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mardi 27 janvier 2009

Contribution à la connaissance de cette région d'Aquitaine [Guyenne et gascogne] ravagée par ce déchaînement de la nature,en cette Tempête mémorable .



Les provinces de France - La Guyenne et la Gascogne .( suite n°4 du 26 Décembre 2008).

Cette gravure, comme les précédentes est extraite du merveilleux petit livre de Doré Ogrizek que nous conseillons encore d'acquérir : Les provinces de France, publié en Novembre 1953 par les Éditions Odé . L'ouvrage est préfacé par Georges Duhamel, de l'Académie Française . L'illustration ci-dessus [et les suivantes peuvent-être agrandies par un clic gauche] est de A. Brenet .

" Écoutez les Gascons ... Ce n'est plus, sous ses doigts .
Le fifre aigu des camps, c'est la flûte des bois !
Ce n'est plus le sifflet du combat, sous les lèvres ;
C'est le lent gaboulet de nos meneurs de chèvres !
Écoutez ... c'est le val, la lande, la forêt,
Le petit pâtre brun sous son rouge béret,
C'est la verte douceur des soirs sur la Dordogne ;
Écoutez les Gascons : c'est toute la Gascogne ! "

Edmond Rostand

Cette présentation est insérée cette fois-çi dans un billet lié à des événements catastrophiques qui touchent cette province .


Monotone la forêt landaise ? Pas plus que la mer ou que n'importe quel espace où la nature s'exprime sans retenue . La " Pignada " s'étend sur les deux tiers du département . Accueillante, elle se laisse parcourir par des sentiers bruissant du souffle du vent, qui dérange les épines et les feuilles, tandis que les troncs oscillent doucement à l'approche d'une clairière ou d'une dune de sable fin .

Cette photographie illustre le texte ci-dessous, de la Grande Encyclopédie de la France et de ses régions, 4e Tome : Beautés naturelles - II, publié par les Éditions ATLAS pour Télé 7 jours en 1988 et distribué par les marchands de journaux, chaque semaine .

" Le pin est-il un arbre ? "

" L'immensité plane et dénudée d'autrefois s'est réveillée un jour, hérissée de pins plantés droits !
En 1840, Théophile Gautier parlait d'un " Sahara français poudré de sable blanc " . En 1879, Jules Verne y voyait encore un désert, " une succession de vastes plaines, les unes absolument nues, les autres tappissées de bruyères et d'ajoncs " ...
Aujourd'hui, tout est ici forêts . La légende grecque d'Attis pourrait illustrer l'histoire des Landes en une belle parabole : le beau et jeune berger protégé par la déesse Cybèle avait promis à cette dernière de rester chaste . Mais il s'éprend de la nymphe Sagaritis et l'épouse . Cybèle tue alors sa rivale et transforme l'infortuné berger en pin . Il en vint dans les Landes des mille et des cents . Les bergers en pelisse juchés sur de longues échasses ont tous disparu . Et, d'ailleurs le pin est-il vraiment un arbre ? Mis en culture par l'homme pour son bois et sa résine, le pin, certes apparu naturellement voilà 9000 ans, devient en quelque sorte un produit comme le blé, le maïs ou la vigne ."


Le " Gemmage " des pins dans les Landes , Cl. Léo Neveu .

Toujours les pins, les pins, les pins . A leur flanc coule la résine et montent en tournevis les grimpereaux et les sitelles . On peut marcher ainsi une journée sans rencontrer une maison, un homme même, sans entendre d'autre bruit que le marteau du pic-vert ou du pic-épeiche qui frappe les troncs sonores . Qui est venu ici une fois ne rencontrera jamais un spectacle d'une plus magnifique désolation : il fallait un poète pour célébrer un tel paysage . Les Landes l'ont eu, et jamais peut-être plus beau livre n'a été plus en harmonie avec la terre natale qu'il a chantée .

" Si tu n'as jamais vu sur nos glauques rivages
Les flots empanachés d'écume se lever,
Se dresser, crépiter vers les dunes sauvages,
Si tu n'as jamais vu ce qu'on ne peut rêver,

Et si tu n'as jamais entendu, quand Décembre
Sous les portes de bois vient hurler comme un loup,
Les pins du pays noir sous leur blessure d'ambre
Chanter, crier, gémir et pleurer comme nous,

Femme, la plus aimée entre toutes les femmes,
Tu ne sauras jamais combien ta bouche en fleur
En nommant le bonheur eût étonné cette âme
Fille d'un tel pays de rêve et de douleur . "

Emile Dexpax, tué en 1915, sur l'Aisne, au front .


ÉTANG DANS LES LANDES , Théodore Rousseau, [Musée du Louvre]

La plaine des Landes jadis marécageuse, insalubre et inculte, sans cesse menacée par les dunes mouvantes du littoral, a été complètement transformée et assainie, à partir de 1788, grâce à la ténacité de Nicolas Brémontier, [ingénieur français des Ponts et Chaussées;il réalisa en grand la fixation des dunes des Landes en dotant le pays de milliers d'hectares de pins maritimes] et de Chambrelent . Elle était vers 1925 couverte de 88000 hectares de pins, de chênes-verts et de chênes-lièges qui alimentaient de prospères industries comme le gemmage des pins . Ce pays forestier, éclairé de grands étangs, avec ses villages éparpillés dans des clairières, a un caractère profondément curieux et attachant .

Bien à tous ceux que les " Éléments du Ciel " n'ont pas épargné . Gerboise .

mercredi 20 février 2008

L'épopée de l'édification des cathédrales au Moyen Age : une des plus belles aventures humaines de l'Europe (1ère partie) .

Cette gravure extraite des Grandes Chroniques de Saint-Denis au XIVème siècle, nous permet de nous représenter un chantier de construction de l'époque avec ses échafaudages et les outils des tailleurs de pierre , en présence des chanoines bâtisseurs .

L'enthousiasme pour la construction des cathédrales a commencé dans le deuxième tiers du XIIème siècle : à Sens en 1133 , à Noyon en 1151 , à Laon en 1160 , à Notre-Dame de Paris en 1163 , et a atteint son maximum d'intensité dans le dernier tiers du siècle et dans le premier tiers du siècle suivant : à Bourges en 1192 , à Chartres en 1194 , à Rouen en 1202 , à Reims en 1211 , au Mans en 1217 , à Amiens en 1221 et à Beauvais où la construction, projetée en 1225, a été commencée seulement en 1247 .
Cet enthousiasme s'est maintenu encore un tiers de siècle, assez pour permettre au gros oeuvre de ces édifices d'être bien avancé ; puis l'intérêt passionné pour la construction s'est peu à peu ralenti, les travaux se poursuivant, mais avec une activité moindre, dans le dernier tiers du siècle et dans les premières décennies du XIVème siècle . La guerre de Cent ans, qui débute pratiquement en 1337, va provoquer la fermeture des chantiers . Malgré les efforts accomplis à la fin de la guerre de Cent ans (1453) et au XVIème siècle, aucune cathédrale française ne sera jamais complètement terminée à l'époque .

Pourquoi aborder ce thème , un tel sujet ?

Que va nous apporter sa connaissance, dans notre Réflexion et notre Savoir ?

Surtout, il va nous permettre de comprendre comment un certain état d'esprit dans une société et dans l'ensemble de ses populations , peut faire progresser toute une nation, toute une civilisation , et en particulier celle de l'Europe Médiévale toute entière .

Puisse notre société actuelle s'en inspirer et ainsi "progresser" en analysant les facteurs dont nous reparlerons , qui ont conduit à la fin de ce monde , afin de les éviter !

Nous expliquerons dans une deuxième partie le rôle des ressources énergétiques de l'époque, force hydraulique , énergie éolienne des moulins à vent et surtout celle de la traction animale des chevaux de trait ; celui de l'essor (progression rapide, hardie et libre de ce qui débute) des techniques , qui n'a pu se réaliser que parce que la société médiévale croyait au progrès et n'était guère attachée, assujettie à d'aveugles traditions ; la contribution d'une poussée démographique très forte ; la foi et la ferveur religieuse qui irriguaient la "croisade des cathédrales" qui ont merveilleusement animé la période ascendante de cette période dans toute l'Europe ; l'investissement financier lié à une économie devenue très prospère .

Les bâtisseurs de ces magnifiques édifices dominant majestueusement les villes , œuvrant dans une société où l'on admettait le progrès, purent innover et furent à l'origine de centaines d'inventions techniques et de perfectionnements efficients dus à l'esprit de recherche des constructeurs et de l'ensemble de la société dans tous les métiers .

Bien à vous, en attendant la suite de cette grandiose et imposante aventure . Gerboise .

mardi 5 juin 2007

Le Roi François 1er , la Langue Française , les Arts et le Collège Royal de France .

François 1er est reçu par Estienne, à la porte de son imprimerie, à l'enseigne de l'Olivier, rue Saint Jean-de-Beauvais, à Paris .
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A partir de 1535 l'imprimerie rend nécessaire une homogénéisation de l'écriture . Lorsque le Français devient langue d' Etat, après l'ordonnance de Villers-Cotterêts, il est doté d'un code graphique et phonique qui prend appui sur l'étymologie (origine, sens véritable d'un mot) latine.
Les progrès de la dynastie capétienne (Hugues Capet , 987-996) avait avantagé le dialecte roman parlé en Île de France . L'éclat de la langue littéraire du Midi, le Provençal, avait été effacé par la domination politique du Nord, particulièrement lors de la croisade des Albigeois en 1208 . Le français , langue de la Cour, est peu à peu imposé aux provinces .
Par l' Ordonnance de Villers- Cotterêts (15 Août 1539 ), François 1er officialise cette volonté : le français devient la langue administrative et judiciaire, il supplante le latin des clercs (des lettrés, personnes instruites ) et les autres dialectes, désormais réduits à l'état de patois (parler local souvent rural) .
Le Roi François 1er, achetant la Joconde, à Léonard de Vinci
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François 1er a joué un rôle essentiel dans l'évolution culturelle de la France, au moment où la monarchie renforçait de manière décisive son autorité et son prestige .
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Pour briser le monopole de la Sorbonne jugée trop conservatrice, le Roi institua, en 1530, un collège de lecteurs royaux, payés par le Trésor et chargés de donner des cours publics de grec, d'hébreu, de mathématiques, de rhétoriques (éloquence, art de bien parler ), de philosophie, de médecine ... Ainsi naquit ce qui allait devenir plus tard le Collège de France . Voué à l'enseignement comme la Sorbonne, le Collège de France est cependant fondé sur des principes différents : Dès l'origine, il veut rompre avec le corporatisme et la tradition, il va s'ouvrir à la nouveauté et à la diversité des savoirs .Sa vocation, définie par Renan, tient à l'enseignement
"non de ce que l'on sait, mais de ce que l'on cherche " .
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Le Collège Royal de France est fondé par François 1er, sur les avis de l'humaniste Guillaume Budé . La première pierre de l'édifice est posée par Louis XIII, mais l'achèvement n'est acquis que sous Louis XV .
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Ce Roi, François 1er, ouvert sur le monde de son époque, c'est également la France rayonnante, la Culture et tous les Arts, qui dominaient l' Europe entière .
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Et tandis qu'architectes, sculpteurs, peintres, ciseleurs, décorateurs, en une rivalité souvent bruyante, avec des talents divers et raffinés, parfois avec du génie, élevaient face à face leurs oeuvres de sens italiens ou de tempérament français, le bonheur voulait qu'à ce roi fût donné l'arme souveraine de la pensée moderne, l'imprimerie que les Estienne élevaient à la perfection d'un art Chez ces maîtres de la typographie, dans ces ateliers fameux, portant enseigne " A l'olivier ", l'arbre sacré de Minerve, déesse antique de la Pensée, et que François 1er se fit un honneur et un devoir royal de visiter, s'imprimèrent ces magnifiques ouvrages qui allèrent au loin répandre, la pensée française . Autour de cette imprimerie, autour de ce Collège de France (1529) que, pour la libre recherche et l'avancement des sciences, Guillaume Budé obtint de François, c'est le groupe incomparable des érudits Guillaume Cop, Jean Lascari, les Du Belley, Pierre Ramus, Etienne Dolet, Muret, Dumoulin, Cujas, Théodore de bèze, Robert et Henri Estienne, de Thou, les deux Scarliger, Saumaise :ce sont les écrivains glorieux de la littérature française en son magnifique renouveau, Clément Marot, Rabelais, Ronsard, Régnier, Malherbe, Montaigne, Agrippa d'Aubigné, La Boëtie, Amyot .
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Comme si cette pléiade d'artistes et de penseurs n'était pas à elle seule suffisante pour entourer le Roi, qui la sut si bien encourager, d'un murmure reconnaissant, la légende à l'histoire se mêle comme pour gâter, une fois de plus, ce favori de la fortune, et fait expirer en ses bras Léonard de Vinci . le douloureux grand artiste qui eut en partage le génie dans toutes les branches de l'activité humaine auxquelles il lui plut de s'adonner , avait, en Janvier 1516, accepté de venir à Amboise : admirateur passionné de son oeuvre, François lui avait donné avec le petit château du Cloux (Clos-Lucé ) une pension de 700 écus d'or ; et le vieillard après sa vie errante et tourmentée, travaillait à son gré, faisait de la peinture, de l'architecture, se délassant à des travaux d'ingénieur, heureux de savoir à l'abri des convulsions italiennes certaines de ses oeuvres, en particulier le portrait de Monna Lisa, cette troublante Joconde aux yeux de mystère, au sourire d'ironie,que François avait achetée .
Usé, épuisé, dès la fin de 1518, le vieux peintre déclinait, et le 2 Mai 1519 doucement il s'éteignait, avec une sublime modestie regrettant " de ne point avoir fait pour son art tout ce qu'il aurait pu " . Et, bien que l'histoire par des faits précis lui donne tort absolu, elle est bien belle la légende qui berce au bras du Roi de le Renaissance le dernier soupir du maître de la Joconde ; par une hardi transposition des faits, elle est la vérité morale rendant un hommage émouvant de sentimentalité artistique au roi de Chambord et de Fontainebleau .
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Nous avons l'intime conviction qu'un renouveau authentique, inéluctable, à cette heure, en mai-juin 2007, revient fertiliser et enrichir notre "douce France" éternelle, c'est-à-dire qu'elle donne l'impression , et même la certitude, effectivement,elle a toujours existé, semblable à elle-même, s'est poursuivie ,
et se poursuivra, sans fin comme si le temps n'avait pas de prise sur elle et qu'elle ira inéluctablement en avant garde, ensemencer des terres nouvelles .
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A bientôt, Gerboise.