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samedi 20 novembre 2010

La Géologie : découverte d'un livre enrichissant,formateur, enthousiasmant*,passionnant:Monts et Merveilles** de Maurice Mattauer,Editions Hermann***.




Ci-dessus, reproduction de la figure 1 . 5, du livre de Maurice Mattauer : le mouvement actuel des plaques de la lithosphère, de l'écorce terrestre, à l'échelle du globe . Grâce à la tomographie ( du grec "tomos " : morceau coupé . c'est un procédé d'exploration par la propagation des ondes dans la lithosphère permettant d'obtenir l'image d'une mince couche des terrains à une profondeur voulue) sismique, on sait depuis 1998 que les " subductions " (enfoncement oblique d'une plaque dans l'asthénosphère, couche d'environ 700 kilomètres d'épaisseur, qui constitue le substratum, assise sur laquelle repose la lithosphère . A l'échelle géologique, il s'y produit des mouvements de convection de matière responsables du déplacement des plaques) peuvent descendre jusqu'à 2900 km .

(Vous pouvez réaliser un clic gauche sur l'image pour l'agrandir, puis reculer d'une page en vue de poursuivre votre lecture) .

( En réalisant un clic gauche sur la deuxième image de gerboise : Esiobreg, dans la partie supérieure de la colonne de gauche ,vous pourrez atteindre un autre blog destiné aux jeunes, enfants et adolescents) .

" ... On compte actuelllement sur la Terre six grandes plaques analogues à celles représentées au cours de l'expérience du schéma situé ci-dessous ; elles sont séparées soit par de grandes failles situées dans les océans, soit par des chaînes de montagnes . Une plaque apparaît donc limitée par une autre, aucune d'elles n'étant fixe . Aussi, lorsque deux plaques s'écartent et laissent place à un océan, les conséquences de ce mouvement sont ressenties sur toutes les autres plaques ; c'est pourquoi l'on de la tectonique globale . D'une façon générale, tout écartement de plaques provoque ailleurs un rapprochement de plaques .
A tout océan correspond donc une chaîne de montagne [ voir la figure ci-dessus] . Cette notion est fondamentale pour les géologues, car elle signifie que l'étude des chaînes de montagnes passe par celle des océans ... "




Ci-dessus, reproduction de la figure 1 . 3 : Une expérience analogique de la tectonique des plaques .

" Pour mieux visualiser le comportement général des plaques, que le profane peut avoir du mal à imaginer concrètement, une expérience est possible . Elle consiste à simuler le comportement de la lithosphère et de l'asthénosphère à l'aide de deux couches de paraffine de densités différentes, que l'on superpose dans un récipient dont on chauffe la partie inférieure [voir la figure ci-dessus] . La couche la plus épaisse et la plus sombre sera la couche inférieure et représentera le manteau, tandis que l'autre, plus fine, plus claire et plus légère, sera la partie supérieure et représentera l'écorce d'une plaque continentale . En chauffant régulièrement l'ensemble par le bas, on verra la moitié inférieure se ramollir et se transformer en asthénosphère tandis que la moitié supérieure restera rigide et simulera la lithosphère . Si, dans certaines parties, on accentue le chauffage, la plaque perdra un peu de son épaisseur . Si, en revanche, on interrompt le chauffage en d'autres endroits, elle s'épaissira un peu plus .
La Terre est une machine thermique fonctionnant de même, aux gré des apports de chaleur venus des profondeurs ... " .


La figure ci-dessus, humouristique mais réaliste, présentée par l'auteur de l'ouvrage, illustre schématiquement les mécanismes de la déformation de la lithosphère terrestre . Il est nécessaire de préciser que les plissements dans la lithosphère ne peuvent se produire qu'à de grandes profondeurs où la pression exercée par le poids des formations situées au-dessus est considérable .


* enthousiasme : émotion vive portant à admirer ,"coup de cœur" .
** Beautés et richesses de la géologie .
*** Hermann, Éditeurs des Sciences et des Arts .

Gerboise, vient de découvrir dans une bibliothèque, cette semaine , le livre de Maurice Mattauer, professeur à l'université des sciences et techniques du Languedoc à Montpellier , édité en 1999 .
Maurice Mattauer est lauréat de la Leopold-von-Buch-Plakette de la Deutsche Geologische Gesellschaft, en reconnaissance de ses travaux éminents de géologue et de tectonicien . Il a en outre reçu la Arthur Holmes Medal " in recognition of outsanding scientific achievement in the Earth Sciences " .

Je me rappelle de discussions constructives, avec lui - dont je conserve un très bon souvenir - concernant les « dites déformations» de minéraux [ les feldspaths] que j'attribuais à des structures de croissances cristallines et de déformations liées à la dilatation thermique du cristal dans les magmas fondus et lui, tectonicien, à des actions purement mécaniques postérieures lors des compressions tectoniques à grandes profondeurs . Ces structures [ fissurations thermiques] primitives [antérieures] des cristaux centimétriques de ces feldspath orientés dans le flux magmatique, semblaient, paraissaient, être le résultat de ruptures lors de la déformation tectonique postérieure à la cristallisation du liquide magmatique .

Nous étions à cette époque aussi enthousiastes l'un que l'autre . C'est toujours avec passion que je livre dans mon blog, une grande partie de mes connaissances et de mes réflexions et celles des auteurs que j'admire . La découverte de l'ouvrage de Maurice Mattauer et de son avant-propos :« La montagne, une passion», m'a beaucoup réjoui , en découvrant chez lui cette persistance , cet attachement passionnel et chaleureux toujours présent, visible dans son texte, malgré les longues années qui se sont écoulées .

Je vais me permettre ci-dessous de vous présenter ses réflexions sur les Sciences de la Terre , puis sa présentation de la Montagne , situées au début de l'ouvrage ,qui ont toujours fait l'objet de ses recherches et de ses interrogations .


« Les montagnes ne sont pas immobiles. Elles naissent, vivent et meurent. Elles bougent sous nos yeux ; mais leur mouvement est imperceptible à l'échelle humaine : un sommet ne s'élève guère de plus d'un millimètre par an .

A l'échelle géologique, il en va autrement. L'unité de temps y est le million d'années : la variation d'altitude du même sommet atteint alors 1000 mètres .

Les géologues ont peu à peu réussi à reconstituer, dans leurs grandes lignes, les modifications qui se sont produites dans les principales chaînes du globe : les chaînes récentes, comme les Alpes ou l'Himalaya, ou les chaînes anciennes mortes,comme la chaîne hercynienne . Chaque pierre à un âge et une histoire : en observant les minéraux et les pierres,on parvient à reconstituer l'évolution qui a transformé la nature. La pierre cesse d'être un bloc inerte pour devenir le témoin de l'histoire de la Terre.

Pour des durées de 10 à 100 millions d'années, très courtes à l'échelle de la Terre -vieille de 4,6 milliards d'années - les bouleversements sont considérables . On voit disparaître de grands océans, on assiste à la collision de continents, à la surrection (soulèvement lent et progressif d'une partie de la lithosphère terrestre) puis à la destruction de reliefs de plus de 5000 m d'altitude ; le front des montagnes peut s'avancer de plusieurs centaines de kilomètres sur les continents bordiers .

La découverte de la tectonique des plaques a révolutionné la géologie. elle fournit une explication globale de la dérive des continents et explique le mécanisme de la naissance et de la disparition des océans. Elle donne en même temps un cadre planétaire à la formation des chaînes, nées du rapprochement des plaques .

On essaye maintenant de reconstituer les mécanismes généraux : ceux qui interviennent actuellement dans les immenses zones de reliefs de la planète, continuellement secoués par des tremblements de terre, et ceux qui ont affecté de nombreuses vieilles chaînes figées depuis des millions d'années.

La complexité de ces données ne permet pas une approche abstraite. On échafaude des modèles fondés sur l'observation d'un grand nombre d'objets de différentes échelles. Partant de l'atome ou du cristal, on en arrive au déplacement des continents à l'échelle de la planète entière ; on en étudie les roches, les affleurements, les paysages, les montagnes. On utilise pour cela des microscopes, des cartes, des photographies aériennes, les photographies de satellites, des enregistrements d'ondes sismiques ; on analyse le magnétisme des roches et leurs propriétés physiques, grâce à des techniques de plus en plus sophistiquées, comme l'informatique, le spectromètre de masse, etc.

Le géologue est un clinicien qui analyse le terrain qu'il arpente (mesurer un terrain ; parcourir à grands pas) , établit des diagnostics et construit des modèles que les observations successives modifient au fur et à mesure.

Son travail se nourrit d'observation, d'études, de comparaisons, d'intuition et d'imagination .

En parcourant les montagnes du globe et en ramassant des pierres, on apprend l'évolution des chaînes et l'on peut reconstituer leur passé. La démarche scientifique rejoint ainsi le rêve et la poésie.


LA MONTAGNE, UNE PASSION

Au-dessus d'un monde en perpétuelle agitation, les montagnes évoquent la stabilité et la pérennité (état, caractère de ce qui dure toujours, continuité) . Dominant des siècles d'histoire bouleversée, elles semblent sereines et apparemment inchangées, comme si leurs masses rocheuses ne trahissaient aucune vie . L'alpiniste, gravissant ces parois rebelles, observe la pierre afin d'y découvrir prises et appuis , mais c'est avant tout vers le ciel qu'il dirige son regard, et c'est en contemplant les étoiles qu'il se laisse aller à la rêverie. Il sait qu'à des années-lumière de là, des astres sont en train de naître, de vivre ou de disparaître dans l'infini du temps ; il le sait et cette mystérieuse évolution lui plaît. Il écoute l'astronome lui conter mille histoires merveilleuses et se laisse griser par le firmament et ses lumières scintillantes . La montagne qui le porte n'est plus pour lui qu'un piédestal ( ce qui sert à s'élever, à monter) , bloc minéral inerte dont l'érosion viendra inéluctablement à bout (épuisera) .

Et pourtant… combien de mystères sont ainsi foulés aux pieds, ignorés de ceux qui ne connaissent pas la terre ? Cet alpiniste emporté par la magie des cieux ne soupçonne pas que, sous ses semelles, palpite tout un univers aussi chargé d'histoire. Il ne devine pas qu'en s'y arrêtant un instant, il pourrait y lire le récit de l'évolution du monde, parcourir des millions d'années, voir surgir des continents et des océans à jamais disparus . Il connaît la rêverie de l'astronome, mais ignore l'exaltation du géologue (voir le livre de Pierre Termier : A la Gloire de la Terre que nous avons présenté dans notre blog).

C'est la tête penchée et les yeux rivés au sol que le géologue arpente les chemins de montagne. À intervalles réguliers, on le voit se baisser et ramasser des cailloux. Parfois, il les brise avec un marteau et en observe les morceaux à la loupe . Il en rejette certains et enfouit les autres dans son sac . Il grimpe et descend, tourne et contourne, va et revient sur ses pas, accumulant toujours de nouvelles trouvailles n'intéressant que lui. « Avez-vous trouvé de l'or ? » lui demande-t-on à son retour au village où ce collectionneur bizarre est, le plus souvent, pris pour un original. C'est en fouillant dans son sac à merveilles que l'on peut se faire une idée de ce que recouvre son étrange activité. Parmi les pierres et la poussière, on découvre en général un petit carnet où dessins et graphiques ponctuent des séries de remarques dont la lecture donne le vertige. Il est en effet question de mondes engloutis, de continents disloqués ou d'animaux inconnus.

À travers ces bribes ( petites quantités, savoirs rudimentaires), c'est l'histoire de la terre que l'on touche du doigt.

Pour le géologue, le moindre caillou prend les allures d'une machine à remonter le temps, qui lui permet de reconstituer, à partir d'un moment de l'histoire géologique, l'évolution entière de notre planète. Comme l'observateur des astres, l'observateur des pierres parcourt à grandes enjambées les millions d'années qui, peu à peu, ont construit l'univers. Les yeux du géologue, lorsqu'il contemple un sommet, reflètent la même profondeur insondable que ceux de l'astronome scrutant les étoiles. Se mouvant comme lui dans le temps et l'espace, il songe à l'océan qui précéda la montagne quelque cent millions d'années plus tôt, il tente d'imaginer sa forme et ses rivages et évaluer la vitesse à laquelle les eaux se sont retirées. Il veut savoir comment et pourquoi la montagne a surgi à cet endroit précis et à quel moment . Parfois, il descend dans les entrailles de la chaîne, pour mieux reconstituer les courants de matière qui ont joué sous l'écorce terrestre, quelques centaines de kilomètres plus bas .

Pour cet homme, la montagne n'est pas ce bloc inerte à peine sensible à l'érosion du temps, mais une entité vivante, changeante et et mouvante.
Tel un être vivant, elle naît , grandit , mûrit , se modifie sans cesse, connaissant même des périodes d'intense activité, et peu à peu s'affaisse , vieillit et finit par mourir.
Son ossature demeure longtemps après et se retrouve souvent exhumée dans une nouvelle chaîne de montagnes, , jeunes et vigoureuses, qui, à son tour, connaîtra vie et déclin.

Le géologue est donc un véritable historien, reconstituant des mondes entiers avec leur géographie, leur faune , leur flore et leurs paysages à jamais disparus.
L'histoire qu'il retrace est peuplé de chocs inouïs et de révolutions brûlantes où les raz-de-marées succèdent aux séismes, tandis que des bouleversements plus terribles encore se préparent dans les profondeurs surchauffées de l'écorce terrestre.

LA FASCINATION

Le géologue n'est pas seul à subir cette fascination, et cette histoire a nourri bon nombre de légendes, depuis les temps les plus reculés. Ainsi, dans la Bible [ Psaume 104] :

Les eaux recouvraient les montagnes,
Elles s'enfuirent devant ta menace.
Au bruit du tonnerre, elles reculèrent épouvantées .
Les montagnes surgirent, les vallées se creusèrent.

Ainsi voit-on le mythe rejoindre la réalité et se confondre avec elle.

Pour reconstituer cette histoire, point n'est besoin de sonde ou de télescope . Ce que des astronautes sont allés chercher sur la Lune, ce que les sondes ont rapporté de la planète Mars, chacun peut le collecter simplement sur la Terre.

Il suffit de marcher , de grimper, d'escalader, puis d' apprendre à voir et à observer, pour comprendre .

… « Casser du caillou en réfléchissant» , la devise des géologues, illustre bien ce perpétuel va-et-vient de l'observation à la réflexion, attitude comparable à celle qui, à une autre échelle, anime l'archéologue …

… Enfin, et surtout, le géologue se préoccupe des déformations subies par les roches, à toutes les échelles. Autrement dit, ses yeux ne s'arrêtent pas derrière la loupe, mais peuvent également devenir ceux du tectonicien se concentrant par exemple à l'étude du plissement ou des tremblements de terre.
De l'atome au kilomètre , le géologue doit pouvoir adapter son regard à tous les stades de sa recherche …

Nous serons amenés par la suite, à utiliser,comme outils intellectuels et pratiques, les nombreuses analyses de comportement présentées par l'auteur et les profondes réflexions qui jalonnent l'ensemble des chapitres de l'ouvrage qui est un modèle pédagogique inestimable
.

Cordialement vôtre, Gerboise .

jeudi 28 octobre 2010

Atlas des mondialisations : 5000 ans d'histoire ; comprendre le présent à la lumière du passé .Revue Le Monde-La vie, hors série 2010-2011

ci-dessus : Recto de la Revue


Après l'Atlas des Religions en 2007, l'Atlas des Migration en 2008, l'Atlas des Civilisations en 2009, voici celui sur les Mondialisations qui vient d'être publié . Nous vous recommandons de l'acquérir car, comme les précédents, car il vous permettra pour une somme modique d'accéder à source considérable d'informations absolument nécessaires pour se constituer un ensemble de réflexions sur les Mondes Anciens , ceux du passé dans lesquels nos ancêtres ont vécu , et le Monde d'Aujourd'hui, celui dans lequel nous vivons actuellement, ceci en vue d'envisager les évolutions possibles et plus ou moins probables des temps futurs .


( Vous pouvez comme d'habitude agrandir chaque image en réalisant sur elle un clic gauche,puis revenir à la page précédente par un clic gauche également, sur la flèche située en haut à gauche : Recul d'une page) .



Ci-dessus : Note d'avant propos de l'éditeur .



Ci-dessus :1ère page de la table des matières .



Ci-dessus : 2ème page de la Table des Matières .



Ci-dessus : Page Titre des 15 schémas des étapes successives de l'évolution des Mondialisations au cours des siècles .



Trois premières étapes.


Trois étapes suivantes .


Trois étapes suivantes .


Trois étapes suivantes .


Trois dernières étapes .


Première page de citations .


Deuxième page de citations .


Enfin,voici un exemple parmi les très nombreuses cartes illustrées, qui illustrent cet ouvrage d'une manière remarquable.

Au cours des prochains thèmes abordés dans ce blog, nous serons amenés à commenter un certain nombre de ces étapes cruciales dans l'évolution des Civilisations et les différentes périodes de ces " Mondialisations ", dans l'interprétation de nombreux événements actuels.

Fidèlement vôtre , toujours dévoué pour vous apporter nos connaissances et nos réflexions dans ce monde complexe dans lequel nous devons évoluer chaque jour.

dimanche 13 décembre 2009

L'Europe, " c'est quoi l'Europe , et surtout la France, en son sein ? " : C'est toute une Histoire ! Les Tableaux synoptiques de Maurice Griffe * ...

* vont contribuer à nous guider lors de notre prise de conscience de l'ensemble des mondes complexes et compliqués qui nous ont précédé .

Voici, ci-dessous, le recto de ce tableau " en accordéon "


Nous allons maintenant vous présenter quelques éléments de ce " Tableau synoptique " , en vue de vous inciter à vous procurer ce document très riche culturellement. C'est une réalisation remarquable qui vous passionnera : quand on commence à s'aventurer entre les plis de cet espèce de tableau en accordéon, on en sort qu'à la fin ; et durant tout ce parcourt, on oublie très vite la notion du temps, mais on entre dans celui de l'espace et de la durée , dans cette histoire de la multitude des événements qui ont contribué à forger cet ensemble de contrées qui font le charme, le dynamisme, la force créative dans les arts, les sciences et les rapports sociaux, de cette communauté.

Vous trouverez à la fin , une reproduction du verso de l'ouvrage, dans laquelle vous pourrez consulter la liste de l'ensemble de tous les Tableaux Synoptiques disponibles dans cette collection , ainsi que les coordonnées de Maurice Griffe,le créateur[celui qui fut à l'origine de cette aventure] , nécessaires pour commander ceux qui vous trouverez à votre convenance , si vous le désirez, bien-entendu !

( vous pouvez agrandir les images suivantes en réalisant un clic gauche sur chacune d'entre elles, puis revenir chaque fois à la précédente) .

L'Europe des 27 en 2009.

Ci-dessus et ci-dessous, les douze derniers adhérents à l'Union Européenne .


Ci-dessous : Les grands moments historiques de l'Europe .
Ci-dessous : deux plis de l'accordéon, de 1600 à l'an 2000.

Ci-dessous : Période de - 1300 à - 900 .
Ci-dessous : Période de -2200 à - 1900 .

Et voici la liste des chronologies disponibles aux Éditions T.S.H.

Ci-dessous :Partie supérieure de l'image du verso du document .


En espérant que vous apprécierez ces documents, croyez à mes pensées cordiales . Bien à vous, Gerboises .

jeudi 18 juin 2009

Un habitat artificiel s'est peu à peu substitué à un écosystème naturel.Le zoologue Desmond Morris dans le ZOO HUMAIN nous fait saisir cette situation

.

IL EST NÉCESSAIRE D'AVOIR CONSCIENCE DE CE QUE NOUS SOMMES RÉELLEMENT, NOUS AUTRES, LES ÊTRES HUMAINS, POUR POUVOIR RESTER EN ÉTAT D'ÊTRE RÉALISTE ET CONSCIENT DE NOTRE VÉRITABLE PERSONNALITÉ .


L'auteur du SINGE NU (voir notre billet du 7 Novembre 2008) nous fait découvrir dans ce merveilleux petit livre publié par les Éditions Bernard Grasset, en collection du Livre de Poche [** n° 3148] les vicissitudes de l'Homme et de ses animaux familiers captifs, tous les deux prisonniers de la nouvelle Société dans laquelle ils se trouvent plongés .

C'est un ouvrage que tous les lecteurs de notre blog " Savoirs et Réflexions " doivent absolument lire .

Dans un prologue, l'éditeur nous présente l'auteur et nous situe le contexte de ce remarquable et étonnant discours sur l' Homme et les animaux confinés dans ces centres de détention à liberté limitée que sont devenus les nouveaux territoires habités par ces êtres vivants !



Voici :

" Desmond Morris est né en Angleterre en 1928 . Diplômé de zoologie, il travaille de 1951 à 1956 à Oxford avec le groupe de Niko Tibergen . De 1956 à 1959, il dirige le service des émissions de télévision rattaché au Zoo de Londres . Nommé en 1959 directeur du département des mammifères de ce Zoo, il y poursuit actuellement [1969] ses recherches . Depuis 1967, il dirige également l'Institut des Arts contemporains . Après le Singe nu ... Desmond Morris a rédigé dans la même veine d'humour scientifique le Zoo Humain. A ce spécialiste de zoologie, on doit aussi une Biologie de l'art ."

" Dans l'étendue de sa domination sur la planète, l'homme perd souvent de vue qu'il se définit essentiellement comme un animal doué de raison classé parmi les mammifères de l'ordre des primates à côté des lémuriens et des singes . Diffère-t-il d'ailleurs tellement de ces derniers ? Dans le Singe nu, le zoologiste Desmond Morris a très brillamment démontré que non . Singes nus nous sommes, frères bavards du babouin . L'étude de notre comportement en tant qu'individus a entraîné Desmond Morris à examiner notre vie sociale selon la même méthode critique de naturaliste observant une espèce animale quelconque dans son milieu naturel . A ceci près que la prolifération humaine et la multiplication des villes ont pratiquement supprimé la nature pour ne laisser que des conditions artificielles comparables à celles d'un zoo .

Le paradoxe du monde moderne est, en effet, de contraindre à vivre dans un cadre ultra-perfectionné des " animaux " qui restent soumis aux impératifs biologiques des temps primitifs . L'homme captif de sa technique saura-t-il supporter cette distorsion ( déformation, déséquilibre, absence d'harmonie dans une évolution ;
effet qui prive un résultat statistique de son caractère représentatif en le faussant systématiquement )
, pourra-t-il rendre vivable le zoo humain ?

Il a su déjà merveilleusement s'adapter . Desmond Morris l'expose avec une ironie ( manière de se moquer [de quelqu'un ou de quelque chose] en disant le contraire de ce qu'on veut exprimer ; disposition moqueuse ; façon de le faire en s'ingéniant à rendre sensible à un esprit fin la fausseté ou l'invraisemblance de ce qu'on énonce ) et une maestria ( maîtrise, facilité et perfection dans l'exécution d'une œuvre d'art, d'une action, d'une narration : d'un exposé écrit ou oral,détaillé ,d'une suite de faits) scientifique qui rendent son livre aussi divertissant qu'instructif .


Introduction de l'ouvrage :

" Les pressions de la vie moderne deviennent (le livre a été écrit en 1970) accablantes (pénibles) , le citadin harassé qualifie souvent le monde grouillant où il vit de jungle de béton . Expression pittoresque qui veut décrire le mode de vie dans un centre urbain à forte densité de population, mais ce n'en est pas moins une description grossièrement inexacte, comme pourrait le confirmer quiconque a étudié une vraie jungle .

Dans les conditions normales dans leur habitat naturel, les animaux sauvages ne se mutilent pas, ne se masturbent pas, n'attaquent pas leur progéniture, n'ont pas d'ulcère à l'estomac, ne deviennent pas fétichistes, ne souffrent pas d'obésité, ne forment pas de couples homosexuels et ne commettent pas de meurtres .

Chez les humains citadins, inutile de dire que tout cela se produit .

Cela trahit-il alors une différence fondamentale entre l'espèce humaine et les animaux ?

Au premier abord, il le semblerait . Mais c'est là une illusion trompeuse . D'autres animaux ont en effet ce comportement dans certaines circonstances, et plus précisément lorsqu'ils sont victimes des conditions anormales qu'impose la captivité . L'animal de zoo en cage présente toutes ces anomalies que nous connaissons si bien pour les avoir observées sur nos congénères humains . Il est dès lors évident que la ville n'est pas une jungle de béton, mais un zoo humain .

Il ne faut pas comparer le citadin et l'animal sauvage, mais le citadin et l'animal captif . Le moderne animal humain ne vit plus dans des conditions naturelles pour son espèce .

Pris au piège, non pas par un chasseur travaillant pour un zoo, mais par sa propre et brillante intelligence, il s'est installé dans une immense ménagerie où, incapable de trouver le repos, il court constamment le danger de craquer sous cette tension impitoyable .

Toutefois, malgré les pressions, les avantages sont substantiels . Le monde du zoo, comme un parent gigantesque, protège ses pensionnaires : on leur assure nourriture, boisson, abri, hygiène et soins médicaux ; les problèmes fondamentaux de la survie se trouvent réduits au minimum . Les pensionnaires ont donc du temps de libre . La façon d'utiliser ce temps dans un zoo non humain varie, bien sûr, d'une espèce à l'autre . Certains animaux se détendent tranquillement et sommeillent au soleil ; d'autres trouvent l'inactivité prolongée de plus en plus difficile à supporter . Si vous êtes pensionnaire d'un zoo humain, vous appartenez inévitablement à cette seconde catégorie . Doté d'un cerveau inventif et qui a le goût profond de l'exploration, vous ne parviendrez pas à vous détendre très longtemps . Vous serez poussé inlassablement vers des activités de plus en plus élaborées . Vous chercherez, vous organiserez, vous créerez et, au bout du compte, vous vous serez plongé plus profondément encore dans une captivité plus étroite . Avec chaque raffinement nouveau, vous vous trouverez un peu éloigné de votre état naturel tribal, cet état dans lequel vos ancêtres ont vécu pendant un million d'années .

L'histoire de l'homme est l'histoire de sa lutte pour s'accommoder des conséquences de cette difficile progression .

C'est une situation confuse et qui prête à confusion, en partie à cause de sa complexité même et en partie parce que nous jouons là un double rôle puisque nous sommes tout à la fois spectateur et participant . Peut-être cette situation deviendra-t-elle plus claire si nous l'envisageons du point de vue du zoologue, et c'est ce que je vais tenter de faire dans les pages qui suivent . Dans la plupart des cas j'ai délibérément choisi des exemples qui seront familiers aux lecteurs occidentaux . Cela ne veut toutefois pas dire que pour moi mes conclusions ne valent que pour les cultures occidentales . Bien au contraire, tout donne à penser que les principes de base s'appliquent uniformément aux citadins du monde entier.

Si j'ai l'air de dire " faites machine arrière, vous courez à la catastrophe " , laissez-moi vous assurer qu'il n'en sera rien ? Au cours de l'infatigable évolution de notre société, nous avons triomphalement lâché la bride à nos puissants instincts d'invention et d'exploration : ils sont partie intégrante de notre héritage biologique . Ils n'ont rien d'artificiel ni d'antinaturel . Ils sont à l'origine de notre grande force tout autant que de notre grande faiblesse . Ce que j'essaie de montrer, c'est le prix de plus en plus lourd qu'il nous faut payer pour satisfaire ces instincts et quelle ingéniosité nous déployons pour régler cette facture, si exorbitante qu'elle soit . Les mises sont chaque jour plus élevées, le jeu plus risqué, les pertes plus stupéfiantes, le rythme de la partie plus endiablé . Mais malgré les dangers qu'ils présentent, c'est le jeu le plus passionnant que le monde ait jamais vu . Il serait stupide de suggérer qu'on devrait donner un coup de sifflet pour tenter de l'interrompre . Néanmoins, il y a différentes façons d'y jouer, et en comprenant mieux la vraie nature des participants il devrait être possible de rendre le jeu encore plus profitable, sans qu'il devienne pour autant plus dangereux ni même, en fin de compte, désastreux pour l'espèce tout entière .

L'aventure de l' Humanité : ce fut un très long parcours harassant , au début progressif permettant aux êtres humains de s'adapter aux différents contextes ; plein d'embûches, oui ! , mais également fécond en aventures formatrices, efficientes, qui va vers la fin , ces derniers siècles, avec l'avènement de l'organisation moderne,aller en s' accélérant, laissant " l'homme " démuni , privé des possibilités d'adaptations psychiques et morales aux nouveaux contextes : "

C'est ce que va nous faire percevoir Desmond Morris ...
poursuivons un peu notre citation en vue de vous faire saisir l'intérêt de prendre possession du contenu de ce livre ... de ne pas seulement le lire, mais de réfléchir profondément à toutes les conséquences de son contenu sur nous-mêmes, sur notre propre évolution personnelle !

" Imaginez un territoire de30 kilomètres de long sur 30 kilomètres de large . Supposez -le sauvage, peuplé d'animaux petits et grands . Représentez-vous maintenant un groupe compact de soixante êtres humains campant au milieu de cette région .
Essayez de vous voir assis là, en tant que membre de cette tribu miniature, avec le paysage, votre paysage, s'étendant autour de vous à perte de vue .
Nul sauf ceux de votre tribu n'utilise ce vaste espace . C'est votre domaine exclusif, le terrain de chasse de votre tribu . De temps en temps les hommes de votre groupe partent à la poursuite d'une proie . Les femmes cueillent des fruits et des baies . Les enfants jouent bruyamment dans les parages du camp, imitant les techniques de chasse de leurs pères . Si la tribu s'implante bien et se développe, un petit groupe s'en séparera pour coloniser un nouveau territoire . Peu à peu l'espèce va se répandre .


" Imaginez un territoire de 30 kilomètres de long sur 3à de large . Supposez-le civilisé, peuplé de machines et de constructions . Représentez-vous maintenant un groupe compact de six millions d'êtres humains campant au milieu de cette région . Essayez de vous voir assis là, avec tout le paysage complexe de la grande ville s'étendant tout autour de vous, à perte de vue .

Comparez maintenant ces deux paysages . Dans le second il y a cent mille individus pour chacun de ceux qui se trouvent dans le premier . L'espace est demeuré le même . En termes d'évolution, ce changement dramatique a été presque instantané : Il n'a fallu que quelques milliers d'années pour transformer le décors un en décors deux .
L'animal humain semble s'être brillamment adapté aux nouvelles et extraordinaires conditions qui lui sont imposées, mais il n'a pas eu le temps de changer sur le plan biologique, d'évoluer pour devenir une nouvelle espèce génétiquement civilisée .

Ce processus civilisateur s'est fait entièrement par l'apprentissage et le conditionnement .

Biologiquement parlant, il est toujours le simple animal tribal décrit dans la première scène . Il a vécu ainsi, non pas pendant quelques siècles, mais pendant un bon million d'années . Au cours de cette période, il a certes subi des changements d'ordre biologique . Il a évolué de façon spectaculaire . Les pressions dont il a dû triompher pour survivre étaient fortes et elles l'ont modelé .

Il s'est passé tant de choses durant les derniers millénaires, les années citadines, les années chargées de l'homme civilisé, qu'il nous est difficile de nous faire à l' idée que cela ne représente qu'une partie infime de l'histoire humaine . Elle nous est si familière que nous nous imaginons vaguement être parvenus à ce stade par un développement progressif et que, par conséquent,

nous sommes parfaitement équipés sur le plan biologique pour affronter tous les nouveaux risques que présente la société .

Si nous nous obligeons à réfléchir là-dessus avec une froide objectivité, force nous est de reconnaître qu'il n'en est rien .

C'est seulement notre incroyable souplesse, notre ingéniosité et notre faculté d'adaptation qui nous donnent ce sentiment .

Le simple chasseur de la tribu fait de son mieux pour arborer ses nouveaux atours le cœur léger et l'âme fière ; mais ce sont des habits compliqués, encombrants, et il ne cesse de trébucher dedans . Toutefois, avant d'examiner la façon dont il trébuche et perd si fréquemment l'équilibre, il nous faut voir d'abord comment il a réussi à coudre le fabuleux manteau de civilisation dans lequel il s'enveloppe .

Il nous faut commencer par abaisser la température jusqu'à revenir au coeur de la dernière période glaciaire, disons il y a vingt mille ans .

Nos ancêtres chasseurs avaient déjà réussi à se répandre à travers la plus grande partie du Vieux Monde, et n'allaient pas tarder à passer de l'extrémité orientale de l'Asie jusque dans le Nouveau Monde . Avoir atteint une expansion aussi fracassante signifiait sans doute que leur simple mode de vie de chasseurs était déjà suffisant pour faire pièce ( s'opposer, contrecarrer) à leurs rivaux carnivores . Mais cela n'a rien de si surprenant quand on songe que les cerveaux de nos ancêtres de la période glaciaire étaient déjà aussi grands et aussi hautement développés que les nôtres aujourd'hui . En ce qui concerne le squelette, la différence n'est pas grande entre nous . Physiquement parlant, l'homme moderne était déjà entré en scène .

A dire vrai, s'il était possible, à l'aide d'une machine à voyager à travers le temps, d'amener chez vous l'enfant nouveau-né d'un chasseur de la période glaciaire et de l'élever comme votre propre enfant, personne sans doute ne s'en apercevrait .


En Europe le climat était hostile, mais nos ancêtres le combattaient vaillamment . En utilisant les techniques les plus simples, ils parvenaient à abattre du très gros gibier . Par bonheur ils nous ont laissé un témoignage de leurs talents de chasseur, non seulement sous la forme des reliefs de repas que l'on peut de temps en temps déterrer du sol de leurs cavernes, mais aussi grâce aux extraordinaires fresques peintes sur les parois de celles-ci . Les mammouths velus, les rhinocéros à épaisse toison, les bisons et les rennes dont nous avons retrouvé les portraits ne laissent aucun doute quant à la nature du climat .
Lorsque aujourd'hui on émerge des ténèbres d'une caverne pour sortir dans la campagne inondée de soleil, il est difficile d'imaginer celle-ci peuplée de ces créatures enveloppées d'épaisses fourrures . Le contraste entre la température alors et maintenant frappe l'esprit .
A mesure que la dernière période de glaciation touchait à sa fin, la glace commençait à se retirer vers le nord au rythme de 50 mètres par an et les animaux de pays froids se déplaçaient vers le nord . D'épaisses forêts prenaient la place des paysages glacés de la toundra . La grande période glaciaire s'est terminée il y a environ dix mille ans, annonçant une nouvelle époque dans le développement de l'homme .

La percée devrait se faire à l'endroit où l'Afrique, l'Asie et l'Europe se rejoignent . Là, à l'extrémité orientale de la Méditerranée, s'opéra un léger changement dans les habitudes alimentaires de l'espèce humaine, qui allait modifier tout le cours du progrès humain . C'était en soi un changement assez trivial ( banal, commun) et assez simple, mais son impact devait être considérable . Cela nous paraît aujourd'hui tout naturel :

Nous appelons cela l' AGRICULTURE .

Jusqu'alors toutes les tribus humaines avaient deux façons de se nourrir : les hommes chassaient les animaux comestibles et les femmes cueillaient les végétaux comestibles . On équilibrait le régime en partageant . Pratiquement tous les membres adultes actifs de la tribu étaient des pourvoyeurs de nourriture . On stockait relativement peu de réserves alimentaires . On se contentait d'aller chercher ce qu'on voulait quand on en avait besoin . C'était moins hasardeux qu'il n'y paraît car évidemment la totalité de la population humaine était alors infime comparée aux chiffres énormes qu'elle atteint aujourd'hui . Toutefois, même si ces premiers chasseurs-cueilleurs avaient connu une réussite appréciable et s' étaient répandus au point de couvrir une grande partie du globe, leurs unités tribales demeuraient petites et simples .

Durant les centaines de millénaires au long desquels s'était poursuivie l'évolution humaines, les hommes s'étaient peu à peu adaptés, aussi bien physiquement que mentalement, sur le plan des structures comme sur celui du comportement, à ce mode de vie de chasseurs .

Le pas suivant, celui qui les mena à l'agriculture et à la production d'aliments, leur fit franchir un seuil auquel ils ne s'attendaient pas et

les précipita si vite dans une forme d'existence sociale inconnue qu'ils n'eurent pas le temps d'acquérir de nouvelles qualités soumises au contrôle génétique pour s'y habituer .

Désormais leur faculté d'adaptation et leur souplesse de comportement, leur capacité d'apprendre et de s'accommoder de modes de vie nouveaux et plus complexes allaient être mises à rude épreuve .

L'urbanisation et les détails compliqués de la vie citadine n'étaient plus qu'à un pas de là .

Par bonheur, le long apprentissage de la chasse avait développé l'ingéniosité et un système d'aide mutuelle .

Les chasseurs humains, certes, gardaient encore un sens inné de l'autorité et de la rivalité, comme leurs ancêtres singe [issus d'une branche évolutive parallèle] , mais leur sens de la rivalité s'était trouvé grandement atténué par un besoin de plus en plus pressant de coopérer . C 'avait été leur seul espoir de triompher dans la concurrence qui les opposait aux tueurs professionnels du monde carnivore établis depuis longtemps avec leurs griffes acérées, comme les grands félins .

Les chasseurs humains avaient développé leurs esprit de coopération en même temps que leur intelligence et que leur goût de l'exploration, et la combinaison des deux s'était révélée d'une redoutable efficacité .

Ils apprenaient vite, ils se souvenaient bien et étaient capables de rapprocher les éléments séparés de ce qu'ils avaient appris autrefois pour résoudre des problèmes nouveaux . ..

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... La plus ancienne ville connue s'élevait à Jéricho il y a plus de huit mille ans, mais la première civilisation totalement urbaine s'est développée bien plus à l'est par-delà le désert de Syrie, à Sumer ( en Mésopotamie) . C'est là, il y a cinq à six mille ans, que naquit le premier empire et qu'on supprima le " pré " du mot préhistoire

grâce à l'invention de l'ECRITURE . ..

... Ce fut ce changement, ce passage de la société personnelle à la société impersonnelle qui allait causer à l'animal humain ses plus grandes angoisses dans les millénaires à venir ...

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...Même si les techniques et communications de masse font dans les années à venir des progrès d'une surprenante nouveauté et auxquels on ne pense même pas aujourd'hui (1970) , elles continueront d'être handicapées par les limites biosociales de notre espèce .

Nous ne sommes pas équipés comme les termites, pour devenir les membres consentants d'une vaste communauté . Nous sommes et nous serons probablement toujours au fond, de simples animaux tribaux ...

...Maintenant que nous avons esquissé le cours des événements qui nous a amenés jusqu'à notre situation sociale actuelle, nous pouvons commencer d'examiner plus en détails les diverses formes grâce auxquelles nos modes de comportement ont réussi à s'adapter à la vie dans le zoo humain ou, dans certains cas, comment cette tentative s'est soldée par un échec désastreux ... "

Gerboise vous laisse maintenant la possibilité de continuer de découvrir la suite de cette épopée fantastique narrée par ce zoologue, si vous le désirez bien sûr . Cette lecture enrichira votre esprit et attisera votre Réflexion .

Bonne lecture de ce petit ouvrage pas onéreux publié en livre de poche par les éditions Bernard Grassé .

Bien à vous, cordialement, Gerboise .

mercredi 27 mai 2009

Le goût des mots ." Y a un peu plus, je laisse " ? ; " ça a été " ? ... Expressions savoureuses et pleines de sous-entendus igorées, négligées *


* et qui pourtant participent à ce qui devrait faire, constituer, le sel de notre vie ! Des expressions, des mots auxquels nous ne faisons plus attention ,mais qui pourraient nous apprendre beaucoup de choses et qui cependant parfois nous échappent ... !

Extrait d'un merveilleux petit ouvrage de Philippe DELERM, " Ma grand-mère avait les mêmes : " Les dessous affriolants des petites phrases, publié aux Éditions Points, 2008 ,[ 11 euros] .


Pour vous extraire des " rigueurs " de notre vie trépidante, vous devez vous plonger dans cette humble narration, vivante, ironique, pleine de subtilités qui concernent la Vie [ de tous les jours ! ] exprimée dans une langue française remarquable . Vous en sortirez plein d'allégresse, d'enthousiasme , entièrement ragaillardi , prêt " à reprendre du poil de la bête " , en liesse .

L'éditeur nous dit : " Philippe Delerm décrit comme personne les instants familiers à chacun de nous, et restitue, presque intacts, nos petits agacements, nos plaisirs furtifs, les grands moments de solitude et les émerveillements ...
Au fil de ces petites phrases toutes faites, faussement anodines, il démasque les sentiments enfouis et met à nu l'émotion .

Écrivain et " maître confiseur " de la collection " Le Goût des mots " , cet auteur, né en 1950 à Auvers-sur-Oise, voue son écriture à la restitution d'instants fugitifs, à l'intensité des sensations d'enfance . "

Voici parmi d'autres, en vue de vous mettre "l'eau à la bouche " !, deux savoureuses anecdotes trouvées au fil des pages :


" Y a un peu plus, je laisse ? [1ère anecdote (petite histoire curieuse ou amusante) de l'auteur]

"Parfois c'est seulement " y a un peu plus " . Mais même alors, le " je laisse ? " est sous-entendu, y compris la montée interrogative . Le commerçant est devant sa balance, le regard rivé à l'écran, les mains légèrement écartées en l'air, comme un prêtre à l'offertoire, candide et concentré . Il s'est donné du mal pour satisfaire vos désirs avec exactitude ; au milieu de quelques phrases enjouées, son sérieux est devenu légèrement ostentatoire (qui est fait, montré avec ostentation, c'est-à-dire avec une mise en valeur excessive et indiscrète d'un avantage ) .
Pas si simple de jouer devant lui le rôle du pointilleux ( exigeant, sourcilleux, de celui qui " coupe les cheveux en quatre " ! ) , non j'avais dit une livre, je n'en veux pas davantage . Bien sûr, on pourrait surjouer ( en parlant d'un acteur qui joue son rôle avec exagération, qui en fait trop ! ) l'amabilité du ton pour composer la rigueur des propos, vous seriez gentil de m'en enlever un peu s'il vous plaît . Mais on le sait . On est coincé . De toute manière, on en serait réduit à jouer le rôle du casse-pieds, et ce serait tellement peu dans la note, l'effervescence bon enfant du marché, la bonhomie (la simplicité) de ce rapport humain que vous êtes venu chercher ici . Car vous avez un cabas (sac à provisions) à la main, ou un panier, pas un caddie . . Vous n'arpentez pas des couloirs symétriques (ceux d'un supermarché) ; vous déambulez (flânez en vous promenant) , le nez en l'air, sourire aux lèvres . Vous ne remplissez pas vous-même des sacs de plastique difficiles à ouvrir . Il vous faut un officiant (celui qui vous servira lui-même) ; la qualité du rapport que vous entretenez avec lui est l'essence de ce commerce authentique (celui des petites épiceries) et déclinant (qui se perd) dont vous vantez les mérites - moi, j'adore faire mon p'tit marché (dans le petit commerce) .

"Alors il faut laisser, bien sûr, et même davantage . Manifester par votre attitude que vous ne soupçonnez pas le marchand de mauvaise foi, même si vous gardez pour vous quelques idées dont l'aigreur (le ressentiment, la mauvaise humeur) n'est pas de mise, c'est curieux, il n'y a jamais moins, depuis le temps qu'il pèse son beurre ou son fromage, il doit commencer à maîtriser son truc (ce type d'activité, son stratagème, sa combine, sa ruse) , à trente euros le kilo, il ne s'embête pas ( heureusement il n'en est pas toujours ainsi !) .

"Mais le regard s'est détaché de la balance . pour prolonger sa déférente (respectueuse) interrogation (discours, non plus avec des mots, mais avec des regards et des gestes dignes du " mime M arceau ") , il plonge dans vos yeux . Vous faites semblant d'y lire la fraîcheur du produit, non la rouerie (la malice) du commerçant . Des clients attendent à vos côtés, vous savez bien ce que le public espère . C'est l'heure de la jouer grand seigneur, avec cette infime réticence qui vous sauve à vos propres yeux, je ne suis pas dupe (crédule) mais je connais mon rôle . Une moue appréhensive des lèvres, une oscillation approbative du chef (de la tête) , un battement de paupières . ~Ça ira ~ ."

Oui, ce sont des petites saveurs de l'existence, de la vie ; le plaisir d'aller faire ses courses chez le petit commerçant du coin ! Où des situations truculentes se produisent ; situations ,chers lecteurs, que vous ne rencontrerez jamais dans un Supermarché, " une grande surface " ! Où la rationalité inhumaine règne . Il paraît même que ce petit îlot : intervalle d'humanité ! présent auprès de certaines de ces caissières, dans ces hangars matériels, va disparaître au profit d'une " mécanique logicielle " anonyme qui vous dominera de toute son intransigeance électronique, sans sourires, ni traces d'humanité .

Admettre ces petites vicissitudes qu'à soulignées avec bonheur, Philippe Delerm, n' est-ce pas le " prix à payer " pour avoir des relations humaines, en admettant ce " petit jeu " du commerçant de quartier ?

Oui, cela nous permet de voir rompu cet état d' indifférence de notre monde actuel . Avons-nous perdu définitivement l'habitude de ces contacts entre personnes de "bon aloi ? dans notre douce France ?

C'est pour cela qu'il est nécessaire d'opter entre un lieu où règne l'agitation désordonnée et l'indifférence presque absolue, et un ailleurs plus convivial, mais où il est nécessaire de se soumettre à certains rituels, parfois un peu agaçants, presque exaspérants, mais qui sont pleins d'interactions bienveillantes et réconfortantes .


"Ça a été ? [ 2eme anecdote de l'auteur]

" Bien sûr, il y a le patron sûr de lui, dans son restaurant plutôt cher et branché, qui vous accueille avec un " Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ? " légèrement outrecuidant (content de soi, qui a une confiance excessive dans ses jugements et ses paroles) . En l'occurrence (en cette circonstance) , " ce qui vous ferait plaisir " n'est pas l'absolu gratuit de vos désirs, mais un choix bien délimité et tout à fait payant que vous trouverez sur la carte .

" J'avoue préférer de loin la serveuse peut-être socialement plus maladroite, dans un établissement beaucoup plus simple, qui s'enhardit (qui prend de l'assurance,qui se lance, qui sort de sa réserve ) en débarrassant la table : " Ça a été ? " Étrange formule, dont l'intonation interrogative bon enfant s'accompagne d'un empilement d'assiettes dynamique ,bientôt suivi d'une proposition familière : " Un p'tit fromage ? Un p'tit dessert ? Un p'tit café ? " Pour un peu, vous écoperiez ( recevriez) d'un " pour la p'tite dame, pour le p'tit monsieur ? " qui (pourrait ...si ...) vous ferait ~ ruer dans les brancards ~ (se révolter, refuser quelque chose ...) .

" Mais non . Elle s'en tient à ce " ça a été ? " qui n'est après tout que la forme passée du " ça va ? " lancé d'habitude en préambule par des proches ou des amis . Mais si "ça va ? " permet de s'enquérir très formellement de votre accord à la vie, " ça a été ? " s'adresse non seulement à votre approbation de la nourriture engloutie, mais au confort de son ingestion, à votre plaisir de vous trouver là . Il ne s'agit pas de se lancer dans des échanges philosophiques, ni même météorologiques, elle est toute seule pour vingt couverts . Mais c'est plutôt gentil, juste en passant, pour humaniser les choses, " ça a été très bien, merci ."

Ici également, nous devons accepter certains "us et coutumes " (usages) ancrés dans nos habitudes sociales pour ne pas se laisser entraîner dans un contexte artificiel, en quelque sorte, inhumain, dans lequel on reste anonyme, en dehors de la vie !

N'est-ce pas plus convivial que l'activité trépidante des ruches bourdonnantes telles que les salles de certaines chaînes de " fast food " , même intitulées " bio " ? dans lesquelles vous ne seriez même pas plus considéré que le serait un meuble anonyme ! un pion !

Oui, comme le précise au verso de l'ouvrage l'éditeur,

" Philippe Delerm décrit comme personne les instants familiers à chacun de nous, et restitue, presque intacts, nos petits agacements, nos plaisirs furtifs, les grands moments de solitude et les émerveillements ...

Au fil de ces petites phrases toutes faites, faussement anodines, il démasque les sentiments enfouis et met à nu l'émotion . "

A bientôt, cordialement votre, Gerboise .

lundi 27 avril 2009

La poste

Recto de l'ouvrage .

Voici un merveilleux ouvrage édité par LA POSTE, que nous vous recommandons fortement d'acquérir . Les auteurs ont réalisé un outil pédagogique remarquable, accessible à tout âge ! L'illustration est très riche et d'une très grande qualité, tant visuelle qu' instructive . Un vrai régal pour enrichir nos connaissances dans de nombreux aspects de Histoire des techniques et des Hommes qui ont participé à la grandeur de la France .

PHIL@POSTE
28 rue de la redoute, 92266 FONTENAY-AUX-ROSES CEDEX

que vous pouvez vous procurer dans tous les bureaux de la Poste .

Verso de l'ouvrage
Vous pouvez agrandir ces trois images en réalisant un clic gauche sur chacune d'entre elles .

Bien à vous, cordialement, Gerboise .

samedi 6 décembre 2008

Une collection fabuleuse vient de paraître : Les cahiers de Science et Vie -n°1 Les Cathédrales,n°2 les Monastères, à venir, n°3 la Bible * .

Page de couverture du premier numéro de la collection Les Bâtisseurs du Sacré . ( Ces reproductions, comme d'habitude, peuvent être agrandies par un clic gauche sur chacune d'entre-elles) .

Nous vous présentons ces deux premiers numéros dont le contenu est d'une richesse exceptionnelle, en vue de vous inciter à vous les procurer directement chez l'éditeur[n° de téléphone 01 46 48 47 18] pour prendre possession des contenus qui vous permettront d'accroître sûrement votre savoir et de développer votre réflexion et votre esprit critique . Les contenus de ces revues vous donneront l'occasion d'enrichir vos connaissances de l'histoire des progrès des techniques et des sciences de l'humanité , au cours des premiers siècles de notre ère . Ils vous permettront surtout de développer votre compréhension et vos représentations des techniques elles-mêmes : des métiers, des savoir-faire, des compétences, des tours de main , de l'état d'esprit des artisans et des bâtisseurs de ces époques . Ces connaissances sont fondamentales car les débuts de l'émancipation de l' Europe par rapport au reste du monde sont apparus, ont émergés, au cours de la construction des grandes Abbayes Bénédictines et des Cathédrales gothiques .

Voici l'avant-propos de ce premier numéro :

" C'est inévitable, un numéro chasse l'autre . Il n'empêche, à la rédaction des cahiers de Sciences et Vie nous ressentons souvent un pincement au coeur devant la brièveté de leur existence . Nous nous sommes donc offert le luxe de revisiter les thèmes que vous avez plébiscités . Et avons ainsi réunis, à titre exceptionnel, les plus belles pages des Cahiers dans une toute nouvelle collection dédiée aux bâtisseurs du sacré . Histoire de donner une seconde vie à une somme de connaissances recueillies précieusement avec l'aide des meilleurs spécialistes . Mais aussi pour rendre hommage aux hommes qui ont travaillé la pierre, le bois, le verre et le fer , les mots et les mythes, et qui nous ont laissés les plus beaux témoignages de leur foi . Les cathédrales, à commencer par Notre-Dame de Paris, étaient toutes désignées pour ouvrir, avec magnificence, cette série . " I.B


Voici le verso du deuxième "cahier" :Les monastères, sur lequel vous trouverez des informations pour vous procurer ces revues .

Avant-propos de la rédaction du deuxième cahier : Les Monastères et le Mont Saint-Michel .

" Avec les monastères se poursuit la collection des Cahiers de Science et Vie qui réédite les plus belles pages dédiées aux bâtisseurs du sacré . Après les Cathédrales, ce second opus (ouvrage) s'attache à montrer comment, du Xe au XIIe siècle, les communautés monastiques se multiplient en Europe et pourquoi l'ordre des cisterciens en particulier va développer de remarquables savoir-faire . La Règle qui les guide leur impose de subvenir eux-mêmes à leurs propres besoins . Ils doivent se nourrir et se vêtir, mais aussi se faire sidérurgistes et forgerons, verriers et tuiliers, hydrologues ... et deviennent par la force des choses de formidables ingénieurs, architectes et artisans . Que de chemins parcourus depuis la fondation du premier monastère en Gaule, vers 360 . Cette " Maison de prières " bâtie sur le site de Ligugé n'est qu'une modeste construction de bois . Mais après les invasions barbares, les monastères, ou plus exactement les abbayes, puisque par extension ce mot désigne aussi leurs bâtiments, s'offrent la protection, la blancheur et la beauté de la pierre taillée . Et s'octroient ainsi une part d'éternité . L'exceptionnelle longévité du mont Saint-Michel en témoigne : la merveille de l'Occident fête cette année ses 1300 ans d'histoire ." I.B.


Notre-Dame de Paris en vue aérienne .

Le Lys et la Crosse

" Vers 1300, deux pouvoirs, animés d'une même ambition de s'affirmer et de s'étendre, transforment le visage de la Cité .
A l'ensemble religieux répond, de l'autre côté de l'île, le Palais, siège du pouvoir royal . Entre ces deux géants prospèrent, à l'étroit, les multiples acteurs de la vie citadine ."


Cette illustration, signée F .MOIREAU, 2006, représente une partie de la représentation de la Foire aux Lards . " Paris célèbre la fête pascale . Sur le parvis de Notre-Dame, le spirituel fait place nette à la bonne chère . Pendant trois jours, le porc salé, qui se vend sous toutes ses formes, est à l'honneur ."
" La fête gourmande bat son plein . Acheteurs et curieux s'affairent autour des exposants et de leurs tables sommaires où s'étalent les morceaux de jambon . [ A gauche, Notre-Dame, en face, l'Hôtel-Dieu]."
Le Mont Saint-Michel , le chantier de l'abbaye au XIe siècle . Illustration Jean Benoît HÉRON .
Cette illustration de F . MOIREAU représente la rue commerçante, seule voie pratique pour accéder sur les hauteurs du Mont .

Sur les chemins de la foi .

" Tout au long du Moyen Âge les pèlerins, bravant les épidémies et les dangers de la route, affluent en nombre au Mont . En ces temps où la peur de l'Enfer occupait les esprits, mieux valait garantir, fût-ce au prix de longs mois de marche, la paix de l'âme . "

" Harassés de fatigue, des pèlerins adultes et enfants arpentent la rue principale . La plupart arborent des coquilles peintes de couleurs vives . Un bourgeois achète quelques souvenirs avant de reprendre le chemin inverse ."

*) Parution le 30 Décembre 2008 .
n° 1 est paru en Juillet-Août 2008, encore disponible sur commande au 01 46 48 47 18
n° 2 est paru en Novembre-Décembre 2008, actuellement en vente en kiosques à journaux .

Après l'acquisition du contenu de ces 2 cahiers , une fois leur " découverte " réalisée , puis, après les avoir fait vôtres, vous pourrez vous enrichir par surcroît avec le troisième : La Bible . Cet ensemble de connaissances sera essentiel pour intégrer la suite des concepts concernant l'histoire et la progression des techniques et des sciences au cours des âges .

A bientôt, Gerboise .

vendredi 7 novembre 2008

Un être humain singulier (*) , extraordinaire (**), particulier (***) :" LE SINGE NU " ,réflexions sur les vérités du grand zoologue Desmond Morris .

*) singulier : ce qui rend unique en son genre, original .
**) extraordinaire : suppose la comparaison et se dit , en bien ou en mal, de ce qui n'est pas selon l'ordre ordinaire et s'en distingue souvent par quelque chose de supérieur, de très grand ou d'expressif .
***) particulier : qui n'est pas commun à d'autres choses, à d'autres êtres vivants de même espèce, séparé, distinct ; qui met à part, sépare des autres, n'est pas banal ; qui est propre à quelqu'un, qui est spécial, au-dessus ou en dehors de l'ordinaire, du commun, de l'habituel, qui distingue un être des autres individus de la même classe .

Voici quelques
Réflexions sur ce que nous sommes, nous les êtres humains, qui avons acquit progressivement par le travail, la ténacité, le courage, l'endurance, une capacité d'observation réfléchie unique au monde qui nous a permis d'être capable de " jauger " les informations provenant de toutes sortes d'environnements , une " sorte d'esprit critique " caractéristique, justement, de notre espèce, il y a plusieurs centaines de millénaires, cette faculté de savoir fabriquer, de savoir parler, de savoir penser, de savoir représenter par un art pariétal son entourage, sa façon de" voir son monde ! ", de savoir créer des signes puis de composer des alphabets, de savoir écrire, de savoir que nous existons, de savoir que l'on va mourir et qu'il est nécessaire d'enterrer les morts, de savoir qu'il existe un passé et un avenir par rapport au présent, de savoir que la Terre n'est pas le Centre du Monde, de savoir que les espèces vivantes sont en perpétuelle " Évolution ", enfin, de savoir que l' Univers est en continuelle " Expansion "et que notre étoile, le Soleil, n'est qu'une d'entre elles parmi des milliard de milliard d'astres situés à des distances incommensurables mesurées en années lumière .

Oui, dans l'étendue de sa domination sur la planète, l'homme perd souvent de vue qu'il se définit essentiellement comme un animal doué de Raison .

Voici, en livre de poche [2752], un petit ouvrage d'une richesse féconde, publié en 1968 aux Éditions Bernard Grasset [édition originale, 1967 : The Naked Ape, est un ouvrage de Desmond MORRIS qui décrit l'espèce humaine à travers un regard d'Ethologiste, c'est-à-dire avec le même regard que celui que l'on porte généralement sur les autres animaux .

Ce"Singe Nu", l'homme authentique, vu par Desmond MORRIS, une réalité dont nous devons tenir compte, prendre en considération, à ouvert de nouvelles portes sur la connaissance humaine, notamment celle de l'éthologie humaine et ainsi amené un nouveau regard sur l'Homme, " cette espèce de Primate sans fourrure " .

Commentaires de l'Editeur :

"Desmond MORRIS est né en Angleterre en 1928 . Diplômé de zoologie, il travaille de 1951 à 1956 à Oxford avec le groupe de Niko Tibergen . De 1956 à 1959, il dirige le service des émissions de télévision rattaché au Zoo de Londres .
Nommé en 1959 directeur du département des mammifères de ce zoo, il y poursuit ses recherches . Depuis 1967, il dirige également l'Institut des arts contemporains .
Après Le Singe nu qui a remporté un succès immédiat et considérable dans de très nombreux pays, Desmond MORRIS a rédigé dans la même veine d'humour scientifique" Le Zoo humain " .( Livre que gerboise vous présentera par la suite .)
A ce spécialiste de zoologie on doit une Biologie de l'art .

Familiarisés comme nous le sommes maintenant avec l'idée que l'homme descend du singe (indirectement : branche parallèle) nous avons coutume de considérer ce parent comme un ancêtre très lointain distancé " depuis belle lurette " (il y a bien longtemps) sur la route de l'évolution des espèces par la variété dite " Homo sapiens " . Le zoologiste Desmond MORRIS bouleverse allègrement cette notion rassurante pour notre vanité (défaut d'une personne vaine, satisfaite d'elle-même et étalant cette satisfaction, orgueil, suffisance) .

Non, déclare-t-il, nous ne sommes pas une espèce nouvelle née du processus de l'évolution, nous sommes toujours des singes .Et il le démontre .

Éliminant les sociétés primitives encore existantes comme étant " des ratés de l'évolution " , il observe le singe nu moderne, arboricole sorti des forêts et devenu carnivore, sous l'angle de la sexualité, de l'éducation, de la combativité et de la recherche du confort [ où il assimile hardiment la quête des poux chez les primates aux menus propos mondains dans un effet scientifico-comique irrésistible] .
Pour élaborer cette thèse originale, il lui a suffi d'étudier le comportement humain dans la même optique que celui des animaux - et en utilisant le même vocabulaire . Le résultat est extraordinaire de précision scientifique, de logique (de réflexion profonde sur les hommes que nous sommes) ...et d'humour ."

Remerciements de l'auteur :

" Ce livre est destiné au grand public ; aussi bien, et pour ne pas rompre le cours de l'exposé, n'a-t-on pas, dans le texte, cité les sources . Mais de nombreux livres et communications d'une brillante originalité ont nourri la composition de ce volume et il serait injuste de le présenter sans remercier les auteurs de leur précieux concours . A la fin du livre, j'ai donc ajouté un appendice groupant, chapitre par chapitre, les sujets traités et les principales autorités que j'ai consultées ..."

Ce livre de poche doit être lu , découvert par tous les lecteurs de Gerboise . Il vous permettra d'apprendre à réfléchir , à partir de sujets qui nous concerne tous, sur la manière de poser les problèmes et de les résoudre, d'acquérir un esprit critique opérationnel et de savoir " jauger " ( apprécier, évaluer, juger ...) les informations qui vous seront proposées dans de nombreux contextes de la vie de tous les jours . Gerboise vous propose ci-dessous de prendre connaissance de l'introduction de l'auteur et des trois dernières pages de son livre en vue de vous convaincre de la nécessité de le lire . Voici :

Introduction

" Il existe cent quatre-vingt treize espèces vivantes de singes et de gorilles . Cent quatre-vingt- douze d'entre elles sont couvertes de poils ; La seule exception est un singe nu qui s'est donné le nom d' Homo sapiens . Cette espèce à part, qui a brillamment réussi, passe une grande partie de son temps à étudier les plus nobles mobiles de son comportement et non moins de temps à en négliger [là elle s'acharne] les facteurs fondamentaux . Le singe nu est fier d'avoir le plus gros cerveau de tous les primates, mais il s'efforce de dissimuler le fait qu'il a aussi le plus gros pénis, préférant attribuer cet honneur au puissant gorille . Mensonge. C'est un singe qui utilise de façon intense ses possibilités vocales, qui a le sens de l'exploration poussé au plus haut point et qui vit dans une société surpeuplée : il est grand temps qu'on examine les bases de son comportement . Je suis zoologue et le singe nu est un animal . Je me sens donc le droit d'écrire sur lui et je refuse de garder plus longtemps le silence sous prétexte que certaines de ses conduites sont assez complexes et impressionnantes . Mon excuse : en devenant érudit (instruit) , l'Homo sapiens n'en est pas moins resté un singe nu ; en acquérant de nouveaux mobiles élevés, il n'a perdu aucun de ceux, beaucoup moins nobles, qu'il a toujours eus . Cela provoque souvent chez lui une certaine gêne mais voilà bien des millions d'années que ses instincts originaux le conduisent, les nouveaux n'ayant tout au plus que quelques milliers d'années, et il ne doit pas espérer se débarrasser avec un haussement d'épaules de l'héritage génétique qu'il a accumulé tout au long de son évolution . Ce serait un animal beaucoup moins inquiet et beaucoup plus accompli si seulement il voulait bien admettre ce fait . Là, peut-être, le zoologue peut lui venir en aide .

Une des caractéristiques les plus étranges des études qui ont choisi pour objet le comportement du singe nu, c'est qu'elles sont presque toujours passées à côté de l'évidence ( comme actuellement, en considérant un seul point de vue, celui qui avantage la seule façon de considérer, d' " envisager les choses ", alors que d'autres possibilités existent , beaucoup de nos contemporains dénaturent les réalités de beaucoup de problèmes qui nous sont esentiels et ainsi, nous induisent en erreur , nous trompent , introduisent dans notre entendement des constructions pernicieuses [ nuisibles, nocives, malsaines] qui se manifesteront dans tous les cas où notre esprit d'analyse devra se manifester sans être dénaturé par des schémas mal fondés!) . Les premiers anthropologues ont couru aux antipodes pour découvrir les vérités fondamentales de notre caractère, alors que ces lointaines cultures sont en voie d'instinction . Ils en sont revenus riches d'observations stupéfiantes sur les bizarres coutumes amoureuses, les étranges systèmes de parenté ou les rites mystérieux de ces tribus et ils ont exploité ces matériaux comme s' ils étaient d'une importance vitale pour éclairer le comportement de l'espèce tout entière . Certes, les travaux de ces chercheurs sont extrêmement intéressants, mais ils ne nous ont rien appris du comportement typique du singe nu moyen . On ne peut y parvenir qu'en examinant le comportement des représentants ordinaires et évolués des grandes cultures, qui forment la majorité . Contrairement à l'opinion des anthropologues ancien style, j'affirme que les groupes tribaux vivant aujourd'hui ne sont pas primitifs ; ils sont abêtis .
Voilà des millénaires qu'il n'existe plus de tribus vraiment primitives . Le singe nu est une espèce essentiellement exploratrice et une société qui n'a pas réussi à progresser a, dans une certaine mesure, " mal tournée " . Les psychiatres et les psychanalystes, eux, ne sont pas allés si loin et se sont concentrés sur des études cliniques des spécimens de la branche principale . Toutefois, une grande partie de leurs études initiales est encore déformée par un regrettable préjugé . Les sujets sur lesquels ils ont fondé leurs communications sont toujours des spécimens anormaux ou déficients à certains égards . Ces savants nous ont donnés des aperçus très importants sur la façon dont nos schémas de comportement peuvent se dérégler . Mais quand on tente d'établir la nature biologique de notre espèce prise dans son ensemble, il est inopportun de se fonder uniquement sur les premières découvertes des anthropologues et des psychiatres .

La méthode que je me propose d'utiliser dans cet ouvrage puise ses matériaux à trois sources principales : 1° les renseignements sur notre passé que nous fournissent les paléontologues et tirés de l'examen des fossiles et autres vestiges de nos lointains ancêtres ; 2° les renseignements accumulés dans les études du comportement animal que les spécialistes de l'éthologie comparée ont entreprises, notamment sur nos plus proches parents vivants, les singes et les gorilles ; et 3° les renseignements que l'on peut recueillir par l'observation directe des schémas de comportement fondamentaux, communément observés chez les spécimens de la branche principale la plus évoluée .

En raison de l'ampleur de la tâche, il sera nécessaire, dans une certaine mesure, de simplifier .

Je me concentrerai surtout sur les aspects de notre vie qui ont manifestement leur contrepartie dans d'autres espèces ; j'entends par là des activités comme l'alimentation, l'hygiène corporelle, le sommeil, le combat, l'accouplement et le soin des petits .

Confronté à ces problèmes fondamentaux, comment le singe nu réagit-il ? Comment comparer ses réactions à celles des autres singes ? Sur quel point particulier est-il unique et quel est le rapport entre ses singularités et le profil très spécial de son évolution ?


En traitant de ces problèmes, je cours le risque de heurter un certain nombre de gens . Certains préféreront ne pas découvrir ni contempler le côté animal de leur personne . Ils estimeront peut-être que j'ai avili (abaissé la valeur de, déprécié) notre espèce en discutant de son cas en termes amicaux mais grossiers ; assurément, telle n'est pas mon intention . D'autres n'apprécieront pas cette intrusion d'un zoologue dans leur spécialité . Mais je suis convaincu que cette façon d'aborder le problème peut être fort utile et que, malgré les lacunes de ma méthode, elle ne manquera pas de jeter une lumière nouvelle [ et à certains égards inattendue] sur la nature complexe de cette extraordinaire espèce ."

Quatre dernières pages du livre

"... A mesure que la demande d'espace vital s'accroîtra il faudra finir par prendre des mesures encore plus radicales et nous serons amenés à synthétiser nos produits alimentaires . A moins de pouvoir coloniser d'autres planètes sur une grande échelle et répartir ainsi la charge, ou bien trouver un moyen de contrôler sérieusement l'accroissement de notre population, il nous faudra, dans un avenir moins éloigné qu'on ne le croit, éliminer de la terre toutes les autres formes de vie . J'ai l'air de faire du mélodrame, mais il n'est que de considérer les chiffres . A la fin du XVIIe siècle, la population mondiale des singes nus n'était que de cinq cents millions . Elle s'est élevée aujourd'hui (en 1967) à trois milliards . Elle s'accroît toutes les vingt-quatre heures de cent cinquante mille individus . [Les autorités d'émigration interplanétaire verraient sans doute dans ce chiffre l'énoncé d'un problème décourageant .]
D'ici à deux cent soixante ans, si le taux d'accroissement reste constant - ce qui est peu probable - il y aura sur terre une masse grouillante de quatre cents milliards de singes nus, ce qui représente un chiffre de quatre mille deux cent soixante-dix personnes au kilomètre carré sur toutes la superficie des terres émergées . Pour présenter les choses autrement, disons que la densité de la population que l'on rencontre aujourd'hui dans nos grandes villes s'étendrait au globe tout entier . La conséquence, pour toutes les formes de vie sauvage est évidente . L'effet que cela pourrait avoir sur notre propre espèce n'est pas moins déprimant . Inutile de nous appesantir sur ce cauchemar : il y a peu de chances qu'il se réalise . Comme je l'ai souligné tout au long de ce livre, nous ne sommes guère plus qu'un simple phénomène biologique, malgré nos énormes progrès techniques . Nos idées grandioses et notre vanité sans limite n'y changent rien :

Nous demeurons d'humbles animaux, soumis à toutes les lois fondamentales du comportement animal .

Bien avant que nos populations n'atteignent les niveaux envisagés plus haut, nous aurons enfreint( outrepassé, transgressé) tant de règles qui gouvernent notre nature biologique que nous nous serons effondrés en tant qu'espèce dominante . Dans notre complaisance, nous avons tendance à nous bercer d'illusions, imaginant que cela ne pourra jamais arriver, qu'il y a chez nous quelque chose de spécial, que nous sommes en quelque sorte au-dessus du contrôle biologique . Il n'en est rien .

De nombreuses espèces remarquables se sont éteintes dans le passé et nous ne faisons pas exception à la règle .
Tôt ou tard nous disparaîtrons, et laisserons la place à d'autres .

Si nous voulons que ce soit dans un avenir plus lointain que proche, il nous faut alors nous considérer sans indulgence comme des spécimens biologiques et accepter nos limites .


Tel est le but de ce livre, où nous sommes délibérément traités de singes nus, pour nous " rabattre le caquet " ( obliger à se taire, forcer à être moins insolent ) . Il est bon de garder un certain sens des proportions et de considérer ce qui se passe juste sous la surface de notre existence . Il est possible que dans mon enthousiasme j'aie quelque peu exagéré .
J'aurais pu nous prodiguer des compliments mérités et vanter de nombreuses réussites magnifiques qui sont à notre honneur . En m'y refusant, j'ai certainement donné un tableau partial ( qui prend parti pour ou contre quelqu'un ou quelque chose, sans souci de justice ni de vérité, avec parti pris) de la situation, car nous sommes une espèce extraordinaire et je n'entends pas le nier . Mais on l'a trop souvent répété .

Quand on lance la pièce en l'air, on dirait qu'elle retombe toujours du côté face ; il m'a semblé utile d'en montrer un peu le côté pile . Malheureusement, notre puissance et notre réussite extraordinaires, en comparaison des autres animaux, nous inclinent à considérer nos humbles origines avec un certain mépris ; je ne m'attends donc pas à des remerciements .

Notre ascension fut un enrichissement rapide et, comme tous les nouveaux riches, nous n'aimons guère qu'on évoque nos modestes débuts, si proches encore .


Il est des optimistes qui estiment que notre haut niveau d'intelligence et notre instinct puissamment inventif devraient nous permettre de retourner n'importe qu'elle situation à notre avantage ; que notre extrême souplesse nous aidera à modifier notre existence selon les nouvelles exigences que nous impose la situation présente et future ; que, le moment venu, nous aurons à faire face au problème de la surpopulation, à la disparition de toute intimité et de toute indépendance d'action ; que nous parviendrons à vivre comme des fourmis géantes et à contrôler nos sentiments d'agressivité, nos instincts territoriaux, et sexuels, ainsi que nos tendances parentales ; que notre esprit pourra dominer tous nos instincts biologiques fondamentaux .

J'affirme que tout cela est une plaisanterie .

Notre nature animale brute ne le permettra jamais . Certes nous sommes adaptables . Certes nous sommes par comportement des opportunistes ( opportunisme : comportement ou politique qui consiste à tirer parti des circonstances, en transigeant, au besoin, avec les principes) , mais il y a des limites à l'opportunisme .


En soulignant dans ce livre nos caractères biologiques, j'ai essayé de montrer la nature même de ces limites . En les reconnaissant clairement et en nous soumettant à elles, nous multiplierons nos chances de survie . Cela ne signifie pas un naïf " retour à la nature " . Cela veut dire simplement qu'il nous faut adapter nos progrès aux exigences de notre comportement fondamental . D'une façon ou d'une autre nous devons nous développer sur le plan qualitatif plutôt que sur le plan quantitatif .

Si nous y parvenons (!) , nous pourrons continuer à progresser de façon spectaculaire dans le domaine de la technique sans renier l'héritage de notre évolution .

Si nous n'y parvenons pas, nos instincts biologiques refoulés ne vont cesser d'augmenter leur pression jusqu'au moment où cédera le barrage . Alors tout le système compliqué de notre existence sera définitivement emporté par le nouveau déluge ( catastrophes à venir) .

A bientôt . Nous commenterons d'une manière exhautive l'ensemble des deux livres d' Desmond MORRIS, celui-ci et le " Zoo humain ", dans un prochain billet .

Bien à vous, Gerboise .