégories d'impressions sensorielles .

Cette aptitude à percevoir plus spécialement un ordre de sensations et par suite à en garder le souvenir crée la variété des esprits .

La nature donne à chacun de nous des sens et une intelligence ouverts et perméables à certaines impressions, fermés à certaines autres .

On sait que les objets " frappés " (éclairés) par la lumière " retiennent " et " absorbent " certaines longueurs d'ondes lumineuses et " renvoient " (réfléchissent) les autres ; d'où résulte la différence de coloration des objets .

De même nos sens et notre intelligence " absorbent " et " s'assimilent " une partie des "rayons ! " que le monde nous envoie et sont réfractaires à tout le reste : d'où résulte le caractère particulier de chacun de nous .

Les images sensibles en effet se mêlent à toutes nos pensées, ou plus exactement, comme le remarquait Aristote, nous ne pensons pas sans image .

L'idée la plus abstraite même et la plus immatérielle s'incarne dans le mot qui est déjà une forme sensible .

Quand nous pensons à un objet particulier, un paysage de montagne par exemple, il y a en nous quelque image de la sensation visuelle que nous aurions en sa présence . Quand nous pensons à un objet général, l'arbre ou l'animal de ce paysage, il y a en nous quelque " débris " plus ou moins vague d'une image analogue, et en tout cas l'image de son nom, c'est-à-dire des sensations visuelles, auditives, musculaires , que ce nom exciterait en nous, si nous le lisions, si nous le prononcions, ou si nous l'entendions .

Ainsi, dans toutes les opérations supérieures que nous faisons au moyen de noms abstraits, jugements, raisonnements, abstractions, généralisations, combinaisons d'idées, il y a des images plus ou moins effacées ou plus ou moins nettes .

De là suit une conséquence importante : l'équilibre des divers genres d'images ou bien la prédominance très accentuée de l'un d'entre eux, mettant à notre disposition pour imaginer, juger et raisonner tout ensemble ou, au contraire, une catégorie presque exclusive des souvenirs, il en résulte que chez une personne plus particulièrement douée par exemple pour les sensations optiques et peu sensible en même temps à toutes les autres impressions, ce ne sera pas la mémoire seule qui sera visuelle, mais encore l'imagination active, le jugement, le raisonnement et le langage intérieur .

Par conséquent, il est possible de distinguer, d'après l'importance et le rôle des diverses sortes d'images dans les habitudes de l'esprit, des variétés d'individus .
En ce qui concerne les visuels, toute idée se traduit en une image figurée ; les auditifs ont dans l'oreille le son des mots correspondant à toute pensée qu'ils forment ; les moteurs, inconsciemment, miment ou prononcent tout ce qu'ils pensent .

Tout ceci a une importance considérable, parce que cela touche de près à la formation et à l'expression de nos idées .

Nous reviendrons sur les différents types de sensations qui caractérisent les personnes et les conséquences pour leurs relations avec l'ensemble du monde extérieur, matériel et humain .

Cordialement votre, bien à vous, Gerboise .

mardi 12 mai 2009

Les erreurs concernant les observations,les constatations,les contrôles,les témoignages,les défauts de vigilance et les diverses sortes d'ignorance*.

* - Quatrième partie, suite du Lundi 13 Avril 2009 .


VOIR ... ! observer dans des conditions non favorables , lumières plus ou moins intenses, qui vont provoquer, conduire à des erreurs (c'est-à-dire des situations dans lesquelles on tient pour vrai ce qui est faux, ou pour faux ce qui est vrai ) , des confusions (des situations embrouillées) , à des égarements (des situations dans lesquelles on se trouve hors du droit chemin, où l'on s'écarte de la vérité) , à des méprises (où on va prendre une chose pour ce qu'elle n'est pas) , des bévues (méprises grossières dues au manque d'attention ou à l'ignorance) : lueurs de l' aube, du crépuscule ; en présence de lumière vive, éclatante, éblouissante, aveuglante ; de pénombre, clair-obscur, demi-jour, d'obscurité, du noir, les ténèbres .

B - Erreurs accidentelles (imprévues, inattendues, liées au hasard) , ou fortuites .

Ces erreurs sont celles qui ne peuvent pas être exactement déterminées, soit qu'elles dépendent d'une multitude de petites causes agissant d'une observation à l'autre dans des proportions différentes - soit qu'elles dépendent d'une cause unique mais intervenant d'une façon irrégulière, désordonnée, imprévisible . Toutes ces causes indéfinies sont inanalysables : on les comprend (considère) en bloc sous l'appellation de hasard , d'où le nom de " fortuites " donné aux erreurs qu'elles engendrent .

Tandis que les erreurs systématiques affectent le résultat final dans un certain sens, soit en plus, soit en moins [d'où leur nom de systématiques] - les erreurs accidentelles sont tantôt positives, tantôt négatives, celles-ci et celles-là s'équilibrant à peu près si le nombre des observations est grand (point de vue statistique) .

Lorsqu'un appareil ne comporte pas d'erreurs systématiques, on dit qu'il est exact ; - lorsqu'il ne comporte presque pas d'erreurs fortuites, on dit qu'il est précis . Un appareil peut avoir l'une ou l'autre de ces qualités, ou les deux à la fois, ou n'en avoir aucune .

Les individus sont comme les appareils :

Ils peuvent être inexacts dans leurs jugements mais persister dans cette inexactitude, qui conserve toujours la même importance : l'erreur systématique l'emporte sur les erreurs fortuites ; - ou bien ne manifester aucune erreur systématique, mais présenter une grande variabilité de jugement . Ainsi un tireur, dans un stand de tir, touchera la cible en parvenant à mettre tous ses coups trop à droite, mais en les concentrant, en les regroupant sur un petit espace [la précision sera bonne, mais il y aura une erreur systématique égale à la distance entre le centre de cette cible et le point central de ce regroupement] ; un autre tireur, au contraire, éparpillera ses coups, [les impacts de ses balles sur cette cible] sur un plus grand espace, mais autour du centre, bien réparti sur tout l'ensemble de la surface de la cette cible . Ici les impacts sont dispersés, ils ne présenterons pas d'erreur systématique, mais la précision sera faible .
Ici aussi les cas extrêmes se rencontrent : concentrer les impacts au centre de la cible, ou les éparpiller autour d'un point situé lui-même dans une mauvaise direction .

Nous avons jusqu'à présent présenté l'origine et l'allure des erreurs, nous exposerons dans une prochaine intervention le problème fondamental de l'élimination de ces erreurs, problème redoutable qui demande beaucoup de réflexion, de circonspection (surveillance prudente que l'on doit exercer sur ses paroles, ces actions en prenant garde à toutes les circonstances) , d'esprit critique , de présence d'esprit et de finesse dans le raisonnement .

A bientôt, bien à vous, cordialement, Gerboise .

dimanche 10 mai 2009

Frontières, démarcations*, différences entre le Croire** et le Savoir** . Une réalité aux multiples, redoutables, tragiques et graves conséquences .


Qu'est-ce ? Je sais où je crois savoir ? quelle est la nature de cette image ?

Voici un problème crucial ! qu'il est nécessaire de résoudre .


* - démarcations
: ce qui sépare nettement deux choses .

** - Croire : C'est accepter, admettre, penser que quelque chose est véritable, c'est donner une adhésion de principe à une assertion, une thèse . C'est considérer comme vraisemblable ou probable, sans être sûr, sentir, éprouver comme vrai ce qui ne l'est absolument pas .
Croire en une chose, c'est la tenir pour réelle, envisageable, c'est estimer que ..., c'est s'imaginer que ..., c'est préjuger que ..., présumer que ..., supposer que ..., c'est y ajouter foi.

Si la chose est digne d'être crue, elle est croyable, si non incroyable .
L'action de croire s'appelle croyance ou créance ; celui qui est porté à croire trop facilement est un esprit crédule ; celui au contraire qui ne se laisse pas persuader est un incrédule et cette répugnance à croire porte le nom d'incrédulité .

*** - Savoir : est tout différent : c'est avoir du jugement, de la connaissance, avoir les moyens intellectuels de résister à la croyance et la volonté de s'en tenir strictement aux faits . C'est tenir pour vrai uniquement la réalité des choses tangibles, concrètes . C'est avoir à l'esprit, pouvoir affirmer la réelle existence de ... C'est être conscient de connaître la valeur, la portée de tel acte, de tel sentiment . C'est être capable par don, par habitude, par apprentissage de faire quelque chose .

Savoir ce que l'on a appris par l'étude, par l'expérience, suppose d'avoir dans son entendement des connaissances étendues dans tous les domaines qui puisse servir dans la pratique, et d' avoir acquit des savoir-faire, des " tours de main " et des " tours d'esprit ".
Savoir, c'est également avoir acquit et conservé précieusement son libre arbitre, une volonté libre sans contrainte, et surtout , d'être toujours capable d'exercer tout notre esprit d'analyse critique et toujours capable de " Savoir " jauger les informations qui nous arrivent de toute part .

Pour aborder l'étude de ce dilemme , de cette alternative entre, le Croire et le savoir , nous devons considérer deux cas extrêmes : celui du fanatique qui croit aveuglément tout ce que disent ceux qui lui assènent des " contre-vérité " , et celui du sceptique radical , qui ne croit à rien, pas même à ce qu'il voit et touche directement . Il est évident qu'ils souffrent tous deux de maux dont il faut se protéger . Il est nécessaire de se maintenir entre les deux, mais nul ne sait trop où passe exactement la ligne de démarcation, cette sorte de frontière labile (qui est sujet à changer) . L'idéal que nous nous fixons, et dont l'étude devrait nous rapprocher, est d'acquérir et de perfectionner un sain esprit critique, d'être blasé juste comme il le faut, mais également prêt à accorder confiance à ceux qui le méritent, pour ce qui leur vaut ce mérite . des générations de sages, de philosophes et de scientifiques ont tenté de tracer cette limite une fois pour toutes, de définir les canons (les modèles) de la rationalité critique, mais personne n'a vraiment réussi jusqu'ici . Il nous est resté, de-ci, de-là, des signaux, des segments de cette ligne tracés par les meilleurs d'entre eux, dans des cas particuliers, mais il y a pas de formule universelle unique . La rationalité humaine ne se laisse pas définir une fois pour toutes, ne serait-ce que parce que c'est elle qui devrait se définir elles-même, en s'examinant d'au-delà de ses frontières . Or c'est impossible .
La capacité critique s'acquiert par un exercice continu et absorbant ; elle ne s'obtient pas sur commande, en appliquant une formule ou en suivant à la lettre des canons préétablis. Parler de la capacité critique signifie donc commencer à l'exercer sur l'heure . Il serait imprudent de proposer des solutions, parce que le débat n'est pas clos, mais on peut montrer comment les chercher et quelles sont leurs conséquences, quand on pense les avoir découvertes .

Intuitivement, la différence entre croire et savoir nous paraît tout à fait claire .

Savoir, c'est " plus " que croire, y compris que croire " toute connaissance de cause " .

Croire en toute connaissance de cause quelque chose qui est vrai nous approche du savoir, mais cela ne nous le fait pas encore toucher du doigt .

Pour atteindre le savoir, à partir de la croyance, il faut que celle-ci ait une justification rationnelle, mais pas n'importe laquelle .

Si les raisons pour lesquelles nous croyons ne sont pas bien liées à la vérité de ce que nous observons , il ne s'agit pas d'un véritable " savoir " .

Il faudra, par la suite, définir le juste lien entre ce que les hommes croient et ce qui est réellement vrai : c'est un impératif culturel dont nous ne devons rien ignorer . Il nous faudra trouver de solides justifications rationnelles de ce que l'on croit et de ce que l'on sait . En leur absence, il n'est jamais possible de dire que l'on" sait " , sous peine d'être à la merci du sceptique et du relativiste, qui s'empressent alors de répéter que l'on ne " sait " jamais vraiment rien .

On croit savoir, ce qui est tout autre chose , nous en reparlerons !

Bien à vous, cordialement, Gerboise .

lundi 13 avril 2009

Les erreurs concernant les observations, les constatations,les contrôles,les témoignages,les défauts de vigilance et les diverses sortes d'ignorance*.

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* - Troisième partie, suite du Jeudi 2 Avril 2009 .


VOIR ...! percevoir, distinguer, embrasser, saisir,[ les images des objets et des êtres que nous entendons, oyions (ouïr) , écoutons; sentons,humons ; goûtons, savourons ! ; touchons, palpons] , par le sens de la VUE . C'est une des conditions primordiales pour éviter toutes sortes d'erreurs ... Ne voir que d'un œil ! Regarder sans voir ou " Voir sans regarder "! conduit à des ignorances néfastes ... La sagesse populaire dit : Ne pas voir plus loin que le bout de son nez ! Nous commençons à y voir clair, à voir loin, prévoir ... : C'est le commencement du discernement, du bon sens !

I - APPARENCES, allures* des choses, des perceptions, des paroles erronées .

* manières de se comporter, de se tenir, d'être .

A - Erreurs systématiques : ( systématique, qui procède dans un ordre défini, constant, invariable, répétitif).

Les erreurs systématiques sont celles qui dérivent ( découlent, proviennent ) d'une cause constamment présente au cours de la série d'observations. le type de l'erreur systématique est l'erreur due à un instrument défectueux (qui présente des imperfections, des défauts, donc imparfait) : chaque fois qu'on se servira de cet instrument, l'observation sera affectée d'une erreur toujours la même . Ainsi une montre chronomètre fonctionnant trop rapidement par rapport à une allure normale, sans cesser de marcher d'une façon régulière : son aiguille parcourra constamment une portion du cadran correspondant à 12 secondes pendant une durée réelle de 10 secondes . Son erreur, soit +20% n'empêchera pas de réaliser des observations correctes, puisqu'elle est constante et qu'on pourra toujours corriger le résultat en le diminuant de 20% .

Les physiciens et les ingénieurs donnent à l'erreur systématique le nom d'erreur constante . Cette appellation est justifiée si cet adjectif s'applique à la CAUSE de l'erreur, mais non s'il qualifie sa grandeur . En effet, et surtout en psychologie, les erreurs de cause constante n'ont pas une grandeur restant absolument constante . Et nous avons trois cas à considérer :

1° L'erreur systématique est de grandeur constante ;

2° elle est de grandeur uniformément variable, régulièrement croissante ou décroissante au cours de la série d'expérience ;

3° elle est de grandeur irrégulièrement variable ; ainsi les erreurs qui pourraient tenir à la température, ou à la pression barométrique, à supposer que ces agents influencent le sujet et soient capables de modifier son attitude à l'égard de l'expérience .

Ces trois cas sont moins aisément délimitables en pratique qu'en théorie : il est difficile d'affirmer qu'une erreur systématique est de grandeur tout à fait constante [ sauf s'il s'agit de l'erreur d'un instrument], et difficile d'affirmer que des facteurs " croissant " ou " décroissant " pendant les expériences le font d'une façon absolument uniforme .

Comme types d'erreurs systématiques constantes ou régulièrement variables, d'origine psychophysiologique, il faut mentionner les deux erreurs classiques, constatées déjà par Gustave Fechner, 1801-1887, Physiologiste et philosophe allemand :

- l'erreur spatiale, qui dépend de la disposition des phénomènes et/ou des objets dans l'espace,
- l'erreur temporelle, qui dépend de leur disposition dans le temps et la durée .

Lorsqu'on compare des excitants ou des objets, il est impossible de présenter les choses à comparer à la fois au même endroit et au même instant .
Nécessairement si la présentation a lieu au même endroit, il faudra ordonner les choses dans le temps, et si leur présentation est simultanée, il faudra les ordonner dans l'espace .

- Conséquences de la disposition spatiale .

Soit deux tiges dont il s'agit de comparer les longueurs : si vous les présentez ensemble, forcément l'une devra être à droite ou au-dessus de l'autre ; et si vous les présentez au même endroit de votre champ visuel, l'une devra être aperçue après l'autre
. Or, lorsqu'on compare deux objets, leur situation respective dans l'espace, n'est pas sans influence sur le résultat de la comparaison . Comparez par exemple les deux boucles de B , ou les deux crochets de cette S ; les deux boucles paraissent égales entre elles . Mais placez ces lettres la tête en bas,ou dans une position horizontale, c'est-à-dire dans une autre disposition dans l'espace, et vous constaterez immédiatement que les deux moitiés de ces lettres sont inégales . Votre jugement variera donc suivant la disposition spatiale des objets à comparer, et par conséquent cette disposition spatiale est une cause d'erreur, puisqu'elle influe sur le jugement, toutes choses restant égales d'ailleurs .

- Conséquences de l'évolution dans le temps et de la durée .

Bien plus importante encore est l'erreur temporelle, car il n'est guère d'expérience dont elle ne risque d'affecter les résultats . En effet, tout sujet qui exécute une épreuve durant un certain temps ou qui répète une même épreuve, est soumis à l'influence de l' exercice d'une part, de la fatigue d'autre part .
Le premier de ces facteurs tend à améliorer les résultats, le second à les amoindrir .
Suivant donc qu'une épreuve occupera la première, la troisième ou la dixième place dans la série, ses résultats seront entachés d'une erreur positive ou négative .

L'exercice et la fatigue ne sont du reste pas les seuls agents dépendant de l'ordination temporelle :

- la nouveauté de l'expérience,
- l'intérêt porté aux conséquences des résultats,
- la curiosité concernant les connaissances acquises,
- l'appréhension des difficultés qui peuvent survenir,
- l'émotion - surtout chez les enfants et certaines grandes personnes qui ne sont jamais entrés dans un laboratoire par exemple, ni restés en présence d'une situation perturbante, ou qui ne connaissent pas les lieux et les participants de l'opération en cours,
- l'adaptation à l'expérience, à la situation de recherche,
-l'ennui devant une situation pour laquelle ils n'ont pas été sensibilisés, préparés ,
- ....

Peuvent jouer un rôle important .

- Erreur d'observation et Erreur de jugement .

Afin d'éviter toute confusion, nous devons noter que les erreurs d'observation considérées ici n'ont rien à faire avec les erreurs consistant dans un désaccord entre l'objet extérieur et sa perception subjective, erreurs sur lesquelles la psychométrie fonde certaines de ses mesures [ si nous trouvons constamment de lourdeur égale deux poids dont l'un pèse 100 grammes et l'autre 103 grammes, nous commettons une erreur en les déclarant objectivement égaux ; mais il y a de ma part aucune " erreur d'observation " psychologique, si vraiment ils ont donné à notre conscience l'impression d'égalité, quelle que soit leur disposition spatiale ou temporelle ].
C'est ainsi que l'erreur moyenne à laquelle aboutit la " méthode de l'erreur moyenne " des psychophysiciens, ou " l'erreur d'appréciation " ( action de déterminer la valeur de quelque chose, estimation, évaluation, discernement) d'une grandeur physique, ne sont pas des erreurs d'observation [psychologiques] au sens où nous l'avons entendu ici ; - ce ne seraient des erreurs d'observation que si le but de l'investigation était une mesure physique . - De même si nous déclarons qu'une personne rencontrée portait une robe foncée, tandis qu'elle portait un pantalon clair, nous commettons une erreur de témoignage, en ce sens que notre souvenir ne correspond pas à la réalité objective .Mais si nous sommes certain de voir dans notre mémoire une robe foncée, et non un pantalon clair, nous ne commettons aucune erreur d'observation psychologique, car notre témoignage correspond à la réalité subjective .

Nous pouvons et nous devons nous rendre compte ici, mais également dans beaucoup de circonstances (constituées par un ensemble de faits qui forment, à un moment et en un lieu donnés une situation bien définissable) et de conjonctures diverses (résultant d'un ensemble de coïncidences qui peuvent être le point de départ d'une situation nouvelle) se produisant durant nos diverses activités , que les réalités objectives et les états de choses subjectifs ont une importance considérable et des conséquences non négligeables .

Nous progresserons dans notre investigation des contextes et des phénomènes qui ne correspondent pas à la réalité , lors d'une quatrième partie où nous aborderons les erreurs accidentelles ou fortuites, avant d'aborder le sujet le plus important : celui de l'élimination de ces erreurs , ou de leur maîtrise, dans les circonstances propices .

Bien à vous, cordialement, Gerboise .

jeudi 2 avril 2009

Les erreurs concernant les observations,les constatations,les contrôles,les témoignages,les défauts de vigilance et les diverses sortes d'ignorances*.

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(*) Suite du jeudi 12 Mars 2009 .

" Bien voir " demande de " mettre sur les rails " un esprit critique fécond, inébranlable, à toute épreuve, imperturbable, intransigeant et tenace !

B - Les sources, les raisons, les causes des erreurs subjectives (qui repose sur l'affectivité du sujet) , tendancieuses (peu objectives, se dit de paroles, d'écrits, d'actions qui, consciemment ou non, déforment la vérité des faits et laissent deviner, sans le marquer explicitement, le parti pris de leur auteur ou de son désir d'imposer une opinion ou/et une réalisation pratique) .

1 - Dans le domaine de la physique, les erreurs subjectives sont celles qui ont leur origine dans l'observateur lui-même [illusion des sens, lapsus divers : choses que l'on dit ou que l'on écrit ou que l'on réalise à la place d'une autre, actes manqués , méprises, maladresses, oublis] .
2 - En psychologie, nous avons le plus souvent deux observateurs :

a) le sujet de l'expérience, et
b) l'expérimentateur .
Chacun de ces deux personnages peut être une source d'erreurs .

a ) Les erreurs du SUJET peuvent être volontaires ou involontaires .

= Les erreurs volontaires , tromperies ( faussetés, actions contraires à la bonne foi et qui a pour but de nuire, duperies, mystifications) , tricheries (fraudes, malhonnêtetés, truquages, qui consistent à altérer, à falsifier les choses pour les faire paraître autres qu'elles ne sont) , quoique rares dit-on ! , se rencontrent , surtout chez les enfants et malheureusement chez un certain nombre, plus important qu'on ne le croît, d'adultes pervertis, corrompus, pour de multiples raisons. Lorsque tous les " égarements " de ces personnages, en particulier,lorsqu'ils n'ont pas bien saisi la consigne de l'expérience, de l'action à réaliser. Lorsqu' ils inventent , qu' ils construisent une réponse, de crainte de paraître sots en avouant qu'ils n'ont pas compris, ou qu'ils n'ont pas été capables d'exécuter ce qu'on leur demandait ,ces comportements conduisent à des inexactitudes majeures, à des contresens inadmissibles .
Outre cette tricherie par timidité (sous-estimer ses résultats réels par crainte de paraître prétentieux ... ou de n'être pas sûr de soi, de ses propres succès !) , il y a une tricherie par vanité (annoncer une performance supérieure à celle réalisée) . La tromperie par pudeur (discrétion, scrupule, délicatesse) est également très fréquente : un patient peut, lors d'une consultation, invité à décrire ses problèmes, ses pensées ; ou pendant d'une audition de recrutement ses vues et ambitions ou lors d'une réunion d'évaluation, ses progrès et ses réticences, ses réserves, ou ses préoccupations, en ce qui concerne ses relations avec le contexte de l'entreprise, dissimulera celles qui touchent au domaine moral, ou taira certaines tendances vicieuses ou antisociales, etc.

= Les erreurs involontaires , sont tout d'abord celles provenant de l'inhabilité à l'introspection (à l'attention intérieure, à l'examen de conscience) , à percevoir ou à décrire ce que l'on ressent intérieurement . Cette observation méthodique par le sujet lui-même de ses états de conscience, appelée introspection, n'a d'ailleurs rien de mystérieux ; c'est un procédé d'observation qui ne diffère en rien de l'observation des phénomènes physiques, sauf que l'observation de soi-même présuppose une autre attitude mentale, un autre point de vue que l'observation des faits extérieurs . Mais, de même que pour être un bon observateur de la nature, il faut un certain entraînement, de même ce retour sur soi [l'introspection] demande a être exercé pour donner tous ses " fruits " . Celle-ci exige, notamment, que celui qui regarde à l'intérieur de sa conscience (qui observe subjectivement ce qui se passe en lui) se détache du point de vue habituel de la considération extérieure et objective pour adopter le point de vue subjectif, duquel les phénomènes ne sont envisagés qu'en tant qu'ils appartiennent au moi, et abstraction faite de toutes les relations qu'ils peuvent avoir en dehors du moi .

Les autres erreurs involontaires sont :

- le défaut d'attention, inattention, distraction, négligence ...
- d'esprit de suite, d'à propos ...
- de bonne volonté, disposition à bien faire, de bon gré ...

apportés à une expérience .

- la suggestion ou l'autosuggestion ; influencer, manipuler ... ;
- les erreurs de mémoire ;
- les erreurs de témoignage, relativement aux faits observés ;
- les erreurs de langage, relations inexactes des faits par suite de l'ignorance du sens exact des mots (exemple d'une confusion fréquente entre " gros " et " lourd " lorsque l'objet n'a pas été soupesé ) .

b) les Erreurs de l' EXPÉRIMENTATEUR ou de l' OBSERVATEUR , involontaires même parfois volontaires, intentionnelles, délibérées, même préméditées, réalisées en connaissance de cause . Nous ne pouvons pas écarter ces dernières car elles peuvent jouer un rôle dont les conséquences sont incalculables ! Le cas des erreurs involontaires est au contraire beaucoup plus fréquent :
- Erreurs dans la lecture ou la manutention d'un instrument ;
- Erreurs de calcul [en prenant une moyenne, etc.] ;
- Différence de manière d'être (attitude, de comportement) avec les divers sujets ou suivant les séances d'une série d'expériences [tantôt l'observateur sera plus patient, tantôt plus pressé, parlera plus ou moins fort, sera plus ou moins fatigué, etc.] ;
-Variations dans l'appréciation (estimation) qualitative d'une épreuve, par exemple, un jour on comptera comme fautes des lapsus estimés un autre jour seulement comme demi-fautes ;
- Illusions diverses dans l'observation d'un sujet ;
- Enfin ses idées préconçues (à priori) relativement au résultat de l'expérience, ou encore sa disposition à émettre des jugements de valeurs [ Cette inclination à juger les faits, au lieu de se borner à les constater, se rencontre habituellement chez des pédagogues non rompus aux recherches psychologiques . On a souvent remarqué que les enseignants des écoles, et même des collèges, ne peuvent comprendre ce qu'est vraiment une expérience dite de psychologie ; ceux-ci s'imaginent que le but de l'expérience ne sera atteint que si tous les élèves répondent bien . Aussi auront-ils beaucoup de peine à faire dans leurs classes une épreuve qui donnera des résultats médiocres, bien que ces résultats décevants puissent avoir un grand intérêt pour la connaissance des possibilités et des niveaux des élèves à divers points de vue] sur les faits qui s'offrent à lui, peuvent fausser sa vision des phénomènes à constater .

Nous poursuivrons cette analyse dans une deuxième suite qui concernera l'allure, l'apparence, les tournures, les manières d'être des erreurs .

Bien à vous, Gerboise .

jeudi 12 mars 2009

Les erreurs concernant les observations,les constatations,les contrôles,les témoignages,les défauts de vigilance et les diverses sortes d'ignorances .

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Bien voir n'est pas chose facile
!

Des " embûches " ( des difficultés qui se présentent comme des pièges, des traquenards, des " empêcheurs " de tourner en rond ! matériels ou humains) se dressent constamment sous les pas de l'observateur : Il doit en être averti, afin de parer ( échapper, se protéger de, se mettre à l'abri de, remédier à) à leurs atteintes ou tout au moins de les pouvoir corriger .

Nous avons à envisager (considérer) les erreurs d'observation à un double point de vue :

- Celui de leur origine .

Dans cette perspective, les erreurs proviennent tantôt de causes objectives (concrètes, désintéressée) ; [ elles ont alors leur source soit dans l'objet même à observer, soit dans les appareils, soit dans d'autres circonstances ] , tantôt de causes subjectives (personnel, tendancieux) ; [elles émanent ( elles proviennent de leurs sources naturelles ) soit du sujet, soit de l'expérimentateur ].

- Celui de leur allure .

Dans cette approche, les erreurs sont tantôt constantes ou variables systématiques [Erreurs spatiales ou Erreurs temporelles, dans la durée] , tantôt accidentelles ou fortuites .

I - PROVENANCE DES ERREURS .

A - Erreurs , inexactitudes concrètes .

1- Dans les sciences physiques, certaines erreurs proviennent de ce que l'objet à mesurer est d'une nature indéterminée ou changeante, que ses limites [ses frontières avec son contexte externe] sont floues (comme par exemple celles de la pénombre d'une éclipse de lune ou celles d'un colorant, de l'encre, qui diffuse dans un liquide, dans de l'eau) .

- Dans les sciences appartenant à la psychologie, cette source d'erreur est bien plus commune encore . Ici, l'objet à observer, c'est le phénomène de conscience ou la manifestation extérieure qui le révèle .

Mais qu'est-ce qui nous conduit à admettre qu'il y a souvent erreur dans l'observation de ces phénomènes ? Qu'est-ce qui prouve l'existence de cette erreur ?

- C'est la même raison que celle qui nous amène à conclure qu'il y a erreur dans une observation physique, à savoir la non-concordance de plusieurs observations successives du même phénomène . Si nous mesurons la sensibilité tactile, ou la mémoire, ou l'attention d'un objet, nous obtenons des valeurs différentes d'un jour à l'autre, même dans les cas où cette mesure est faite avec un grand soin, et dans des conditions identiques . La question primordiale est de savoir ce qu'il s'est passé entre ces observations répétées . On doit donc conclure que l'objet à mesurer - le seuil de sensibilité (la susceptibilité, la réceptivité, la perceptibilité) , le jugement, la mémoire, l'attention, la réaction - sont des phénomènes imprécis, fluctuants, changeants (qui doivent être éduqués minutieusement, intelligemment, dès le plus jeune âge) et qu'en en exprimant la valeur ou le degré par un nombre, ce nombre ne correspondra pas exactement à l'intensité ou/et à la grandeur réelles de l'objet mesuré .

La grandeur réelle de l'objet mesuré :- que peut bien signifier ce " réelle " quand cet objet est un état ou un processus psychologique ? Ne savons-nous pas que le caractère même de notre conscience, de notre moi, est de changer (évoluer) continuellement ; qu'un état psychique, une fois disparu, ne peut jamais revenir identique à ce qu'il fut . Comment pourrait-on admettre qu'une certaine fonction psychique ait une certaine grandeur objective, réelle, puisque cette fonction change constamment sous l'influence de la fatigue, de l'entrain, de l'intérêt, de l'âge, etc. et de mille autres circonstances ? On pourrait concevoir cependant, par abstraction, que chaque fonction a une grandeur définie, mais que cette grandeur varie sous l'influence des facteurs environnants ; si l'observation nous donne des valeurs différentes pour cette même fonction, ce n'est pas qu'elle n'ait pas une grandeur objective et réelle, c'est simplement que nous avons expérimenté dans des conditions autres ; ce ne serait pas la faute de la fonction psychique, mais des facteurs ambiants qui viennent modifier cette grandeur d'un moment à l'autre, ou de l'expérimentateur qui n'a pas su les écarter .
Sans doute, on peut adopter cette manière de voir ; on l'adopte le plus souvent dans le langage courant ; on la présuppose tacitement (sous-entendu) quand on cherche à déterminer telle ou telle aptitude d'un individu . Pratiquement elle a le grand avantage de mettre l'observateur en garde contre les agents perturbateurs si nombreux qui l'entourent . D'ailleurs, elle est inoffensive . Elle ne saurait cependant être raisonnablement soutenue . Voyez donc : cette conception suppose que chaque fonction, chaque aptitude a une valeur déterminée chez un individu donné, et que, si elle varie, c'est sous l'influence d'un facteur surajouté [ un verre de vin, un bon dîner, la fatigue, la colère, la température extérieure ou la pression barométrique, l'insuffisance de l'attention ..., etc.] .
Soit . Mais y a-t-il un moment dans la vie d'un individu où de tels facteurs ne soient pas présents ? Quand un individu où de tels facteurs ne soit pas présents ? Quand un individu est-il assez réellement lui-même, assez exempt de ces influences accidentelles pour qu'on puisse considérer ses aptitudes comme possédant leur valeur réelle ? Est-ce lorsque le baromètre est à variable, ou à beau temps ? lorsque le thermomètre est à variable , ou à beau temps ? lorsque le thermomètre marque 15° ou 18° ? avant ou après le repas ? au printemps ou en hiver ? Ces questions montrent d'elles-mêmes l'absurdité de l'hypothèse de processus psychiques à grandeur réelle et indépendante des mille agents qui les influencent .
Et cependant, je le répète, il y a pratiquement quelque chose de juste dans cette idée : il va sans dire qu'il faudra autant que possible, lorsqu'on examine un sujet, rendre identique toutes les circonstances extérieures ; nous faisons donc comme si cette grandeur réelle existait, puisque nous cherchons à écarter tous les agents qui la pourraient fausser et que nous considérons ses variations comme " accidentellement " . - D'autre part, si les aptitudes d'un individu ne sont pas d'une grandeur fixe et définie, cette grandeur est approximativement définie : les variations qu'elle offre chez un même individu sont en effet limitées . Il n'est donc pas chimérique ( illusoire, irréaliste) de poursuivre leur détermination .
La conception opposée regarde les fonctions et aptitudes comme des phénomènes continuellement variables ; l'individu change à chaque instant, et, prendre une série de mesures sur un même individu, cela a seulement pour but d'obtenir une valeur fictive ( imaginaire, fausse) moyenne, résumant les diverses phases, les diverses variations d'un certain processus psychique de cet individu . Selon cette manière de voir, une mesure psychologique est en réalité une statistique, une statistique des grandeurs offertes pour un même processus par un même individu .
Dans la pratique, ces deux conceptions reviennent au même . Peut-être cependant influent-elles sur l'attitude de l'observateur : tandis que le partisan de la première conception s'efforcera surtout d' exclure les causes perturbatrices et d'opérer avec un soin minutieux, afin d'écarter tout obstacle risquant de voiler la réalité qu'il compte apercevoir toute nue, - au contraire, celui qui juge impossible un tel spectacle sera enclin (prédisposé) surtout à multiplier les observations , dans l'espoir que ces obstacles [insurmontables selon lui] s'annuleront mutuellement, si les observations sont suffisamment nombreuses . Est-il besoin d'ajouter que ces précautions et de l'un et de l'autre peuvent être avantageusement cumulées ?

2 - L'erreur peut aussi tenir à l' instrument qu'on emploie .

Si le chronomètre marche d'une façon irrégulière, il est bien évident que les données qu'il fournira ne pourront pas mériter confiance .

Tout appareil, d'ailleurs, comporte une certaine erreur .

Ainsi les indications d'un chronomètre, qui marque la seconde, ne sont justes qu'à une seconde près ; cela signifie que tous les phénomènes dont la durée s'achève entre le début d'une seconde et la fin de cette même seconde seront indiqués sur le cadran par un même chiffre ; que le phénomène dure 3 secondes, ou 3 secondes 1/4 , ou 3 secondes 9/10 , il sera toujours marqué par le chiffre 3 . C'est pour éviter cet inconvénient que l'on construit des appareils aussi précis que possible, et dont l'erreur soit négligeable par rapport à la grandeur du phénomène qu'on observe .

3 - L'erreur peut encore provenir du fait que des facteurs étrangers se sont introduits subrepticement ( sournoisement, " en douce " !) dans l'expérience et viennent augmenter la grandeur du phénomène à mesurer en s'ajoutant à lui, ou la diminuer en interférant ( interagir, en jouant un rôle actif ) avec lui .

Ainsi, si vous mesurez la fatigue d'un écolier le samedi soir, donc à la fin d'une semaine de travail, il y a des chances que la perspective du dimanche constitue un stimulant de nature à en diminuer les effets ; ou le fait d'avoir gagné sa première course le matin, va " donner un coup de fouet " au sportif dans l'épreuve suivante en lui faisant réaliser un meilleur temps que dans le cas contraire .

B - Erreurs tendancieuses .

Nous poursuivrons ce sujet essentiel et passionnant dans deux à trois jours .

Bien à vous, Gerboise .

mercredi 4 février 2009

Les contradictions,les inconpatibilités,les incohérences du ciel étoilé,du firmament :voûte céleste antique "portant "les étoiles !ou témoignages [*]


Installés à 2857 mètres d'altitude, près du sommet du pic du Midi de Bigorre [Hautes Pyrénées] , apparaissent au premier plan les coupoles, les antennes et les bâtiments de l'observatoire, haut lieu des études astronomiques .
Le pic du midi domine de ses 2872 mètres tout un monde de gorges profondes, de cirques et de lacs, au-delà duquel s'élève la barrière des hauts sommets . A l' Est le regard découvre les montagnes d'Andorre; à l'horizon la vue s'étend jusqu'en Espagne .


[*] relatifs et fallacieux qui demandent, pour les interpréter avec pertinence, de posséder et d'exercer un esprit critique de grande valeur, pour ne pas se laisser abuser par les apparences .


Leçons de modestie et d'humilité devant les " façades " des choses de ce monde ! , et enseignements en vue de maîtriser la réalité des phénomènes, de la matière inerte et des êtres vivants
.

Quand nous regardons, nous observons un paysage terrestre, par exemple : celui du point de vue de l'observatoire du Pic du Midi de Bigorre avec son premier plan et les lointains brumeux des sommets espagnols à une trentaine de kilomètres , nous pouvons admettre que les images des objets nous parviennent instantanément . Cette distance est franchie par la lumière en un dix-millième de seconde ; nous pouvons donc dire, pratiquement, que nous voyons un état de ces lointains, simultané de celui des bâtiments de l'observatoire avec son antenne, objets voisins de nous ,visibles sur cette photographie .

Mais levons les yeux vers le ciel .

La lune est, en moyenne, à 385000 kilomètres de la Terre, et nous envoie donc sa lumière (réfléchie par sa surface) en un quart de seconde . Mais les nouvelles (les images ) que nous recevons de la planète Neptune sont un peu moins fraîches : Elles restent trois heures en route . Quant à l'étoile la plus rapprochée, Alpha du Centaure, elle est à 43 trillions de kilomètres, soit quatre ans et demie de parcours de la lumière qui se meut dans l'espace à ~300000 Km par seconde [ cette vitesse : c = 299.792. 458 mètres par seconde, fut déterminée par Léon Foucault, à Paris en Septembre 1862 à l'observatoire de Paris, à l'aide d'un miroir tournant à grande vitesse, 24.000 tours par minutes] ; la 24e, par ordre de distance est la Polaire, à 438 trillions de kilomètres, ou quarante-six ans et demi de lumière .
Or, ce sont là nos voisines immédiates . Mais on a évalué à 30000 ans le temps nécessaire à la lumière pour traverser diamétralement la Voie Lactée, notre Galaxie . Comment imaginer depuis combien de temps voyagent les rayons que nous recevons des autres nébuleuses ?
Arago, savant et homme politique français, a calculé que, si la Voie Lactée était transportée, transférée assez loin de nous pour que nous la vissions, comme certaines d'entre elles, sous un angle spatial de 10 minutes, sa lumière mettrait au moins un million d'année à nous parvenir . Or, il n'y a pas de raison pour que, parmi ces nébuleuses presque imperceptibles avec les plus puissants instruments, il ne s'en trouve pas de beaucoup plus grandes que la Voie Lactée ; et leur éloignement dépasserait donc beaucoup celui qui vient d'être indiqué .

Ainsi, non seulement nous ne voyons pas les étoiles comme elles sont en ce moment, non seulement nous les voyons dans le passé, mais ce passé diffère de l'une à l'autre, et peut différer formidablement pour deux d'entre elles qui, situées à peu près dans le prolongement l'une de l'autre, nous paraissent immédiatement voisines dans l'espace (voir schéma ) .

Nous continuons à en voir, qui sont éteintes depuis des siècles ; et d'autres brillent depuis non moins longtemps, qui n'apparaîtront qu'à nos lointains descendants .
Suivant le mot d'Anatole France :

" Nous embrassons d'un seul regard, en levant les yeux au ciel, des aspects qui ne sont point contemporains . Les lueurs des étoiles, qui se confondent dans nos yeux, y mélangent en moins d'une seconde des siècles et des milliers de siècles "[ Monsieur Bergeret à Paris ] .

Dans les considérations qui précèdent, n'intervient que le mouvement relatif des radiations lumineuses ; il suffit à nous faire voir simultanés des événements aussi distincts que le départ de deux rayons qui nous arrivent ensemble de la Lune et d'une nébuleuse . Si tous les astres étaient immobiles, les choses se passeraient ainsi .

Mais ils ne sont pas immobiles . Outre le mouvement diurne et la parallaxe, qui sont des mouvements d'ensemble relatifs à la rotation et à la révolution terrestres, outre le mouvement relatif peu connu qui résulte de la translation du système solaire, chaque étoile a son déplacement propre ; l'aspect du ciel varie constamment, dans des conditions qui nous sont inconnues .

Considérons une des étoiles les plus rapprochées, l'étoile Véga par exemple, qui se trouve à 50 trillions de lieues de nous . Supposons-la animée d'un mouvement de translation rapide de 100 kilomètres à la seconde, dans le sens le plus apparent pour nous, dans le sens transversal . Elle parcourrait dans le ciel 2 millions de lieues chaque jour environ, ou 800 millions de lieues par an, ou 2 trillions et demi de lieues durant les 30 siècles qui nous séparent de la période chaldéenne . Or, que l'on songe que ce parcours énorme de 2 trillions et demi de lieues ne nous apparaîtrait, à la distance de Véga, que sous un angle de moins de trois degrés ! [ H. Guilleminot. Les nouveaux horizons de la science, Paris, Steinheil, 1913 ] .

Mais ce parcours correspond aux conditions les plus favorables qu'on puisse imaginer : on a considéré une des étoiles les plus rapprochées de nous, la 23e [ elle n'est que 1300000 fois plus éloignée que le soleil ], et on a supposé sa course très rapide et normale au rayon visuel . Les autres, beaucoup plus éloignées et décrivant des trajectoires quelconques avec des vitesses plutôt inférieures, subissent des déplacements apparents bien moindres .

La déformation des constellations es donc pratiquement insensible ; si les Chaldéens nous avaient légué des photographies célestes, nous n'y relèverions que des différences insignifiantes par rapport à nos clichés . Mais enfin, ces différences existent ; et pendant que la distance angulaire de deux étoiles varie, leur lumière chemine vers nous .

Nous voyons donc notre voisine, Alpha du Centaure, dans la direction où elle était il y a quatre ans et demi, quand le rayon qui frappe notre oeil s'est mis en route ; et telle autre se montre à nous dans sa direction d'il y a un million d'années . Il est clair que la distance angulaire que nous mesurons entre elles n'est ni celle d'aujourd'hui, ni celle d'il y a quatre ans ou un million d'années . Elle ne répond à rien de précis ; c'est une pure illusion .

Ainsi, aucun homme n'a jamais eu et n'aura jamais le droit de dire : " Je vois le ciel tel qu'il est " .

Ce que nous voyons, c'est une configuration (forme extérieure d'une chose, d'un lieu) des étoiles qui n'a jamais existé ; une apparence ( aspect qui nous apparaît de quelque chose, la manière dont elle se présente à nos yeux ) fallacieuse (trompeuse) provenant de la rencontre, sur notre rétine, d'impressions impossibles à classer dans le temps et dans l'espace .

Le spectacle du ciel étoilé, que poètes et théologiens vantent comme l'exemple de l'harmonie parfaite, est celui de l'incohérence la plus désordonnée !

Nous voyons qu'en toutes circonstances, il est absolument nécessaire de posséder et de développer son esprit critique au moment opportun , pour ne pas se laisser abuser par les apparences . C'est une question de dignité, d'amour propre, pour sa propre personne ! que de ne pas être manipulé, ni par les hommes, ni par les phénomènes de nos environnements matériels .

Bien à vous, Gerboise .

vendredi 9 janvier 2009

Transmission, circulation des savoirs et significations [vouloir dire] comparables, mises en commun entre les différents interlocuteurs (*) .


(*) s' il existe des compétences, les " vouloirs " nécessaires, pour une capacité réciproque de comprendre les messages respectifs .

Dialogue de sourd ! [ de réfractaire à une sorte de message ]

Tu vois, ils ne sont pas capables de nous comprendre ! Comment pourraient-ils se mettre à notre place ? Tu as entendu comment ils " s'égosillent " (parlent) ? Ils sont " embrouillés " (déconcertés) par nos règles, nos façons de vivre ; " déconfits " , décontenancés [ ne sachant quelle attitude prendre devant ce qui les étonne, les embarrasse ou simplement dérange leurs habitudes ] . Tu as senti comment ils nous regardent, nous considèrent ? " Ils n'y entravent que couic, que dalle ! " (argot : ils n'y comprennent rien) .

Nous
, on se comprend !

Les bonnes questions que nous devons nous poser [ avec Gerboise] sont les suivantes .


Est-ce que l'autre est capable de décrypter votre message : en a-t-il les moyens, les capacités, l'envie ? Votre discours est-il " audible " [compréhensible] , significatif , accessible à son entendement de par sa construction, sa nature, son contenu ?

Il y a communication lorsque les significations sont communes et partagées, c'est-à-dire, finalement, lorsque les deux partis peuvent se représenter , l'un comme l'autre, la façon de voir le monde de son interlocuteur comme identique au sien .

Cette hypothèse préconçue de la nécessité d'une exigence incontournable, celle d'une analyse exigeante de la connaissance des possibilités pour l'interlocuteur de pouvoir comprendre, d'être capable de s'intégrer dans le champ des représentations de l'autre dans un échange, peut-être mieux acceptée si on considère un cas très particulier.

Dans un contexte unique, celui où il est envisagé d'essayer d'envoyer un message dans l'espace, vers les confins de l'univers, vers d'autres " êtres pensants (?)" concevables dans notre galaxie ou dans d'autres plus lointaines . Ce cas est crucial ! Comment prendre en considération , " d'une manière absolue " dans un tel contexte , le partenaire imaginable dans ces circonstances ?

Comment un astrophysicien peut-il envisager d'essayer de communiquer avec des extraterrestres ? Comment entrer en liaison par radio- astronomie avec de telles créatures ?
Avant tout , il est indispensable de présupposer que ces êtres sont comme nous , susceptibles, capables de capter (d'observer) les émissions radio provenant des planètes de l'univers . Il est primordial, obligatoire d'émettre un signal qu'ils puissent repérer sans difficultés . Il faut envisager qu'ils " balayent "(action de parcourir une étendue donnée d'un phénomène) avec leurs radiotélescopes les fréquences radio qui doivent être connues de tout observateur des espaces stellaires, en particulier la raie remarquable de radio-émission à 1420 mégacycles par seconde , de longueur d'onde 21 centimètres émise par l'hydrogène neutre . Cette argumentation est fondée sur l'idée préconçue que de telles civilisations sont capables de concevoir un radiotélescope et doivent posséder le même degré d 'érudition concernant les lois fondamentales de la matière que nous et surtout , peuvent parvenir au même raisonnement que nos savants . Ces derniers sont donc obligés de se construire une représentation de leurs interlocuteurs potentiels, imaginables, pensables , et de poser comme nécessité le fait qu'ils possèdent une certaine identité de culture scientifique que nous autres terriens ainsi que des façons de raisonner comparables .

Oui , être capable d'échanger des informations, des idées avec l'autre n'est pas une simple sinécure (situation de tout repos, une mince affaire) ! Cette compétence, cette capacité intuitive et acquise, forgée par toute notre expérience au contact de notre famille, des instituteurs, de toute notre participation constante aux " us et coutumes " de notre pays, à notre culture, à celle des autres peuples , à reconnaître l'impact, les répercussions, les influences de tel ou tel élément de l'environnement et à le prendre en charge, en l'aménageant selon nos objectifs , est essentielle .

Vous devez vous douter que nous poursuivrons notre analyse des conséquences de ces points de vue , que nous avons seulement présentés , effleurés aujourd'hui ! Une bonne et profonde réflexion sera nécessaire en vue de s'y préparer .

Bien à vous, Gerboise .

mercredi 22 octobre 2008

Premières clartés du matin: Extraites des "Caractères de Jean de la Bruyère" Réflexions diverses concernant des vérités au sujet de nos communications


Les caractères : Préface

" ... Je rends au public ce qu'il m'a prêté ; j'ai emprunté de lui la matière de cet ouvrage : il est juste que, l'ayant achevé avec toute l'attention pour la vérité dont je suis capable (en état moral de le réaliser) , et qu'il mérite de moi, je lui en fasse la restitution (rétablissement de l'emprunt que l'on a été amené  à faire, consciemment ou non !) ...

[ L'apport essentiel de "Savoirs et Réflexions", notre blog,  est la" livraison commentée" ,  insérée dans des contestes les plus ouverts et les plus riches possible, de nos recherches, de nos lectures, donc la communication des pensées humaines quelles qu'elles soient . Celles qui apporteront au lecteur que vous êtes, ma vision du monde efficiente, pour construire votre esprit le plus critique  possible . D'où nos prélèvements opportuns~ d'après notre façon de "voir les choses" ~ , bien sûr! , dans la l'amoncellement, et la multitude des écrits de l'humanité toute entière] .


 ...On ne doit parler, on ne doit écrire que pour l'instruction ; et s'il arrive que l'on plaise, il ne faut pas néanmoins s'en repentir, si cela sert à insinuer (suggérer ce que l'on veut faire comprendre sans le dire ouvertement, sans l'affirmer autoritairement) et à faire recevoir les vérités qui doivent instruire ...

Les caractères : Des ouvrages de l'esprit

... Il y a beaucoup plus de vivacité que de goût parmi les hommes ; ou pour mieux dire,  il y a peu d'hommes dont l'esprit soit accompagné d'un goût sûr et d'une critique judicieuse (raisonnable, pertinente, rationnelle)  ...

... Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n'y en a qu'une qui soit bonne . On ne la rencontre  pas toujours en parlant ou en écrivant (d'où la nécessité d'une réflexion permanente, profonde , ancrée sur des savoirs ouverts sur le monde !) ;  il est vrai néanmoins qu'elle existe, que tout ce qui ne l'est point est faible (sans "caractère", sans originalité) , et ne satisfait point un homme d'esprit qui veut se faire entendre ...

... Quand une lecture vous élève l'esprit, et qu'elle vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une autre règle pour juger l'ouvrage ; il est bon, et fait de main d'ouvrier...

... Si l'on jette quelque profondeur dans certains écrits, si l'on affecte une finesse de tour, et quelquefois une trop grande délicatesse, ce n'est que pour la bonne opinion qu'on a de ses lecteurs ..."

Réfléchissez bien à ces conseils pertinents , de cet auteur subtil que fut La Bruyère . Bien à vous, Gerboise .

jeudi 3 juillet 2008

Avidité (*) ou désintéressement (**) ?


(*) avidité : désir ardent, immodéré d'obtenir quelque chose, vivacité avec laquelle on le satisfait ; convoitise, besoin insatiable, inapaisable, d'acquérir des biens terrestres ; implique une sorte de brutalité dans la jouissance . On peut parler de rapacité : avidité sans bornes, à s'emparer du bien d'autrui avec la brusquerie d'un animal se jetant sur sa proie ou sa nourriture . Voracité des oisillons, jamais rassasiés du Loriot d' Europe . La femelle vêtue d'une robe olivâtre sans éclats, l'oiseau jaune d'or et noir suspend aux branches, comme nous pouvons l'observer sur la photo ci-dessus, son nid en forme de hamac léger .
C'est aussi courir avec l'envie d'espérer tout savoir ( avide de...) même superficiellement !

(**) désintéressement : détachement louable de tout intérêt personnel ; ne plus porter d'attention à quelque chose ; indifférence : le fait de ne pas s'intéresser à certaines possessions, d'objets, de faits, d'actes, de significations, parce qu'elles ne touchent pas les préoccupations essentielles de la pensée ; l'entrainement à ce type de connaissance et de réflexion n'a jamais été suscité, ni mis en valeur .

Entre ces deux extrêmes, les comportements concernant l'intérêt, la maîtrise des informations qui nous arrivent de toute part, oscillent sans aucune mesure, retenue . C'est triste, mais c'est ainsi ; il est très difficile de changer le monde : c'est une œuvre , un travail de longue haleine, qui exige beaucoup de temps et d'efforts . Cela nécessite une dose d'esprit critique et de volonté non négligeable ! C'est l' héritage de notre origine animale qui revient en surface . L'avidité et la peur en sont les manifestations parmi les plus évidentes .
Malheureusement d'ailleurs , il existe dans nos sociétés des personnages qui savent provoquer, profiter et exploiter ces ambivalences (caractère de ce qui comporte deux [ ou plusieurs] composantes de sens contraire) et ainsi "manipuler les esprits" non avertis , non armés pour dominer ces abus, ces escroqueries, ces mystifications .

Vous pouvez , et vous devez vous demander quel est le rapport entre ces oisillons affamés, avides de nourriture (êtres sans réflexion ) et notre sujet ? N'est-ce pas la même chose (une équivalence) quand cette envie boulimique (excessive) qui fait se " jeter" certains [ ! ] de nos contemporains sur la moindre actualité, nouvelle , qui surgit des ondes et/ou des " canards " ?

Où parfois, alors que l' intérêt pour un événement devrait prévaloir, une
inattention générale prédomine . Ces faits primordiaux sont négligés et parfois même, engendrent un certain mépris, et à certains moments , ils sont susceptibles de passer complètement inaperçus submergés par des nouvelles dérisoires, creuses et inutiles, qui ne font qu'encombrer l'esprit .
Il est nécessaire d'en être conscient !

Bien à vous, Gerboise .