lundi 10 mars 2008

De la description(*) ou de la mise en valeur exacte de lieux, de personnages,d'événements,d'expériences, dans un récit,un exposé,un compte-rendu(**) .

(*) partie du discours qui consiste à caractériser par la clarté, la précision et le pittoresque , ce que l'on croie être utile et/ou agréable au lecteur et/ou à l'auditeur, en vue de lui faire connaître les points essentiels du sujet, de la chose , des personnages .
(**)ainsi que dans toute relation, concernant l'état d'une situation (manière d'être des objets concernés, en eux-même, et par rapport à ce qui les entoure ).

La description est une peinture vive et exacte des objets et des êtes à connaître . Elle consiste à composer une sorte de tableau dont la lecture rende présente aux yeux la "chose" que l'on s'est proposé de faire connaître .

La description oratoire est la " peinture " que l'on fait d'un objet, en choisissant tous les traits capables d'en former par leur réunion une image nette, vive et ineffaçable .
Un des plus parfaits modèles de description qu'offre la prose française est la peinture du bonheur des âmes justes dans les Champs-Elysées, que Fénelon (archevêque et duc de Cambrai, précepteur du duc de Bourgogne, petit-fils du Roi Louis XIV ) , a introduite dans le Télémaque .

http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9nelon#T.C3.A9l.C3.A9maque

Une description bien faite doit être fidèle et vraie, mais esquissée à grands traits . L'écrivain doit surtout éviter de se perdre dans des détails inutiles ; la prolixité est le plus grand écueil de la description .
Elle a été formellement condamnée en ces termes par Boileau : Art poétique , célèbre poète satirique et didactique français du XVIIème siècle .

Un auteur, quelquefois trop plein de son objet,
Jamais sans épuiser n'abandonne un sujet .
S'il rencontre un palais, il m'en dépeint la face ;
Il me promène après de terrasse en terrasse ;
Ici s'offre un perron; là règne un corridor ;
Là ce balcon s'enferme en un balustre d'or .
Il compte des plafonds les ronds et les ovales ;
"Ce ne sont que festons, ce ne sont d'astragale ."
Je saute vingt feuillets pour en trouver la fin,
Et je me sauve à peine au travers du jardin . (1)

(1) - que dire (!) de la situation présentée ci-dessus par l'auteur ; est-ce que cette analyse est valable dans tous les cas, en particulier pour les descriptions en vue de découvrir l'existence des objets et/ou des phénomènes scientifiques originels jusqu'ici masqués à la connaissance des spécialistes ? Pour arriver à convaincre, n'est-il pas nécessaire "d'aller au fond des choses" ? Dans ce cas aucun élément de description n'est superflu (inutile) !

Boileau Despréaux (1636-1711), fils d'un greffier au parlement de Paris, fut destiné au barreau qu'il abandonna bientôt pour les belles-lettres . En 1666 il débuta par des Satires . Puis il écrivit successivement ses Epîtres, le Lutrin , poème héroï-comique , et l' Art poétique .
Les Satires de Boileau , roulant le plus souvent sur des questions littéraires, ont rendu au goût français un très grand service, en corrigeant nos auteurs de l'enflure et de l'amour des pointes qui régnait alors et que nous avions emprunté, comme on l'a vu, à la littérature italienne.
Le bon sens est la qualité dominante des Epîtres de Boileau . La langue en est éminemment correcte et le style naturel . On y désirerait seulement un peu plus de chaleur . Dans l'épître qui célèbre le passage du Rhin, l'auteur prend le ton de l'épopée ; mais on y sent plus l'effet de l'art que l'inspiration .
L' Art poétique , qui est avec le Lutrin , le meilleur ouvrage de Boileau, fut composé de 1669 à 1674 . L'auteur avait 33ans à la première date, et était dans toute la maturité de son talent . Un de nos critiques a dit que l'Art poétique était la profession de foi littéraire d'un grand siècle . Beaucoup plus étendu que celui d' Horace, l'Art poétique se compose de quatre chants .
La critique de Boileau, aussi exacte que sévère, exerça la plus heureuse influence sur des écrivains contemporains .


Décrire, expliquer, représenter, transmettre à autrui, lui raconter uniquement les choses essentielles (voir la réflexion de Boileau ci-dessus) que tous nos sens perçoivent , en vue de lui remettre, de lui confier les éléments avec lesquels il va pouvoir se construire une représentation qui sera en coïncidence la plus parfaite possible avec la réalité qu'il veut faire sienne, c'est cela dont il s'agit . La tâche n'est pas facile ! Nous nous en apercevrons lors de nos observations futures dans les nombreux contextes que nous explorerons et passerons en revue .

Bien à vous, Gerboise .


dimanche 9 mars 2008

Dès que l'aventure minière prit son expansion, elle provoqua le progrès des idées, des activités humaines, et en particulier celui de la métallurgie .

L'extraction et la fonte des métaux précieux . Toutes ces gravures (qui précèdent et succèdent ce paragraphe ) représentent les détails du collier de cérémonie du doyen des orfèvres de Gand, dans les Flandres (Belgique), au XVe siècle . Ci-dessus l'entrée de la mine et l'outillage des mineurs en surface .
Rappel : faire un clic gauche sur chaque gravure pour l'agrandir, puis sur page précédente pour revenir sur le texte .
A cette époque , seule l'utilisation de l'énergie humaine et celle des chevaux , sources essentielles de toutes les activités, permirent l'exploitation de la mine . Rien n'aurait été possible sans l'ingéniosité de ces précurseurs qui par leurs pratiques et leur réflexion firent évoluer les savoirs faire aux prix d'efforts et d'intelligence dans leur labeur (peine que donne un ouvrage, ne se dit qu'à propos d'un travail remarquable, pénible ou long)
La métallurgie est une activité qui exige réflexion, échanges de toutes natures, et rigueur .

Les progrès techniques vont permettre l'élaboration de fours de plus en plus performants pour réaliser la réduction des minerais oxydés et la fusion des alliages des métaux .

La Métallurgie avait fait peu de progrès pendant le Moyen Âge (siècles de l'essor des Cathédrales Gothiques en Europe) . Héritiers des Romains, quant aux procédés d'extraction, les Occidentaux furent obligés de renoncer aux travaux commencés dans les Alpes et les Pyrénées, soit à cause de l'air irrespirable qu'ils y rencontraient, soit par suite des infiltrations d'eaux dont ils ne savaient pas se débarrasser . La principale raison, dit un auteur du XVIe siècle, pour laquelle la plupart des mines de France et d'Allemagne ont été abandonnées tient à l'existence des "esprits métalliques" (les gaz toxiques de toutes natures) qui se sont fourrés en elles .
Au XVe siècle, grâce aux travaux des alchimistes, la métallurgie fit des progrès rapides ; les princes conféraient (attribuaient) aux exploitants toutes sortes de privilèges . C'est ainsi que Charles VII accorda, en 1457, à Jacques Coeur le droit de rechercher le plomb, le cuivre et l'argent dans les montagnes du Lyonnais ; et Lois XI créa, en 1479, la charge de Maître général des mines (voir les figures ci-dessus) .

Le XVIe siècle va s'ouvrir, siècle rénovateur où la science, de quelque côté qu'elle se dirige, travaille à se débarrasser des vielles routines du moyen âge (ne devrait-on pas agir de même de nos jours !) et s'efforce de trouver une voie nouvelle où elle puisse avoir la raison pour appui et l'observation pour flambeau (lumière, guide) . Chose surprenante, c'est la fantastique alchimie qui va prendre, comme de haute lutte, l'initiative de la réforme scientifique .
A la tête de ce mouvement se placent Paracelse (nous réserverons un billet de notre blog , à ce grand précurseur : Théophraste Bompast de Hohenheim, dit Paracelse, 1493-1541, ce personnage vraiment extraordinaire qui peut être considéré comme le type le mieux caractérisé des alchimistes de son temps . Il y avait pour ainsi dire, deux hommes en lui : d'une part , le réformateur audacieux qui bouleversa toutes les idées reçues en médecine depuis Hippocrate, médecin grec ~ -460 à ~ -377 , et qui, par ses incessantes manipulations, offre aux arts, les ressources les plus inattendues ; d'autre part , le théosophe, disons même le charlatan, s'éloignant de l'exégèse commune et prétendant se faire passer pour un de ces êtres privilégiés chez qui, selon l'opinion du vulgaire, les connaissances innées venaient directement de Dieu, par simple émanation .) , Georges Agricola (dont nous avons déjà parlé) et Bernard Palissy (dont nous parlerons) .

C'est surtout aux médecins que Paracelse s'adresse ; car ses écrits sur l'alchimie ne contiennent presque rien qui n'est été mille fois répété par ses devanciers .
" Vous , s'écrit-il , qui , après avoir étudié Hippocrate , Galien (médecin grec ~ 131 à 201 à Rome) , , Avicenne (ibn Abdallâh ibn Sinâ, médecin philosophe d'origine iranienne, 980 à 1037) , croyez tout savoir , vous ne savez encore rien ; vous voulez prescrire des médicaments et vous ignorez l'art de les préparer . La chimie nous donne la solution de tous les problèmes de la physiologie, de la pathologie et de la thérapeutique : en dehors de la chimie, vous tâtonnerez dans les ténèbres . "

Il s'élève avec véhémence contre les praticiens qui, dans leurs prescriptions barbares, rassemblent une foule de substances contraires, qui se combattent et s'entre-détrisent .


La présentation aujourd'hui de ces gravures , nous permet simplement de vous faire connaître un sujet passionnant dont l'analyse minutieuse nous permettra de faire progresser votre réflexion sur les "précurseurs" de toutes les activités qui ont conduit l' Humanité à ce qu'elle est actuellement , et particulièrement de tous ces grands hommes cités ci-dessus .

Bien à vous, Gerboise .

samedi 8 mars 2008

Ce pétrole dont les cours mondiaux montent au " ciel " ! Une passionnante aventure de l'inventivité humaine (1ère partie)

Une forêt de derricks s'est substituée , en quelques décennies (10 années) , parfois même en quelques décades (10 jours) à des forêts majestueuses que la nature avait patiemment édifié au cours des siècles et des millénaires, voire des millions d'années . Cela , avait été proclamé , être le renouveau , le progrès, ce fut surtout une grande aventure humaine .


Toute cette aventure mena à l'apparition de ces paysages " dantesques", qui ont le caractère sombre et sublime de l'œuvre de Dante ; sur ces gravures, vignettes sur bois réalisées par Jules FERAT, en particulier sur celle-ci, où l'on peut se rendre compte des conditions d'exploitation des premiers " champs pétrolifères" : les puits d'huile de Pensylvanie aux États-Unis, ex Nouvelle-Angleterre, illuminés par des jets de gaz naturels .

Nous poursuivrons la narration , les récits de ces péripéties dans les parties qui vont se succéder, parmi d'autres thèmes , car nous pourrons ainsi vous faire comprendre le rôle du courage devant l'adversité, de l'inventivité, de la persévérance de ces pionniers du nouveau monde et de toute l'humanité . Bien à vous, Gerboise .

vendredi 7 mars 2008

La roseraie du Parc de Bagatelle . Intermède enchanteur avant de poursuivre nos réflexions sur la connaissance des êtres et des choses !

Le Pavillon de Bagatelle , où sont entreposés l'hiver, les orangers et les citronniers du Parc, qui sont visibles l'été devant la façade du bâtiment entre des bancs où l'on peut s'asseoir quand la météorologie le permet, lire, écrire des cartes postales achetées à la boutique du parc ou autres textes, admirer une vue admirable sur la roseraie, laisser vagabonder ses pensées , engager une conversation passionnante avec des visiteurs touristes français et étrangers, ou simplement se reposer !
Vous trouverez des informations sur l'historique du Parc et de la roseraie à l'adresse ci-dessous.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_de_Bagatelle


Ici , ci-dessus, une vue d'une grande partie de la roseraie . Dès le printemps nous vous ferons admirer dans notre site des photographies de roses admirables , sélectionnées lors de chacune de nos visites de ce jardin merveilleux . Nous vous conseillons cette visite de Bagatelle, facilement accessible à partir de la Porte Maillot . Là , se situe le terminal des bus (n° 184) , à la sortie du Métro, qui vous amèneront directement à une centaine de mètres de l'entrée du Parc , vous, que vous soyez originaire de notre douce France où venus la visiter en "Touriste".

Bien à vous, Gerboise .

mardi 4 mars 2008

Les quantités mesurables : notions, ( idées, concepts et connaissances) de coïncidence et de simultanéité .

On a souvent cité, comme étant la base de la physique moderne, ce mot de Kant ( philosophe allemand, 1724-1804) : " Il n'y a de science proprement dite, dans les sciences naturelles, que ce qui s'y trouve de mathématique " . Sans doute, il a été écrit au moment où la physique allait réellement devenir mathématique ; mais depuis longtemps on comprenait qu'elle devait le devenir . Bien avant Kant, Galilée ( mathématicien, physicien et astronome italien, 1564-1642, père de la notion de relativité des phénomènes et des points de vue des personnes en fonction de l'environnement et du contexte ambiant) avait dit : " Mesure ce qui est mesurable, et rends mesurable ce qui ne l'est pas encore " ; et Platon (philosophe grec, ~ -428 à ~- 348 ) avait formulé la même idée de la manière la plus expressive, en appelant Dieu l'éternel géomètre : Dieu " géométrise " éternellement .

Ces aphorismes ( maximes, préceptes) définissent l'objet des sciences naturelles . En particulier, le physicien exécute des expériences pour obtenir des données positives qui puissent être introduites dans le calcul, où elles sont transformées jusqu'à faire apparaître des lois générales . Celles-ci, formulées en langage mathématique , permettent de prévoir la marche ( le déroulement ) des phénomènes, et suggèrent d'autres expériences qui vérifieront ces lois et en feront apparaître de nouvelles, lesquelles s'ajouteront aux précédentes ou les élargiront (leur permettront de se développer ) .
Or, qui dit expériences, dit mesures . Toute la physique se ramène donc à exécuter des mesures, et à en faire entrer les résultats dans les calculs .
Mais pour exécuter une mesure avec la rigueur désirable, il suffit d'être fixé sur l'objet concret à mesurer, sur ses limites, sur l'unité à employer, sur les conditions de l'expérience, et sur le mode opératoire .
Peu nous importent donc les dissertations (dans le sens de discourir, palabrer inutilement ) sur les choses en soi, sur l'essence (l'esprit, les principes) de l'espace, du temps et du
mouvement, auxquels s'applique indifféremment ce que l'on dit si bien du temps, "dont nous avons tous la notion (la représentation ) et qui est indéfinissable (inclassable ) par nature " . Nous nous bornerons ( limiterons) à préciser d'une manière concrète ce que nous entendons par ces objets de nos mesures ; et cela, par un artifice ( subtilité) analogue à celui qui sert aujourd'hui à définir le mètre .
Quand on a constaté que les dimensions du globe terrestre ne sont pas exactement celles fournies par les mesures des deux astronomes français Delambre et Méchain, il a fallu reconnaître que le mètre étalon (voir ci-dessous ) ne répondait plus à sa définition : il n'est pas la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre . En toute rigueur, il aurait fallu le remplacer .
Mais cela aurait créé une confusion insupportable pendant la période de transition ; et l'on aurait discrédité ( déconsidéré, dénigré) le système métrique, puisqu'on aurait toujours eu à craindre de se voir obligé, par quelque nouveau progrès de la géodésie ( science qui a pour objet la détermination de la forme de la terre, la mesure de ses dimensions, l'établissement des cartes) , à modifier encore l'étalon .
On prit donc le parti fort sage de renoncer à la définition théorique pour en prendre une concrète, en disant : " Le mètre international est la longueur de l'étalon conservé au Pavillon de Breteuil, à Sèvres, France ", avec cette remarque : " A titre de renseignement, il est à peu près égal à la dix-millionième partie du quart d'un méridien terrestre . "
Pareillement, il nous suffira de dire : " L'espace est la grandeur qu'on est convenu de mesurer, suivant trois axes perpendiculaires deux à deux , au moyen de règles dont le prototype ( premier exemplaire d'un modèle construit ) est le mètre international ;
Le temps est la grandeur que l'on est convenu de mesurer au moyen d'horloges réglées astronomiquement sur le jour moyen ."
Ces définitions terre à terre feront sourire bien des gens ; et nous conviendrons bien volontiers que ce ne sont pas des définitions . Mais il n'en faut pas davantage au physicien pour mettre un phénomène en équations (traduire , exprimer quantitativement les données recueillies par une relation mathématique) ; et c'est tout ce qu'il demande pour réaliser les découvertes les plus grandioses .
Quand au mouvement, nous n'avons à le connaître que par ses caractéristiques mesurables, la direction, la vitesse ( distance parcourue par unité de temps , rapidité de déplacement ) et l'accélération (vitesse avec laquelle un corps en mouvement augmente de vitesse) , qui sont des fonctions ( une grandeur, la vitesse par exemple,est dite "fonction" d'une ou plusieurs autres lorsque sa valeur est déterminée quand on connaît la valeur de ces dernières ) de l'espace et du temps . Le reste nous est indifférent !

Abordons, maintenant les notions et les connaissances (qui impliquent une étude et un jugement, la notion étant , surtout en matière de science, une vue générale et sommaire acquise avec un peu de travail, la connaissance , systématique, précise, complète et nette, étant acquise après un long examen) nécessaires pour apprécier (évaluer, déterminer ) les problèmes posés par les idées de coïncidence (1) et de simultanéité (2) , liés, en relation avec l'action de mesurer, c'est-à-dire d' évaluer une quantité en la comparant à une quantité déterminée,connue .

(1) -coïncidence : se dit d'événements qui arrivent en même temps ou qui occupent la même portion de l'espace en se superposant exactement . Coïncidence comporte également l'idée de hasard, et implique souvent que l'esprit tire une conclusion du rapprochement des événements.
(2) -simultanéité : qui se fait, qui s'accomplit, qui a lieu en même temps; existence, production de deux ou plusieurs choses dans le même instant, qui se réalise ensemble. Synchronisme absolu, concordance de dates .

De quelle manière réalise-t-on ces mesures, fondement ( élément essentiel sur lequel s'appuie tout un ensemble, ici de connaissances) de toute science expérimentale ? Ou du moins quel en est l'esprit ( le sens profond, la signification, le contexte dans lequel on se situe) ? Car il n'est pas question d'entrer ici dans la description des appareils et de leur emploi .


Toute mesure se ramène à l'appréciation d'une coïncidence dans l'espace et dans le temps . Ce peut être la lecture d'une graduation, en regard d'un trait ou de l'intervalle de deux traits, ou l'examen d'une aiguille parcourant un cadran, ou l'audition de deux bruits simultanés ou de deux sons identiques ; de toute façon, que ce soit par la vue ou l'ouïe, il s'agit d'apprécier une coïncidence .
Plus exactement, ce n'est pas une coïncidence que nous percevons, mais " la cessation d'une non-coïncidence ." Nos sens ne nous révèlent que des distances, des écarts, des différences . Quand nous disons qu'un corps est chaud, c'est que nous sentons de la chaleur passer de lui à nous ; il n'est donc pas " chaud ", ce qui ne signifierait rien par rapport à un corps plus chaud, mais simplement " plus chaud que nous " (nous pouvons percevoir ces sensations lorsque nous effleurons une partie du corps de quelqu'un qui " a de la fièvre ", une température élevée par rapport à la température normale de notre main) . Si nous n'éprouvons pas cette sensation, ni l'inverse, nous disons qu'il y a équilibre de température , c'est-à-dire coïncidence . Mais cette impression est subjective : un bolomètre (instrument qui sert à mesurer l'énergie rayonnante émise par un corps chaud) nous révélerait encore un notable écart de température, alors que l'imperfection de nos sens de la chaleur nous fait croire à l'équilibre .

La notion de coïncidence dans l'espace est intuitive .

On dit que deux points coïncident quand on ne discerne aucun intervalle entre eux (à l'oeil nu ! si nous utilisions une loupe, nous serions capable de constater la non superposition complète et exacte des deux points . L'utilisation d'une loupe plus puissante nous permettrait d'apprécier un manque de coïncidence encore plus faible, mais réel) . Mais c'est là une appréciation personnelle et relative, dépendant de l'acuité de notre vue, de la puissance de l'éclairage, ainsi que de la perfection de nos instruments ( comme nous venons de le préciser avec la qualité en particulier de la loupe utilisée) .
L'idée de mesure est donc inséparable de celle d'approximation (d'à-peu-près ) . Quand nous énonçons un résultat, il faut toujours indiquer le degré d'erreur qu'il comporte ; et si nous l'introduisons dans un calcul à titre de donnée, il ne faut pas perdre de vue cet écart, qui influera sur le nouveau résultat cherché .

Dans un autre billet, nous poursuivrons notre réflexion sur ce thème très instructif pour construire notre rapport au savoir et aux diverses connaissances qui permetttent de comprendre le monde qui nous entoure et avec lequel nous interférons (interférence dans le sens de rencontre de plusieurs phénomènes ou de personnes, qui agissant ensemble , entraînent souvent des modifications de comportements , qui se renforcent ou se contrarient . Exemple : interférences entre l'éducation et le comportement des enfants ; être en relation de concurrence ou de concordance ) .
A bientôt, bien à vous, Gerboise .


lundi 3 mars 2008

De la Biologie à la culture de Jacques RUFFIÉ .


Voici un peu plus d'un quart de siècle que cet " érudit " (également auteur du Traité du Vivant en 1982 aux Éditions Fayard) nous avait présenté ce livre d'une richesse incroyable, réédité en deux volumes dans la collection " Champs" Scientifique (n° 128) par les Éditions Flammarion .


Nous vous présentons quelques passages de cet ouvrage dont il faut absolument prendre connaissance car il vous apportera un ensemble de connaissances inappréciables .


"LA MÉCANIQUE ÉVOLUTIVE


Qui pourrait embrasser (comprendre et faire sien) d'un seul regard l'ensemble des espèces existant ou ayant existé aurait devant lui le spectacle le plus émouvant (pathétique) que l'esprit humain puisse concevoir (se représenter) : l'histoire même de la vie .Cette histoire est aujourd'hui à peu près reconstituée, bien que l'apparition de nouveaux groupes, étant souvent le fait d'un petit nombre d'individus, n'ait pas toujours laissé suffisamment de traces dans les couches géologiques (fossiles). Or , ces " groupes charnières " seraient, pour l'évolutionniste, plus signifiants . Le zoologiste est en présence d'un texte dont un certain nombre de mots ou de phrases ont été perdus . Il doit le reconstituer à partir de ceux qui nous restent . Cette méthode, légitime, oblige à raisonner souvent par analogie .


LE FIXISME TRADITIONNEL


Pendant toute l' Antiquité et jusqu'au Moyen Âge, connaissance objective et croyances religieuses étaient confondues . Aucun fait expérimental ne pouvait par définition, aller à l'encontre d'une vérité révélée . La conception du monde reposait sur le créationnisme et le fixisme (...)


(...) LA VIE DANS L'ESPACE : VARIÉTÉ ET UBIQUITÉ DU VIVANT


Le monde vivant est d'une grande variété . La vie a tout envahi , occupé, conquit, submergé, au cours des âges et il n'existe presque pas de milieu qui ne possède, sous une forme ou une autre, sa flore et sa faune particulières . Bien rares sont, sur notre terre, les" zones abiotiques " (sans aucune trace d'êtres vivants ni de produits solides, liquides et/ou gazeux résultant de leur activité et donc de leurs productions en relation avec leur métabolisme : azoïques) , entendez totalement inhabitées (il est nécessaire de prendre en considération les reprises, lors de phases d'érosions et de nouvelles phases de sédimentations, des matériaux exogènes, venus d'ailleurs apportés par le ruissellement des eaux) .
La vie occupe les milieux les plus divers, parfois les plus inattendus : les plus hautes montagnes comme les océans les plus profonds, les déserts les plus arides comme les cavernes (les plus humides) et les plus obscures . Elle a même colonisé le vivant : il n'est guère d'espèce qui ne porte son lot de parasites (bactéries, virus) .



Cette grande variété n'a rien d'anarchique (désordonné, sans règles, confus, chaotique) . Chaque type d'environnement présente ses contraintes (ses exigences) . Le vivant n'a pu peupler des milieux aussi différents qu'au prix d'ajustements appelés adaptations (processus par lequel un être vivant se transforme pour s'acclimater au milieu qui lui est imposé) . Les formes aériennes, quel que soit leur groupe [ insectes, reptiles volants, oiseaux, mammifères chiroptères] , ont toujours des ailes et beaucoup de formes aquatiques [ poissons, mammifères cétacés et siréniens] sont pourvus de nageoires . Cette " logique de l'adaptation " s'impose à l'observateur le moins averti . A des milieux très variés correspondent des formes très variées : l'animal de haute altitude possède un certain nombre de caractères qui lui permettent de vivre et de se perpétuer dans des conditions sévères . Ces caractères ne sont pas les mêmes que ceux de l'animal du désert (...)


(...) LA MÉCANIQUE ÉVOLUTIVE


Le monde vivant est d'une extrême richesse . Les espèces qui nous entourent sont multiples . Mais leur répartition dans l'espace et dans le temps révèle une certaine hiérarchie . Toutes ne sont pas arrivées au même moment ; elles sont apparues (elles se sont manifestées dans les milieux géologiques observés par les géologues paléontologistes) de façon successive selon un certain ordre qui va des plus simples aux plus complexes . Cette tendance observée dans tous les groupes implique la notion d'évolution (transformisme) . Les espèces actuelles sont dérivées d'autres espèces, le plus souvent disparues . Des formes voisines ont presque toujours des ancêtres communs ; elles s'en sont séparées en se diversifiant . Alors, plus on remonte dans le temps, plus l'ancêtre commun possède une descendance large et variée . L'évolution prend l'allure d'un arbre (ramifié) aux branches sans fin dichotomisées (mode de division par deux) . Si tous les biologistes sont aujourd'hui d'accord sur la réalité de l'évolution, ils discutent encore sur son mécanisme (...)


AVANT-PROPOS


Depuis son origine, l'humanité a connu d'innombrables crises (disparitions brutales de "chaînons" , évolutions du mode de vie ...) . Mais par son ampleur et la manière dont nous la ressentons, celle que nous traversons n'a pas de précédent .


Jamais les hommes n'ont eu autant conscience tout à la fois de leur puissance et de leur fragilité . Qui ne sent aujourd'hui que tout peut-être remis en cause, jusqu'à l'existence même de la vie sur le globe ?


Aucune des structures ( dans l'esprit des gens ! ou réellement !) qui assuraient hier l'équilibre, la pérennité (la continuité) et la quiétude(sérénité, bien-être) de nos sociétés ne semble plus capable de jouer ce rôle . Le malaise est partout (surtout dans l'entendement des pessimistes et celui des provocateurs de toutes sortes ...) . Devant ce déséquilibre, bien des esprits restent confondus (déconcertés, désarçonnés) . Philosophies ou religions qui, des millénaires durant, ont apporté une réponse aux préoccupations humaines, se révèlent inefficaces, voire impuissantes . De moins en moins suivies (sauf certaines !) , (presque !) toutes sont de plus en plus contestées . Au milieu de ces contradictions, beaucoup de nos contemporains se tournent vers la biologie - dernier continent mal connu - pour tenter d'y trouver la réponse aux problèmes de l'heure .


Les découvertes dans le domaine des sciences de la vie, depuis plus d'un siècle, ont certes été considérables (ce terme n'est pas exagéré et correspond à la réalité) . Et dès après Darwin (Charles, Naturaliste anglais, 1809-1882) , on s'est souvent demandé dans quelle mesure elles éclairaient " le fait humain " . Les publications consacrées à l'apparition de l'homme et au phénomène évolutif ne se comptent plus . Mais entre l' Origine des Espèces ,(de Darwin) , paru en 1859, et le Hasard et la Nécessité ,( de Monod Jacques, Biochimiste français, Prix Nobel de Médecine, 1965, avec F. Jacob et A. Lwoff) , publié en 1970, on note en vérité peu de notions nouvelles ( en 1976) ; la science de l'évolution n'innove pas tous les jours . De façon permanente, elle soufre de deux faiblesses .


En premier lieu, la plupart des études se réclament du schéma sélectif [dit aujourd'hui schéma néodarwinien ou théorie synthétique de l'évolution] qui, surtout dans les pays anglo-saxons, fut longtemps considéré comme un dogme intangible (croyance, doctrine, conviction inviolable, sacrée) . Sa justification fut peu à peu perdue de vue, et il a fini par être accepté comme une vérité métaphysique (abstrait) . Bien que, au fur et à mesure que les découvertes se succédaient, le schéma darwinien, au moins dans sa formulation traditionnelle, soit devenu de plus en plus difficile à soutenir, ceux qui y portaient atteinte étaient considérés comme des ignorants ou des hérétiques (déviationnistes, non-conformistes) .

La seconde faiblesse tient à la fragmentation même de la connaissance . Chacun a tenté de suivre le schéma évolutif selon les voies de sa propre discipline (spécialité scientifique). Zoologistes, généticiens et, plus récemment, mathématiciens, lui ont appliqué leurs propre formules, en ignorant presque toujours celles des autres (voici un des drames très fréquents , un état d'esprit dont les jeunes chercheurs doivent se "débarrasser" rapidement dès le début de leur carrière ; cette réflexion est générale pour tout " honnête homme " qui désire accéder au Savoir et à une Réflexion de qualité et à toute activité de recherche) . Ils ont fini par briser l'unité du modèle . Les premiers en revenaient aux théories instructives [néolamarckisme ] , (néo = nouveau, Lamarck : naturaliste français, 1744-1829), les seconds, dans la majorité des cas, au schéma darwinien, alors que les troisièmes adoptaient une conception stochastique (qui est le fruit du hasard) du processus évolutif [théorie dite neutraliste ou kimurienne] . Or, le processus responsable de l'évolution est bien plus complexe . Le seul moyen de le rendre intelligible est de l'aborder par plusieurs voies, puis de confronter les résultats ( il en est ainsi pour tout accès à la connaissance) . C'est à ce prix que l'on peut entrevoir (pressentir, distinguer) les liaisons entre le biologique et le socio-culturel ."

Nous réexaminerons ce livre en vue de discuter des conséquences de ces données de la biologie, présentées par Jacques Ruffié , sur l'acquisition de la Culture , par l' Humanité , au sens large du terme .

Bien à vous, Gerboise .



dimanche 2 mars 2008

Escale à St Malo, la Cité des Corsaires .

La ville de Saint-Malo "Intra-Muro " vue de la baie, telle que pouvaient l'apercevoir dans le lointain, les marins des escadres anglaises ! Malgré les changements actuels, l'aspect général devait-être une vue de cette nature observée du large .
La ville de Saint-Malo dans le lointain , l'entrée du port , la commune de Saint Servan derrière la Tour Solidor en premier plan, vues du Parc de La Briantais .

Et enfin , de cette escapade, il nous reste, de retour sur notre Butte-Montmartre à Paris, que le merveilleux souvenir de cette contemplation d'une mer en furie que les grands voiliers Maloins de tous les temps(?) maîtrisèrent .
Gerboise, de retour "au bercail " ( dans son nid, à la maison !), va pouvoir reprendre ses billets comme auparavant . Bien à vous .