Affichage des articles dont le libellé est Nos interactions avec le monde extérieur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nos interactions avec le monde extérieur. Afficher tous les articles

mercredi 12 mars 2008

Décrire (*), expliciter (**), expliquer (***).


(*) Décrire, c'est-à-dire représenter, raconter, exposer, esquisser .
(**) Expliciter , c'est-à-dire rendre plus clair, plus compréhensible .
(***) Expliquer, c'est-à-dire éclaircir ce qui est obscur, faire comprendre une chose en l'exposant en détail .


Dans toute réalisation scientifique, technique ou concernant les occupations de la vie de tous les jours , nous sommes amenés par nécessité à expliquer des faits, des évènements, c'est-à-dire :

-des états de choses ,
-des situations ,
-des manières d'être .

Qu'est-ce que nous voulons dire, que voulons nous laisser entendre par " expliquer " ?

Expliquer suggère trois significations qui se complètent :

Expliquer : C'est faire connaître ,

Expliquer : C'est rendre clair, faire comprendre en développant ,

Expliquer : C'est faire connaître les raisons, les causes, les conséquences, les fonctions, les
rapports entre les faits et les évènements .

1. -Nous pouvons faire connaître quelque chose : un problème (résistance d'une roche) , un état de choses (sa désagrégation) , un "fait" (impossibilité de construire un barrage) [ objet (un minéral) , propriété (sa fragilité) , phénomène ( son altérabilité) , facteur (la température) ] , un concept (résistance des matériaux) , une théorie (déformations sous les contraintes dues à la pression) , en le décrivant ;

2. - Nous pouvons rendre clair quelque chose , en l'explicitant ;

3. - Nous pouvons faire connaître les causes de quelque chose en le situant par rapport à ce qui n'est pas lui, en l'explicitant par son environnement .

L'explication par les causes fait entrer en ligne de compte les points de vue suivant :


a/-celui de la cause efficiente , de la genèse , de l'origine , et de la production ;

b/-celui des causes matérielle et formelle , de la structure , et de la texture ;

c/- celui de la cause finale , de la fonction , de l'utilité et de la finalité


En un mot, on explique un évènement, un fait, on attribue une signification à un sens , en le décrivant et/ou en l'explicitant , et/ou en le situant par rapport à son origine , et/ou par rapport à sa structure , et/ou par rapport à sa fonction .

Décrire , expliciter , expliquer par l'origine, par la structure, par la fonction , voilà autant de formes de l'explication , voilà autant de modes d'attribution d'une signification . Toute la procédure d'explication , la stratégie, peut-être envisagée comme l'ensemble des questions qui peuvent être posées par rapport à un évènement, un fait quelconque :



- Qu' est-ce que c'est ? (substance, nature, caractère,, constitution, genre, condition, état ...) ;

- Qu'est-ce que cela veut dire ? (signification, sens, portée ...) ;

- D' où cela vient-il ? (origine, provenance, commencement, germe, source ...) ;

- Comment est-ce fait ? (description, construction, caractère, organisation, fabrication ...) ;

- A quoi cela sert-il ? (usage, emploi, fonction, destination ...) ;

- Quelle est l'importance [ durée , quantité , influence ...] ? l' intérêt ? (l'ampleur dans le temps, l'espace ; la portée, le prestige, le développement, le sérieux, l'essentiel, "le nœud de l'affaire" ! , le fondamental ...) ;

- Quelles sont les conditions d'existence , de stabilité, d'extinction ? (de présence, d'équilibre, de permanence, de disparition, d'absence ...) ;

- A quelle époque cela est intervenu ? (croissance, décroissance, durée, dans le passé, de nos jours, siècle, ère , sous quel règne, gouvernement ,quand cela interviendra t-il dans le futur ...) ;

- Dans quel cadre cela est-il intervenu ? (environnement, domaine technique... , dans quelle discipline, spécialité, privé, public, personnel, associatif ...) ... etc ...


Chacune des formes de l'explication, considérée comme une réponse à une question sur la nature de l'évènement, le fait à expliquer, est rendue matériellement possible par sa référence à un
" explicateur " ( l'ensemble des facteurs qui permettent de fournir, présenter la cause , la nature ... d'une chose) qui fournit aussi bien le cadre de réflexion mentale par rapport auquel l' " expliqué " ( ce qui fait l'objet d'une explication ) est situé, que le contenu de la réflexion dans les termes duquel l'explication proprement dite, la signification est exprimée .


Ces diverses formes de l'explication mettent chaque fois l'accent sur un autre aspect de l'expliqué :

a/- La description traite d'objets, de faits, d'états de choses, de structures (d'agencement, d'organisation, de disposition, de configuration) et de textures (de trame, de consistance);

b/- L'explication traite d'objets de réflexion, d'expressions verbales ;

c/- L'explication par les causes traite d'évènements, de situations, sous l'aspect de leur origine, de leur structure, de leur fonction .

Décrire vise ce qui est , expliciter vise ce qui est dit sur ce qui est .

Décrire un " fait ", un évènement consiste à prendre en considération, à privilégier tel ou tel ensemble de prédicats (attribut, caractère propre que l'on prête à un être, à une chose dans une proposition ou dans un jugement) , en posant ce que sont ces prédicats qui révèlent le " fait " , l'évènement pour ce qu'il est vraiment, que ce sont ces prédicats qui sont pertinents .

Décrire un " fait ", un évènement revient à le situer dans un domaine théorique . La description du sens du fait, de l'évènement à expliquer doit dessiner, dès l'abord, l'extension et les limites de son domaine d'explication . C'est dire que la description, quand elle vise l'explication, est sélective : elle choisit les prédicats qui lui semblent pertinents pour l'explication . C'est ce choix qui est essentiel, pour la connaissance réelle du fait, de l'évènement ; c'est la partie la plus difficile à réaliser dans l'acte de décrire en vue d'expliquer .

Nous vous présenterons , dans une deuxième partie, qu'est-ce que signifie expliquer par les causes , ainsi que le rôle et les qualités de celui qui explique .
Bien à vous, Gerboise .










mardi 4 mars 2008

Les quantités mesurables : notions, ( idées, concepts et connaissances) de coïncidence et de simultanéité .

On a souvent cité, comme étant la base de la physique moderne, ce mot de Kant ( philosophe allemand, 1724-1804) : " Il n'y a de science proprement dite, dans les sciences naturelles, que ce qui s'y trouve de mathématique " . Sans doute, il a été écrit au moment où la physique allait réellement devenir mathématique ; mais depuis longtemps on comprenait qu'elle devait le devenir . Bien avant Kant, Galilée ( mathématicien, physicien et astronome italien, 1564-1642, père de la notion de relativité des phénomènes et des points de vue des personnes en fonction de l'environnement et du contexte ambiant) avait dit : " Mesure ce qui est mesurable, et rends mesurable ce qui ne l'est pas encore " ; et Platon (philosophe grec, ~ -428 à ~- 348 ) avait formulé la même idée de la manière la plus expressive, en appelant Dieu l'éternel géomètre : Dieu " géométrise " éternellement .

Ces aphorismes ( maximes, préceptes) définissent l'objet des sciences naturelles . En particulier, le physicien exécute des expériences pour obtenir des données positives qui puissent être introduites dans le calcul, où elles sont transformées jusqu'à faire apparaître des lois générales . Celles-ci, formulées en langage mathématique , permettent de prévoir la marche ( le déroulement ) des phénomènes, et suggèrent d'autres expériences qui vérifieront ces lois et en feront apparaître de nouvelles, lesquelles s'ajouteront aux précédentes ou les élargiront (leur permettront de se développer ) .
Or, qui dit expériences, dit mesures . Toute la physique se ramène donc à exécuter des mesures, et à en faire entrer les résultats dans les calculs .
Mais pour exécuter une mesure avec la rigueur désirable, il suffit d'être fixé sur l'objet concret à mesurer, sur ses limites, sur l'unité à employer, sur les conditions de l'expérience, et sur le mode opératoire .
Peu nous importent donc les dissertations (dans le sens de discourir, palabrer inutilement ) sur les choses en soi, sur l'essence (l'esprit, les principes) de l'espace, du temps et du
mouvement, auxquels s'applique indifféremment ce que l'on dit si bien du temps, "dont nous avons tous la notion (la représentation ) et qui est indéfinissable (inclassable ) par nature " . Nous nous bornerons ( limiterons) à préciser d'une manière concrète ce que nous entendons par ces objets de nos mesures ; et cela, par un artifice ( subtilité) analogue à celui qui sert aujourd'hui à définir le mètre .
Quand on a constaté que les dimensions du globe terrestre ne sont pas exactement celles fournies par les mesures des deux astronomes français Delambre et Méchain, il a fallu reconnaître que le mètre étalon (voir ci-dessous ) ne répondait plus à sa définition : il n'est pas la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre . En toute rigueur, il aurait fallu le remplacer .
Mais cela aurait créé une confusion insupportable pendant la période de transition ; et l'on aurait discrédité ( déconsidéré, dénigré) le système métrique, puisqu'on aurait toujours eu à craindre de se voir obligé, par quelque nouveau progrès de la géodésie ( science qui a pour objet la détermination de la forme de la terre, la mesure de ses dimensions, l'établissement des cartes) , à modifier encore l'étalon .
On prit donc le parti fort sage de renoncer à la définition théorique pour en prendre une concrète, en disant : " Le mètre international est la longueur de l'étalon conservé au Pavillon de Breteuil, à Sèvres, France ", avec cette remarque : " A titre de renseignement, il est à peu près égal à la dix-millionième partie du quart d'un méridien terrestre . "
Pareillement, il nous suffira de dire : " L'espace est la grandeur qu'on est convenu de mesurer, suivant trois axes perpendiculaires deux à deux , au moyen de règles dont le prototype ( premier exemplaire d'un modèle construit ) est le mètre international ;
Le temps est la grandeur que l'on est convenu de mesurer au moyen d'horloges réglées astronomiquement sur le jour moyen ."
Ces définitions terre à terre feront sourire bien des gens ; et nous conviendrons bien volontiers que ce ne sont pas des définitions . Mais il n'en faut pas davantage au physicien pour mettre un phénomène en équations (traduire , exprimer quantitativement les données recueillies par une relation mathématique) ; et c'est tout ce qu'il demande pour réaliser les découvertes les plus grandioses .
Quand au mouvement, nous n'avons à le connaître que par ses caractéristiques mesurables, la direction, la vitesse ( distance parcourue par unité de temps , rapidité de déplacement ) et l'accélération (vitesse avec laquelle un corps en mouvement augmente de vitesse) , qui sont des fonctions ( une grandeur, la vitesse par exemple,est dite "fonction" d'une ou plusieurs autres lorsque sa valeur est déterminée quand on connaît la valeur de ces dernières ) de l'espace et du temps . Le reste nous est indifférent !

Abordons, maintenant les notions et les connaissances (qui impliquent une étude et un jugement, la notion étant , surtout en matière de science, une vue générale et sommaire acquise avec un peu de travail, la connaissance , systématique, précise, complète et nette, étant acquise après un long examen) nécessaires pour apprécier (évaluer, déterminer ) les problèmes posés par les idées de coïncidence (1) et de simultanéité (2) , liés, en relation avec l'action de mesurer, c'est-à-dire d' évaluer une quantité en la comparant à une quantité déterminée,connue .

(1) -coïncidence : se dit d'événements qui arrivent en même temps ou qui occupent la même portion de l'espace en se superposant exactement . Coïncidence comporte également l'idée de hasard, et implique souvent que l'esprit tire une conclusion du rapprochement des événements.
(2) -simultanéité : qui se fait, qui s'accomplit, qui a lieu en même temps; existence, production de deux ou plusieurs choses dans le même instant, qui se réalise ensemble. Synchronisme absolu, concordance de dates .

De quelle manière réalise-t-on ces mesures, fondement ( élément essentiel sur lequel s'appuie tout un ensemble, ici de connaissances) de toute science expérimentale ? Ou du moins quel en est l'esprit ( le sens profond, la signification, le contexte dans lequel on se situe) ? Car il n'est pas question d'entrer ici dans la description des appareils et de leur emploi .


Toute mesure se ramène à l'appréciation d'une coïncidence dans l'espace et dans le temps . Ce peut être la lecture d'une graduation, en regard d'un trait ou de l'intervalle de deux traits, ou l'examen d'une aiguille parcourant un cadran, ou l'audition de deux bruits simultanés ou de deux sons identiques ; de toute façon, que ce soit par la vue ou l'ouïe, il s'agit d'apprécier une coïncidence .
Plus exactement, ce n'est pas une coïncidence que nous percevons, mais " la cessation d'une non-coïncidence ." Nos sens ne nous révèlent que des distances, des écarts, des différences . Quand nous disons qu'un corps est chaud, c'est que nous sentons de la chaleur passer de lui à nous ; il n'est donc pas " chaud ", ce qui ne signifierait rien par rapport à un corps plus chaud, mais simplement " plus chaud que nous " (nous pouvons percevoir ces sensations lorsque nous effleurons une partie du corps de quelqu'un qui " a de la fièvre ", une température élevée par rapport à la température normale de notre main) . Si nous n'éprouvons pas cette sensation, ni l'inverse, nous disons qu'il y a équilibre de température , c'est-à-dire coïncidence . Mais cette impression est subjective : un bolomètre (instrument qui sert à mesurer l'énergie rayonnante émise par un corps chaud) nous révélerait encore un notable écart de température, alors que l'imperfection de nos sens de la chaleur nous fait croire à l'équilibre .

La notion de coïncidence dans l'espace est intuitive .

On dit que deux points coïncident quand on ne discerne aucun intervalle entre eux (à l'oeil nu ! si nous utilisions une loupe, nous serions capable de constater la non superposition complète et exacte des deux points . L'utilisation d'une loupe plus puissante nous permettrait d'apprécier un manque de coïncidence encore plus faible, mais réel) . Mais c'est là une appréciation personnelle et relative, dépendant de l'acuité de notre vue, de la puissance de l'éclairage, ainsi que de la perfection de nos instruments ( comme nous venons de le préciser avec la qualité en particulier de la loupe utilisée) .
L'idée de mesure est donc inséparable de celle d'approximation (d'à-peu-près ) . Quand nous énonçons un résultat, il faut toujours indiquer le degré d'erreur qu'il comporte ; et si nous l'introduisons dans un calcul à titre de donnée, il ne faut pas perdre de vue cet écart, qui influera sur le nouveau résultat cherché .

Dans un autre billet, nous poursuivrons notre réflexion sur ce thème très instructif pour construire notre rapport au savoir et aux diverses connaissances qui permetttent de comprendre le monde qui nous entoure et avec lequel nous interférons (interférence dans le sens de rencontre de plusieurs phénomènes ou de personnes, qui agissant ensemble , entraînent souvent des modifications de comportements , qui se renforcent ou se contrarient . Exemple : interférences entre l'éducation et le comportement des enfants ; être en relation de concurrence ou de concordance ) .
A bientôt, bien à vous, Gerboise .


samedi 16 février 2008

Interactions avec le monde sonore ( vibrations mécaniques). Avantages et relations avec nos cadres de vie, anciens et présents .

Les êtres vivants et surtout les êtres humains , dès l'aurore de l'humanité, ont " prêté l'oreille au guet " (faire le guet, être aux aguets, être de garde, surveiller , être à l'écoute attentive) ; ce fut certainement , à l'aide du "système auditif " (qui implique également l'ensemble du cerveau !) de ces " Etres " constamment sur le qui vive ,qu'apparurent les premières attitudes de nos lointains ancêtres devant tout indice sonore anormal (ébranlements, vibrations mécaniques dus : à une rupture de matériaux , dilatations ou contractions de ces derniers, à un choc, au vent, aux déplacements des êtres vivants ...etc) , susceptible d'évoquer l'approche d'une proie ou d'un danger physique et/ou d'autres humains .

Etre attentif à l'environnement plus ou moins proche , fut pour le système auditif de l'homme de la préhistoire, une fonction, une attitude, une posture , qui lui permettait d'être exceptionnellement sensible à tout indice, manifestation sonore hors du commun, susceptible de suggérer, d'éveiller son attention (et donc d'apprendre en vue d'une mémorisation ) lors de l'approche d'un prédateur, d'une proie ou lors de la manifestation d'un signe lui révélant , à l'individu initié qu'il était , un danger inconnu .


L'outil auditif lui permettait de mettre en oeuvre une stratégie opérationnelle liée à la possibilité d'obtenir des signaux informationnels de longue portée , que ne permettaient pas d'obtenir les autres " antennes " sensorielles (visuelles, olfactives, tactiles) . Est-ce toujours le cas de nos jours, pour une majorité de nos concitoyens ...? !


De toute façon, de tous nos détecteurs, cet outil auditif est capable de fonctionner dans la lumière du jour, dans l'ombre de la nuit, par tous les temps à l'exception des jours de pluie battante , ou sous les roulements du tonnerre les jours d'orage .


Cet instrument "en état de marche" (bien sûr, non altéré par des bruits excessifs, vacarmes assourdissants du monde moderne actuel) , véritable béquille ,était et est toujours beaucoup plus apte à capter des informations que la vision, l'olfaction ou le toucher . En effet, le moindre obstacle, le plus petit monticule, les branchages, le tronc d'arbre qui s'interpose, et tout notre champ visuel est obstrué ; plus encore, pour peu que la luminosité laisse à désirer, que le brouillard du petit matin se lève, notre détection optique, si perfectionnée soit-elle, devient sans efficacité et sans portée .
Nos capacités olfactives, atrofiées de nos jours (par la plupart des molécules gazeuses émisent par nos industries et toutes les fumées !) sont perturbées par le moindre courant d'air . Quant à notre système (détecteur) tactile à très courte portée (contact) il ne permet que des alertes très tardives mais importantes pour éviter de fortes brûlures par les corps brûlants ou glacés . Cependant, parfois, pour des individus à l'attention particulièrement exercée, un courant d'air frais ou chaud, des effluves odorantes subtiles, peuvent être détectées et donner l'alerte qu'un évènement nouveau "se met en route" , se produit .
L'audition, outil de détection précoce et de contrôle, permet un large et rapide éventail de balayage dans l'espace .

Pourquoi avoir attiré particulièrement votre attention, quel est l'apport constructif de cet état de chose, de cette mise en alerte ? Dans son blog, Gerboise n'a-t-elle pas déjà soulevé ce problème crucial ? Oui , plusieurs fois à propos de l'attention volontaire , de la nécessité de cultiver son esprit critique, sa présence d'esprit, sa propre réflexion ; Gerboise dès l'introduction de son entreprise à la mi-décembre 2006 , a , dans son énumération, précisé ce point fondamental .

Nous poursuivrons cette analyse et ses conséquences pour nos rapports avec le monde actuel , car l'inattention est à la source de bien des méfaits constatés dans l'éducation des enfants de nos jours . Nous sommes , actuellement, entrain de perdre une grande partie des acquits qu'avaient conquit nos ancêtres de la préhistoire à force de ténacité, de rigueur et d'intelligence !

Bien à vous, Gerboise .

mercredi 19 décembre 2007

Bonne humeur , Sourires , Rires : Nuances infinies des réalités complexes du risible ; expressions normales ou singularités de la vie humaine ?



Il y a un an et neuf jours , le dimanche 10 Décembre 2006 , naissait Gerboise , " Savoirs et Réflexions " . Nous allons marquer cet anniversaire , aujourd'hui , en compagnie de ces deux personnages rubicond (couleur qui enlumine un visage, en général large et comiquement épanoui) qui expriment la bonne humeur et la joie de vivre . Qu'il en soit de même pour tous les fidèles lecteurs de notre blog à qui nous souhaitons de bonnes fêtes de Noël .

Dans le "grand monde " ...! on sourit beaucoup, mais on se refuse souvent à rire, à seule fin de ne pas rire comme n'importe qui, de peur de s'encanailler . Dans les milieux " de la campagne " ...! au contraire, le rire est spontané, abondant, bruyant, exubérant . Il parcours une riche gamme, depuis le rire bon enfant jusqu'au rire cruel, depuis le sourire finaud et silencieux qui se retient par politesse, méfiance ou malice, jusqu'aux éclats "à ventre déboutonné " des frairies du midi ou des kermesses du nord, corsées de beuveries grâce à quoi les langues se délient en de savoureuses " histoires paysannes " ou " patoises " .

Les parlers locaux communiquent à cet humour villageois un " goût de terroir " que les connaisseurs apprécient fort, et jugent souvent intraduisible . La même boutade qui fait feu d'artifice quand elle est lancée gaîment en dialecte gascon, provençal ou wallon, devient terne et fait long feu quand on la traduit en français, où pourtant le mot à mot est parfaitement fidèle au sens littéral . Fidèle à la lettre, qui tue le rire, mais non à l'esprit paysan, qui le vivifie .

C'est que le patois insinue avec lui toutes les valeurs terriennes d'inculture et de puérilité, de naïveté méfiante et maligne à la fois, que le langage citadin, produit de culture policée, écarte au contraire par lui-même, puisque ce qu'il suggère, ce sont ces mille valeurs de la vie urbaine, mondaine, savante ou scolaire, dont l'interférence ne peut que figer certaines gaietés dites naïves.

Voici trois anecdotes qui vont vous faire apprécier ces subtilités :
-La première est une aventure paysanne de gendarmes, très rudimentaire comme il convient .

~Un meunier rentre chez lui, la nuit tombante, menant lentement sa charrette à boeufs . A cent pas du moulin, deux gendarmes l'arrêtent : " Procès-verbal, hé, meunier ! Ta lanterne n'est pas allumée après le soleil couché ! -Pas allumée, monsieur le brigadier ? Vous voulez plutôt dire par hasard qu'elle vient d'être tout juste éteinte ? - Et par qui diable éteinte ? Il n'y a personne ici que toi et nous . - Si fait ! Par le vent, té ! " - Pandore, sourcilleux, tâte le verre . "Mais elle est froide, ta lanterne blagueur ! - Baste ! refroidie, pardi ! c'est la vitesse ! " Et il repart nonchalamment vers son moulin, en invitant ses boeufs à la "vitesse " du bout de son aiguillon, au nez des gendarmes désarmés .~

Cette facétie ( plaisanterie très comique et parfois un peu grosse et inconvenante qui fait rire par ses propos, ses actes comiques, son comportement , ses gaillardises), cette malice réjouissante "ne dit rien ", ou pas grand chose, au lecteur trop cultivé, autrement et plus exigeant . Mais nous savons des amateurs qu'elle fait rire de bon coeur, dite en ce patois qui porte en lui l'expression d'une structure spéciale de la pensée collective .

- La deuxième se situe dans le Périgord, où la malice paysanne sait pratiquer des roueries calculées et artistement agencées . Témoin cette histoire de curé qui se conte dans ce savoureux terroir, en patois !

~"Au catéchisme, Monsieur le curé a demandé au fils de Célestin, le maréchal-ferrand :Dis-moi 'pétit', quel jour est mort Notre-Seigneur ? -Je ne sais pas, répond l'enfant, tout interdit . Je ne savais même pas qu'il était malade ." Indigné, Monsieur le curé s'en va morigéner ( gronder en faisant de vives remontrances, réprimander) le père . " Célestin, lui dit-il , tu devrais avoir honte que le fils d'une famille de bons chrétiens soit si ignorant ! " Célestin réfléchit prudemment . " Oui, bien, monsieur le curé, dit-il enfin . Mais il faut excuser notre fiston . Ce n'est pas tout de sa faute . Voyez-vous, ici, nous autres, nous ne lisons pas les journaux ." ~

-La troisième a lieu au Château de Versailles .

~ "Quand accouchera votre femme ? demandait Louis XIV à un courtisan . _ Quand il plaira à votre Majesté, répondit le plat personnage " . ~


Absurdité ou désarroi qui ravalent une loi naturelle au rang d'une convention de politesse purement formaliste .

Bonne humeur : il s'agit de la disposition d'esprit de nos deux personnages qui présentent un sourire facile; ils semblent posséder le goût de plaisanter, d'aimer s'amuser; nous pouvons dire qu'ils envisagent la vie sous un jour favorable, qu'ils ont l'air de prendre les choses du bon côté, sans se faire de souci, peut-être par légèreté d'esprit ou volonté d'optimisme . En deux mots : leur tempérament paraît enjoué, guilleret, rieur , la gaieté jaillit de leur visage . Le plaisir de vivre émerge de leur regard jovial sur un visage épanoui (détendu sous l'effet de la joie , grassouillet, aux pommettes roses ). Cette expression hilare, malicieuse , émoustillée ,de sourire aux anges, discrètement rieuse de ces deux visages , exprime, laisse apparaître un sentiment réel de joie, de satisfaction, de sympathie .

Sully Prudhomme dans Solitudes, 1869, p.67, nous décrit une ambiance comparable .

"Au théâtre parfois il se tourne [le poète] et, voyant

La gaîté des badauds qui va se déployant ,

Pour un plat calembour, des loges au parterre ,

Il se sent tout à coup tellement solitaire

Parmi ces gros rieurs au ventre épanoui ..."

L' Univers du rire est immense .

Tous les rires ne sont pas susceptibles de qualification esthétique . Non seulement, il en est qui ne dépassent pas le réflexe purement physiologique du fou-rire ou du gaz hilarant, mais il y a des rires psycho-physiologiques de joie, de jeu, de triomphe, de déception, qui ne correspondent sensiblement à aucune " volonté d'Art "( de sourire) !

Un rire de bonne humeur ou de méchanceté pouvant correspondre, l'un à de l'humour, l'autre à de la haine . Certains sont spirituels, d'autres comiques et humoristiques .

Le rire désarme . Sacarstique ! , parfois pince sans rire : se dit d'une personne qui raille ou plaisante en gardant tout son sérieux . Il y a toutes sortes de rire : rire bruyant, retentissant, sonore ; rire charmant, clair, communicatif, contagieux, convulsif, éclatant, émerveillé, épais, gloussant, gras ; rire étouffé, inextinguible (inassouvissable , fou-rire éclatant qu'on ne peut arrêter) , incoercible (qui continue son mouvement dans l'espace ou le temps sans qu'on puisse l'arrêter , irrésistible ) , irrépressible ; rire énorme, goguenard, ironique, méchant, moqueur, narquois, nerveux , niais ; rire de gorge ; accès, bruit, explosion, parties de rire ; déclencher, exciter, provoquer le rire .

Jean de la Bruyère, 1645-1696, dans les Caractères, Ouvrages de l'esprit, nous dit :

"D'où vient que l'on rit si librement au théâtre, et que l'on a honte d'y pleurer ? Est-il moins dans la nature de s'attendrir sur le pitoyable que d'éclater sur le ridicule ? "

Parfois le rire est une décharge d'un trop plein d'excitation nerveuse : c'est un exutoire utile .

On rit d'un personnage sot, balourd, nigaud, qui manque d'esprit et surtout de jugement ; ou d'un personnage qui " fait le sot " comme d'une dégradation de valeur purement individuelle . Mais on n'est pas sot de la même façon à Paris, à Chicago ou au fin fond du monde !

La vie sociale est organisatrice et même créatrice de rire dans la mesure où elle organise et crée des hiérarchies de valeurs . Et cette mesure est considérable, la société étant la plus grande porteuse de valeurs de toute nature humaine .

Pour clore provisoirement ce thème d'une complexité presque sans limites, peut-on dire s'il est possible, s'il est souhaitable même d'exprimer par une seule formule, aussi simplifiée soit-elle, les nuances infinies du risible, - sourires discrets pour une haute comédie de caractère ou pour un mot d'esprit subtil, inhibitions de l'humain pince-sans-rire, aux esclaffements intempérants d'une gaudriole ?

Oui, nous le redisons : L'Univers du rire est immense et réjouissant .

Bien à vous et encore bonnes fêtes de Noël . Gerboise .





























dimanche 11 novembre 2007

Adaptations au Stress,est-ce possible ? :" A trop tirer sur la corde, dit le proverbe, elle finit par casser ".

Chacun, à sa manière, est "mort"(!) de trop (accumulation) de stress.
L'excès de ce que l'on appelle le "stress" et le "fil (le lien) de l'existence", représenté par la réserve (le stock) d'énergie (de ressources , de potentiel ) que chacun porte en lui au départ ,le nœud finit par se défaire, par se rompre .
L'hyperactif , à coup de décharges d'adrénaline , fragilise son cœur , altère ses vaisseaux , appauvrit sa capacité de réaction au stress .
L'introverti encaisse, intériorise et, à coup de décharges de cortisol , épuise son potentiel d'énergie et de défense . Sans retour . Nous n'avons pas de chèques en blanc .

On peut "entamer " une petite partie de son potentiel d'énergie à condition -1- que sa propre "machine " soit de bonne qualité au départ et ainsi résiste mieux ", et -2- , sous réserve qu ' elle fut bien entretenue durant toute son existence .

Certains individus semblent ,dès la quarantaine , être devenus des vieillard . Il est des vies tranquilles et douces, qui font un visage lisse et doux et un corps alerte . Et des vies rudes, âpres, qui s'inscrivent en rides prématurées sur le front ou autour des yeux, dans un dos voûté, une lourdeur du corps . Car le stress provoque un vieillissement accéléré en puisant dans le capital de résistance que chaque individu possède à la naissance . Indéniablement, certains sont plus riches que d'autres : les hommes ne naissent pas égaux devant les " coups du sort " .

Chacun a un " capital d'adaptation " , sorte de compte en banque , de réserve d'énergie dans laquelle il puise chaque fois qu'il subit une agression , un stress , et qui , chaque fois , s'appauvrit d'autant .


Ce capital théorique , généralement programmé, est une donnée innée, et si à l'évidence certains individus sont, au départ, mieux armés que d'autres, le processus est toujours le même : le capital d'adaptation est un capital jeunesse et le stress l'équivalent d'un phénomène d'usure, celle-ci étant d'autant plus rapide et précoce que la dose de stress est plus grande et plus rapidement cumulée . Sans en avoir conscience, on tire sur un compte qui n'est jamais réapprovisionné . Ainsi, la dose totale de stress qu'il supporte est un élément plus déterminant de vieillissement de l'organisme que le temps qui passe . Les coups, les drames, les déceptions, les humiliations, les contraintes quotidiennes, les déséquilibres tuent notre jeunesse plus sûrement et plus vite que les années .


Quand on vit à mille à l'heure, quand on en fait trop, vient vite le jour où on a l'impression de n'être plus capable de récupérer . La fatigue s'accumule, la mémoire se brouille, on dit qu ' "on n'en peut plus " . Et c'est vrai . Ce jour -là, on a usé son énergie . Le compte est à découvert !


Contrairement à ce qu'on croit souvent , il ne suffit pas de se reposer quand on est surmené pour tout effacer et se faire une nouvelle jeunesse .


Tout au plus peut-on ainsi reconstituer des réserves superficielles, immédiatement disponibles et aussitôt brûlées . Mais on ne corrige jamais tout à fait les lésions organiques, les troubles du métabolisme, l'usure des cellules . Chaque stress laisse une cicatrice biologique irréversible . Les stigmates du vieillissement sont indélébiles .

Certaines manières de vivre sont, au sens propre, plus usantes que d'autres . Alimentation trop riche, ou trop pauvre, nuits sans sommeil, excès de tabac, d'alcool, de fatigue, compétition, challenge permanent, un jour le corps craque . On sait, par des études à la fois scientifiques et statistiques, que certains métiers usent prématurément :mineurs de fond, les travailleurs de nuit, mais aussi les hommes soumis aux difficultés et à la solitude des responsabilités , vivent plus mal et quelquefois moins vieux que d'autres . Mais surtout, la multitude des stress psycho-émotionnels subis jour après jour nous font vieillir avant l'heure et nous exposent à ces maladies dégénératives que sont l'arthrose, les rhumatismes ou l'athérosclérose .

C'est une lapalissade de dire qu'une vie conjugale conflictuelle, un travail qu'on aime pas, des bouleversements incessants ou un train-train contraignant épuisent plus rapidement qu'une vie harmonieuse et un travail motivant . Ce qu'on sait moins, c'est que nous pouvons être plus ou moins dépensiers ou économes de notre capital de jeunesse et que , pour vieillir lentement, pour garder notre jeunesse le plus longtemps possible, nous devons apprendre à gérer nos stress et notre compte en banque personnel, dont nous sommes seuls garants et seuls débiteurs sans espoir de recours .

Nous voyons chaque jour, et de plus en plus souvent, des hommes et des femmes à bout de forces ou de nerfs, malades du stress ou d'une pathologie induite par le stress . Dans notre Blog, Gerboise a décidé de lancer un signal d'alarme afin que des drames soient évités . Cela doit faire également partie des savoirs , des réflexions et des connaissances dans l'éducation de tout individu .

Parce que la nature humaine s'imprègne des diversités individuelles au point qu'aucune personne ne ressemble à une autre, le même stress peut avoir des effets différents . Il faut donc, autant que savoir reconnaître ses stress, se connaître soi-même pour pouvoir réagir, encaisser, résister, positiver .

Nous approfondirons et essayerons de faire comprendre le stress qui est à la fois l'essence même de la vie et un poison social contre lequel, s'il n'existe pas d'immunité, il est pourtant possible de trouver quelques antidotes . Bien à vous, en espérant que vous deviendrez capable de bien gérer ce fléau si par malchance ou erreur, il vous a, vous, ou un de vos proches , envahi plus ou moins intensément .Comprendre ces phénomènes, sera une des premières protections que vous pourrez utiliser par la suite . Gerboise .


dimanche 9 septembre 2007

Premières clartés du matin : Sensations , perceptions du monde avec lequel nous échangeons et nous communiquons .

Pourquoi des personnes qui regardent la même chose, le même objet, le même être vivant, voient-elles chacune d'entre elles , un aspect parfois totalement différent ; en fait, pourquoi décrivent-elles un contexte souvent méconnaissable relativement à ce qui devrait se voir ? : c'est , ainsi qu'on le dit , "comme le jour et la nuit" !
Qui dit vrai à propos de la chose vue ? regardée ? Y a-t-il un réel ou une fausse apparence, dans ces différentes "visions" des choses ?
Qu'est-ce qui vous rend si sûr de vous-même dans la description d'un évènement auquel vous avez assisté ? (un accident, une interaction entre des personnages, un phénomène naturel ) . Le simple fait d'avoir été là et de vous fier à vos sens est-il suffisant ? (n'avez vous pas, par votre présence, influencé les interlocuteurs , le contexte ?) Voyez-vous les choses comme elles sont, comme vous voudriez qu'elles soient ou comme vous êtes ? La beauté, l'ensemble des qualités sont-elles dans l'oeil du spectateur, dans le vôtre ? Si c'est le cas, que communiquez-vous vraiment lorsque vous parlez, par exemple, à quelqu'un des mérites du guide dans un musée où sont exposées des peintures, des sculptures ; ou de l'intérêt d'un film regardé la veille ou la semaine précédente ...?

La communication est essentiellement un processus de structuration de la réalité à travers la perception et la symbolisation . Notre manière de réaliser cette structuration façonne l'information que nous retirons de toutes les stimulations qui nous entourent et, de là, façonne l'image que nous nous faisons du monde . Cet énoncé est fondamental parce que notre comportement est basé sur l'image que nous nous formons de ce monde, sur l'expérience que nous tirons des évènements, des personnes et des choses, sur la perception que nous avons de la réalité .

Cette perception n'est pas quelque chose qui nous arrive au hasard . Nous ne sommes ni des récipients d'information, ni des non-participants, ni des contenants passifs de stimulations . En fait, nous sommes des partenaires actifs et des acteurs importants de ce qui se passe "au dehors" . Effectivement, nous sélectionnons et choisissons ce que nous percevons, ce que nous regardons ; nous organisons les stimulations sensorielles et nous les interprétons dans le cadre d'une image cohérente et significative de notre monde . Nous faisons tout cela très rapidement, automatiquement et souvent inconsciemment, mais néanmoins nous le faisons . Littéralement, nous créons ce que nous voyons . Il nous faudra expliquer ce qui semble être un paradoxe et discuter ce que nous pouvons percevoir lorsque nous sommes en mesure de répondre à des stimulations de notre environnement .

Voici un beau programme de réjouissances, en vue de nous insérer" pleinement" dans tous les domaines de la connaissance . En attendant, bien à vous, Gerboise .

samedi 12 mai 2007

La parole et la voix, des chemins (voies) privilégiés de l'activité humaine





Une Voix venue de Londres : L'appel du 18 Juin 1940 .Un appel qui permis à l'espérance de renaître et a servi de ralliement à tous ceux qui voulaient agir....,
(Le général De Gaulle à la BBC s'adressant aux français . Affiche apposée à Londres, les 3 et 4 Août 1940 ).
.
et la Voie glorieuse d'une colonne des Forces Françaises Libres à travers le Cameroun, le Tchad, jusqu'à l'oasis de Koufra, puis vers Paris et enfin Strasbourg ! et cette Voix du serment de Koufra qui ont recrée une image glorieuse de l' Armée Française renaissante .
(Le général Leclerc à Koufra et la plaque qui scelle à jamais ce serment mémorable, digne d'être conservé dans notre mémoire) . Il s'agit ici de deux vecteurs mémorables, la Voix de l'Honneur ainsi que de la Voie de l'Honneur, qui permirent à la France de renaître et de retrouver sa place dans le monde .
.
Nous avions le 4 Janvier 2007 présenté le Regard une de ces fenêtres qui permet de "voir", et d'apercevoir notre personnalité et surtout nos "états d' âme" à un instant donné . Nous poursuivrons cette investigation .
.
Aujourd'hui nous allons présenter une deuxième Voie qui va nous permettre d'accéder à nos "états d'âme" et à notre personnalité : la Voix . Cette dernière va favoriser la communication avec les êtres du monde extérieur pour les informer de nos pensées, pour les convaincre et les persuader , les influencer et parfois même les tromper ! Nous verrons ensuite par quelles Voies nous pourrons arriver à nos fins, à nos intimes convictions .
.
La Voix s'exprime sur-le-champ, sans délais .Elle constitue le support acoustique de la parole .
" Elle est le Son résultant d'une synergie fonctionnelle entre les mouvements laryngés , respiratoires et phonatoires"(Tarneaud) .Créée par le souffle (essoufflé, je suis resté sans voix!), générée par le larynx, elle devient énergie sonore (des ondes qui vont se propager dans l'air et atteindre l'appareil auditif des autres , se réfléchir aussi sur les parois rocheuses d'une vallée encaissée et revenir ainsi vers eux, leur permettant ainsi de recevoir les messages, d' Écouter) . Elle sera étudiée par les chercheurs de la physique acoustique . Le son, phénomène mécanique, et non électromagnétique comme les ondes radio, nécessite un support matériel . Un son n'existe pas dans le vide, pur, composé, organisé (son musical), il devient du bruit lorsqu'il est anarchique . Le son et la voix sont dans la durée et permettent de prendre conscience du temps qui s'écoule, contrairement à la lumière et à la vue qui sont pratiquement instantanées .
.
Nous pouvons aborder et approfondir les deux termes, la voix et la voie , de multiples façons ; réaliser ceci est un véritable exploit, tellement la richesse de leurs proches et très diverses significations est difficile à explorer dans un contexte(notre blog) où l'on ne peut pas être exhaustif . Attention à la conjugaison du verbe voir qui donne d'autres homonymes (se dit des mots semblables , de prononciation identique mais , de nature, d'orthographe et de sens différents, comme vois et voit) . Attention également dans le langage parlé aux confusions possibles très difficiles à détecter ; exemple : la voie publique(une rue) et la voix publique(une rumeur, approbation ou réprobation unanime) .
.
De nombreuses expressions rappellent les qualités physiques de la voix .
Voix rocailleuse, aiguë, de tête, nasillarde, bruyante ; gutturale, rauque, grave, creuse, profonde, caverneuse , pointue, métallique, pénétrante, tranchante, perçante, tendue , désagréable ; voilée, enrouée, éraillée, pure, bien timbrée ; une voix vibrante, stridente, tremblante, chevrotante, haletante, saccadée, énergique, brutale, artificielle ; angoissée, vulgaire, apprêtée, tonitruante, traînante, voix de stentor .
De nombreuses expressions correspondent à des images .
Voix cristalline, d'or, flûtée, claironnante, une voix de crécelle, claire, fraîche, chaude, un ton froid ; une voix grasse, sèche, blanche, sourde, éteinte, grêle, bourdonnante, étranglée, morte, ennuyeuse, plate, insipide, nasale, triste, pauvre, faible, molle, aigre, terne, plaintive, aigrelette, pleurnicharde, fêlée, cassée .
Des voix accueillantes, plaisantes nous interpellent .
Voix moelleuses, lumineuses, veloutées, caressantes, pénétrantes, sonores, douces, éclatantes, de miel, chaudes, musicales, chaleureuses, assurées, prenantes, attirantes, envoûtante, émouvantes, belles , harmonieuses, joyeuses, mélodieuses,
Les voix rappellent des saveurs :sucrées, mielleuses ; caractérisent des nuances :gouailleuses, flagorneuses, sexy ; personnalisent les individus : une voix vulgaire, fausse, hypocrite, suffisante .
Mais les voix peuvent changer, évoluer dans le temps .
La mue au moment de la puberté, l'enrouement, l'extinction de voix, la perte de la voix : être ou devenir muet .
.
Dans toute les circonstances de la vie, la voix traduit nos états d'âme : de l'émotion la plus ténue à l'angoisse, à la peur, de la colère à la joie ; elle vibre en nous, elle laisse percevoir nos mensonges, nos haines, notre hostilité, notre répugnance, notre antipathie; mais également notre amour, notre affection, notre amitié et notre fraternité, notre solidarité, notre attachement et notre tendresse .
Ce terme a suscité d'innombrables expressions métaphoriques aisément compréhensibles, souvent populaires : de vive voix (oralement) , tout d'une voix (à l'unisson) , avoir des larmes dans la voix (une voix étranglée par l'émotion ), avoir une voix tremblante de peur, haletante de colère , en perdre la voix ,avoir le bec cloué, avoir voix au chapitre (être consulté, avoir le droit d'exprimer une opinion ), entendre des voix (avoir des hallucinations auditives), voix du peuple,voix de Dieu, traduction de l'adage latin vox populi, vox dei , érigeant en autorité suprême la volonté populaire qui fonde l'idéal démocratique, mais la cautionnant par la théologie .
Il est utile de préciser également les nuances de la voix qui vont s'échelonner progressivement du langage confus, flou, obscur, disons indéfini, indistinct, à un langage clair, perceptible :
balbutier, bégayer, bredouiller, marmotter, murmurer, ânonner, épeler, prononcer, articuler...
Le registre sonore de la voix est très large ; elle peut caresser, agresser, gronder ; elle révèle nos états d'âme, elle est donc plus qu'un phénomène sonore, elle est vectrice d'émotions, elle est le reflet de notre personnalité . La parole ou voix articulée, avec ses citations multiples, par exemple :Les Voix intérieures de Victor Hugo (1837) [...] "Ce chant qui répond en nous au chant que nous entendons hors de nous ", Préface.
.
Pour la première fois, dans l' Antiquité Grecque, Alcémon de Crotone (- 750 ) distingue l'intelligence de la sensation, jusqu'alors confondues . Aristote (en - 350 ) souligne le rôle premier de l'air pour que la voix puisse être produite par la trachée et le larynx .
Hippocrate ( en - 200) différencie la perte de la parole de la perte de la voix . Il spécule que les poumons et la trachée jouent un rôle déterminant dans la production vocale et que les lèvres et la langue précisent l'articulation .
Galien (+200 de notre ère), fondera la laryngologie et les sciences de la voix ; il décrète que la voix est sous le contrôle du cerveau .Plus tard Léonard de Vinci (1425-1519) étudie méticuleusement l'anatomie et la physiologie de la respiration et du larynx ; voilà présenté succinctement quelques étapes importantes avant l'évolution fulgurante de toutes les connaissances au XVIIe siècle, à la Renaissance . Avant de s'intéresser à notre deuxième terme cité au début de ce texte :La Voie, nous terminerons ce premier parcours par une citation d'un fragment de discours de Léon Gambetta (1838-1882 ) prononcé à Lille en 1877 :
.
"Quand la France aura fait entendre sa Voix souveraine, croyez-le bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre ."
.
Nous allons maintenant vers notre nouvelle Voie : La direction suivie pour atteindre notre but , moyen dont on se sert, conduite que l'on tient pour arriver à quelque fin (projet) .
.
La Voie sacrée ,Nom donné pendant la bataille de Verdun (1916 ) à la seule route de ravitaillement, de montée au front et de retour des blessés, des mutilés, joignant Bar-le-Duc à Verdun par Rosnes et Souilly .
.
Voie de la Liberté, Nom donné à la route suivie par les armées française du Général Leclerc, et américaine du Général Patton, d'Avranches à Metz (1944) .
.
"Innombrables sont nos voies, et nos demeures incertaines"
Saint-John Perse (1887-1975), Pluies, VII (Gallimard)
.
Les Voies Romaines , réalisées à l'apogée de l' Empire Romain, du début du IIe siècle à la fin du IIIe siècle , qui permettaient à un citoyen de Rome de se rendre de Bretagne en Afrique ou en Orient en empruntant des routes sures, en parlant le latin partout où il passait, avec la même monnaie . La construction de la Via Appienne et du premier aqueduc romain(Aqua Appia, le Pont du Gard) en +312 , permirent l'unité de ce que furent les "premiers pas de l' Europe" .
.
Nous commencerons par citer de très nombreuses expressions qui enrichissent notre langue : Tout d'abord, par la Voie de la persuasion,de la Voie diplomatique, et par Voie de conséquence , pour être en bonne Voie !
Trouver sa Voie ( son rapport à la vie, une nécessité qui doit être absolue, d'une façon ou d'une autre!), être sur la Voie de la Réussite, en passant par la Voie hiérarchique, administrative , être toujours par Voies et chemins (être toujours en voyage) . La Voie : la trace laissée par un animal dans le chemin où il est passé, une Voie de garage (projet dont l'exécution est ajournée .
En astronomie, la Voie Lactée dont fait partie le Système Solaire et qui forme une immense traînée blanchâtre dans le ciel étoilé, où se trouvent peut-être les Voies de Dieu qui sont impénétrables !
Sommes-nous dans la bonne Voie ! (se bien conduire, employer des moyens convenables), et prépare-t-on bien la Voie en levant les premiers obstacles ?
.
En jurisprudence , la Voie de droit : le recours à la justice dans les formes légales ; les Voies de fait, au contraire, moyen violent de s'emparer de ce sur quoi l'on n'a pas de droit, (actes de violence) . Oui ! les Voies de la Providence sont impénétrables ; parfois la Voie est sans issue !
Malgré tout, on parle de Voies à suivre, de canal, de filière, de moyen, de procédé, d'entremise .Les Voie de recours, pour pouvoir s'expliquer réellement, est-ce possible ?Où cela pourra -t-il le devenir un jour ?
Les Voies, les desseins de l'homme, sa conduite, sa morale, et en termes religieux : les Voies du salut !
.
Au figuré : "...cependant, quand au bois le bruit des cors, celui des Voix, n'a donné nul relâche à la fuyante proie, qu'en vain elle a mis ses efforts à confondre et brouiller la Voie".
La Fontaine, Fables, IX, Discours à Madame de la Sablière .
Oui, on peut également :mettre sur la Voie, montrer la Voie, préparer la Voie, faciliter les choses à faire en écartant , en supprimant les obstacles :
-pour une découverte, une invention ,
-pour enseigner , ne pas faire la tâche ! à la place de l'autre, mais simplement orienter pour provoquer l'idée chez l'interlocuteur, surtout chez un apprenant ..., aider à deviner, à comprendre, à trouver ...
La Voie de quelqu'un : conduite qui lui convient . Les Voies de la connaissance . En science on parle expérimentalement, de Voie sèche , de Voie humide .
Mais comme le disait Jean Wahl (1888-1974), Etudes, Ed. Vrin :
"Il ne faut pas dire que la Voie est étroite ; c'est l'étroitesse qui est la Voie" .
.
On parle de la Voie des airs , par la Voie aérienne, mais attention, dans un autre contexte, il s'agira des airs que la Voix peut faire entendre ; que de confusions possibles ! C'est pour cela que toute idée, toute explication doit être impérativement située sans aucune ambiguïté, dans un contexte bien défini .C'est une recommandation nécessaire et absolue qui ne doit supporter aucune dérogation, pour qui désire et veut communiquer avec l'efficience maximale et en toute honnêteté .Que d'erreurs, de ruptures, provoquées par des "mal compris" ignorés entre les différents interlocuteurs !
.
Il existe aussi, la Voie des intermédiaires : passer par la Voie du conseiller, du directeur, du député, ou la Voix de ce dernier ! Qui sait ?
On utilise souvent ce terme dans le sens de passage, de conduit anatomique :
-les Voies respiratoires, (la gorge, la trachée artère, les poumons),
-les Voies digestives , (oesophage, estomac, tube intestinal),
-les Voies circulatoires , veines, artères ),
-les Voies urinaires , (les conduits de l'urine à partir des reins ),
-les voies buccales ...
.
Parfois, il s'agit d'un passage ouvert naturellement ou accidentellement : une Voie d'eau dans la coque d'un navire, une Voie fluviale qui réunit deux régions , l'ouverture laissée par le passage d'une lame de scie , la Voie de cette scie .
.
Quelquefois des ambiguïtés peuvent surgir pour un néophyte :Attention de bien prendre garde de ne pas confondre Voie et Voix , seule Voix s'emploie comme terme de grammaire lorsqu'on parle de la Voix active ou de la Voix passive .
.
Voici les différentes Voies d'accès à notre langue (compliquée ou complexe ?) et des Voies qui pourront vous être utiles, nous dirons même indispensables .Cependant toutes sortes de Voix vous rappelleront, je l'espère la prudence lorsque vous traverserez des Voies et lorsque des Voix s'adresseront à vous pour essayer de vous mystifier, et même de vous influencer, de vous tromper, de vous induire en erreur intentionnellement ou malencontreusement !
.
A bientôt, Gerboise