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mardi 4 mai 2010

La rivière, une évolution de la vie ...


.
Les petits ruisseaux font les grandes rivières .

" Où cours-tu, rivière amoureuse ?
" - Je cours au pied des rocs penchants
" Fournir une herbe vigoureuse
" Aux troupeaux, nourriciers des champs .

" - Puis, où va ton onde limpide ?
" - Sur un sol qu'épuise l'été,
" Au gré du travail qui me guide,
" J'épanche la fécondité .

" Puis, avant d'être navigable,
" Sur les grains et sur les métaux
" Je fais, d'un bras infatigable,
" Mouvoir la meule et les marteaux .

" - Parle donc, malade charmante,
" Des soirs où, dans tes flots chéris,
" Vient se jouer ma noble amante,
" Nymphe aux champs, déesse à Paris .

" Qu'importe et moulins et culture
" Et troupeaux, quand, sous ces lilas,
" De la céleste créature
" Les flots caressent les appas !

" La voici . Que mon luth fidèle
" La chante au doux bruit de tes flots,
" Ne les épanche que pour elle ;
" Prête à ma voix tous tes échos .

" Aux vils travaux de notre terre
" Cesse enfin de livrer ton cours ;
" Plus pure, enivre et désaltère
" La poésie et les amours . "

Qui parle ainsi ? C'est l'âme folle
D'un poète qui, dans ce lieu,
Oublie aux pieds de son idole
Ceux qui travaillent devant Dieu .

P.-J de Béranger, 1866 .

Voilà un peu de répit ? Cependant , avez-vous vraiment " tiré les leçons " que l'auteur avait l'intention de nous insuffler dans cette narration imagée, mais précise ?

A bientôt, Gerboise .


mardi 2 juin 2009

Un gamin de Paris : un gavroche spirituel et moqueur, un titi parisien, gamin déluré et malicieux .




Un gamin d' Paris
C'est tout un poème
Dans aucun pays
Il n'y a le même
Car c' est un titi
Petit gars dégourdi
Que l'on aime .
Un gamin d' Paris
C'est un doux mélange
D'un ciel affranchi
Du diable et d'un ange
Et son œil hardi
S'attendrit devant une orange
Pas plus haut que trois pommes
Il lance un défi
A l'aimable bonhomme
Qui l'appelait
Mon petit .
Un gamin d' Paris
C'est une cocarde
Bouton qui fleurit
Dans un pot d' moutarde
Il est tout l'esprit
L'esprit de Paris
Qui musarde .

Pantalon trop court pour lui
Toujours les mains dans les poches
On le voit qui déguerpit
Aussitôt qu'il voit un képi .

Un gamin d' Paris
C'est tout un poème
Dans aucun pays
Il n'y a le même
Car c'est un titi
Petit gars dégourdi
Que l'on aime
Il est héritier
Lors de sa naissance
De tout un passé
Lourd de conséquences
Et ça il le sait
Bien qu'il ignore l'histoir' de France
Sachant que sur les places
Pour un idéal
Des p'tits gars pleins d'audace
A leur façon fir'nt un bal
Un gamin d' Paris
Rempli d'insouciance
Gouailleur et ravi
De la vie qui danse
S'il faut, peut aussi
Comm' Gavroch' entrer dans la danse.
Un gamin d' Paris
m'a dit à l'oreille
Si je pars d'ici
Sachez que la veille
J'aurai réussi
A mettre Paris en bouteille .

M . Michel, A . Marès

jeudi 21 mai 2009

Fernandel,"Il a été l'un des plus grands et des plus célèbres acteurs de notre temps et l'on ne peut le comparer qu'à Charlie Chaplin "[Marcel Pagnol]



Ici, Fernandel avec Bourvil, ces deux géants du cinéma français, sur le tournage du film " La cuisine au beurre " .

Réflexion sur la vrai valeur des êtres humains .

Fernandel, un personnage très célèbre qui demande à être vraiment connu, au fond de lui-même, pour être en mesure d'apprécier ses innombrables qualités, sa générosité, sa bonté et son affabilité (affable, qui accueille et écoute de bonne grâce ceux qui s'adresse à lui) . ( Le livre de Raymond Castans dont nous allons vous présenter quelques extraits ci-dessous vous permettra de découvrir certaines perspectives de ce géant du cinéma français ).
Nous apprécions davantage cette soi-disant ingrate " laideur " de son visage que la " laideur ", la noirceur de l'âme, la méchanceté odieuse de certains individus . Dans la vie, ce qui importe le plus, c'est que sur un visage disgracieux au premier abord, quoique,après tout (introduit une objection faite après une première affirmation) on puisse percevoir la réalité de l'être : son amour des autres et leur respect ; apprécier cet honnête homme qui a , toute sa vie, vénéré , chéri, adoré sa femme Henriette et respecté le lien parmi les plus précieux pour un être humain : celui du mariage .



Fernand Contandin, " Fernandel " fut un homme à une femme. La sienne : Henriette Manse ...Imaginez Fernand qui se débrouille pour aller le plus souvent possible chez les Manse, famille d'Henriette . Imaginez de visite en visite, de semaine après semaine, l'amour naître dans ces deux cœurs . En fin de journée, son travail terminé, Fernand vient saluer sa belle ; la mère d'Henriette aime beaucoup ce jeune homme ; elle l'accueille toujours en disant : " Tiens ! Voilà le Fernand d'elle " . Tous s'amusent à l'appeler ainsi . Ce baptême lui porte bonheur en art comme en amour . Fernand Contandin épousera Henriette Manse et deviendra Fernandel . Celui qui va triompher, celui qui sera addulé par les foules du monde entier, qui l'aiment et qui l'acclament, c'est toujours lui, le Fernand d'Elle .

Nous avons découvert dans une brocante (lieu de vente d'occasion de bric-à- brac, amas de vieux objets hétéroclites [dont les parties sont de différentes sortes et mal assorties, toutes sortes de livres en particulier] , destinés à la revente, de vieilleries disparates) un livre passionnant : " Fernandel m'a raconté " de Raymond Castans , publié aux Éditions de la Table Ronde et Éditions de Provence, en 1976 . Nous vous recommandons vivement de prendre connaissance de ce texte succulent . Nous ne savons pas si l'ouvrage est toujours en vente dans les librairies, mais nous pensons que vous pourrez l'emprunter dans une bibliothèque .

Voici le début de cet ouvrage :

" Il avait le visage le plus célèbre du monde !

Le visage ? Non ! La " gueule " ! Ou mieux encore " la tronche " ! Gueule, ça va pour un tragédien .
On dit : " Quelle gueule ! " Mais Fernandel évoquait tout sauf la tragédie . Fernandel, c'était la joie de vivre, la réussite sans complexe, l'exubérance, la galéjade (histoire inventée ou exagérée, plaisanterie généralement destinée à mystifier,à se moquer, blague) . Oui, c'est le vieux mot de notre argot lycéen des années 1930, c'est " tronche " qui convient .
D'ailleurs, il le disait lui-même . Il disait : " Avec ma tronche ! " Il disait aussi :

Il paraît qu'à ma naissance, ma marraine, quand elle m'a vu, elle n'a pu se retenir . Elle a crié : " Moun Diou ! Qu'es laï ! " [ Qu'il est laid ! ]

C'est possible . Ce n'est pas gentil . Et ça ne veut rien dire . Beaucoup de marraines en découvrant leur filleul nouveau-né ont pensé, sans le dire, la même chose .

Un journal avait publié cette manchette :

" L'aveu de Fernandel " . " Un jour, dit le grand comédien, je me suis regardé dans une glace . Et quand j'ai vu que j'étais si laid, j'ai pleuré . "

... Le Général De Gaulle l'avait reconnu officiellement . Le 3 Mai 1968, il avait invité Fernandel à déjeuné à l'Élysée ... Quand de Gaulle a fait son entrée, il a dit aux autres :
- Je ne vous présente pas M. Fernandel . C'est le seul Français qui soit dans le monde, plus célèbre que moi !

...Fernandel soupirait quelquefois :

Remarquez, ma tronche, elle m'a value beaucoup d'avantages et beaucoup de satisfactions .
Et je lui en suis bien reconnaissant . Mais, croyez-moi, il y a des jours où il faut se la porter .

... Ce qui se passe quand Fernandel se promène dans la rue et que les gens le reconnaissent est d'ailleurs très différent de ce qui arrive avec les autres célébrités, avec Maurice Chevalier, Jean Gabin ou Léon Zitrone par exemple . Ces derniers, les gens qui les reconnaissent, manifestent leur surprise en faisant des yeux ronds . Rien de plus .
Avec Fernandel, la surprise passée, aussitôt ils sourient . D'un merveilleux sourire, franc, heureux . Le sourire du " ravi " (bienheureux) de la crèche devant l'apparition .
Ça n'arrive avec personne d'autre et c'est, chaque fois pour Fernandel, un grand bonheur .
... Fernandel commence alors à me raconter les tribulations du soldat de deuxième classe Contandin rappelé à Marseille en septembre 1939, lors de la mobilisation générale . Le soldat de deuxième classe Contandin, vous l'avez deviné, c'est lui .
Il faut dire, expliquait-il, que, dans les dernières années avant guerre, on m'avait beaucoup vu sous l'uniforme . Dans les gaîtés de l'escadron, dans le train de huit heures quarante-sept, dans Lidoire, dans vive la classe, Les dégourdis de la onzième, Le coq du régiment, La Garnison amoureuse .Et surtout dans Ignace . Ignace qui avait tout cassé, que j'avais créé à Marseille, qu'on avait repris à Paris, qu'on avait tourné .

Toute la France avait chanté

Ignace,Ignace,
C'est un petit, petit nom charmant .

Et voilà que je me retrouvais à Marseille dans l'uniforme d'Ignace, bleu horizon, mais pas aux " Variétés " ( cinéma-théâtre) , cette fois, à la caserne . Ou plutôt dans un ancien music-hall du Prado qui s'appelait " Le château des Fleurs " et que l'armée avait réquisitionné pour en faire une caserne . Cette fois, c'était pas pour rigoler . C'était pour faire la guerre !
On avait un capitaine pète-sec ( cassant, autoritaire) . Un matin, il convoque mon adjudant :

- Qu'est-ce que j'apprends ? Que vous avez porté Contandin exempt de garde ? Qu'est-ce que cala signifie ?
- Mon Capitaine, répond l'adjudant, je ne peux pas mettre Contandin dans une guérite devant la porte, vous vous rendez compte, c'est Fernandel .
- Fernandel, ici connais pas, répond le pitaine . Ici, je connais Contandin . Et Contandin prend la garde comme tout le monde !
Une heure plus tard, je me retrouve, le fusil à la bretelle, l'œil perdu dans le vague, devant la grande entrée du dépôt .
C'était six heures, l'heure de sortie des bureaux .
Il y avait cinq minutes que j'étais là, ça commence . Un petit attroupement se forme autour de moi .

" C'est lui ! C'est pas lui ! Je te dis c'est lui ! Oh, Rosette ! Viens voir qui c'est qui c'est qui est là ? Fernandel ! Ça va , Fernand ! Chante-nous en une ! "

Au bout d'un quart d'heure, ils sont cinq cents. Une heure après, deux mille . La circulation est bloquée dans tout le quartier . Les tramways peuvent plus passer . Les agents sont débordés . Bien sûr on m'enlève de là . Le capitaine se fait engueuler . Et je suis convoqué par le commandant très gentil, qui me dit :

- Vous serez mon chauffeur !

Quelques jours plus tard, il m'appelle :

- Contandin, il me dit, prenez la voiture .

Nous allons au stade . Je vais passer une inspection des réservistes .
Je l'emmène au stade . Je me gare . Il me dit :

- Attendez-moi là .

Et il disparaît . Moi, je l'attends, toujours en costume d'Ignace, au volant de la traction .
Il se passe pas cinq minutes . Ça recommence . Les gens s'arrêtent :

- Vé, vé, qui c'est ? C'est lui ! C'est pas lui ! Je te dis que c'est sa tronche ! Oh, Fernand ! L'as paga, lou capeou !

Une demi-heure après, ils sont encore deux mille . Quand le commandant sort du stade, impossible pour lui de revenir jusqu'à la voiture . Il joue des bras, des coudes . Il m'appelle . Il finit par arriver tout débraillé, le képi de travers .
Bref !

- Bon, il me dit, si vous restez là, on ne va pas en sortir . Mettez-vous derrière . Faites-vous tout petit . Essayez de passer inaperçu . Je prends le volant .

Et c'est ainsi que je suis rentré à la caserne, moi deuxième cul (2eme classe) , installé à l'arrière comme un milord, dans une voiture conduite par un commandant à quatre galons .

... Qu'avait-elle donc d'extraordinaire, cette tronche de Fernandel ?

Elle faisait rire . Ce qui est toujours une espèce de miracle . Rire aux éclats . Tout le monde, les grands et les petits, les riches et les pauvres, les esthètes ( les artistes, les personnes qui se livrent à certaines activités comme un passe- temps, de manière plus ou moins fantaisiste) et les béotiens (les ignorants, les ploucs) , les analphabètes et les agrégés de l'Université .

Elle faisait rire !

Il serait plus juste de dire qu'il faisait rire avec ! Certes, il avait cette bouche chevaline, ces yeux si tendres et si rieurs, ces grosses lèvres gourmandes, ces traits d'une mobilité étonnante qui lui permettaient de marquer, dans toutes les expressions, toutes les nuances . Mais il jouait de tout en virtuose (en maître) .

Avec sa tronche, le bon Dieu lui avait donné un Stradivarius ( un instrument fabuleux, un violon d'une qualité exceptionnelle, fait par le célèbre luthier Stradivarius, né à Crémone , ville de la Région Lombarde en Italie, en1644, mort en 1737) .

Mais lui, c'était Paganini ( violoniste Italien, 1782-1840, enfant prodige, doué d'un étonnant génie d'interprète, il déchaîna l'enthousiasme de ses contemporains par le caractère démoniaque , diabolique de son jeu ) .

... personne ne faisait partie de la famille, sauf la famille . Fernandel lui-même veillait jalousement au respect de ce principe . Le mur qu'il avait dressé pour protéger sa vie privée et celle des siens était à peu près infranchissable ; Et dans les deux sens . On n'entrait pas chez les Fernandel ! Et les Fernandel ne sortaient pas . Franck mis à part, lorsqu'il eut choisi de faire le métier de son père, on ne voyait aucun d'entre eux dans les studios, sur les plateaux, aux premières ou dans ces restaurants d'acteurs que Fernandel appelait comiquement les raffineries parce que " les dîneurs, disait-il, y passent leur temps à ~ casser du sucre sur le dos des copains ~ " (dire du mal d'eux en leur absence) .

C'est vrai que peu de gens connaissaient Mme Fernandel .

Un jour, racontait Fernandel, Jean Gabin arrive aux bureaux de la société, la GAFER, où nous avions rendez-vous . Il était furibard (furibond, furieux, qui ressent ou annonce une grande fureur, généralement disproportionnée à l'objet qui l'inspire, au point d'en être légèrement comique) et en même temps il riait aux larmes . Je lui demande ce qui lui arrive . Il me répond :

- C'est à cause de toi . Je me suis fait piéger comme une vrai pomme (un naïf) .

Il avait vu à la devanture d'un kiosque à journaux sur une affichette pour un hebdomadaire à sensation : " EXCLUSIF : La femme cachée de Fernandel ".

" J'achète le canard ( le journal) , avoue Gabin . J'aurais pas été mécontent de te mettre un peu en boîte .

Je cherche la photo de cette femme que tu nous caches . Et qu'est-ce que je trouve en dernière page : Une photo de ta femme , d'Henriette . Faisant des achats dans ton quartier ! ... " Ah ! il s'était bien fait ~couillonner ~, le père Gabin .

Quand Fernandel devait aller à un gala, pour la sortie d'un de ses films, c'est sa fille Josette qui l'accompagnait . Plus rarement Jeanine . Mais de toute façon, il n'aimait pas voir paraître les siens . C'est une attitude fréquente chez les comiques [ on ne connaissait pas non plus la famille de Bourvil ni celle de Fernand Raynaud ] et pour beaucoup de raisons . D'abord parce qu'ils se sont lancés dans ce métier, presque toujours, contre la volonté de leurs parents et ils en ont gardé une espèce de honte freudienne (sentiments cachés inavouables ! ) . Eux-mêmes, d'ailleurs, ne souhaitent pas que leurs enfants suivent leurs traces . Fernandel aurait aimé faire de son fils Franck un notaire .
Ensuite parce qu'ils n'ont jamais cessé de souffrir de ce manque de considération dont ils sont toujours victimes, même - pour ne pas dire surtout - quand ils sont devenus des vedettes .

" Il y a, dit un personnage du ~Schpountz ~ (film) , Charlot qui reçoit des coups de pied au cul et M. Chaplin qui lui, donne des gifles " .

Hélas ! les imbéciles ne voient souvent chez les comiques que la face Charlot . Et les comiques veulent protéger les leurs de cette malédiction .

Presque tous les amis de Fernandel étaient des amis de métier . D'abord parce qu'il consacrait au travail une énorme partie de son temps . On sait quelle amitié orageuse l'avait lié à Marcel Pagnol, quelle amitié passionnée il avait eu pour Raimu, son aîné, le comédien qu'il admirait le plus - et qu'il jalousait un peu . Quelle amitié étonnante, il partagea avec Jean Gabin dans ses dernières années .

... Capvern, il y va depuis toujours . C'est une petite station ( thermale ) des Hautes Pyrénées, tout près de Bagnièes-de- Bigorre, dont les eaux sont très efficaces pour le traitement des reins . Il y a peu d'endroits au monde où l'on s'ennuie davantage . Françoise Rosay, Georges Brassens, Tino Rossi sont venus se soigner à Capvern .Ils y ont renoncé . Seul Fernandel est resté fidèle à la station . Il en est à la fois le curiste d'honneur et un peu l'attraction . Il y a des clients qui - renseignements pris - font coïncider leur séjour avec celui de Fernandel . Voir la grimace de Fernandel quand il ingurgite - à la source - son verre d'eau thermale, ça fait déjà passer un moment . C'est ça de gagné dans une journée toujours trop longue . Et puis, avec un peu de chance, ils feront avec lui une partie de pétanque dont ils parleront toute leur vie ...

Nous pensons que ce feuillet de Gerboise, intermède : divertissement entre les actes d'une pièce de théâtre, ou ...les parties de ce blog... [pourquoi pas ? ] , ce qui interrompt momentanément une activité , mais également est un intermédiaire qui, entre deux billets, constitue une sorte de récréation réconfortante , n'est-ce-pas ? Du moins nous l'espérons au fond de notre cœur .

Vous verrez, la lecture de ce livre passionnant ,léger, mais souvent également profond, vous fera oublier pour un moment, tous vos soucis, vos tracas, de cette vie parfois trop trépidante que nous menons ! Il vous permettra de connaître certains dessous de l'entourage et des films de ce " héros du rire " à la " tronche bienveillante " et au cœur sensible, tendre, d'or et généreux.

Bien à vous,cordialement, Gerboise .

mardi 30 décembre 2008

" Les éléphants,ces créatures étranges et intelligentes,dont l'esprit de cohésion est extraordinairement proche du nôtre ."Douglas Hamilton, Zoologue.

Les éléphants surviennent par une chaleur torride, des confins du désert, mer sans limites, et enfin ...les lourds voyageurs, à l'horizon , s'effacent.
Quand la troupe d'éléphants apparaît à l'horizon, ces masses brunes, que guide un vieux chef, marchent lentement, soulevant la poussière ...

Les éléphants


Leconte de Lisle est un remarquable peintre des animaux exotiques . Il a su tout à la fois décrire leur aspect physique et leurs allures, et analyser, par une sorte de divination, leurs instincts et leurs impressions . On remarquera dans les Éléphants [1862] la disposition musicale du thème : dire les trois premières strophes à voix basse ; la quatrième et la cinquième un peu plus haut ; à partir de la sixième strophe, le ton doit être soutenu : c'est la description du cortège qui passe sous nos yeux ; - avec la dernière strophe, la voix doit s'abaisser de nouveau, et le dernier vers doit s'évanouir comme la vision elle-même .
Cette poésie évoquant la vision d'une troupe d'éléphants traversant une savane tropicale, ne vous semble t-il pas que le poète, immobile en un point du paysage, voie à l'horizon une troupe d'éléphants qui s'avance, - passe devant lui, - puis s'éloigne et disparaît ?
Où vont les éléphants ? Au pays natal, dont ils ont la nostalgie ? Y vont-ils comme en pèlerinage, ainsi que les hommes se rendent en un lieu sacré ? Cette description poétique nous laisse une impression de simplicité, de force et de grandeur .


" Le sable rouge est comme une mer sans limite,
Et qui flambe, muette, affaissée en son lit .
Une ondulation immobile remplit
L'horizon aux vapeurs de cuivre où l'homme habite.

Nulle vie et nul bruit ; Tous les lions repus
Dorment au fond de l'antre éloigné de cent lieues,
Et la girafe boit dans les fontaines bleues,
Là-bas, sous les dattiers des panthères connues .

Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile
L'air épais, où circule un immense soleil .
Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil,
Fait onduler son dos dont l'écaille étincelle .

Tel l'espace enflammé brûle sous les cieux clairs .
Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes,
Les éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes,
Vont au pays natal à travers les déserts .

D'un point de l'horizon, comme des masses brunes,
Ils viennent, soulevant la poussière, et l'on voit,
Pour ne pas dévier du chemin le plus droit,
Sous leur pied large et sûr crouler au loin les dunes .

Celui qui tient la tête est un vieux chef . Son corps
Est gercé comme un tronc que le temps ronge et mine ;
Sa tête est comme un roc, et l'arc de son échine
Se voûte puissamment à ses moindres efforts,

Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche,
Il guide au but certain ses compagnons poudreux ;
Et, creusant par derrière un sillon sablonneux,
Les pèlerins massifs suivent leur patriarche .

L'oreille en éventail, la trompe entre les dents,
Ils cheminent, l'œil clos . Leur ventre bat et fume,
Et leur sueur dans l'air embrasé monte en brume ;
Et bourdonnent autour mille insectes ardents .

Mais qu'importe la soif et la mouche vorace,
Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé ?
Ils rêvent en marchant du pays délaissé,
Des forêts de figuiers où s'abrita leur race .

Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
Où nage en mugissant l'hippopotame énorme,
Où blanchis par la lune et projetant leur forme,
Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs .

Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils passent
Comme une ligne noire, au sable illimité ;
Et le désert reprend son immobilité
Quand les lourds voyageurs à l'horizon s'effacent .

Leconte de Lisle

[ Poèmes barbares, A. Lemerre, éditeur]

Ci-dessous l'éléphanteau cherche les mamelles de sa mère pour téter au coucher du soleil .

Toutes les photographies présentées sont extraites d'un magnifique ouvrage que nous vous recommandons fortement d'acheter :" L'Art d'être Éléphant " de Christine et Michel Denis-Huot, publié par les Éditions Gründ, 60, Rue Mazarine, 75006,Paris . (le prix de l'ouvrage ainsi que la date d'édition nous sont inconnus car nous avons découvert et acquit ce livre dans une brocante !)

Bien à vous, Gerboise .

lundi 9 juin 2008

Premières clartés du matin : Un nid dans les roseaux , une vie de famille : les oisillons affamés de la rousserolle effarvatte attendent la becquée .



Une roselière ( marais où poussent des roseaux) , lieu qui offre aux oiseaux un abri constitué de des hampes ( tiges allongées des roseaux) serrées, impénétrables aux rapaces . Nous sommes ici dans un monde vertical . Cependant les jeunes rousserolles vers le quinzième jour, grimperont déjà le long des tiges pour atteindre la "canopée" ( terme imagé correspondant à la couche supérieure de la végétation très dense d'une forêt tropicale , ne laissant pas pénétrer la lumière jusqu'au sol ) des marais .

Cette image idyllique , scène masquée au milieu de ces plantes aquatiques, qui rappelle une aventure d'amour maternel naïve et tendre dans ce décor champêtre vous permettra , en ces premiers jours de Mai, de découvrir que les savoirs et les réflexions se " nichent " partout et qu'il est parfois très laborieux de les découvrir avant d'en posséder la jouissance !

Bien à vous, Gerboise .

vendredi 7 mars 2008

La roseraie du Parc de Bagatelle . Intermède enchanteur avant de poursuivre nos réflexions sur la connaissance des êtres et des choses !

Le Pavillon de Bagatelle , où sont entreposés l'hiver, les orangers et les citronniers du Parc, qui sont visibles l'été devant la façade du bâtiment entre des bancs où l'on peut s'asseoir quand la météorologie le permet, lire, écrire des cartes postales achetées à la boutique du parc ou autres textes, admirer une vue admirable sur la roseraie, laisser vagabonder ses pensées , engager une conversation passionnante avec des visiteurs touristes français et étrangers, ou simplement se reposer !
Vous trouverez des informations sur l'historique du Parc et de la roseraie à l'adresse ci-dessous.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_de_Bagatelle


Ici , ci-dessus, une vue d'une grande partie de la roseraie . Dès le printemps nous vous ferons admirer dans notre site des photographies de roses admirables , sélectionnées lors de chacune de nos visites de ce jardin merveilleux . Nous vous conseillons cette visite de Bagatelle, facilement accessible à partir de la Porte Maillot . Là , se situe le terminal des bus (n° 184) , à la sortie du Métro, qui vous amèneront directement à une centaine de mètres de l'entrée du Parc , vous, que vous soyez originaire de notre douce France où venus la visiter en "Touriste".

Bien à vous, Gerboise .