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mercredi 8 août 2007

Proposition de texte concernant le sujet de réflexion sur la mémoire (n° 2' )

Voici une proposition de réponse sur le sujet soumis à votre réflexion le Mardi 24 Juillet 2007 concernant les différences d'efficacité , de qualité de la mémorisation (des notions ) lorsque l' instruction est apportée par autrui , par rapport à une souvenance acquise lors de découvertes personnelles .
Ne plus être capable de se rappeler, au moment opportun, est assez fréquent lorsqu' une structuration efficace n'a pas eu lieu à l'époque de l'acquisition du savoir .Cet acte manqué est le fait qu'un souvenir n'a pas été "rappelé" ou ne peut plus être rappelé, et, non point, comme le pense le sens commun (les on-dit ), la disparition complète d'un souvenir ("mal installé "!) du champ de la conscience .


Énoncé du sujet :


Nous avons la mémoire courte pour les notions dont nous avons été instruit .En revanche, nous n'oublions guère celles que nous avons découvert par nous-mêmes .

Que penser de cette affirmation ; quelles en sont les conséquences pour de nombreux points de vue que vous pourrez choisir dans de nombreux contextes . Essayez de traiter cette question en considérant le monde matériel et ensuite , les relations humaines .


Les lecteurs de Gerboise qui aimeraient approfondir leurs connaissances sur certains mécanismes de l'oubli doivent lire un petit livre publié en collection de poche par la Petite Bibliothèque Payot (n°97) :

Psychologie de la vie quotidienne (1904), Sigmund Freud , 1856-1939 ; dans cet ouvrage, peut-être le plus original de l'auteur , Freud discute d'une façon magistrale des différents types d'oublis , du problème des souvenirs , des méprises et des maladresses, mais surtout des actes anormaux (manqués , lapsus) de la vie de tous les jours , et des conséquences des superstitions liés aux souvenirs , donc à la mémoire .


Nous pouvons rencontrer différents degrés dans l'oubli . C'est ainsi qu'on parle d'oubli volontaire ou inconscient , de falsification de souvenirs , d'impossibilité momentanée ou définitive de rappeler ceux-ci . Il existe des personnes (pas toutes, pourquoi?)qui oublient rapidement surtout en prenant de l'âge , d'autres moins facilement, certaines pas du tout ...


Nous devons examiner deux formes d'oubli :mémoire courte (on oublie vite) ; bonne mémoire (on oublie guère) selon que l'on a été instruit ou que l'on a découvert soi-même sans l'intervention d'autrui .

Dans le cas de la mémoire courte , les souvenirs disparaissent , sans tarder , peu de temps après, assez rapidement de la "zone de stockage" ; à peine laissent-ils des traces .

Dans le cas de la bonne mémoire , lorsque cette dernière est plus rebelle, rétive à l'oubli , quand elle se montre toujours capable de contrôler la présence de souvenirs déterminés en les rappelant, dans leur précision et leur fidélité , nous pouvons maîtriser le passé, lointain ou très proche,sans aucune altération .


Nous devons également définir l'instruction (apprendre) et la découverte par soi-même (trouver) .


Apprendre des autres : Dans l'affirmation de ce sujet, cette expression signifie recevoir ses informations de l'extérieur de bon gré ou malgré soi . Le désir d'apprendre ne fonctionne pas toujours à souhait ou à plein rendement .Prendre possession du savoir devient dès lors plutôt une nécessité imposée de l'extérieur ou un désir purement passager (on apprend simplement pour faire plaisir à quelqu'un ).

Trouver soi-même : Suppose une curiosité intense , une recherche préalable , une découverte . Cela implique que l'on s'est posé une question , que l'on est décidé à résoudre un problème quelconque où spécifique , que l'on s'oriente volontairement et délibérément vers la résolution d'un sujet déterminé . Dans certains cas, par nécessité vitale, poussé par un sentiment intérieur puissant ; dans d'autres parce que la recherche réalisée répond à une curiosité sans cesse en éveil ou à un besoin profond de notre personne .


-Nous avons la mémoire courte, on oublie vite, assez facilement, ce qu'on a obtenu des autres .


Être instruit de...être mis au courant de ..., suppose un apport étranger , qui devient difficile à bien assimiler parce qu'on n'y a presque pas contribué et, surtout, parce qu'il ne cadre pas toujours avec la personnalité, les aspirations intrinsèques , personnelles de celui qui reçoit .

Comment ne pas se rendre compte que le rendement est meilleur dans tous les domaines en particulier, celui de la mémoire, lorsqu'une personne trouve un intérêt à ce qu'elle fait, lorsqu'elle est consciente de toute la complexité et de toutes les conséquences de ce qu'elle est entrain de dominer !

Enfin, on oublie vite, parce que l'on apprend, dans ce cas, sans même se poser de questions , machinalement .La conservation des souvenirs dépend de leur nature, mais, avant tout, de la manière dont se réalise leur acquisition et donc leur mémorisation .


-Cependant ,on n'oublie guère lorsqu'on a découvert soi-même , lors de sa propre investigation .


Du fait, que découvrir , suppose un travail de méditation et de recherche personnelle, une participation active et intéressée, de la part de celui qui veut comprendre et véritablement savoir, est fondamentale.

Nous apprenons ce que nous voulons vraiment connaître et au moment où nous désirons assimiler, nous imprégner de cette connaissance .Nous entreprenons un travail intellectuel en harmonie avec nos moyens, nos goûts, et nos aspirations .

Découvrir, signifie concevoir et imaginer par le travail de sa propre pensée ; talent , attitude de celui qui cherche vraiment à trouver la vérité, la réalité ; c'est aussi la" mise en branle" de l'esprit, sous sa forme investigatrice qui conditionne la conquête du vrai savoir .Ces connaissances "ouvrent l'entendement par les choses", disait le grand philosophe Emmanuel Kant , et laissent dans la mémoire des traces durables , sinon définitives .Cette dernière peut toujours les rappeler, précises et fidèles . Cette forme de savoir ne s'oublie presque pas .


Celui qui apprend par l'instruction, reçoit des vérités . Il ne se pose aucune question, interprète souvent mal et, ainsi , ne fait nullement travailler son esprit critique .

Tout autre est celui qui découvre . Il cherche de lui-même, et parfois, sous la direction de son formateur . Il participe directement à la recherche de la vérité .Celle-ci étant mieux assimilée , il interprète correctement et fournit des réponses justes .Il est certain de retenir ce qui lui paraît clair et qu'il comprend .

Mieux, ce que l'on a cherché reste lié intimement à la vie de la personne et à celle de son esprit .

Ce que l'on a cherché déclenche la joie de la découverte qui naît de l'effort, de la fierté de la réussite et du sentiment d'originalité que procure "la mise à jour"(l'élucidation) du problème résolu .

La leçon collective, n'a de valeur pédagogique réelle que lorsque le formateur recherche, sans cesse, les moyens de rendre le groupe actif, c'est-à-dire, amène les participants (sans en oublier aucun) à observer, à mesurer, à comparer, à vérifier, à réfléchir et s'ils se trompent à recommencer eux-mêmes, à corriger leurs fautes .

Ainsi comprise, elle offre un double avantage : chaque participant progresse et le groupe devient une communauté de travail où les moins habiles sont en quelque sorte, entraînés par les autres . Apprendre ne doit plus consister, pour quiconque, à écouter et retenir les paroles de celui qui "livre"(énonce) ses connaissances . Ce type d' "information", car ce ne sont que des données non traitées , est irrémédiablement voué à l'oubli .

Apprendre doit devenir une recherche personnelle, une participation active et intéressée de celui qui "veut, désire fortement" accéder au réel . Si avec des outils appropriés, on parvient à faire, de celui qui désire acquérir et comprendre, le conquérant de ses connaissances et l'artisan de sa formation, ce dernier, n'oubliera jamais ce qu'il a découvert de lui-même .

La science expérimentale , nos propositions de réalisation, et d' étude des glaçons présentée le 16 Décembre 2006 et traitée le 12 Janvier 2007, ainsi que celle de la différenciation par gravité et donc des expériences de vitesses de sédimentation des particules, présentée le 29 Janvier 2007 et traitée le 6 Avril 2007, dans ce blog, permettent de mettre toute personne en contact avec la réalité .Les notions acquisent lors de ces expériences ne seront jamais oubliées, mais surtout, seront transférables à d'autres contextes totalement différents .

En mathématique, la résolution géométrique des identités remarquables présentées également dans Gerboise est un excellent exercice, un entraînement à construire soi-même des représentations spatiales, inoubliables par l'esprit de celui qui réalise la construction dans l'espace en deux , puis en trois dimensions (voir dans ce blog le 23 Juin 2007) .

Cette participation active de celui qui apprend est telle que les éléments qu'il acquière par lui-même s'incorporent à sa personnalité et en deviennent indissociables . L'activité créatrice, la recherche personnelle, l'effort de découverte, confèrent solidité et fidélité aux connaissances conquises et fait qu'on oublie rarement ces dernières .

Il est nécessaire de définir ici la mémoire et l'oubli :

Mémoriser , c'est fixer dans son souvenir . C'est la faculté de conserver et de rappeler des états de conscience passés (sensations, sentiments, idées, connaissances ...)

"La destruction progressive de la mémoire suit donc une marche logique, une loi . Elle descend progressivement de l'instable au stable . Elle commence par les souvenirs récents qui (...) rarement répétés et par conséquent faiblement associés avec les autres, représentent l'organisation à son degré le plus faible . Elle finit par cette mémoire sensorielle, instinctive, qui, fixée dans l'organisme, devenue une partie de lui-même ou plutôt lui-même, représente l'organisation à son degré le plus fort".
Th. Ribot, Les maladies de la Mémoire .

"L'immense majorité de nos souvenirs naît et meurt à l'état affectif : il n'est donné qu'à un nombre dérisoire d'accéder à la représentation, de passer la rampe de la conscience . Ils agissent sur les états représentatifs, mais sans le devenir eux-mêmes, provoquant des inhibitions
(des blocages, des refoulements ), des pulsions (des besoins, des envies), des résistances (des oppositions, des obstacles, des freins) , faisant leur oeuvre secrète, tirant les ficelles des représentations qui occupent la scène, mais restant dans la pénombre ".
Jean Delay, Les dissolutions de la Mémoire .

"Nous vivons avant tout par l'imagination et par la mémoire : tel est le premier des thèmes de Proust, l'un des plus essentiel peut-être .(...) Ce qu'il y a dans le réel et le présent de richesse et de joie tient surtout à ce qui y survit de passé et s'y dessine d'avenir, à tout ce qu'y insinuent notre imagination et notre mémoire".
Ch. Blondel , Psychographie de M. Proust .

Il existe de nombreuses propositions de sens pour la notion d'oubli ; en voici quelques unes .

Oubli : absence, perte de mémoire, distraction, inattention, négligence, lacune . On parle d'oubli de soi-même , d'abnégation .
Oublier : ne pas penser à, omettre, laisser de côté, passer sous silence, avoir la mémoire courte, cela m'est sorti de l'esprit . Ne pas avoir, ne pas retrouver le souvenir (d'une chose, d'un évènement, d'une personne) . Ne plus savoir pratiquer (un ensemble de connaissances, une technique ...) Cesser de penser à (ce qui est désagréable, ennuyeux) . Ne pas avoir à l'esprit (ce qui devrait tenir l'attention en éveil ) . Négliger volontairement . Avoir sa mémoire courte .
Oublier :c'est une défaillance de la mémoire, c'est perdre le souvenir de quelqu'un ou de quelque chose, de façon volontaire ou non, définitive ou momentanée, normale ou pathologique .

Je savais tout cela par coeur (!), je l'ai oublié !
Il oublie aussi vite qu'il apprend .
S'oublier : négligence, insouciance, non respect de soi .

Enfin :Désapprendre , oublier ce qu'on avait solidement appris . La science la plus difficile était de désapprendre (le faux, le mal), sortir, extraire de son entendement les choses mal conçues, erronées, surtout découvertes malencontreusement par nous-mêmes .
Chasser le naturel, il revient au galop !

Gerboise vous laisse le soin de poursuivre vous-mêmes, en considérant des exemples dans le monde matériel et dans celui des relations humaines , cette aventure dans ce monde de l'oubli, qui existe , secret, clandestin, influent, impitoyable !
Elle espère que vous n'oublierez pas ! ! après avoir "décidé !" de le faire ? Bien à vous .



mardi 24 juillet 2007

Thème inédit : Participation à un sujet de réflexion sur la mémoire ( n° 2)

Voir la première proposition concernant l'esprit critique (n° 1) le 12 Juin 2007, puis le texte suggéré (n° 1') le 18 Juin 2007 .

Voici le sujet présenté aujourd'hui concernant la mémoire .

Nous avons la mémoire courte pour les notions dont nous avons été instruit .En revanche, nous n'oublions guère celles que nous avons découvert par nous-mêmes

Que penser de cette affirmation ; quelles en sont les conséquences pour de nombreux points de vue que vous pourrez choisir dans de nombreux contextes . Essayez de traiter cette question en considérant le monde matériel et ensuite , les relations humaines .

Dans une dizaine de jours, une proposition vous sera présentée . A bientôt , Gerboise .

lundi 18 juin 2007

Proposition de texte concernant le sujet de réflexion sur l'esprit critique ( n° 1' )

  • Avant de vous présenter le texte que nous avons l'intention de vous faire connaître, en vue de répondre aux questions posées le mardi 12 Juin 2007, nous vous proposons de prendre connaissance de l'article de Wikipédia, l'encyclopédie libre, concernant l'esprit critique proprement dit . Voici ci-dessous le lien qui vous permettra d'y accéder directement . Dans le texte" sujet "du mardi , une erreur que nous venons de corriger s'était glissée : il s'agissait , concernant la date d'aujourd'hui , du Lundi 18 Juin et non du 17 Juin, veuillez excuser cette étourderie, merci !) .


http://fr.wikipedia.org/wiki/Esprit_critique

Pour nous , l'esprit critique est l'attitude intellectuelle consistant dans la tendance à n'admettre aucune affirmation , aucun fait , sans avoir reconnu sa légitimité (son bien-fondé, juste).
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Il existe chez l'être humain une crédulité (naïveté, confiance naturelle) , qui l'incite à accepter passivement (sans aucune initiative) les idées qui se présentent à son esprit .Celles là lui viennent spontanément(naturellement, sans réflexion) ou lui sont suggérées (dictées)du dehors .
Cependant, il arrive un moment où, mis en défiance(soupçonneux) par sa propre expérience ou par des contradictions(incompatibilités) surgissant entre les opinions venues de l'extérieur, il commence à se défier de ses idées, de ses propres croyances . Il donne à partir de ce moment-là libre cours à sa prudence, à sa réserve ; il peut même en arriver à douter à l'égard de lui-même et plus encore, envers autrui . Peu à peu, il prend conscience des conditions admissibles de l'affirmation vraie . C'est à ce moment là, dans ces conditions, que surgit dans son entendement l'attitude, l'état " d'esprit critique " .
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Regardons maintenant en quoi consiste cet esprit critique, quelle est son origine, sa nature, quels sont ses fondements , ses relations avec d'autres qualités et défauts ? Il repose sur quoi, il se résume à quel champ des comportements ; en définitive, faire preuve d'esprit critique, cela revient à quoi faire pour l'acquérir, le fortifier , l'ancrer fortement" tout en lui laissant de la souplesse, une sorte d'esprit critique envers lui-même"?
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Précisons, en commençant, qu'il importe de ne pas le confondre ," cet esprit critique," avec l'esprit de critique . Les individus faisant preuve de ce dernier sentiment sont des êtres malveillants et partiaux . Ils censurent, blâment, condamnent, détruisent,soulignent que les défauts des personnes et de leurs oeuvres , sans aucun examen objectif . Cette disposition d'esprit malsaine, préjudiciable, malhonnête, déplorable, peut être si exagérée chez certains êtres humains qu'elle dégénère comme en manie de faire ressortir les défauts, parfois inexistants des personnes et des choses, sans même qu'on leur demande leurs jugements . Ils se créent leur affirmation ; la critique est aisée .

Le mot critique vient du grec et signifie "qui est capable de discerner, de juger, d'avoir une opinion de grande valeur . L'esprit critique est l'esprit de bon jugement . Au sens élevé du mot, juger signifie avoir l'attitude mentale que devrait posséder le l'arbitre, l'expert qui va rendre un avis, prendre une décision, rendre une sentence . Ce type de personnage doit se montrer impartial . Il doit faire taire ses préférences personnelles et attendre patiemment, que toutes les raisons de choisir se soient montrées . Ce qui implique également, que cet arbitre pèse objectivement toutes les raisons de l'acte, donne à chacune d'elles sa véritable valeur, son poids authentique, sans rien ajouter de celles qui lui sont chères, ni retrancher celles qui lui sont défavorables .

Posséder ( avoir à soi quelque chose dont on a la liberté actuelle de disposer) l'esprit critique c'est, par conséquent, s'astreindre (s'obliger strictement), s'imposer, à chercher exactement et sans passion, toutes les preuves susceptibles d'entraîner la décision dans un sens ou dans l'autre, les garder toutes dans l'esprit avec leur véritable valeur . L'esprit critique est en somme le sens de la preuve absolue !

L'esprit critique est une attitude de l'intelligence qui s'acquiert (s'apprend). C'est l'esprit du libre examen . Il est en totale symbiose avec le bon sens et le jugement . Il suppose le soucis de se renseigner avant de prendre une décision, le désir de chercher à s'expliquer et à comprendre par soi-même . Il se confond avec le doute ( état de l'esprit qui est incertain de la réalité d'un fait, de la vérité de paroles, de la conduite à adopter dans une circonstance, hésitation, incertitude, perplexité ; être dubitatif, incrédule :c'est-à-dire difficile à persuader ou à convaincre ), une des condition essentielles de la science sur lequel tous les scientifiques (les "anciens savants") ont insisté, depuis Galilée, Descartes jusqu'à Claude Bernard, Pasteur et Louis de Broglie .

C'est l'honneur de Descartes d'avoir posé comme règle que seul le critère de vérité réside (se situe) dans l'évidence de la raison .

"N'admettre aucune chose comme vraie que je ne la connusse évidemment être telle " .Ici, le libre examen devient esprit d'indépendance intellectuelle .

Il faut bien se garder aussi de confondre le doute avec le scepticisme ." Le sceptique est celui qui ne croit pas à la science, à une certaine vérité et qui croit à lui-même ...Le douteur est un vrai savant, il ne doute que de lui-même et de ses interprétations, mais, il croit à la science" écrit Claude Bernard .

L'esprit critique constitue un des éléments essentiels de l'esprit scientifique .Il consiste à n'accepter aucune assertion sans contrôle et à réagir contre cette crédulité naturelle qui nous porte à admettre comme vraie la première idée qui se présente à notre esprit, le premier récit qui nous est proposé .Pasteur l'a admirablement défini : "N'avancez rien qui ne puisse être prouvé d'une façon simple et décisive . Ayez le culte de l' esprit critique . Sans lui , tout est caduc " .

Dernier avertissement : l'esprit critique n'est pas autre chose que la mise en oeuvre de l'attitude réfléchie de l'esprit averti des dangers de la précipitation, comme dit Descartes, et soucieux de n'affirmer qu'à bon escient (avec discernement) . C'est en somme le besoin de preuves .

Après la présentation de ces prémisses (affirmations dont on tire des conséquences et des conclusions), il est temps d'essayer de répondre aux questions posées le 12 Juin .

A partir de quel moment, de quel âge !, peut-on essayer de commencer à développer un "Esprit critique" chez un jeune enfant (à l'école Primaire ou au Collège ?).

A l'occasion de quels apprentissages des savoirs, ce rapport à l'esprit critique, peut-il être enseigné, inculqué . Par quels moyens :expériences simples (celles proposées dans ce blog ou d'autres ),observations dans la nature, examens, observations d'objets, de descriptions de phénomènes ...etc. , peut-on faire entrer progressivement dans l'entendement d'un jeune esprit ce type d'intérêt très utile concernant les êtres et les choses .

Est-il possible de présenter des exemples simples à l'enfant , dans lesquels des éléments de réflexion touchant à des contextes où la notion "d'esprit critique"est compréhensible et accessible . Peut-on commencer à essayer de "faire émerger" dans l'entendement de ces jeunes enfants à l' École Primaire, des rudiments nécessaires à l'abandon de ces comportements ancrés dans leur esprit, pour y installer ce nouveau rapport à leur connaissance juvénile (qualités propre à la jeunesse) ?

Chercher à s'expliquer, à comprendre par soi -même, paraît nécessaire sinon indispensable à toute vie intellectuelle réelle .Aussi, une telle éducation apparaît-elle souhaitable au niveau de l'École Primaire .Le futur citoyen doit apprendre à juger en connaissance de cause (avec raison et justesse) .

L'éclosion, puis, la culture de l'esprit critique , devraient être amorcées (mises en route) dès ce stade de leur formation . Mais, à ce propos, il existe deux positions contradictoires parmi ceux qui ont donné leur avis concernant ce problème .

--Certains,"les contestataires", radicalement opposés à cette éducation au stade primaire élémentaire, prétendent qu'il est difficile à l'enfant enraciné , bien établi dans son égocentrisme, de changer de point de vue . Il n'a pas à discuter . Le doute est, pour lui, malaise, embarras, inquiétude ; il a besoin de certitude, d'assurance . Il existe un danger de tout remettre en cause, puisque le Maître détient vérité et sagesse . Il suffit de les lui imposer de façon autoritaire et dogmatique (catégorique). C'est une manière aisée de favoriser" l'esprit de critique "systématique et stérile .

--D'autres, "contradicteurs des précédents", le sens de la critique, et même d'esprit critique existerait chez le jeune écolier d'aujourd'hui, beaucoup plus éveillés que celui d'autrefois . Mais que veut dire éveillé, n'est-ce pas superficiel, factice ; n'est-ce pas simplement une impression devant de nouveaux comportements inexistants jadis ,en l'absence de la Télévision et de l' Internet, par exemple ? Il est possible d'en faire l'éducation, mais, à la condition de doser celle-ci, suivant l'âge de l'écolier et de sa maturité, de son épanouissement , en prenant certaines précautions .

Dans quelles circonstances , et avec quelles méthodes, quels outils pourra t-on atteindre notre but ?

Les éventualités offertes par l'École Primaire de développer l'esprit critique de l'écolier sont nombreuses, depuis le niveau du Cours Élémentaire . En somme toutes les matières peuvent s'y prêter . C'est une question d'art, d'intelligence de la part du Maître et surtout une attitude à faire acquérir par l'enfant . Le principe en est : faire chercher l'enfant, découvrir, vérifier par lui-même, plutôt que de lui dire ou lui imposer . Comparer, juger les faits sans précipitation ni esprit de prévention (de préjugé, de partialité) . Il est utile pour faciliter sa compréhension de l'orienter discrètement et de lui fournir les informations et les connaissances nécessaires .

Aux premiers âges, fournir du merveilleux à l'enfant parce que son esprit le réclame . Mais, par la suite, aux cours plus élevés, c'est insuffisance d'esprit critique que d'habituer l'enfant à croire fermement aux récits de prodiges, d'évènements merveilleux, de descriptions d'animaux fabuleux, ou lui faire croire que dans le domaine historique ou sociologique, les choses ont toujours été et sont partout, telles qu'elles sont, autour de nous . L'histoire doit enseigner la complexité et la relativité (caractère que présente la connaissance de ne pouvoir saisir que des relations et non la réalité même ) des choses humaines .

La langue française et le calcul permettent dans des cas très simples de faire réaliser à l'enfant la correction de ses propres participations, de susciter et de conduire à leurs propos des réflexions pertinentes accessibles à sa pensée ainsi que des amorces de jugements à leur portée . Il sera nécessaire de leur faire admettre l'utilité de la justification des réponses présentées .

Les valeurs de l'éthique, du sens du devoir, de l'honnêteté, de la moralité doivent être abordées en vue de leur faire admettre les qualités relatives des règles ; ne pas aborder dès le début la notion de valeur relative , trop complexe . Les problèmes du goût des autres, du respect d'autrui, de la tolérance doivent servir d'exemples en suggérant simplement, en montrant des conséquences plus ou moins graves et particulièrement de la possibilité de certains dangers .

Mais, à une certaine étape de l'évolution de l'enfant, viendra le moment où, chez lui ou chez l'adolescent, apparaîtra le désir de marquer sa personnalité par des choix, des solutions originales, voire une certaine volonté de confrontation, sinon d'opposition avec le "formateur" . L'activité expérimentale aide précisément à concrétiser ces aspirations .Elle forme à la juste appréciation des limites, un peu à l'image des activités sportives, elle contribue à ce que le jeune individu parvienne à se mieux connaître en lui inculquant le sens de l'équilibre, mais aussi du relatif et de la mesure . Elle affine, elle éduque, elle perfectionne les facultés de raisonnement, elle incite à rejeter les solutions toutes faites, ou montre qu'il existe plusieurs solutions au même problème .

Certains formateurs , développent exagérément le rôle de l'esprit critique dans les sciences , et présentent de nombreux cas , où la simplification nécessaire déforme profondément le sens des notions utilisées . C'est une erreur très regrettable , car elle persistera définitivement dans l'entendement du futur étudiant ;on les retrouve d'ailleurs dans les copies d'examens à l'Université !

Et puis, pourquoi se limiter à la science ? Pourquoi toujours tout centrer sur elle ? N'y a-t-il pas d'autres champs de l'activité humaine aussi nobles, qui sont également importants à ce point de vue de l'esprit critique ? C'est une erreur de laisser croire à un enfant que l'esprit critique est nécessaire uniquement aux contextes de la science ; il faut montrer très tôt à l'enfant qu'il faut l'exercer pour les jugements des affaires humaines et en particulier pour l' Ecologie .Nous reviendrons certainement sur ce thème essentiel dans lequel exercer son Esprit Critique est fondamental . Nous aborderons également la notion de "Doute" qui demandera un long développement . Bien à vous, Gerboise .






mardi 12 juin 2007

Thème inédit :Participation à un sujet de réflexion sur l'esprit critique (n°1)

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Les visiteurs du blog Gerboise peuvent s'il le désirent s'impliquer dans cette nouveauté en construisant eux-mêmes un projet de texte . Une proposition sera réalisée par nous , et concernera la construction d'un document modèle et le développement des idées essentielles relatives à ce sujet ; elle sera publiée Lundi prochain , le 18 Juin 2007, pour vous tous .Vous pourrez en discuter le contenu et proposer des points de vue personnels différents qui seront par la suite commentés dans ce blog.
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Voici le thème d'exercice de rédaction proposé :
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A partir de quel moment, de quel âge !, peut-on essayer de commencer à développer un" Esprit critique" chez un jeune enfant (à l'école Primaire ou au Collège ?)
A l'occasion de quels apprentissages des savoirs, ce rapport à l'esprit critique, peut-il être enseigné, inculqué .Par quel moyens : expériences simples (celles proposées dans ce blog ou d'autres), observations dans la nature, examens d'objets, de descriptions de phénomènes ... etc. , peut-on faire entrer progressivement dans l'entendement d'un jeune esprit ce type d'intérêt très utile concernant les êtres et les choses .
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Les commentaires constructifs et critiques (!) seront les bienvenus . à bientôt, Gerboise.