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samedi 7 mars 2009

Que faire devant cette boule inviolable ? L' air satisfait du hérisson après ce duel à mort n'est-il pas impudent, indécent ? Qu'en pense Gerboise ?


Duel à mort entre un hérisson et une vipère, que le serpent a perdu d'avance !


La réalité souvent rejoint la fiction . On écoute avec surprise les vieux contes qui nous présentent cette histoire incroyable en première lecture : la victoire glorieuse de ce petit hérisson sur cette vipère pleine de rage ! Et pourtant c'est bien elle qui figurera au menu pantagruélique de ce petit et piquant héros .
Lorsqu'au cours de ses sorties crépusculaires, il rencontre ce serpent qui glace d'effroi presque tous les mammifères, il s'en approche avec prudence et sagacité, lucidité . La vipère aussitôt devient agressive . Elle se dresse en sifflant, s'élance pour " mordre " ... et se pique au but, à cet être au sang chaud . L'expérience ne la rend pas plus sage . Ivre de rage, elle projette sans cesse ses redoutables crochets à venin contre les " mille dards "(piquants) de l'adversaire : c'est tout juste si, par chance, elle atteint le museau . Ce petit "oursin " ! , qui est immunisé, ne s'en porte pas plus mal . Il se borne à se mettre en boule et à s'offrir un quart d'heure de résistance passive, tandis que l'ennemie se déchaîne en furieuses attaques . Jusqu'à ce que, pour finir, un délicat claquement de langue révèle que le doux endormi a, d'un coup de dent, " énuqué " (tranché à hauteur de la nuque, " étêté " à l'aide de ses incisives coupantes comme des rasoirs) la folle épuisée .

Cette scène est très différente de celle de la bataille que ce livrent les vipères à cornes, dans les regs et les dunes sahariennes, et les Gerboises . Mais ici, la stratégie et la tactique sont de nature opposées . Le serpent, immergé partiellement dans le sable, reste stoïque, presque immobile (attentif à tous les instants aux contorsions de cet être déroutant, imprévisible,désarçonnant, déconcertant[qui jette dans l'incertitude de ce qu'il faut dire ou penser, ici pour le serpent, faire (!), ne faisant que tourner sa tête pour suivre les déplacements circulaires autour de lui de ce petit" kangourou miniature " ,qu'est ce petit mammifère qui lui tourne autour vivement, puis après de courts arrêts pour lisser ses grandes moustaches, reprend son " manège " giratoire . Ce duel à mort, où chaque belligérant ( celui qui prend part au combat) risque son existence, car ici les gerboises prennent de très grands risques malgré que l'issue ce combat à armes inégales, mais pipé (réglé à l'avance) , soit parfaitement prévisible, inéluctable, incontournable. Elles ne sont pas immunisées du venin de ces infernales et redoutables vipères sahariennes dont les piqûres sont toujours mortelles, autrement dangereuses que celles de nos vipères européennes ; et pourtant le reptile est perdu d'avance ! Au moment où l'on s'y attend le moins, lors d'une attaque fulgurante qui ne dure qu'une fraction de seconde, on aperçoit notre petite héroïne quitter l'arène de la rixe sans merci ... traînant le corps gigotant de l'être si redoutable il y a encore un instant .{ Attention, à la tête du serpent toute sanguinolente : ce " reste " de la bête infernale est capable, par réflexe nerveux, de vous infliger encore, une ultime morsure mortelle} .
Cette " intelligence " de la gerboise, qui lui permet de se " mesurer " à ce redoutable reptile aussi vif qu'elle dans sa détente brutale et mortelle . Les expressions de ces grands yeux noirs, " du regard extraordinaire de ce petit rongeur ", sont remarquables .
Chaque fois que j'ai eu l'occasion de croiser cette manifestation de l' " âme animale " , j'ai ressenti une étrange impression de communication, presque humaine !

On (?) raconte cette fable, qui a traversé tout le Moyen Âge avant de parvenir jusqu'à nous, ce soi-disant récit du naturaliste Pline l'Ancien qui écrivait déjà dans sa célèbre Histoire Naturelle, en 79 après J. C. , que le hérisson a coutume de se rouler la nuit sous les arbres fruitiers " pour cueillir " au bout de ses piquants et emporter ensuite les fruits qui s'y sont empalés .
Cette image idyllique et la poésie qui s'en dégage, ont propagé jusqu'à nous cette tradition ingénieuse, mais qui ne saurait avoir de fondement . En effet, les muscles " peauciers " rétractiles qui permettent au bien-nommé de " se hérisser ", se détendent dès que l'animal est sur le dos . Renard et grand-duc n'ignorent pas cette particularité et savent qu'en retournant la forteresse inexpugnable, que l'on ne peut prendre directement d'assaut, on la réduit à merci ( être à la merci de quelqu'un, être dans une situation où l'on dépend entièrement de sa volonté, de son bon plaisir, de ses caprices; ici dans ce contexte du règne animal, où les instincts, et les tendances innées dominent, être amené dans un état d'infériorité, de soumission, de destruction, d'anéantissement mortel inexorable) . Rencontre-t-on un hérisson, " cet oursin terrestre ! " garni de feuilles accrochées à ses piquants, ce ne peut être qu'une " tenue de hasard " , car c'est toujours dans la gueule qu'il transporte ce qui va garnir le nid où il passe ses journées - et aussi ses périodes de profond sommeil hivernal .
Sur la photographie ci-dessus l'auteur de la prise de vue s'est plu à illustrer la fable ancienne de Pline à la manière des graveurs d'autrefois, pour qui ce personnage hérissé de piquants était un sujet de prédilection (de préférence marquée , d'une certaine tendresse pour ce petit être enjôleur, séduisant !) .

Il existe dans toute vie deux possibilités de comportement, d'interaction entre les êtres et les choses, les évènements : la passivité stratégique, l'impassibilité, on subit la conjoncture (situation qui résulte d'une rencontre de circonstances) , la situation ; ou l'action tactique orientée révélant une capacité d'adaptation à toutes les situations, à évoluer .

L'attitude de la gerboise qui, bravant le danger, affronte avec sérénité l'adversaire est courageuse : la volonté d'agir au lieu de battre en retraite, de s'enfuir, d'esquiver l'affrontement est saisissant d'autant plus qu' elle est vulnérable ; celle du hérisson qui se sait à l'abri du danger, protégé, et qui attend que l'adversaire s'épuise avant d'agir, est peut-être astucieuse mais beaucoup moins estimable .

Ces deux comportements sont significatifs des attitudes humaines .
Le premier est de se croire au-dessus des conjonctures et des lois naturelles et de rester ainsi indifférents aux situations : croire à sa bonne étoile !
Le second , c'est aller de l'avant, prendre des risques maîtrisés et ainsi de vivre énergiquement sans indignité, ni faiblesse .

Nous voyons ici s'opposer deux façons de s'adapter au monde, parmi d'autres . La nécessité de prendre en considération ces us et coutumes est une question de survie en vue de passer à la postérité !

Vous devez, maintenant, comprendre mon estime pour ces gerboises car , au Sahara, elles nous ont souvent sauvé la vie en agissant, grâce à une sorte d'esprit critique dont elles sont capables de faire preuve . L'intitulé de ce blog est dédié à leur mémoire .(Ce billet répond aux interrogations de certains d'entre-vous ).

Bien à vous, Gerboise .

mardi 16 décembre 2008

Premières clartés du matin : L'opinion : redoutable abstraction nébuleuse ! surtout lorsqu'elle devient publique .

L'opinion : manière de penser, de juger, de "fonder" son esprit critique, son état d'esprit, ses points de vue, ses appréciations .
Adhésion de l'esprit n'excluant pas, comme la certitude, toute crainte d'erreur ; ce à quoi l'esprit adhère : jugement ou façon de voir que l'on adopte sans avoir la certitude d'être dans le vrai ; ce que l'on pense autour de nous, en particulier sur nous .

L'opinion publique


C'est-à-dire ce que l'on pense communément dans un groupe social donné, ou, plus exactement, ce qui passe pour être la pensée commune .

" Ainsi l'opinion est un arbitre, une conscience ; nous dirions presque que c'est un tribunal, dépourvu certes de pouvoir juridique, mais redouté . C'est le for intérieur d'une nation .
L'opinion publique, cette puissance anonyme, est souvent une force politique, et cette force n'est prévue par aucune constitution . "

Alfred Sauvy

De quoi s'agit-il ?

C'est l'humeur variable d'un peuple, la moyenne instable de ses impressions, de ses sentiments et de ses préjugés, la formule de ses tendances . Rien de plus difficile à saisir et rien de plus trompeur dans ses manifestations de surface .
Les hommes mêmes qui n'ont d'autre fonction que de l'interpréter, les journalistes aveuglés , les enseignants abusés, les scientifiques dévoyés (!) et les politiciens trompés , s'y égarent . Quel journaliste oserait prédire le succès de son article ? Quel politicien ne craint les surprises électorales ? Quel enseignant ne désire t-il pas livrer à ses élèves les dernières notions à la mode ? Quel scientifique ne désire t-il pas être à la pointe du progrès ?
Aucun baromètre ( instrument de mesure) n'existe de l'opinion publique . On mesure tant bien que mal sa résistance sur un point donné . On ne saurait prévoir ni ses poussées ni ses réactions . Elle se colore différemment suivant les couches sociales, et un long calcul serait nécessaire pour fixer l'étendue de telle couche . Au jour le jour naît une opinion publique sur chaque sujet . L'opinion générale de la foule exprime mal les façons de voir particulières des individus . Elle nous donne l'illusion d'un équilibre qui se manifestera encore selon que le peuple sera interrogé de telle ou telle manière . L'observateur le moins averti peut le constater dans les votes politiques, les verdicts moraux de la foule, les courants de popularité ou d'impopularité .

Pourtant l'opinion a ses lois .
L'opinion oscille ( varie en passant par des alternatives, états opposés se succédant plus ou moins régulièrement) [ le phénomène est notoire en politique ; il existe pour tout le reste, même pour la morale : les crimes indignent le peuple, puis finissent par conférer une sorte d'auréole aux criminels ! ] .
L'opinion oscille dans des cadres plus ou moins résistants, qui sont les intérêts et les préjugés des différentes catégories de la population .
Les cadres ( les milieux, ce qui entoure un espace, une scène, une action , les contextes ) entre lesquels oscille l'opinion se déplacent plus ou moins lentement dans le sens de la moindre résistance des intérêts, des préjugés et des modes . Quand ils sont trop mobiles, l'opinion bat la campagne ; elle devient nomade ( qui n'a pas d'habitude fixe, qui est en déplacements continuels) . Si chaque poussée d'opinion, à propos de faits isolés, n'importe guère en soi, le déplacement des cadres, au contraire, entraîne des conséquences d'autant plus profondes que la foule, faute d'une vue d'ensemble, n'en a pas conscience et ne saurait réagir .
Ainsi se forment peu à peu un nouveau milieu et une nouvelle tradition qui dénaturent un peuple . Telle, par exemple, la diffusion, chez nous, depuis presque un siècle, d'une morale mercantile fort différente de ce qu'on appelait autrefois la " conscience professionnelle " .
Le déplacement des cadres de l'opinion publique obéit aux rythmes combinés de trois influences (actions morales, intellectuelles qu'exercent quelqu'un, une chose, un phénomène, une situation , les gens, la société, sur quelqu'un ou quelque chose ) : l'influence de l'école, l'influence de la femme et l'influence de la presse .

Nous poursuivrons dans un prochain billet, cette réflexion en analysant les conséquences de ces trois influences .

Bien à vous, Gerboise .

dimanche 30 novembre 2008

Les leçons de choses



Apprendre les choses de ce monde
- concernant les éléments de la nature, de la géologie et les phénomènes physiques[température, pression ...] , ceux de la chimie minérale [composition, réactions dans la matière inerte] et enfin ceux qui touchent à la vie des êtres vivants, ceux de la biologie - fait acquérir, au départ à l'enfant, puis aux adolescents, aux adultes, des connaissances indispensables, d'une grande valeur éducative .

Que de phénomènes, que d'événements, que de merveilles, dans la nature s'offrent aux regards étonnés de l'enfant, de nous-même ! C'est la pluie bienfaisante qui ranime les plantes, revivifie tous les êtres du règne animal, c'est la chaleur accablante qui brûle tous les éléments du monde vivant et des roches. C'est la brise légère qui chante dans les ramures, c'est l'ouragan terrible qui glace d'effroi les hommes et tous les animaux ; c'est la montée incertaine de la fragile bulle de savon, c'est le vol puissant de l'avion ...

Pourquoi ?

Tel est le mot qui vient tout naturellement sur leurs lèvres . Ils veulent connaître la raison des phénomènes variés qui se produisent sous leurs yeux . Curiosité de bon aloi, à laquelle l'étude des sciences peut donner satisfaction . Et cette étude ne procure pas seulement , surtout à l'enfant élève, une joie intellectuelle, elle lui assure aussi un savoir pratique qui lui sera immédiatement et surtout plus tard de la plus grande utilité ; elle lui fait connaître, elle lui permettra d'être compétent pour dominer les moyens de se maintenir en bonne santé, lui apprend, lui permettra de s'imprégner des concepts qui précisent comment l'homme, - qu'il soit cultivateur ou artisan , philosophe ou ingénieur, - peut travailler, agir d'une manière fructueuse et accroître ainsi son bien-être matériel et intellectuel .

C'est par l'observation directe que le " Maître " initie l'enfant, l'adolescent, le futur adulte à l'enseignement des sciences matérielles et humaines . Il lui fait acquérir des connaissances qui, vraisemblablement, seront durables . Ce que l'on a entendu ou lu finit par s'oublier, mais ce que l'on a VU se fixe solidement dans l'esprit .

La faculté d'observation, cette lucidité indispensable !

L'enseignement donné surtout sous la forme de leçons de choses, nous permet d'apprendre aux novices, aux inexpérimentés, à faire " leurs premières armes ", à bien " voir ", c'est-à-dire à OBSERVER . Sans doute il leur fait acquérir bien des connaissances, mais on peut affirmer sans exagération qu'il vaut moins par les connaissances communiquées que par le développement de la faculté d'observation, cet art élevé, subtil, ineffable .

Combien il est utile pour l'enfant d'apprendre de bonne heure à observer !

Les choses extérieures , les êtres vivants et leurs niches écologiques , ainsi que, et surtout ses propres actions et productions .

Cela ne peut paraître (sembler, avoir l'air) de médiocre importance qu'aux esprits superficiels, insouciants ! Combien est-il de personnes qui " ont des yeux et ne voient pas ", et passent à peu près indifférentes à côté d'objets, de personnages, intéressants, remarquables, sur lesquels se portent leurs regards, sans doute, mais dont l'image s'évanouira bien vite dans leur esprit .
La forêt se pare au mois de Mai de feuilles verdoyantes, la prairie se revêt de gazon, de fleurs : le vent agite les fines branches de la végétation sur leur balcon, le soleil va et vient chaque jour avec son merveilleux éclat, et les nuages se mirent dans les beaux fleuves, mais beaucoup de personnes qui ont tout cela sous leurs yeux, elles ont aussi parfois, devant leur visage le regard de l'autre[!] , ne voient pas, ou, si elles les voient, elle les regardent comme une vache regarde " passer les trains " !

Le " Maître " ne peut tout enseigner . A un moment donné, l 'Enfant, une fois sorti de l'école, devra compléter par lui-même son savoir, s'il a contracté l'habitude d'observer au sens profond du terme, c'est-à-dire de lire dans le grand livre de la nature , et c'est cela qui lui sera le plus bénéfique . Le plus grand service que nous puissions lui rendre, c'est de lui apprendre à apprendre .

Développement et éducation des sens

Les leçons de choses contribuent à l'émancipation et à l'évolution des sens chez les enfants . Dans une leçon de choses, en effet, l'enfant " voit " les objets , et il ne les voit (sens de la vision) pas seulement : souvent aussi il les palpe (sens du tact) , il les soupèse (sens de l'équilibre) , il les sent (sens de l'odorat) , il juge de leur degré de sonorité (sens de l'audition) , goûte la substance dont ils sont formés ( sens de la gustation) ... Les sens sont perfectibles ; ils se développent par l'exercice et transmettent au cerveau des perceptions de plus en plus exactes et précises . Sans vouloir affirmer que toutes nos idées nous viennent des sens, il faut reconnaître que nos sens nous sont des auxiliaires indispensables en ce qui concerne l'acquisition des connaissances .

" Il suffit, pour juger de leur importance, de voir à quel misérable état est réduite l'intelligence des malheureux qui sont privés de plusieurs ou même d'un seul de leurs sens " .

Élaboration et développement de l'Esprit scientifique

Donner des leçons concernant les activités scientifiques à l'école primaire, toutes modestes qu'elles soient, exerce néanmoins une grande influence sur les esprits . Cet exercice indique la méthode à suivre pour arriver à la connaissance de la vérité, dont la recherche est toujours difficile .

" La vérité, dit Berthelot, s'acquiert et se constate par l'observation et l'expérience . Elle résulte uniquement de la connaissance des faits . C'est là une chose fondamentale que les éducateurs, les formateurs, doivent imprimer, imprégner, dans l'esprit des enfants d'une manière ineffaçable ? Il en résulte une habitude de sincérité absolue, fondée sur cette conviction que la vérité en tout ordre est indépendante de notre volonté et de nos désirs .
Celui qui essaie de tricher avec la vérité se trompe lui-même ... Et la science en même temps qu'elle nous apprend comment on peut découvrir la vérité, nous montre que cette recherche est difficile et sujette à défaillance ; elle nous enseigne la modestie . "

Elle pousse l'enfant à remonter des effets aux causes, c'est-à-dire de ce que l'on voit à ce que l'on ne voit pas . Il y a d'ailleurs en lui une tendance naturelle à procéder ainsi, mais qui demande à être fortifiée .

" Le premier gamin, qui, apercevant sur les feuilles d'une haie des traces suspectes, a eu l'idée de conclure à l'existence d'un nid, et de lever la tête pour l'apercevoir, a fait preuve d'esprit scientifique . "

L'enseignement des sciences fait prendre aussi aux enfants l'habitude de ne rien accepter sans contrôle, d'examiner toute chose avec attention, de passer tout raisonnement au crible de la raison ; il écarte le surnaturel et le miracle, affranchit l'intelligence des préjugés et des superstitions . En ce sens, on peut dire que l'étude des sciences élargit et élève la pensée et qu'elle est une étude libératrice de l'esprit .
Elle tend aussi à ancrer dans les jeunes cerveaux cette vérité scientifique que rien n'est immuable et que tout est soumis à la grande et fatale loi de l'évolution . Elle montre que si le progrès ne se produit lentement, il est néanmoins réel, et que même, depuis moins d'un siècle, le génie de l'homme a créé des merveilles qui excitent au plus haut point notre admiration et autorisent tous les espoirs .

" Les ambitions de la science grandissent, montent, rayonnent . Elle a supprimé les distances, elle a conquis l'air : où s'arrêtera-t-elle ? Les vieux rêves de l'alchimie renaissent de leurs cendres . A son souffle, la maladie, la misère reculent et s'éloignent . Déjà elle s'attaque à la vieillesse . Qui sait ? ..." [ L. Gérard-Varet, L'idolâtrie de la science et de l'esprit scientifique, Revue pédagogique, janvier 1913]

En même temps, cette étude apprend aux élèves à connaître et à vénérer les noms des hommes illustres qui ont créé la science .

Voici un ensemble de" Réflexions " qui nous permettrons d'avancer dans notre analyse de l'acquisition des connaissances . Nous les intégrerons progressivement dans les divers sujets de nos billets futurs .

A bientôt, bien à vous ,Gerboise .

samedi 29 novembre 2008

Premières clartés du matin : Pensée de Pierre Termier .

" Au fond, ce qui est primordial , indispensable, premier dans la vie, c'est de n'être jamais satisfait, ni de soi-même, ni de sa part de connaissance ; c'est de chercher toujours, de s'efforcer toujours et de monter toujours . "

(C'est , également, de savoir " se cultiver " une curiosité à toute épreuve !)

Il a jeté un levain dans la pâte , et a marqué les âmes de tous ses élèves et de tous ceux qui l'ont approché .
Il a tracé un sillage : à d'autres de le suivre !

Bien à vous, Gerboise .

mercredi 12 novembre 2008

Premières clartés du matin : Les limites du connaissable

" ...Cette apparence de stabilité ( caractère de ce qui tend à demeurer dans le même état) des choses dans la nature sera toujours prise, par le vulgaire ( le commun des hommes, sans valeur péjorative, défavorable) des hommes, pour la réalité (caractère de ce qui est réel, de ce qui existe effectivement, et n'est pas seulement une invention ou une apparence) , parce qu'en général on ne juge de tout que relativement à soi . "

" ...En me livrant aux observations qui ont fait naître les considérations exposées dans cet ouvrage, j'ai obtenu les jouissances que leur ressemblance à des vérités m'a fait éprouver, ainsi que la récompense des fatigues que mes études et mes méditations ont entraînées ; et en publiant ces observations, avec les résultats que j'en ai déduits, j'ai pour but d'inviter les hommes éclairés, qui aiment l'étude de la nature, à les suivre et à les vérifier et à en tirer de leur côté les conséquences qu'ils jugeront convenables " ...

J.B.P.A. Lamarck, Philosophie zoologique, Paris, 1809 .

..." Quand on parle d'inconnaissable et qu'on se sert de ce mot pour nous terrasser, comme du mot infini et de quelques autres chers aux dogmatistes, ne baissons pas la tête et ne laissons pas crier à la banqueroute de la science .

Oui, il y a de l'inconnaissable pour l'homme, par suite même de la nature de l'homme, et cet inconnaissable se compose de tout ce qui, dans l'univers, est sans action sur nous ou sur les phénomènes qui nous sont accessibles .

Évidemment, nous ne pouvons pas connaître ce qui agit sur rien de ce que nous connaissons . Mais, précisément, ce qui n'agit sur rien de ce que nous connaissons nous est parfaitement indifférent et il est vraiment illogique d'attribuer à cet inconnaissable la direction du monde "...

Félix Le Dantec, Les Limites du Connaissable, Félix Alcan, Éditeur, 1903 .

Bien à vous, Gerboise .

mercredi 23 avril 2008

Premières clartés du matin : Le " Qu'en dira -t-on ? " Curiosité et Silence !

Qu'en dira-t-on ? : Phrase interrogative qui exprime une inquiétude quant aux commentaires de la société . Le qu'en -dira-t-on : c'est l'opinion des autres ! , redoutable situation .

C'est une sorte de crainte (des on-dit) qu'une vérité , qui deviendra rapidement une rumeur, ne se propage en clamant cette réalité, ou un bruit sans fondement .

Voici une sentence pleine d'humour qui illustrera ce genre de situation .

"Celui qui est au courant sait , et celui qui ne sait pas dit : [ C'est une poignée de lentilles ! ] "

Mgr Feghali, ancien évêque de Tripoli (Liban), rapporte dans Proverbes syro-libanais, Institut d'ethnologie, Paris, 1938, l'explication suivante :

"On raconte qu'un homme entretenait des relations coupables avec la femme d'un autre .Ce dernier, officieusement averti, se cacha devant sa maison, et lorsque le coupable en sortit, il se précipita sur lui pour l'étrangler . Après une lutte de quelques instants, l'homme lui échappa et prit la fuite à travers champs . Comme il traversait une plantation de lentilles, poursuivi à distance par le mari, il arracha une poignée de ces grains, et, la montrant à ceux qui s'étonnaient de le voir ainsi poursuivi avec rage : " Voyez, dit-il , s'il y a là de quoi en vouloir à la vie d'un homme ! " . Ces gens arrêtèrent le mari trompé et le blâmèrent pour son avarice . Lui, ne voulant pas les mettre au courant de son infortune, adopta le subterfuge ( ) de son rival et leur répondit : " Celui qui est au courant sait, et celui qui ne sait pas dit : [ C'est une poignée de lentilles ! ] ", mots qui sont passés en proverbe . Depuis lors, on se sert de cette phrase pour définir des situations qui sont toujours autres qu'elles ne le paraissent, pour éviter de donner des renseignements sur des affaires délicates, enfin dans toutes les circonstances où l'on veut couper court à des questions indiscrètes ."

Qu'en dire ? Qu'en penser ? : du " Qu'en dira-t-on " ! La longue expérience de Gerboise nous permet de vous dire que , souvent c'est une curiosité mal placée et une perte de temps, que d'essayer de percer la réalité(?), l'apparence(?), l'illusion (?), qui se tapissent (se cachent, se dissimulent, se réfugient) derrière cette sorte de "silence" (dans le sens de réelle signification ) crypté qui se propage dans "l'éther" (l'espace) de notre environnement . Parfois les circonstances nous révèlent, nous dévoilent " le pot-aux-roses " (une évidence, parmi d'autres possibles ?, la vérité cachée) ; alors, sommes-nous , vraiment, plus avancés , plus riches dans notre connaissance des choses et des êtres? De ces derniers, certainement ! Cependant, le prix affectif "à payer" (souvent la déception, le désenchantement) n' "en vaut pas la chandelle"!

Ce sera cependant , pour le jeune qui pense se préparer à des activités scientifiques et/ou techniques , une leçon de méfiance et d'esprit critique devant toutes les informations qui circuleront à sa portée !

Gerboise aimerait connaître votre opinion ! Vous êtes tous en mesure de laisser un commentaire sur ce site, à la fin de ce billet . Bien à vous .


dimanche 13 avril 2008

La curiosité (*) :l'intérêt, la soif de connaître ou l'indiscrétion, l'originalité et la nouveauté .

(*) alors qu'attentions indique simplement que l'esprit est attiré par une personne ou une chose ou se fixe sur elles pour les observer, curiosité est une tendance qui suppose une attention de l'intelligence provoquée par le désir d'apprendre des choses nouvelles ou rares , de voir de belles peintures , d'entendre une mélodie , de goûter de nouvelles saveurs , de sentir le parfum d'une rose, d'apprécier la qualité d'un tissu inconnu , de connaître au sens scientifique du terme ; tout ceci étant contraire à l'indifférence .


-Le curieux : celui [actif] qui cherche à savoir, à connaître .


En bonne part : celui qui est mu par le besoin de découvrir de nouvelles choses : un esprit curieux de réaliser des expériences nouvelles .


En mauvaise part : celui chez qui le besoin de savoir tourne à l'indiscrétion, à la curiosité malsaine . Ce visiteur venu au laboratoire était trop curieux .


-Ce [ passif] qui excite la curiosité .


En bonne part : qui attire l'attention par ses qualités, sa rareté . Des formes cristallines curieuses donnaient à cette pierre précieuse un charme indiscutable .


En mauvaise part : qui attire l'attention par ses caractères négatifs . Ce chercheur avait un comportement très curieux , nous l'avons surpris entrain de consulter des documents confidentiels .


C'est seulement avec ces valeurs passives que l'épithète (qualificatif ) peut précéder le nom, mais elle peut aussi se trouver après lui ; la nuance est délicate : une curieuse histoire marque l'inquiétude ; une histoire curieuse marque plutôt l'intérêt .





" L'ignorance et l'incuriosité sont deux oreillers fort doux; mais pour les trouver tels, il faut avoir la tête aussi bien faite que Montaigne " [Diderot, Pensées Philosophiques, XVII) .



"L'incuriosité est souvent l'oeuvre funeste (déplorable, désastreuse, préjudiciable) du milieu éducateur . L'enfant déconcerte (surprend, déstabilise) et parfois irrite par ses questions en fusée (très vives) . Y répondre de biais (en se dérobant) , par des mensonges grossiers, ou les rabrouer (envoyer balader) , en ricaner, replie (enferme) définitivement sur elle-même l'intelligence enfantine : or, le repli est la porte ouverte, par inhibition (par blocage) , à l'obtusion (abrutissement) " [ E. Mounier, Traité du caractère, 662, éditions du Seuil, 1946 ] .



Nous pouvons déjà nous rendre compte qu'il n'est pas de mot plus banal que celui de curiosité, il n'en est pas de moins précis . Tantôt il se dit d'une tendance : la curiosité, et parfois de l'objet propre à la solliciter : une curiosité ; dans d'autres cas il exprime la louange : un esprit curieux , un esprit qui cherche, qui désire savoir, et le plus souvent le blâme : une personne trop curieuse . Il n'est pas non plus d'inclination (disposition) qui ait été plus diversement jugée : les uns la dénigrent ( discréditer, détracter, accuser) et n'en parle qu'avec une sorte de mépris, comme d'un travers qui rend les gens sots, gênants ou dangereux, tandis que les autres l'exaltent (rehausser, glorifier, porter aux nues, mettre sur un piédestal, célébrer) et y voient à la fois un précieux stimulant de l'intelligence et l'origine même de la science ; elle n'apparaît aux premiers que comme un besoin qu'éprouve l'esprit de ne pas rester inactif, besoin qui le porte à s'occuper des choses les plus futiles (insignifiantes, superficielles) , à être en quête de nouveau, et ils lui opposent l'amour du vrai, inclination (être porté sur, préférence) supérieure et désintéressée ; pour les seconds , quelles que soient les différences dans son objet, dans son point d'application, dans son intensité, elle reste toujours identique à elle-même .



De nombreuses questions se posent , comme toujours, lorsque nous avons à analyser un concept aux multiples sens , qui dépendent du contexte dans lequel il s'applique , telles que :

-en fait qu'est-ce que la curiosité, réellement ?

-quelles formes essentielles revêt-elle et qu'elle est la valeur de chacune d'elles ?

-quelles anomalies présente-t-elle parfois ?

-quelle curiosité l'éducateur doit-il réprimer et pourquoi ?

-quelle curiosité doit-il encourager et par quels moyens ?

Nous reprendrons toutes ces interrogations dans un prochain billet. Nous n'avons , ici, fait qu'effleurer le sujet en vue de vous montrer son intérêt et ses difficultés (ambiguïtés, équivoques et incertitudes) , ce dont vous êtes déjà conscients, nous en sommes certains . Bien à vous, Gerboise .

dimanche 17 février 2008

Notre vérité et notre ambition sur l'acquisition du langage nécessaire pour exprimer nos réflexions et notre savoir,c'est à dire vraiment communiquer

" Je suis de ceux qui combattront le nivellement sous quelque forme qu'il se présente ; je suis de ceux qui avertiront à chaque instant la démocratie que tout le monde ne s'élève pas ; que l' élévation a ses conditions ; qu'il y faut la capacité, l'intelligence, le travail . Je veux que partout où ces qualités se rencontreront, la démocratie puisse s'élever aux plus hautes fonctions de l'Etat , qu'elle puisse monter à cette tribune, y faire entendre sa voix, parler au pays tout entier" .(Assemblée Nationale , Guizot, 1833)

Nous sommes convaincus de la nécessité d'acquérir des mots uniques , des mots déterminés par des qualificatifs ou autrement , des locutions , des phrases , des idées .
Mais cette conquête doit s'opérer d'une façon continue . Avant tout , nous devons employer un langage précis .
Nous avons des impressions confuses qu'on ne sait ni ne peut débrouiller . De là les jugements sommaires, les mots vagues dont on emplit ses prestations orales lors des auditions et de ses écrits . Il est nécessaire de diriger les études de telle sorte que le vocabulaire dont on disposera le jour où l'on aura besoin d'exprimer sa pensée soit aussi simple, aussi riche que possible . Il est essentiel d'avoir à sa disposition une maîtrise de sa langue, et d'avoir dans son entendement un vocabulaire assez complet pour que l'intelligence puisse y concevoir toutes les idées .
D'où cette obligation d'un rapport étroit entre la précision du langage et la conception des idées .
Le moyen exclusif de se construire un raisonnement exact et fidèle à sa propre pensée, consiste donc à corriger, à épurer sans cesse sa langue . Avec des expressions qui ne seraient qu'à peu près celles dont nous avons besoin, le raisonnement ne serait qu'à peu près juste ; c'est-à-dire que, ne saisissant jamais aucun rapport précis, et l'identité nous échappant toujours, nous croirions voir la vérité où elle n'est pas et nous ne saurions la voir où elle est !
Dans cet exercice, il ne s'agit pas d'apprendre par coeur , il est inutile de s'efforcer de retenir les expressions . Ce serait une erreur . Ce qui est indispensable, c'est de se familiariser avec elles . Au jour du besoin, la mémoire, qui les a recueillies inconsciemment, vous les fournira avec une facilité dont vous serez étonnés .
Un vieux dicton, un viel adage nous enseigne qu'on ne tire d'une fontaine que l'eau qu'on y a versée et qu'on a beau tourner le robinet de l'improvisation : si la fontaine est vide, c'est du vent qui en sort .
Le jour où vous aurez conscience qu'un réservoir de mots et d'expressions s'est formé dans votre esprit (votre fontaine) , vous cesserez de craindre de vous exprimer avec vous même (et oui !) et avec les autres .

Sur ces conseils réalistes, Gerboise vous laisse pour que vous puissiez commencer à remplir votre fontaine en vue de recueillir (capter) d'abord au début , un petit filet d'eau, puis au fur et à mesure de vos efforts, un flot de mots et d'expressions qui vous sembleront venir de nulle part !

Bien à vous, Gerboise .

jeudi 31 janvier 2008

Relations authentiques , réalistes et fécondes, entre les vérités .

" Tant mieux si ma vérité (de chaque instant ) peut aider un autre ( interlocuteur ) à s'en faire une autre " (qui évoluera elle-même, aussi , vers d'autres esprits) .
( Jean Rostand, Carnet d'un biologiste, Ed. Stock, 1959 ) .

Cette réflexion, au fil de son texte, de ce remarquable observateur plein de sagesse, montre combien il était respectueux des apports de son entourage , de la contestation positive et constructive de ses idées par les autres , et combien il était ambitieux pour son prochain .
C'est un admirable petit livre à lire .
Bien à vous, Gerboise .

mercredi 30 janvier 2008

Constat , Réflexion au fil de l'eau ! La pêche : circonstance idéale d'échanges entre générations .


Il y a , dans la recherche scientifique, mais également dans toute action liée à une réflexion humaine "recherche des évidences dans tous les contextes qui interagissent avec nous-mêmes" beaucoup moins de grandes idées, d'intuition (sagacité, perspicacité, discernement) , d'audace (goût du risque) , de "génie" (astucieux, ingénieux) , que nous ne le croyions d'ordinaire . Mais , en revanche , très peu de gens -- en dehors de certains spécialistes très ouverts sur le monde ( extravertis) -- se doutent de ce qu'il entre d'esprit de finesse (subtilité, délicatesse) , d'ingéniosité (inventif, astucieux) , de " logique pratique" (cohérence) , d'adaptation au réel (intégration) , d'imagination de détail (esprit d'invention, créativité) , de flair tactique (pressentir la marche à suivre) , dans l'exécution d'un beau programme expérimental .
Bien à vous, GERBOISE .

mercredi 23 janvier 2008

S'initier à l'investigation , aller aux nouvelles ," être branché " .



On (tout le monde, les jeunes, nous autres les adultes) peut trouver dans tout notre environnement des éclaircissements, parfois des réponses aux interrogations, aux questions que l'on peut se poser , mais souvent les contextes dans lesquels nous " nous trouvons immergés ", ne sont pas en mesure de nous donner entière satisfaction .


La famille, les amis, le voisinage, le milieu scolaire , les clubs de jeunes , les livres, les divers médias, la Télévision, l' Internet offrent aux jeunes enfants (et à nous tous) l'information la plus large qui correspond surtout à des besoins potentiels (possibilités) . Mais le milieu scolaire est celui où leur naturel, leur fraîcheur, en deux mots : leur spontanéité s'oppose , se heurte même à des configurations, à des structures parfois relativement rigides (qui manquent certainement d'une certaine souplesse) , cependant parfois nécessaire . De sorte que, si ces enfants ou ces adolescents éprouvent le désir de progresser , ils doivent prendre en charge (s'assumer) non seulement leur instruction (acquisition de leur initiation au savoir, celle qui les dépayse, les déracine de leurs habitudes), mais également leur information (action d'obtenir des nouvelles, des renseignements, des éléments de connaissance relatif à un sujet). Prise en main de soi-même progressive , bien sûr , étant donné les difficultés de la tâche , prise de possession qui ne sera complète, presque achevée (!) qu'au moment où , à l'âge adulte , ils auront acquis l'art de dépister, de découvrir l'information partout où elle se trouve et les moyens de la dégager, de la prélever,en deux mots de l'extraire des lieux et des milieux où elle réside, séjourne, se tient momentanément ou définitivement .
Il appartient alors à l'institution éducative quelle qu'elle soit, chargée de les préparer à leur vie d'adultes, en premier lieu de répondre à leur compréhensible curiosité sur les choses qui les intéressent, les préoccupent , ensuite de leur fournir les informations , les éléments relatifs à leurs intérêts bien compris, enfin de leur apprendre à s'informer, "aller aux nouvelles" . Il est nécessaire de leur montrer comment ils peuvent utiliser, à leur profit , en les adaptant à leurs possibilités, les outils, les méthodes, les techniques et procédés qui ont faits leurs preuves dans toutes les communautés humaines ( à suivre , car ce sujet est si vaste , qu'il est naturellement impossible de le traiter en une seule fois !) . Bien à vous, Gerboise .

mardi 1 janvier 2008

Souhaits incontournables (*) pour l'année nouvelle (**).

L'image ci-dessus représente " la Jeune Maîtresse d' École "de CHARDIN, Jean-Baptiste Siméon, peintre et pastelliste français , 1699-1779, ( Tableau exposé à Londres, National Gallery) . Ce beau Chardin illustre le grand front d'acculturation (processus par lequel un groupe humain acquiert de nouvelles valeurs culturelles au contact direct et prolongé d'un autre groupe humain) du XVIIIème siècle .
Alphabétisation précoce, alphabétisation à bon compte au sein de la famille . Que faut-il le plus admirer ? L'intensité du regard de la jeune fille, l'attention maladroite de l'enfant, l'association du geste de la main à l'éveil de l'intelligence, la coiffe, le tablier, le corsage sur le fond foncé d'une table, de la tapisserie et du reste du vêtement ? Mais aussi quel document ! On reconnaîtra sur la table l'abécédaire qui apparaît, au nord de la Loire, dans les inventaires après décès, dés la fin du XVIIème siècle .
(*) incontournable : tendance du moment, à laquelle on ne peut se soustraire .

(**) Avoir eu la chance, l'opportunité, d'apprendre vraiment à LIRE et à ÉCRIRE durant l'enfance, avoir acquit définitivement les rudiments essentiels de ce bien parmi les plus précieux qui permet ensuite d'acquérir pour le reste de sa vie, presque tout le nécessaire pour réussir au sens large, voici les meilleurs voeux que l'on (Gerboise) puisse souhaiter à tous les enfants de notre douce France , quel qu'ils soient , en ce début de l'année nouvelle 2008 . Nous souhaitons que " l' ÉCOLE " en France et dans le monde entier , considère ce voeu comme le plus appréciable qu'il soit .

Cet apprentissage provoque d'infinies conséquences pour toute la vie, par rapport à une réalité vue sur une image, cette dernière ne pouvant pas être toujours correctement analysée et donc correspondre au vrai . Contrairement à l'écriture et à la lecture qui permettent l'acquisition solidement intégrée des savoirs et de la réflexion, elle est le cadre et le milieu, elle est l'utile et l'indispensable, mais elle ( cette image), n'apporte aucun sens à la vie de l'homme; elle ne lui fournit directement aucune lumière sur sa propre signification ni celle de ses actes; elle ne lui donne aucune direction à suivre; elle le laisse lui-même , parcelle de celle réalité, se débattre comme il peut sans boussole ni sextant , au milieu des flots sans cesse changeants de ce monde qu'il englobe dans sa vie (en regardant l'image) mais qui reste désespérément vide de tout signe, de tout épanouissement, de toute direction indiscutable . En fin de compte, ce que l'enfant, l'adolescent ensuite, connaîtra le mieux, c'est ce qui reste pour lui vide et sans signification .


Cet apprentissage de qualité de l'écriture, de la lecture et du calcul , à la petite école , constitue donc la "force de frappe" pour une entrée dans la vie , efficiente , pleine d'énergie active , et maîtrisée .

Bien à vous, Gerboise, et encore tous nos voeux à vous tous .

vendredi 30 novembre 2007

Initiation personnelle à la connaissance : passer une partie de son temps à étudier ( suite 2) du 27-11-2007



.Image d'autrefois d'une salle de classe, le jour de la leçon d'écriture : la dictée proposée est un exercice scolaire servant à tester les performances des élèves (et parfois des adultes) en matière d'Orthographe et de Grammaire (et de connaissance des mots pièges et rares comme ceux de la fameuse dictée de Mérimée, commandée à l'écrivain par l'impératrice Eugénie en 1857 ) . Il s'agit de la rédaction, bien sûr, mais également de l'élocution, ici celle de la maîtresse durant une lecture lente, où elle fait bien sonner l'articulation des mots et des liaisons , puis d'une lecture plus rapide, lors de la relecture finale du texte d'un bout à l'autre .



B - .L'attention volontaire : l'aperception ; souvenance ; impassibilité :maîtrise de soi .



1 -L'aperception : (une des formes de l'attention , prise de conscience réfléchie de l'objet de la perception , appréhension: fait de saisir par l'esprit, compréhension) .Forme de l'attention qui se cultive.



Chacun le mesure dans la vie de tous les jours . Or, elle est indispensable dans toutes les occupations , les savoirs-faire, les métiers , pratiques et/ou intellectuels . Dans le propre intérêt des apprenants , il est donc nécessaire de l'entraîner aussi chez les élèves, et précocement . En vue de réussir ce processus, cette opération , il est indispensable au départ, de leur assurer des conditions qui vont permettre cet entraînement de l'attention . Le silence, la non agitation des jeunes enfants sont au nombre de ces conditions nécessaires . Et l'effort demandé (et nécessairement expliqué dans ces conséquences) doit être de durée chaque fois croissante .



L'entraînement de l'attention peut se réaliser lors de l'observation de la nature, dans les jeux et dans le maniement des outils et des machines . Mais il doit également intervenir, dans le domaine de la maîtrise des textes , des enseignements historiques, géographiques, géologiques et biologiques . Il doit, bien entendu, prendre part à la pratique de tous les Arts .



2 -La mémorisation, cette mémoire de toute nos sensations et ensuite de nos perceptions, est le type même des facultés que l'on doit voir se développer avec l'entraînement et qu'il devient presque impossible de faire progresser plus tard ; il y a donc un danger certain à supprimer, comme on l'a fait parfois, les exercices qui y font appel - même si leur utilité immédiate n'apparaît pas ; tels sont les textes appris par coeur, le vocabulaire dans les langues, les faits historiques, les données chimiques, les tables de multiplication ...


Qu'une mémoire précise et étendue facilite le raisonnement est, au demeurant, d'une évidence admise dans tous les romans policiers . Leurs énigmes se trouvent résolues en associant divers indices mémorisés . Par cette capacité de rapprocher des contenus apparemment très éloignés les uns des autres, par analogies opérées sur de nombreuses informations accumulées, , l'esprit humain surclassera, pour longtemps encore, les ordinateurs . Bien éloignée des automatismes, cette capacité de mémorisation associative est à cultiver soigneusement .


3 -L'impassibilité : la maîtrise de soi est une qualité ( propriété, caractère, vertu , de quelle espèce, de quelle nature , dont nous avons déjà parlé dans plusieurs billets) plutôt qu'une faculté ( capacité , possibilité de faire, dispositions , pouvoir ) ; mais c'est une qualité qui s'acquiert et qui ouvre à son tour des possibilités diverses . Elle peut se développer par une pratique du sport en équipe, que nous devrions savoir mieux intégrer dans les activités scolaires ; elle peut aussi se cultiver dans l'apprentissage d'un métier manuel, du chant choral ou de la musique d'ensemble .

Elle est apparentée à l'attention (l'enfant domine sa tendance à la distraction) .Elle l'est aussi au jugement (l'enfant domine sa tendance à n'écouter que la voix de la sympathie ou de l'antipathie ) . Elle doit lui permettre aussi de supporter les autres, même s'ils ne lui plaisent pas - ce qui est le début de la vie en société .Et déjà elle mène à un dernier aspect de la formation que doit fournir l'enseignement et qui est, lui, d'ordre moral .

(voir la suite 3) Bien à vous, Gerboise .

mardi 27 novembre 2007

Initiation personnelle à la connaissance : passer une partie de son temps à étudier ( suite 1) du 22-11-2007

http://lesgerboises.blogspot.com/2007/11/initiation-personnelle-la-connaissance.html

Oui, c'est dans ces premières classes , que se joue tout l'avenir d'un être humain !

Photographie d'une maquette , prise à Saint-Malo, à travers la vitrine d'un magasin .

A-Aptitudes au raisonnement et à la réflexion .

Dès son plus jeune âge, l'enfant prend peu à peu conscience du monde qui l'entoure . D'abord , d'un contexte indifférencié dans lequel il incorpore les objets matériels , tous les êtres vivants et lui-même dont il n'a pas encore clairement conscience . Plus tard, il commence à séparer les choses matérielles, les objets , sur lesquels il n'a aucune influence, pas le moindre pouvoir (soit en riant, soit en pleurant) , des êtres vivants , qu'il est devenu capable d'influencer . De ce monde " manipulable ", il va commencer avec le temps, à extraire "sa propre personne" ; cette apparition de son " moi " , caractérisé par son prénom, est une étape cruciale des débuts de l'établissement de son individualité avant qu'il devienne bien conscient de sa propre existence par l'observation et la pratique , par exemple en regardant et en manipulant indéfiniment sa propre main .

L'observation et la pratique manuelle resteront au cours de l'éducation un des moyens privilégiés pour acquérir et maîtriser des connaissances nouvelles . Mais cette acquisition s'accompagne, dès le début , d'un processus de choix, de conceptualisation, d'organisation, qui constitue finalement la faculté de raisonner et de penser . C'est par cet effort répété de rationalisation de la connaissance empirique que le petit enfant apprend à parler, que plus tard le musicien apprend à jouer de son instrument . Toute la faculté de raisonner et de penser se développe ainsi par l'exercice, à condition qu'il soit constamment contrôlé .

Cet exercice peut se pratiquer dans toutes les disciplines ou presque . Il comporte deux aspects également importants : le passage du concret à l'abstrait (ou, pour certains, l'opération inverse) et l'art d'enchaîner sans fautes les idées entre elles . La physique et les mathématiques élémentaires représentent des types assez purs de ces deux aspects . Mais cet exercice se pratique également ailleurs de façon moins visible : il était jadis présent dans l'explication des phénomènes naturels qui constituaient les " leçons de choses" de l'enseignement primaire ; il est important dans l'analyse grammaticale, permettant une compréhension correcte ; on s'y entraîne également dans la lecture attentive des textes, qui presque toujours présentent des exemples de raisonnement, et parfois des modèles de raisonnement contradictoire ; le passage à l'abstrait est, de même, facilité par les rencontres entre des époques différentes, par la comparaison des espèces vivantes ou des langues . Son couronnement légitime demeure, dans l'enseignement secondaire littéraire, la classe de philosophie : elle y consacre en effet le chemin parcouru sur la voie de la pensée générale .

Ces quelques remarques suggèrent déjà que la valeur des divers renseignements devra être jugée non pas tant en fonction de leur utilité pratique immédiate, que, plutôt, en fonction de l'utilité indirecte qu'ils présentent pour la formation de l'esprit .

Celle-ci, bien entendu, suppose aussi l'exercice du jugement . Si la pratique du raisonnement permet d'éviter les pièges des sophismes (paradoxes , qui par des raisonnements faux, malgré une apparence de vérité , trompent ou embarrassent, empêchent de voir la vérité, visent à mettre quelqu'un en difficulté , impliquent la mauvaise foi ) et ceux de l'incohérence, l'observation de la nature, la vérification expérimentale de notions élémentaires de physique et de chimie donnent à l'esprit le sentiment qu'il fait partie d'un monde complexe qui le dépasse ; l'expérience de pensées diverses, venues d'époques et de pays différents, l' "arme" aussi pour lui permettre de résister aux modes, aux conclusions hâtives, aux certitudes incontrôlées . .

Au contact du monde réel et des opinions des autres , ,se forme ainsi la liberté de l'esprit, qui succède alors au conformisme initial de l'ignorance . L'histoire des découvertes scientifiques, avec la révélation des connaissances nouvelles sur le monde et la vie, doit contribuer à ce développement . Les progrès immenses de la connaissance scientifique fournissent aujourd'hui une image générale de l'aventure humaine, de l'explosion initiale d'où a émergé notre monde sensible jusqu'au développement sur terre de la vie, puis de la pensée consciente . L'histoire des découvertes et le développement de la pensée ne donnent pas seulement l'idée de la noblesse du but poursuivi et de la modestie qu'inspire ce progrès sans cesse renouvelé ; ils permettent aussi aux jeunes de situer leur pensée dans un contexte plus large et de mieux apprécier les problèmes les plus importants pour l'homme . Et dans tous les domaines, c'est au contact des idées successivement proposées par leurs prédécesseurs que les jeunes peuvent apprendre à poser les problèmes, à comprendre la pensée des autres et à aller eux-mêmes de l'avant . La connaissance de ces idées peut commencer par des lectures simples, fables ou contes, pour s'élever à la formation des doctrines . Peu à peu les esprits s'aiguiseront et se renforceront dans ce dialogue .

En même temps se développeront, d'ailleurs, des qualités qui leur serviront dans cette activité . On les oublie parfois . En effet, l'intérêt que doit porter l'élève à l'enseignement qu'il suit doit être stimulé par le développement d'initiatives individuelles . Mais, par crainte de faire trop fortement pression sur la spontanéité de l'enfant, on a parfois négligé de développer chez lui des facultés précieuses qui sous-entendent cet intérêt .

Nous poursuivrons cette réflexion bientôt . Gerboise

samedi 24 novembre 2007

Que d'énergie perdue ! Quelles sont les causes de ces mouvements de la mer ?

La promenade du sillon à Rochebonne (Saint-Malo) devant l' Hôtel des Acacias ,aux grandes marées de septembre, lors d'une forte dépression " du baromètre " ! Photo prise avec un Canon EOS 30 D , derrière une vitre .
Mois de septembre à Saint-Malo ; la marée monte, le vent s'est levé, les vagues, furieuses, se ruent sur les soubassements de la digue du "Sillon" .
Sera-t-il possible , un jour , de " ravir " toute (du moins une partie ) de cette énergie actuellement dissipée , dilapidée inutilement par ces masses d'eau qui attaquent les rivages et actuellement ne font qu ' éroder les matériaux. Voici un beau sujet de réflexion ! Pourquoi Gerboise et tous ses lecteurs, ne penseraient-ils pas à ce défi . Beau sujet de réflexion, n'est-ce pas ? Est-il utopique ? Gerboise ne le sait à priori . Mais quel bel exercice pour l'esprit d'entreprendre simplement , pour la " beauté du geste " , et "notre culture générale" , cette recherche. A bientôt, Gerboise .

jeudi 22 novembre 2007

Initiation personnelle à la connaissance : passer une partie de son temps à étudier .


Cette image , ci-dessus , représente au Moyen Âge un contexte particulier des rapports au savoir .

Première Partie .

Enseigner , c'est résister à la tentation du laisser aller , c'est apprendre , faire comprendre surtout à soi-même , à son propre esprit , et à celui de l'autre bien entendu , quel qu'il soit ( à autrui donc ) , la nécessité de se construire seul .

L'acquisition du savoir sous toutes ses formes , doit permettre à l'esprit et à la personnalité de chacun de se développer ; il doit aussi former des citoyens qui puissent jouer un rôle pleinement utile dans la société . La difficulté fondamentale de cette activité vient de ce qu'il faut conjuguer ces deux buts en tenant compte de la diversité des capacités et des tempéraments chez les êtres humains .


I - La construction de l'esprit et de la personnalité ( ce qui fait qu'un être humain est lui-même et non pas un autre ; individualité, chaque être humain forme un tout distinct par rapport à l'espèce humaine ) d'un individu pour qu'il devienne un citoyen .

La diversité biologique des êtres humains est un des acquis les plus évidents des recherches contemporaines , (celles en particulier qui concernent la composition du sang) . Cette diversité, qui transcende (dépasse) la notion ancienne de race, fait de chaque individu un être irremplaçable dont les qualités et les potentialités (capacités) innées jouent très certainement un rôle qu'il est nécessaire de prendre en compte et respecter (admettre) .

Cependant, cette donnée biologique originelle peut être profondément développée par la pratique de sa propre formation . Enseigner à soi-même et à autrui, ce n'est pas seulement, de ce point de vue, acquérir pour soi ou transmettre des connaissances diversifiées à l'autre . C'est aussi , c'est surtout, former l'esprit . On sait que toute activité, toute faculté qui n'est pas exercée régulièrement, cesse de se développer, puis s'atrophie ; une fois ce moment atteint, aucun effort ne pourra les raviver (faire renaître) .

Contrairement à ce que l'on a cru longtemps, les structures du cerveau humain ne sont pas figées (fixées) définitivement au moment où l'enfant vient au monde . Ce que cet enfant va ensuite vivre, voir, entendre, sentir, apprécier, subir ; toutes ses occupations, ses études, ses lectures, ses écoutes, ses rencontres, seront à l'origine de la progression et de l'achèvement de l'agencement de ce qui représente encore au début que des activités cérébrales en puissance, et largement modulables (adaptables) . Certaines voies de la conduction nerveuse s'ouvriront, se développeront, s'épanouiront (de nouvelles liaisons synaptiques , entre neurones , s'établiront) . D'autres au contraire, inutilisées, se fermeront pour toujours(il s'agit des synapses ne recevant plus de neurotransmetteurs à travers leurs "espaces synaptiques" ; ces derniers disparaissent) .Les observations scientifiques de ces dernières années donnent à penser qu'entre la naissance et la puberté, les connexions entre les neurones se modifient par vagues successives sous l'influence de l'activité cérébrale, qui oriente ainsi leurs configurations (assemblages) . Des images microscopiques saisissantes montrent comment le cône de croissance du neurone, véritable " tête chercheuse ", chemine pour choisir comme cible les neurones avec lesquels il établira une correspondance fonctionnelle . Des observations indiquent que la possibilité de prononcer certains sons se développe ou, au contraire, disparaît chez le jeune enfant, selon que le langage qu'il apprend comporte ou non ces sons .

Voilà, semble -t-il, des données qu'il est important de garder en mémoire pour se convaincre qu'à chaque instant du jeune âge se joue l'avenir du cerveau, que la formation reçue par un enfant influencera pour toujours ses structures mentales et qu'une fondation des savoirs imparfaite aura de grandes chances d'être sans recours dans le futur .

Dans la scolarité du premier et du second degré, les facultés qu'il est obligatoire de développer chez l'enfant, sous peine de les voir végéter, stagner, s'atrophier , couvrent un domaine immense

Nous poursuivrons le développement de cet important sujet dans une deuxième partie ; Bien à vous , Gerboise .

mercredi 21 novembre 2007

Erreurs et inexactitudes déclenchées , engendrées , lors de notre réflexion et la construction de nos propres connaissances .

On peut dire qu'il y a erreur lorsqu'il y a défaut de codage ou de décodage et inexactitude quand il y a lacune ou oubli .

I - Erreurs durant les mécanismes liés aux fonctions intellectuelles .

Elles peuvent intervenir, se manifester à tous les stades des séquences lors des échanges des informations .

1- Lors de l'information , par information insuffisante, avec fausses reconnaissances et imprécisions ; d'où des déformations de la réalité qui se répercuteront sur toutes les opérations ultérieures .

2- Lors de la compréhension , par distorsion (une sorte d'altération) des messages, avec correspondance impropre "signifié - signifiant" (par signifiant, on entend le fait sensible qui évoque une chose qui n'est pas actuellement sensible pour le sujet :<> ; par signifié, ce que le signifiant évoque . La signification consiste alors dans l'acte de signifier ou encore dans le rapport du signifiant avec le signifié ) ou lors de la traduction de signifiant à signifiant ; d'où des termes mal compris ;

3- Lors de l'élaboration , par intervention de " bruits " intempestifs (inopportuns, malvenus), sous la forme de pulsions parasites émanant de notre subjectivité qui faussent la décision ;

4- Lors de la préparation , par ordination (action d'ordonner) impropre des différents termes du programme, rendant celui-ci inapplicable ;

5- Lors de la réalisation , par inadéquation des gestes avec " formes " inadaptées, séquences mal ordonnées, d'où temps perdu et " pagaïe "( grand désordre) .

II - Inexactitudes par manque, par insuffisance (moyens très limités hors de proportion avec les buts qu'on peut se proposer) de " retour " à l'information et ainsi par lacunes, oublis .

A ) Lors de la prise de l'information , oubli de certains termes, d'où confusion et incompréhension ; il faut relire plusieurs fois l' énoncé du problème pour être certain (certitude qui entraîne la conviction, à la suite d'un examen) , sûr ( ce terme indique des raisons moins décisives que " certain " : <> ) de sa signification ; oublis de détails importants, lacunes dans le champ perçu ;

B ) Lors de la phase de compréhension ,oubli d'un terme, d'une partie importante du discours ou de la consigne, lecture trop rapide avec substitution de l' imaginé au réel .

C ) Pendant l'élaboration , construction gratuite parce que hors de la réalité qui est vue de haut," des bureaux", et non au contact de l'exécution ;

D ) Pendant la préparation , manque de précision, oublis importants ; ce que l'observation minutieuse préalable, de la réalité, eût permis d'éviter ; d'où une organisation défectueuse dans l'ensemble ;

E ) Pendant la réalisation , insuffisance d'auto-contrôle et d'assujettissement (état de dépendance ) au but, le risque de pièces " loupées " , d'œuvre impropre (qui ne convient pas).

Cet ensemble , cette analyse , constitue un objet de réflexion qui sera introduit dans nos démarches futures .

Bien à vous, Gerboise .



dimanche 18 novembre 2007

Les dégradations graduelles des renseignements obtenus sur les choses et les êtres .

De même qu'il existe une transition continue entre une sensation pure (par exemple un regard rapide sur une feuille de papier blanche ) et une perception construite par la fusion, la synthèse de différents éléments (notamment à la vue de l'ensemble des joueurs lors d'un match de rugby ), de la même manière, il est délicat, scabreux, de tracer une limite entre une description (celle des évènements successifs d'un accident), le récit des péripéties d'un roman d'espionnage et un ouvrage de cristallographie décrivant les espèces minérales . Dans les différents cas précédents , il est chaque fois uniquement question de communiquer des faits (ou ce que le rédacteur, le narrateur estime tel) .
Au niveau du témoignage commun, banal, dont il nous faudra montrer ci-dessous les traquenards, les écueils, les embûches ,et dont il ne faudra pas négliger les transformations qui peuvent s'insinuer par la répétition (par le fait d'une seule personne ou de plusieurs) . D'ailleurs la formation des légendes anciennes et même actuelles , dans toute les strates de l'humanité contemporaine, est liée à ce phénomène .
Gordon Allport, aux Etats-Unis en 1943 procéda à de nombreuses expériences . Voici celle qui sera la plus déterminante pour nous faire comprendre les mécanismes de ces phénomènes universels qui se produisent systématiquement .

"On choisit (au hasard ) dix élèves d'une classe d'enseignement secondaire (ou même de l'université , qui ne seront admis qu'isolément à voir et à raconter . Le premier d'entre eux (témoin oculaire) étant seul dans la salle, on lui montre , sur un écran, une scène quelconque : une bagarre dans la rue, un accident d'auto ...
La lumière étant rétablie, on fait entrer un second adolescent, auquel le premier raconte ce qu'il a vu et sort . Le second le répète à un troisième, selon le même scénario, et ainsi de suite jusqu'au dixième . Lorsque ce dernier colporteur a été mis au courant par l'avant-dernier, on fait rentrer tout le monde , on projette à nouveau le film, tandis que l'ultime récit est fait par l'ultime "cobaye", le dos tourné à l'écran . En règle générale, cette version n'a que peu de rapports avec la scène originale, et les déformations déclenchent l'hilarité de l'assistance ". (Il est très intéressant de réaliser également les expériences, ce que Gerboise avait réalisé il y a quelques années avec des jeunes chercheurs et des étudiants, à l'aide de témoignages auditifs, enregistrement systématique avec un magnétophone, olfactifs et même tactiles ;les résultats ont été sidérants, médusants ! , incroyables !) .
Une dégradation de même nature se produit, quand une seule et même personne est priée de raconter le même fait à diverses reprises, au bout de durées de temps plus ou moins longues .
Ce que l'on contaste le plus souvent, c'est à la fois un appauvrissement par défaut de mémoire et par omission (de détails jugés accessoires et sans aucun intérêt ) et un enrichissement par acharnement et insistance (sur des détails qui semblent , qui paraissent , qui ont l'air essentiels)!
, substitution et addition : l'exact s'est perdu , pour faire place à de l'inexact, souvent de très bonne foi . Chaque répétition , en effet, est une reconstruction, et, à chaque rénovation, l'effort personnel risque d'ajouter une particularité ou une nuance nouvelles, qui s'inscrivent et vont en s'affirmant de plus en plus par la suite . Il ne peut y avoir de souvenirs tant soit peu anciens, qui, au cours d'évocations et utilisations ultérieures, ne subissent une évolution plus ou moins déformante . Un phénomène du même ordre se produit lorsqu'on est amené , par des emplois du temps difficiles à maîtriser, à devoir répéter un même enseignement d'une heure , quatre ou cinq fois de suite ; à certains moments vers la fin de cette épreuve (!) on ne sait plus si l'on a traité ou non tel concept de son exposé ! A la suite de récits successifs faits par nous, il arrive que nous nous souvenions de ce que nous avons raconté plus que de ce que nous avons vu ; nos évocations répétées finissent par estomper le fait originel lui-même .

"Ces remarques -quoique souvent négligées- trouvent leur applications dans les témoignages et interrogatoires judiciaires et les publications scientifiques orales dans les colloques .les dépositions successives accroissent l'assurance et la conviction manifestée par le sujet, mais aussi bien pour l'inexact que pour l'exact . Si bien que la certitude apparente paraît souvent à l'inverse de la fidélité (Alfed Binet). Ce dernier psychologue a mis également en évidence ce qu'il appelle la " mémoire forcée " au cours des péripéties d'une enquête : pressé de questions, le témoin se croit mis en demeure de savoir et par un sentiment complexe (gêne émotive, suggestibilité, vanité, orgueil, partialité ), il se préoccupe moins d'être véridique que de répondre . S'il ne sait pas ou s'il doute, il refuse d'en convenir et opte pour l'estimation personnelle du moment . C'est d'ailleurs là un mécanisme extrêmement répandu dans la formation des croyances (fantômes, apparitions ...) : ce qu'on a raconté une fois sert d'aliment à des ruminations évocatrices, et les images qui s'ensuivent deviennent plus intenses que les perceptions primitives, même en l'absence d'un besoin morbide de se faire valoir .

Après avoir rencontré deux des facteurs primordiaux, qui conduisent à se poser la question préalable à la crédibilité des récits et des témoignages dans les activités scientifiques, mais également dans tous les événements de la vie courante , crédibilité liée à la personnalité innée ou acquise du narrateur et au contexte dans lequel il se trouve, nous devrons continuer l'analyse de ce problème primordial dont les conséquences sont très souvent à l'origine de situations négatives . Bien à vous, Gerboise .

samedi 17 novembre 2007

Conditions de l'activité de la conscience , sélection des idées et évolution de la pensée .(1ère partie)

" L'horrible chose , c'est de ne jamais être conscient de ce dont on n'a pas conscience"
Edward De Bono

" Un grand effort de discipline est demandé aux esprits les plus brillants, avant qu'ils atteignent le stade où ils deviennent capables de se laisser absorber par leur œuvre de façon spontanée .
Les mille et une distractions doivent être écartées ; l' esprit doit se tenir en dehors des myriades de tentations d'errance qui ponctuent les chemins séduisants de la pensée vagabonde .
Il doit s'immerger totalement dans la vague montante de son dessein profond .Le plus important est de laisser grossir la vague ; la plupart d'entre nous pataugent dans leurs idées, et confondent les clapotis provoqués par notre agitation bruyante avec un mouvement réel " .
Eugene Raudsepp

"Le génie , c'est celui qui distingue un peu plus tôt que l'homme ordinaire la structure des choses au milieu de la confusion des détails ."
Ben Shahn

Gerboise vous laisse "absorber", ces trois pensées et y réfléchir ; si elles vous inspirent , il existe un lien ci-dessous qui vous permettra d'intervenir . Des commentaires seront présentés dans la deuxième partie .Bien à vous.

lundi 12 novembre 2007

Suggérer, proposer, évoquer, insinuer, sous-entendre .Que va vous suggérer Gerboise ?

Écoutons Victor Hugo dans "L' Homme qui rit" , roman publié en 1869, II, V, II Ce qui erre ne se trompe pas .

"...Il était habile à cet art qu'on appelle la suggestion, et qui consiste à faire dans l'esprit des autres une petite incision où l'on met une idée à soi ; tout en se tenant à l'écart, et sans avoir l'air de s'en mêler ..."

Prêtons l'oreille également à cette " suggestion " d' Alain dans son ouvrage : Définitions, publié en 1953 aux Éditions Gallimard .

" Suggestion : Pour saisir le sens médical de ce mot, il n'y a qu'à en suivre le sens tout ordinaire . Conseiller, c'est apporter (présenter) une idée, la proposer (dans un ou plusieurs cadres), la mettre en bonne lumière ( l'expliciter) , et la dire (la décrire, l'expliquer) .
Suggérer, c'est apporter seulement le signe, mot, geste, ou simple objet . Ce fameux despote qui abattait les épis les plus hauts, ne conseillait rien ; il suggérait (chacun pensait à sa propre tête !) . Un simple mot suggère, sans aucune explication . Et même, à se défendre de suggérer, on ne suggère que mieux .
Le classique fou du roi suggère en sécurité, parce que personne n'est tenté de le croire . D'où la règle de politesse, qui est de n'employer que les mots d'usage .
Transportons maintenant le pouvoir de suggérer au cas de l'enfant, de l'inférieur, du malade, de l'imitateur on comprendra l'irrésistible puissance d'un mot répété tous les jours . Sur le somnolent encore plus . Et surtout sur l'endormi, si l'on arrive à s'en faire entendre sans l'éveiller ; on suggère alors un rêve, et même on le conduit de bout en bout , ce qui donne un grand pouvoir (il s'agit alors dans ce cas , pour ainsi dire, d'endoctrinement ?) . Il n'est donc permis de parler librement qu'à celui dont on prévoit qu'il résistera librement . Socrate venait au secours de l'interlocuteur ."

Donc, en réfléchissant à ces propos, on peut "suggérer" que "suggérer" , c'est présenter une idée ou un projet mais discrètement, de manière que celui qui l'adoptera puisse croire qu'il n'a point été influencé (comparer avec convaincre et persuader !) ; c'est aussi "introduire" par la petite porte de derrière de l'esprit !

Dans un autre contexte, celui de la poésie, il y a ce qui est dit, et ce qui est suggéré ; seul le suggéré est poétique .

Parfois dans notre société, on peut , de temps en temps , recevoir des suggestions "pas piquées des hannetons !", parfois incroyables ; vous vous demandez alors dans quel monde on vit ? Oui, il peut exister des situations imprévisibles , tout de même pittoresques à la réflexion , si votre humour reprend le dessus après un temps d'accablement , de consternation , même de découragement momentané , enfin de courroux , ce dernier est bénéfique car arrive ensuite un sentiment de mépris réconfortant . Survient ensuite le rire réparateur devant une situation aussi grotesque .
Oui , Gerboise a eu l'outrecuidance, l'effronterie, de prétendre que son projet , dans lequel il est question d'apprendre , à ceux qui le désire (encore faut-il qu'ils soient averti de son existence), à développer leur esprit critique, à mieux réfléchir, à savoir jauger avec davantage de discernement les diverses situations , pouvait être recommandé . Après cette suggestion auprès de certains organismes officiels (et divers médias , ces derniers, sans exceptions m'ont, peut-être pour ne pas prendre position, dit : votre Blog ne correspond pas à notre orientation rédactionnelle !), en vue de l'aider à faire connaître son site , le blog de Gerboise : Savoirs et Réflexions , voici ce qu'il advint !
En réponse à cette demande il m'a été suggéré d'abandonner cette idée car elle pourrait conduire à des situations insupportables, même invivables : <> .

Mais ce concept de suggestion peut nous faire apparaître à l'esprit, nous suggérer bien d'autres significations :

- suggérer c'est quelquefois l'action d'introduire avec prudence une idée dans l'esprit de quelqu'un, sans la lui imposer, comme si elle venait par hasard, pour qu'il en fasse son profit .
- suggérer c'est faire concevoir, penser quelque chose à quelqu'un sans l'exprimer ni la formuler explicitement .
- suggérer c'est faire naître la pensée d'un acte, en tant que représentation, idée, image, dans l'entendement de quelqu'un , évoquer, rappeler .
-suggérer c'est inciter une personne à agir d'une certaine façon , lui faire entrer quelque chose dans l'esprit .
-suggérer c'est soumettre une pensée sans rien imposer , instiller .
-suggérer, insinuer à l'autre, faire allusion à ..., dire à mi-voix, faire naître dans la conscience , sous-entendre , laisser entendre , faire penser à ...
-enfin l'autosuggestion , suggestion que l'on se fait à soi-même , une sorte d'influence personnelle que l'on s'applique en vue de se contraindre à évoluer , consciemment , en toute connaissance de cause . Se convaincre soi-même , se dire à mi-voix
-persuader : suggérer à quelqu'un de faire telle chose .
-qu'est-ce que ce tableau , ce mot , ce récit, vous suggère, vous évoque, vous inspire ?
-suggestion d'une idée par une autre !
-que suggérez-vous , que conseillez -vous, que proposez-vous ?
-la force de suggestion d'une image !
-suggérer un titre accrocheur pour un livre, un article :proposer, soumettre .

Gerboise espère que , si vous approuvez cet ensemble de propositions , vous serez tenté d'adopter ses /ces suggestions , ses/ces conseils . Si certaines vous suggéraient des réticences, des hésitations, des arrières-pensées, enfin des réserves , Gerboise souhaiterait vous voir les exprimer à partir du lien accessible à la fin de ce billet . Ce sera sa dernière suggestion !

L'outil de vérification orthographique de Blogger me signale parfois qu'il n'a aucune "suggestion " à me faire concernant certains termes surlignés en jaune ! Bien à vous, Gerboise .