mardi 19 mars 2013

Singulière, insolite pause, à rattacher aux contraintes subies par un " Aidant " (votre serviteur) dévoué à sa " Doudoue " ainsi capturée, étreinte, liée aux émotions créées par la maladie d'Alzheimer !






Contemplation (fait de s'absorber dans l'observation attentive de quelque chose) ; ici, de ce qui est considéré par cette personne comme un "être" [la poupée] passionnant : méditation ? ou autres "réflexions" , que nous , "aidant",  ne pouvons saisir dans son intégralité, dans son ensemble  . Qui sait, d'ailleurs , vraiment...  ce qui se passe ! ?




Les commencements ( les débuts ) ,du temps, il y a une dizaine d'années , de la découverte d'un comportement nouveau ( inaccoutumé,insolite et enfin, inattendu) : l'abandon , par incapacité ? , de maîtriser , par exemple, la réalisation des mots croisés , fléchés ... Premiers symptômes découverts , révélateurs d'une "anormalité" surprenante, lorsqu'elle survient !








Aux temps jadis , merveilleux ... ! où tout était "sans nuages " . Un esprit qui pénétrait les choses et les êtres. De ces temps-là , seuls  les états émotionnels ont subsisté, même ,ont évolué , se sont amplifiés , et voire ,se sont révélés dans toute leur ampleur potentielle .



A tous les fidèles lecteurs de Gerboise et aux nouveaux qui peuvent découvrir chaque jour ces billets anciens et les plus récents .



Navré de ce presque interminable silence (après 691 messages publiés et 100000 pages vues par mes lecteurs),de cette absence de billets depuis plusieurs mois ... (20 Mai 2012), mais j'ai dû privilégier ma femme dont l'état demandait beaucoup plus de disponibilité que d'habitude , de temps libre pour elle , qu'auparavant , pour des soins absorbant presque tout mon temps, ne me laissant pas la moindre parcelle de moments à allouer à mes fidèles lecteurs et, bien sûr, à tous les nouveaux qui chaque jour abordent les différents rivages de mon blog : "Savoirs et Réflexions" !


Durant ces mois ,avec sa mémoire devenue chancelante, souvent défaillante et , maintenant totalement disparue ,elle a eu besoin de ma personne, à chaque instant pour ne pas "partir dans un Ailleurs indéterminé" d'une durée sans fin .

 Aujourd'hui , après une longue persévérence qui nous a conduit, tous les deux, à une situation plus ouverte, moins laborieuse d'accès, je peux envisager de reprendre peu à peu mes interventions sur mon blog , de transcrire mes réflexions, car cette phase redoutable s'étant assouplie, et donc étant devenue moins contraignante, j'ai acquis un peu de liberté . J'espère donc vous consacrer une partie de mon temps redevenu plus libre pour continuer de rédiger mes messages commencés en décembre 2006 .

Puisque je suis plongé depuis plusieurs années [maintenant, il y a bientôt 8 années] dans des problèmes touchant la Mémoire Humaine , je vais reprendre mes réflexions sur cette conjoncture qui est un fléau presque indescriptible,quand cette "Mémoire" se perd dans un inconnu incommensurable (qu'on ne peut mesurer,estimer ).

Durant mon absence sur la " Toile " j'ai pris connaissance d'un ouvrage fascinant, incomparable, étonnant, exceptionnel, plus,extraordinaire !, comme la plupart de ceux publiés par les Editions Odile Jacob , celui-ci imprimé en 2003 dans la collection "Sciences". Il s'agit du livre de Joseph Ledoux, professeur au Centre de neurosciences de l'Université de New York : la " Neurobiologie de la Personnalité " . Né en 1949, il est psychologue et directeur du Centre de neurosciences sur la peur et l'anxiété . Ses recherches sont axées sur le lien entre la mémoire et l'émotion, en particulier sur les mécanismes de la peur .

Dans le chapitre 5: Aventures dans le temps , page 127, l'auteur commence, après une citation de Luis BUNUEL présentée ci-dessous, par s'exprimer diversement sur la notion de Mémoire ,thème indispensable faisant l'objet de mes préoccupations actuelles , et qui devrait l'être également pour toute personne curieuse de ce qui est l'essentiel de notre personnalité profonde .

En vue de vous inciter à lire ce livre enrichissant à tous les points de vue , que je vous conseille d'acquérir , je vous dévoile les  deux premières pages de ce texte porteur d'informations indispensables pour pénétrer dans ce domaine passionnant de la compréhention de l'esprit .


  " Vous devez commencer par perdre votre mémoire, ne serait-ce que par petits bouts, pour comprendre qu'elle est ce qui constitue votre vie . La vie sans la mémoire, ce n'est plus la vie... Notre mémoire est notre cohérence, notre raison, nos sentiments, même nos actions .
Sans elle nous ne sommes rien " . (nous sommes autre chose, un autre être différent dans le cas de la maladie d'Alzheimer)

Luis BUNUEL (né le 22-02-1900 à Calanda, Aragon, Espagne ; mort le 29-07-1983 à Mexico) est un réalisateur et scénariste naturalisé mexicain .

Voici le début du chapitre

" La mémoire est un merveilleux instrument, un moyen de nous transporter dans le temps passé . Nous pouvons y retourner un moment ou une grosse partie de la vie . Mais nous savons tous qu'elle n'est pas parfaite et sûrement pas fidèle . C'est une reconstruction de faits et d'expériences, fondée sur la manière dont ils ont été engrangés et non dont ils se sont réellement produits . Et c'est une reconstruction par un cerveau différent de celui où se sont inscrits les souvenirs [chaque fois que le cerveau apprend quelque chose, il est modifié]. Parfois, des détails sont perdus mais l'essentiel est là . D'autres fois, nous ne pouvons même pas nous souvenir de ce que nous cherchons alors que nous savons avoir eu l'information . Et il peut nous arriver de nous souvenir de choses qui ne sont pas passées .Si elle n'est pas infaillible, notre mémoire n'en effectue pas moins un remarquable travail . L'indispensable guide de diététique des années 1960 d'Adèle Davis nous disait : "Vous êtes ce que vous mangez" . Mais la complainte de Bunuel est probablement plus exacte : nous sommes nos souvenirs et sans eux nous ne sommes rien .

Mais  qu'est-ce que la mémoire ?(redoutable question !)


Pour la plupart des gens, C'est la capacité de se rappeler consciemment ce qui est arrivé des jours, des semaines ou des années auparavant . C'est ce que les psychologues appellent la " mémoire explicite"  ou " déclarative"  .
L'information qu'elle sollicite est disponible de façon explicite pour un souvenir conscient et peut être énoncée verbalement ou déclarée . Ce type de mémoire est extrèmement flexible, permettant par exemple au son de deux voitures se percutant de déclencher la vision dans notre cerveau d'un accident que nous avons vécu antérieurement . Avec cette mémoire, nous pouvons nous rappeller un numéro de téléphone, l'allure d'une personne, ce que nous avons mangé la veille ou notre dernier anniversaire . C'est cette mémoire qui se trouve brutalement attaquée dans la maladie d'Alzheimer .
Bien qu'extrèmement importante dans notre vie, elle n'est en fait qu'un type de mémoire . Ma mère qui est atteinte de la maladie d'Alzheimer, ne peut pas se rappeler grand chose de ce qui lui est arrivé, mais elle peut parfaitement jouer à l'accordéon l'air cajun " J'ai passé d'avant ta port" . Le type de mémoire qui lui permet de faire cela est appelé mémoire" implicite" ou " non déclarative" . De tels souvenirs se reflètent plus dans notre façon d'agir que dans ce que nous savons consciemment .
Sous-jacents à cette différence psychologique se trouve le fait que différents systèmes neuronaux sont impliqués, soit dans les formes implicites de la mémoire, soit dans la mémoire déclarative, consciente, explicite .
Pour l'énoncer dans les termes du chapitre précédent, les souvenirs implicites sont formés par des systèmes engagés dans des apprentissages liés à un domaine particulier, tandis que les systèmes indépendants de tout domaine constituent les souvenirs explicites .

J'ai présenté dans le chapitre 2 les grandes lignes d'une théorie du soi qui repose sur une telle conception de la mémoire .
J'ai soutenu que le soi est partiellement constitué et maintenu par la mémoire sous ses formes implicites et explicites . Dans ce chapitre, nous verrons ce que nous savons des circuits neuronaux qui sous-tendent les capacités de ces deux types de mémoire . Les mécanismes synaptiques de la mémoire forment le sujet du chapitre suivant ... " .

Joseph Ledoux pose un problème essentiel et central dés le début de son ouvrage ainsi que son point de vue sur une énigme qui n'est pas encore résolue à l'heure actuelle, sur une contre-verse, sur des discussions animées entre chercheurs et spécialistes des sciences humaines ; le voici :

""...  Qu'est-ce qui fait ce que nous sommes ? (et ce que l'on peut devenir un jour ...? être une autre personne, sous l'emprise de cette perte profonde de notre mémoire et de presque tous les autres éléments associés ...)

Les neurosciences ne sont pas encore engagées très loin dans cette question embarrassante . Elles se sont focalisées, pour de bonnes raisons, sur la manière dont opèrent dans le cerveau des fonctions spécifiques comme la perception, la mémoire ou l'émotion, mais beaucoup moins sur la façon dont notre cerveau rend compte de ce que nous sommes . J'oserais parier que si l'on demandait à un groupe de scientifiques pris au hasard : 

 #Que savons nous des mécanismes cérébraux du soi et de la personnalité ? # , la principale réponse serait : # Pas grand chose # .

Mais peut-être en savons -nous plus que nous le croyons . 

Peut-être qu'une partie des éléments du puzzle, et même beaucoup, ont déjà été découverts, et doivent juste être rassemblés en un tout cohérent ... Je pense que ce pourrait en effet être le cas . Nous disposons de beaucoup d'informations sur la manière dont le cerveau fonctionne, et si ce n'est peut-être pas encore suffisant pour expliquer entièrement les personnes, cela doit sûrement nous inciter à réfléchir au problème .

Mon idée de la personnalité est très simple : 

c'est que notre "soi", l'essence de ce que nous sommes, est le reflet des configurations d'interconnectivité entre les neurones de notre cerveau .

Les connections entre neurones, connues sous le nom de synapses ( région de contact de deux neurones assurant le passage d'un signal, chimique, électrique ...), sont les principales voies de passage et de stockage de l'information dans le cerveau . La majeure partie de ce que fait le cerveau s'effectue par le biais des transmissions synaptiques entre neurones et par le rappel d'informations codées au travers de transmissions synaptiques passées .

Etant donné l'importance de la transmission synaptique pour le fonctionnement cérébral, cela devrait pratiquement être un truisme (vérité d'évidence, banalité )  de dire que le soi est synaptique .

Que pourrait-il être d'autre ?[Les deux autres possibilités en dehors du point  de vue synaptique sont que le soi est rendu par les propriétés intrinsèques des neurones individuels ou par de grands agrégats de neurones agissant globalement en domaine ] Mais tout le monde ne se réjouira pas de cette conclusion . Beaucoup objecteront que le soi est de nature plutôt psychologique, sociale, morale, esthétique ou spirituelle que neuronale .

Ma théorie synaptique du soi n'est pas présentée comme une alternative à ces conceptions . 

C'est plutôt une tentative de se figurer (représenter) comment le soi psychologique, social, moral, esthétique ou spirituel se réalise ...""

Voici la première partie de cette incursion dans ce domaine passionnant pour vous tous,  [car tous les êtres humains peuvent être un jour concernés,même indirectement, par ce fléau ] et pour moi ,bien sûr, qui veut comprendre les comportements journaliers de ma femme, en vue de l'aider à mener , à meubler une existence humaine décente ,digne d'un être à part entière .

Bien à vous tous , cordialement , Gerboise .











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